Quand l'empereur etait un dieu

OTSUKA, JULIE

livre quand l'empereur etait un dieu
EDITEUR : 10/18
DATE DE PARUTION : 05/06/08
LES NOTES :

à partir de
6,60 €

SYNOPSIS :

Empruntant largement à l'histoire de ses grands-parents, déportés comme des centaines de milliers de citoyens américains d'origine japonaise, après l'attaque de Pearl Harbour, Julie Otsuka retrace le destin d'une paisible famille de Berkeley. Dans ce climat de psychose et de peur collectives où chacun est soupçonné d'être un traître au service de l'empereur, commence une lente descente aux enfers... Alors que
le père est déjà interné, la mère et ses deux jeunes enfants sont envoyés dans un camp de l'Utah aux confins du désert. Un exil fait de privations et de souffrance, où les pires sévices sont perpétrés dans l'indifférence générale. Trois ans plus tard, lorsque le monde sort de sa folie et qu'arrive le temps des retrouvailles, c'est une famille brisée qui doit réapprendre à vivre avec ses voisins.
9 personnes en parlent

Résumé du livreJulie Otsuka raconte ici l'histoire de ses grands-parents, paisibles californiens de Berkeley, arrêtés par le F.B.I et déportés dans le désert de l'Utah en 1941, au lendemain de l'attaque de Pearl Harbor. Ils y restent maintenus derrière les barbelés, dans des conditions difficiles jusqu'à l'été de 1945.Quelques mots sur l'auteurJulie Otsuka est américaine, issue de grands-parents venant du Japon. "Quand l'empereur était un dieu" est son premier roman ) caractère autobiographique car elle décrit dans ce récit un drame familial. Ce premier texte a eu un succès immense dû au thème qu'il aborde. Le Publishers Weekly remarque que c'est un "premier roman bouleversant, sans une once de sentimentalisme. Julie Otsuka tient sa rage en laisse d'une main ferme, laissant sourdre comme une lumière par-dessous les terribles aspérités de son récit".CritiqueLe récit de Julie Otsuka n'est pas versé dans un sentimentalisme dégoulinant. les mots sont toujours bien choisis. Les phrases sont construites de façon à parler de l'événement avec précision mais de l'extérieur. Cette technique de "mise à distance" appliquée à un sujet tel que les camps d'isolement aménagés sur le territoire américain à l'usage des américains d'origine japonaise donne plus de force au roman. Bien évidemment, Julie Otsuka en est à son premier roman. De ce fait, il est vrai que l'armature romanesque est encore maladroite. La maîtrise de la narration fait défaut mais il n'empêche qu'elle aborde ici une période de l'histoire américaine qui reste inconnue du public. Les camps d'isolement ouverts dès les premières heures de la guerre au fur et à mesure que le patriotisme et la haine des "Japs" se font sentir. Les voisins (américains d'origine japonaise) de hier ne sont plus des "amis". Ils deviennent l'autre, l'ennemi. Ceci est très bien évoqué par le récit du petit garçon. Son regard traumatisé, sa contemplation de l'autre qu'il soit sa mère, sa soeur ou ses camarades ou voisins donne de la profondeur et de la poésie à cette prose. De plus, le calme apparent de la mère, le non dit du père et ses changements d'humeurs sont des lames de fonds soulignant le traumatisme de cette famille dont le bonheur est à jamais confisqué par l'Histoire. On attend au détour d'une phrase, d'un chapitre l'explosion de la couleur qui ne vient jamais. Et c'est cela la force du roman.La dénonciation est peut être dans "l'aveu" (du père pendant l'interrogatoire?), dernière partie du roman. Reprenant la technique d'écriture fondée sur le behaviorisme, l'auteur livre une réalité historique difficilement soutenable faite d'iniquité et de mesquinerie. Comme l'observe si bien les éditeurs dans leur chronique " il (le roman) nous rend témoins de cette histoire en usant de mots qu'on n'attend pas, dans un style si nu, glacé presque, si violemment débarrassé de toute émotion, de toute protestation, que le peu qu'il livre est insoutenable". Très intéressant. Victoire

