Prive de titre

CAMILLERI, ANDREA

EDITEUR : FAYARD
DATE DE PARUTION : 31/01/07
LES NOTES :

à partir de
18,30 €

SYNOPSIS :

Partant d'un fait divers des années 1920, Andrea Camilleri soulève ici la question (tristement
d'actualité!) de la manipulation de la figure du héros et du martyr.
1 personne en parle

Sicile, 1941. Toute la population est réunie sur la place du village pour écouter un poème de 2000 vers composé en l'honneur de Gigino Gattuso, considéré comme le seul martyr fasciste de l'île. Un homme en retrait assiste à la cérémonie. Et pour cause, il est tenu pour responsable de la mort de Gattuso, dont la légende veut qu'il ait été tué par un communiste.24 avril 1921, dans la même ville. Les fascistes commencent à avoir du poids dans les affaires du pays, et les actes de violence entre fascistes et communistes sont nombreux. Ce soir-là, trois jeunes hommes détestant les communistes décident de faire de Michele Lopardo, un des leaders du camp adverse, leur cible. Au détour d'une rue sombre, Nino Impallomeni, Titazio Sandri et Lillino Grattuso se ruent sur Lopardo, et provoquent une bagarre malheureusement habituelle. Sauf que Lopardo est armé, et qu'il décide de tirer deux coups en l'air, pour effrayer les assaillants. Mais lorsqu'ils se relèvent, Lillino reste à terre, mortellement blessé par balle. Tout accuse Lopardo, et la police, fière de servir les intérêts fascistes, décide de ne pas poursuivre trop longuement l'investigation. Mais quelques fonctionnaires, intrigués, décident de trouver la vérité sur la mort de Grattuso, malgré l'hostilité d'une grande partie de la population.A partir de deux faits divers, Andrea Camilleri retrace dans Privé de titre la vie dans cette bourgade insulaire durant les années 20. Le premier de ces faits divers est la mort de Grattuso, dont Camilleri change le nom dans l'ouvrage (comme celui de tous les protagonistes, d'ailleurs). Grattuso, soi-disant mort pour avoir défendu ses opinions devant un ennemi aussi vil qu'un communiste, a payé son engagement au prix fort. Sa mort bénéficie, grâce à l'ambiance propice aux fascistes, d'un hommage qui lui est rendu annuellement, et une rue portera même son nom.Le second fait divers que relate Camilleri concerne la ville de Mussolinia. Au cours d'un déplacement en Sicile, les responsables locaux ont l'idée de mettre sur pied une ville, là où il n'y a rien qu'une forêt. Mussolini doit, lors de son passage, poser la première pierre. Mais une fois parti, le projet est oublié par tous, sauf par Mussolini qui tente, quelques années plus tard, de savoir où en est la construction de cette cité. Les responsables locaux, pris de cours, sont obligés de recourir à des montages photographiques pour tromper le Duce. Mais lorsqu'il découvre la supercherie, les têtes tombent.A travers ces deux faits divers, Camilleri décrit la montée du mouvement fasciste en Sicile, sa terre d'origine. Grattuso, tué en pleine rue, est longtemps resté le seul martyr fasciste reconnu de l'île, mais les compléments d'enquête, et l'oubli font que si son statut de martyr est resté, la raison de sa mort a été oublié. Camilleri dépeint également les amitiés dont ont bénéficié les fascistes, que ce soit auprès de policiers ou de journalistes.Au niveau de la forme, Camilleri utilise bien entendu le récit, entre scènes d'action et description des différents protagonistes. Il y ajoute des documents d'époque, dont on ne sait s'ils sont vrais ou non, mais qui donnent à l'ensemble une tonalité très réaliste : des articles de journaux, tirés de différents titres, ou des rapports de police, des lettres adressées à Mussolini,... Un autre trait caractéristique, et déroutant, concerne le vocabulaire utilisé par Camilleri. Sicilien, il écrit en italien en utilisant beaucoup de termes issu du jargon de sa terre natale, que beaucoup d'italiens ne comprennent pas. Le traducteur (ou la traductrice, je ne sais), Dominique Vittoz, rend compte de cette spécificité en intégrant dans le texte beaucoup de termes lié à un jargon ou à un patois que je connais pas. Ainsi, les verbes apincher, chapoter, quincher et autres sont monnaie courante. Cet aspect est déroutant, donc, mais n'empêche heureusement pas la compréhension globale.Andrea Camilleri signe donc un joli petit roman, entre policier et historique, où l'on sent l'amour pour la Sicile et sa défiance face à la montée du mouvement fasciste. Un livre court, mais riche et avec beaucoup d'idées de narration différentes et intéressantes.

Yohan59
15/10/12
 

Format

  • Hauteur : 21.50 cm
  • Largeur : 13.50 cm
  • Poids : 0.38 kg
  • Langage original : ITALIEN
  • Traducteur : DOMINIQUE VITTOZ

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