Quatre generations sous un meme toit t.1

LAO SHE

livre quatre generations sous un meme toit t.1
EDITEUR : MERCURE DE FRANCE
DATE DE PARUTION : 14/03/96
LES NOTES :

à partir de
29,50 €

SYNOPSIS :

Comme le titre l'indique, Quatre générations sous un même toit est d'abord une histoire de famille. Le roman s'ouvre sur l'anniversaire du vieux Qi, le patriarche qui vit avec toute sa famille réunie, dans l'une des cours du Petit-Bercail à Pékin. Il est fier que sa longévité lui permette de connaître jusqu'à ses arrière-petits-enfants. Pour un homme qui a vu la fin de l'Empire et les boxers, c'est une bénédiction céleste. Sa seule crainte est que la célébration de son anniversaire soit compromise par le début de la guerre avec les Japonais. Comparée à sa stature et à sa majesté, la deuxième génération est très effacée. La troisième génération, elle, est composée de trois frères. L'aîné, Ruixan, est un homme cultivé qui enseigne l'anglais et le chinois. Le plus jeune Ruisquan, est un étudiant plein d'idéal qui quittera Pékin pour rejoindre le maquis.
L'autre frère, Ruifeng, est un garçon làche, qui se laisse mener par sa femme et finira par collaborer avec l'ennemi. Par ses nombreux personnages, le roman trouve son unité dans la succession des différentes générations et dans la dimension historique qui vient menacer leur stabilité. Mais les " conflits ", qui sont au coeur de l'oeuvre, n'opposent pas seulement entre eux les divers membres de la famille, ils opposent aussi le groupe familial à la patrie, et Pékin eu reste de la Chine. Ainsi Pékin devient-il le sujet principal du roman, à travers d'innombrables descriptions de la vie du peuple et de l'inépuisable beauté de la ville. Ecrit entre 1942 et 1944, Quatre générations sous un même toit est un roman-fleuve d'un réalisme tout à la fois original pour l'époque et une fresque incroyablement vivante, où Lao She dévoile les événements avec colère et passion.
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Deuxième lecture de ce gros roman rédigé entre 1942 et 1944 par un écrivain d'origine mandchoue et né à Pékin en 1899. Lao She (titre respectueux de « vieux professeur » donné par les disciples à leur maître) campe ici le portrait de plusieurs familles pékinoises, à partir du 7 juillet 1937, date de l'occupation de Pékin par les Japonais.Le Pékin d'antan est le personnage central du roman, avec ses vieux quartiers aujourd'hui disparus, ces ruelles nommées « hutongs » dont il ne subsiste à peu près rien mais qui, à l'époque, abritaient un petit monde grouillant de familles de tous niveaux sociaux. Ici, nous sommes dans la ruelle du Petit-Bercail, en forme de coloquinte ou de gourde, avec long col, une première cour comme un buste féminin, resserrement à la taille et ventre rond. On dirait un corps de femme. Elle abrite la famille Qi, celle qui justifie le titre, regroupant un arrière-grand père de 75 ans, ses enfants et petits enfants, les petits derniers encore tout jeunes. C'est sur l'aîné des petits-fils, Ruixan, professeur dévoué et homme responsable, que repose le bien-être de la famille. Son plus jeune frère, Ruiquan, romantique et patriote, est parti pour se battre. Le puîné, Ruifeng, est un jeune homme opportuniste qui veut réussir, y compris en jouant la carte de la collaboration.Autour des Qi, plusieurs familles se côtoient, poète torturé par les Japonais dont les deux fils meurent, l'un en tant que héros de guerre. Famille de parvenus lamentables qui cherchent à profiter de la guerre pour obtenir un poste de fonctionnaire, couple de chanteurs d'opéra, tireur de pousse, barbier, tapissier. Le petit monde de la ruelle est complexe et dans l'ensemble on s'entend bien, même si un jour on dénonce son voisin pour obtenir des faveurs de l'ennemi...On assiste à un spectacle lamentable : l'organisation par le petit-fils collabo au défilé de l'école pour « célébrer » la fête nationale, et en même temps la prise de Baoding par l'ennemi. Honte, « perte de face », les professeurs refusent de venir encadrer le défilé, les élèves baissent la tête, déchiquettent les drapeaux en papier, ceux du Japon, qu'on leur a mis dans les mains, triste défilé d'ombres honteuses...Lao She évoque de façon indirecte les horreurs de la guerre, ici ni effusion de sang ni massacres mais un peuple chinois décrit comme doux et pacifique, non préparé à de hauts fais d'armes malgré des héroïsmes ponctuels, des gens qui veulent simplement vivre et jouir de petits plaisir en toute quiétude. Pourtant, les vilenies, indépendantes de l'occupant, sont évoquées au détour d'une phrase : enlèvement et viol d'une femme devenue concubine malgré elle, jeunes filles du collabo Guan proposées comme monnaie d'échange pour l'obtention d'un poste, violence conjugale exercée par le tireur de pousse. Ce foisonnement de personnages, tous évoqués à traits précis et acteurs d'anecdotes vivantes, fait de ce texte un roman vivant et incroyablement réaliste. Nous y découvrons une Chine aux valeurs ancestrales mais aussi un jeu de relations extrêmement complexe, encore vivace aujourd'hui. Et une dénonciation des autoritarismes d’État, un plaidoyer pour la dignité des petites gens et le respect des hommes de paix et des érudits. Il est remarquable que certains personnages se récitent ou savent citer des passages entiers de textes très anciens, datant de plusieurs siècles.L'auteur, Lao She, a été « suicidé » en 1966...Aujourd'hui encore, on peut écouter des Chinois raconter combien ils ont souffert de cette guerre et la haine du Japonais reste très vivace. Hebelin

hebelin
08/01/14
 

Dans la ruelle du Petit-Bercail à Pekin, vivent plusieurs familles de niveaux sociaux et culturels différents, certaines se fréquentent d'autres non, toutes vont être confrontées à l'occupation japonaise. Dans ce contexte politique perturbé, les personnalités se révèlent, et ce qui va avec : les mesquineries, délations, mais aussi actes de solidarité, et de courage. Pour certains, c'est une occasion de gravir des échelons, d'autres partent rejoindre la résistance et d'autres culpabilisent de ne pas pouvoir le faire. J'ai bien aimé l'abondance des personnages, je me suis vite familiarisée avec toutes les familles et j'ai bien aimé le lieu du Petit-Bercail en lui-même. C'était une lecture agréable, bien que certaines situations et les interrogations des protagonistes sont un peu répétitives. On vit en vase clos avec les résidents, car on ne sort pratiquement pas des cours du Petit-Bercail, on voit les choses et leurs évolutions ou manque d'évolution avec leur niveau d'information ce qui donne une impression de stagnation parfois. Mais ce sont des gens ordinaires soumis à des évènements graves et à un ennemi qui n'est pratiquement pas incarné et je me dis que c'est sans doute très réaliste. Ladybug

Ladybug
06/01/12
 

Format

  • Hauteur : 22.40 cm
  • Largeur : 15.10 cm
  • Poids : 0.70 kg