Quatre saisons a mohawk

RUSSO, RICHARD

livre quatre saisons a mohawk
EDITEUR : 10/18
DATE DE PARUTION : 05/12/06
LES NOTES :

à partir de
10,20 €

SYNOPSIS :

Avant d'être contraint de s'occuper de son fils, Sam Hall ne lui avait pas prêté beaucoup d'attention. Plus souvent dans les bars qu'auprès de sa famille, ce buveur, joueur et séducteur invétéré avait laissé à sa femme le soin d'élever seule le petit Ned. Mais désormais, il n'a plus le choix, et le voilà flanqué d'un nouvel acolyte, haut comme trois pommes, qu'il va tenter d'élever sans renier
son mode de vie. Commence alors pour Ned une drôle d'éducation auprès de ce père atypique, entre parties de pêche et fréquentations peu recommandables. Avec une sensibilité infinie, Richard Russo dissèque les relations complexes entre un père et son fils, et dresse, à travers ces deux hommes, le tableau de l'Amérique populaire, paradis perdu où chacun tente, à sa manière, de s'en sortir.
4 personnes en parlent

Quelle lecture, entre fresque sociale et chronique familiale, c'est une histoire complexe prenante à souhait parfois légère parfois drôle où la satire est souvent cruelle et la désinvolture qu' apparente. Les personnages sont tous hauts en couleurs et terriblement attachant ceux malgré leur très nombreux défauts. Dommage toutefois que Richard Russo nous resserve certaines des anecdotes quelques centaines de pages plus loin. Une première rencontre réussi, j'ai hâte de relire cet auteur.

Lacazavent
17/12/14
 

Ned vit dans une bourgade anonyme des États-Unis. Élevé par une mère un peu larguée, il va tenter de nouer de façon épisodique des liens avec son père, un personnage peu recommandable...Au-delà de la description des campagnes américaines des années 60, Richard Russo nous embarque dans un quotidien fait de pêche, de journées dans les bars et de petits arrangements pour survivre. Ajoutez la découverte du sentiment amoureux et surtout l'esquisse très fine de la relation au Père et vous obtenez un roman sublime, qu'il serait dommage de laisser passer !

NickCarraway
26/07/14
 

Il s’agit en fait du second roman de Richard Russo, écrit en 1988, et seulement traduit l’année dernière en France. De fait, on se retrouve immédiatement en terrain familier, dans cette petite ville imaginaire de Mohawk.Quand Ned Hall nait en 1947, son père revient juste de la guerre après avoir débarqué en Normandie, et a l’impression que la grossesse a duré à peine une semaine. Ce qu’il veut, lui, et de façon permanente et durable, c’est boire, courir les filles et jouer aux courses. Sa femme, constatant qu’il ne se calmera pas, s’en sépare et élève seule le petit Ned.Seulement quand elle traverse une grave dépression et doit être hospitalisée, Sam Hall héritera d’un fils de 10 ans qu’il a vu une fois.Mais à Mohawk Sam est une figure, et à sa traine le P’tit Sam va se coltiner la vie selon l’angle de vue très middle-class mais néanmoins hautement réjouissant d’un gamin de l’Amérique des années 60 …Encore une fois c’est savoureux du début à la fin, Sam est un Sully aussi tête de cochon que charmeur, Ned un mignon petit mou, et on ne peut qu’aimer la galerie de personnages qui leur gravitent autour. Que l’on aille à la pêche aux poissons ou aux balles de golf perdues, que l’on chaparde dans les magasins ou qu’on rencontre le premier Marxiste par instinct, à aucun moment on ne lit, en fait, on est partie prenante de l’aventure, et on a complètement oublié ces histoires de morale, de il faudrait ou ne faudrait pas.A noter qu’on ne prend pas encore de leçons de conduite ici, par contre on a déjà notre personnage qui collectionne les insolites, les coquilles et bizarreries.Enfin depuis quelques jours je réponds à toute question par « Eh ben ? », et me demande bien quelle est l’expression exacte traduite ainsi. « so what ? » Si quelqu’un a le livre en VO, j’aimerais vraiment savoir !« J’ai opiné. Splendide journée en effet.Le premier jour du reste de nos vies, a poursuivi Mme Ward, en s’asseyant sur la troisième chaise. J’ai entendu ça quelque part et ça m’est resté dans la tête. Voilà comment il faut regarder les choses, surtout les vieilles.- Absolument, ai-je dit.- Tu vois ? a dit Mme Ward à sa fille. Il n’y a que toi pour jouer les rabat-joie.- Je ne rabats rien du tout, maman. Je suis réaliste, c’est tout.- Une affreuse réaliste. Dieu merci monsieur… n’a rien d’un réaliste, sinon il ne mangerait pas avec autant d’appétit.Nous avons mangé avec beaucoup d’appétit jusqu’à ce que Tria, pour oublier peut-être son affreux réalisme, remarque que les kiwis étaient merveilleusement bons.- « Absolument » ai-je dit en me jurant de ne plus utiliser cet adverbe pendant au moins une demi-heure. Et en me demandant lesquels de ces fruits étaient des kiwis.Il s’est ensuivi un long moment pendant lequel nous paraissions nous rendre compte qu’il serait difficile de poursuivre une conversation normale. Nous étions sur une scène et, l’un de nous ayant laissé passer sa réplique, nous ne savions plus à qui revenait la prochaine. Nous avions l’air de songer, que, peut-être, ce brunch était une mauvaise idée dès le départ, et nous puisions dans nos coupes avec un intérêt renouvelé, comme si le kiwi et les fruits de la passion allaient naturellement nous sauver du naufrage.- Quel bonheur d’être vivant par une si belle journée, a dit Mme Ward.- Absolument. »

