Quand notre monde est devenu chretien (312-394)

VEYNE, PAUL

EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 28/02/07
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SYNOPSIS :

Un des événements décisifs de l'histoire occidentale, et même mondiale, s'est produit le 29 octobre 312 dans l'immense empire romain : l'empereur Constantin se convertit au christianisme. Sans lui, le christianisme serait probablement resté une secte d'avant-garde, et cette date pose la borne-frontière entre l'Antiquité païenne et l'époque chrétienne. Désormais le christianisme était religion licite et l'égal du paganisme. Après avoir analysé le rapport des païens et des chrétiens à leur dieu (un païen était content de ses dieux s'il avait obtenu leur secours par ses prières et ses sacrifices, tandis qu'un chrétien faisait plutôt en sorte que son Dieu fût content de lui), Paul Veyne montre que Constantin ne cessera de répéter qu'il n'est que le serviteur du Christ qui l'a pris à son service et qui lui procure toujours la victoire. Il est le souverain personnellement chrétien d'un empire qui a intégré l'Église. Suit une étude passionnante du césaro-papisme. Le christianisme était la religion la plus éloignée qui fût d'une distinction
entre Dieu et César, contrairement à ce qu'on entend répéter : tout le monde devait être chrétien, César en tête, lequel avait des devoirs envers cette religion qui formait un tout. Cette puissante et originale étude des débuts du christianisme se clôt sur une réflexion sur les " origines chrétiennes " de l'Europe. Pour Paul Veyne, il faut en finir avec le lieu commun selon lequel l'Europe devrait au christianisme d'avoir séparé politique et religion ; ce n'est pas le christianisme qui sous-tend l'Europe actuelle, c'est l'Europe actuelle qui inspire le christianisme ou certaines de ses versions. Par analogie ou, si l'on veut, par confusion entre l'égalité spirituelle et l'égalité temporelle, le vieux sol christianisé a été pour les Lumières un terrain mental qui n'était nullement destiné à leurs semences, mais qui, mieux que d'autres sols, pouvait les recevoir. Le christianisme a cessé depuis longtemps d'être les " racines " de l'Europe, mais, pour certaines valeurs, il reste un " terrain ", comme disent les médecins, un sol fertile.
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