tran
16/05/12
 

Publié aux États-Unis en septembre 2002, When the Emperor was divine est le premier roman de Julie Otsuka. Elle y raconte l'histoire de ses grands-parents : ils vivent aux États-Unis (à Berkeley) depuis 20 ans mais sont considérés comme des ennemis ; ils sont séparés et enfermés dans des camps en 1942, avec leur compatriotes, et ceci jusqu'à l'été 1945. Deux ans après sa sortie américaine, les éditions Phébus publient le livre en France, dans une traduction de Bruno Boudard, sous le titre Quand l'Empereur était un Dieu dans la collection « D'aujourd'hui étranger ». (2004, 192 pages, 14,50 €, ISBN 2-85940-963-7).

Bededazi
06/06/11
 

Premier roman virtuose ! Julie Otsuka américaine d'origine japonaise fait ressurgir, avec ce 1er roman publié en 2002, les vieux démons américains. Elle dénonce l'internement des japonais dans des camps suite à l'attaque de Pearl Harbour.Sans haine, ni pathos elle raconte, décrit le quotidien d'une famille déplacée dans les confins de l'Amérique. Son récit à la forme impersonnelle, sans aucun prénom surprend : « la femme se rendait [... ]» ou encore « la fille s'assit et la femme lui tendit [...] ». Ce récit n'est pas celui d'une famille, d'un individu mais d'une entité collective qui suit et subit. Qu'ont-ils fait ? Pourquoi sont-ils déportés ?Aucune révolte de la part des protagonistes, juste une résignation à l'image de la prose d'Otsuka imperturbable réglée comme un métronome, qui nous amène presque à penser que ce n'était peut-être pas si terrible que cela ! « Noël[...] Il y eut de la dinde au dîner et les enfants de tous les secteurs se virent distribuer des bonbons et des cadeaux [...] ». Terrifiant ! !C'est là que réside la virtuosité de ce premier roman qui en appelle un autre qui vient de paraître sur le même thème mais en allant encore plus loin : « Certaines n'avaient jamais vu la mer ».Echos également avec notre propre histoire européenne : celle des camps d’extermination ! C’est ce qui m’a particulièrement émue,j' y retrouve cette retenue, cette réserve propre à la littérature japonaise et en même temps un fait historique enfin dévoilé et resté trop longtemps occulte.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Dans son roman, Julie Otsuka choisit d'aborder un aspect souvent méconnu de la Seconde Guerre mondiale : les camps de concentration aux États-Unis créés à l'attention des citoyens d'origine japonaise. Nous suivons donc une famille d'origine japonaise, plutôt aisée, a priori bien intégrée dans leur paisible ville. Au lendemain de l'attaque de Pearl Harbor, le père de famille est arrêté et déporté dans un camp de prisonniers. La mère et ses deux enfants se rendent d'eux-mêmes, en suivant les consignes placardées un peu partout en ville, au train qui les conduit dans leur nouveau lieu de résidence, un camp en plein désert américain. Commence alors leur nouvelle vie de prisonniers dans des conditions déplorables : ils subissent chaleur extrême l'été et froid l'intense l'hiver, manque d'hygiène qui provoque des épidémies, rationnement, manque d'eau et de nourriture, pénuries en tout genre, attente continue (du courrier, des repas, d'informations...)... Une fois libérés, un retour à une vie normale est-il encore possible ?Julie Otsuka s'inspire de la déportation de ses grands-parents en 1941, mais elle écrit son roman en se débarrassant de tout pathos que d'autres auraient pu facilement mettre en avant : on ne connait même pas le nom des personnages qui sont désignés uniquement par "le garçon", "la fille", "la mère". On peut alors avoir du mal à s'y attacher mais personnellement j'ai trouvé l'utilisation de ces termes génériques plutôt intéressante. On suit une famille comme tant d'autres et ce détachement apparent ne rend que plus puissant et réel le texte de Julie Otsuka. Car malgré tout, comment ne pas être touché par ce jeune garçon perturbé parce qu'il a vu son père être amené par des hommes du F.B.I. alors qu'il était en robe de chambre et pantoufles ? Et par le personnage très fort de la mère, qui se retrouve seule avec ses enfants, obligée de se séparer de sa maison, de ses animaux domestiques et de sa vie et qui se demande si son mari la reconnaîtra après des années de séparation ?Quand l'empereur était un dieu évoque des événements de la Seconde Guerre mondiale dont on parle peu et rappelle le racisme envers les citoyens d'origine japonaise au lendemain de Pearl Harbor. Une lecture que j'ai beaucoup aimée et que je vous conseille ! http://leschroniquesassidues.blogspot.com/