SagnesSy
03/07/12
 

(Une seule lecture) Le long roman de Richard Russo est bien plus que la relation minutieuse des anecdotes de la vie d'un jeune garçon, dans les années soixante. A travers l'histoire de celui-ci, l'auteur décrit avec un fourmillement de détails la vie d'un « bled » américain (son modèle est sa ville de naissance, Gloversville) un « trou-du-cul » du monde (en l'occurrence situé dans l'Etat de New-York, dans les Adirondacks), une petite société dont les préoccupations sont à mille lieues de celles des citadins, qui fonctionne selon un ordre établi seulement depuis quelques générations. Parmi ces quatre saisons, l'hiver y est marquant : il est long, froid et signe l'inactivité momentanée de toute une population qui, comme le père de Ned, travaille dur le autres six mois de l'année. Cette humanité rude est composée de personnages attachants, parfois émouvants, comme le jardinier du presbytère, parfois tragiques, comme Drew, le gamin déstructuré qui ne peut s'exprimer que par la violence. Ce sont de « petites gens », qui ne sont pas sans évoquer les personnages des romans de Mark Twain. Ici, point de self made men profitant de l'essor industriel et agricole du 19eme siècle, point de businessmen et autres WASP, plutôt des laissés-pour-compte du rêve américain, que l'amour propre pousse à se mentir et à déguiser la vérité pour continuer à marcher, au bord de l'abîme. L'auteur parvient à rendre sympathiques, malgré leurs défauts, la mère, insupportable, et le père, dissolu, de Ned, parce que ce dernier a, en dépit de tout, de l'affection pour eux et que tout est vu à travers l'oeil de l'enfant. Et cet enfant est comme l'on dit résilient, il parvient à se sortir de cette indigence intellectuelle, à accéder aux études universitaires, avec en lui toute la force que ses éprouvantes années d'enfance lui ont procurée. Un roman d'apprentissage, très bien écrit, qui a été très apprécié, dans lequel il faut prendre le temps de s'immerger. - Retrouvez tous les titres du comité d'octobre 2005 Comité romans adultes, bibliothèque municipale de Brest

Format

  • Hauteur : 17.70 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.32 kg
  • Langage original : ANGLAIS
  • Traducteur : JEAN-LUC PININGRE

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