chroniquesassidues
12/09/14
 

7 décembre 1941, le Japon attaque les Etats Unis à Pearl Harbour.Traumatisés par cette attaque les pouvoirs publics américains décident d'interner dans des camps les citoyens américains-japonais.Cet internement dura jusqu'après la fin de la guerre et toucha essentiellement les citoyens de la cote OuestLe livre de Julie Otsuka par la voix d'un enfant de Berkeley nous conte ces 3 ans et 5 mois d'internement, la vie dans ces camps qui en rappellent d'autres, transport en train, barbelés, miradors, projecteur, faim, prisonniers abattus parce qu'il s'approchent des barbelés, séparation des familles, etc.L'auteure, née en 1962 n'a pas connu ces camps, mais elle sait nous distiller au cours de ce roman les différentes interdictions pesant sur ces citoyens de second ordre. Une réelle mise à l'écart de ces familles qui se soldat par une aide de 25 $ accordée à la sortie du camp, la même somme que celle qui est accordée aux prisonniers libérés. Cette mise à l'écart se poursuivit au retour de ces familles dépossédées de tout.Une partie souvent méconnue de l'histoire de ce pays qui m'interroge : sans les médias, sans les possibilités d'informations actuelles, quelle aurait été la réaction des américains à la suite du second traumatisme du 11 septembre?.150 pages qui se lisent d'un trait JPV

JPV11
26/07/13
 

Premier roman virtuose ! Julie Otsuka américaine d'origine japonaise fait ressurgir, avec ce 1er roman publié en 2002, les vieux démons américains. Elle dénonce l'internement des japonais dans des camps suite à l'attaque de Pearl Harbour.Sans haine, ni pathos elle raconte, décrit le quotidien d'une famille déplacée dans les confins de l'Amérique. Son récit à la forme impersonnelle, sans aucun prénom surprend : « la femme se rendait [... ]» ou encore « la fille s'assit et la femme lui tendit [...] ». Ce récit n'est pas celui d'une famille, d'un individu mais d'une entité collective qui suit et subit. Qu'ont-ils fait ? Pourquoi sont-ils déportés ?Aucune révolte de la part des protagonistes, juste une résignation à l'image de la prose d'Otsuka imperturbable réglée comme un métronome, qui nous amène presque à penser que ce n'était peut-être pas si terrible que cela ! « Noël[...] Il y eut de la dinde au dîner et les enfants de tous les secteurs se virent distribuer des bonbons et des cadeaux [...] ». Terrifiant ! !C'est là que réside la virtuosité de ce premier roman qui en appelle un autre qui vient de paraître sur le même thème mais en allant encore plus loin : « Certaines n'avaient jamais vu la mer ».Echos également avec notre propre histoire européenne : celle des camps d’extermination ! C’est ce qui m’a particulièrement émue,j' y retrouve cette retenue, cette réserve propre à la littérature japonaise et en même temps un fait historique enfin dévoilé et resté trop longtemps occulte.

Une belle couverture, très belle même ; un sujet rarement traité en littérature, américaine de surcroît puisque que les faits ne sont pas à la gloire de ce pays ; auteur sympathique…. Bref, je me suis laissé faire !!!C’est le genre de livre qui se lit bien, et vite ; peu de pages… Heureusement du reste, parce qu’il n’en reste rien. Je n’ai ni aimé, ni pas aimé ; j’ai simplement regardé passer le train, et me suis dit « au suivant »…Froideur, indifférence, neutralité, pas de noms, pas de prénoms ; rien n’incite à s’impliquer dans cette lecture. Si je n’avais pas sous la main son nouvel ouvrage et qu’il n’était pas pressenti pour être sélectionné dans les mois qui viennent pour le prix des lectrices Elle… je me serais bien gardé d’y revenir… Heureusement, comme celui-ci, il est court, donc je pense y survivre. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
06/11/12
 

Fait historique peu connu et pourtant partie intégrante de la seconde guerre mondiale que l'internement des américains d'origine japonaise dans des camps après la bataille de Pearl Harbor. Alors qu'en France, l'allemand était l'Ennemi, aux Etats-Unis, le Jap est l'incarnation même de celui qu'il faut détester par excellence. Sous couvert d'une intention de protection: "on vous a amenés ici pour votre propre protection, leur avait on assuré.C'était dans l'intérêt de la sureté nationale.C'était une question de nécessité militaire.C'était pour eux l'occasion de prouver leur loyalisme,"une mère et ses deux enfants se retrouvent internés: "on était en 1942. Dans l'Utah. A la fin de l'été. Dans une ville de baraques en papier goudronné ceintes de barbelés, au cœur des terres alcalines d'une haute plaine poussiéreuse du désert."Bien plus tôt, le père avait été arrêté un soir, chez lui, en pyjama et emmené. Depuis, seules quelques lettres censurées garantissent qu'il est encore en vie.A travers les yeux du garçon, le livre raconte le quotidien de cette famille qui a tout perdu, et se voit contrainte et forcée de s'adapter à de nouvelles règles de vie: "il y avait des règles concernant la religion: pas de shintoïstes, avec leur culte de l'empereur", des mots de vocabulaire obligatoire, des contraintes alimentaires...Pendant trois longues années, la mère, le fils et la fille résistent puis finissent enfin par retourner chez eux, leur belle maison devenue pendant longtemps un refuge squatté.Le retour se fait comme si rien ne s'était passé; les voisins jouent une indifférence polie, la maison retrouve petit à petit son apparence d'origine, et lorsque le père revient, les enfants pensent que leur vie "d'avant" va reprendre. Or, le simple fait d'être d'origine japonaise en a fait des êtres dangereux dont il faut se méfier. Ils sont l'ennemi fantasmé et détesté.L'absence de pathos, de scènes d'effusion, de colère, de joie renforcent l'aspect témoignage de ce roman. Julie Otsuka utilise ses personnages comme des "outils d'information". Grâce à eux, le lecteur se rend compte d'un fait historique, par contre il ne saura rien de l'aspect émotionnel et traumatisant des faits. Et pourtant, malgré cette écriture blanche, on ne se sent jamais en peine et on ne peut que constater que ce choix fonctionne. Un livre à découvrir sans tarder. vivi

vivicroqueusedelivres
14/08/12
 

Les Etats-Unis et le Japon sont en guerre. On est venu chercher le père un matin, il est parti en pyjama et en pantoufles. Bientôt c'est l'ordre d'évacuation pour la mère et les deux enfants, une grande fille de dix ans et un petit garçon de sept ans. Un jour, ils se retrouveront, mais rien ne sera plus pareil...Un court roman qui a la force des pavés. Par la grâce d'une écriture désincarnée et factuelle, on se met dans la peau d'une famille japonaise et dans une dignité que rien n'obstrue on survit. Tout quitter, vivre en camp, ne rien savoir de ce que vit son mari/père, grandir, se construire dans ces conditions. Puis un jour revenir, et affronter. Ou pas.Admirable. Sylvie Sagnes

SagnesSy
07/07/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.11 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)
  • Traducteur : BRUNO BOUDARD

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