Quatre soldats

MINGARELLI, HUBERT

EDITEUR : POINTS
DATE DE PARUTION : 01/04/04
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Voici un récit comme aurait pu en rêver Hemingway, où les circonstances comptent moins que le désarroi moral, les tâtonnements, les dialogues de ces quatre soldats en perdition, issus de l'Armée rouge, qui sortent d'une forêt où ils viennent de passer un hiver terrible, pendant l'année 1919. Il y a la beauté des scènes muettes : réquisitions dans les villages, baignades dans un étang, embuscade. Il y a ce gamin, enrôlé volontaire,
dont la présence irradie les quatre hommes car il est, semble-t-il, le seul à savoir écrire. Mais "le ciel est sans fin" et rien ne sera sauvé. Quatre soldats de l'Armée rouge en perdition sortent d'une forêt où ils ont passé un hiver terrible. Ils se livrent à des razzias dans les villages, se baignent dans un étang et enrôlent de force un jeune garçon : sa présence irradie les quatre hommes car il est le seul à savoir écrire.
7 personnes en parlent

Pavel, Kyabine, Sifra et Bénia le narrateur, sont quatre soldats de l'Armée Rouge. Pendant l'hiver 1919, ils se réfugient dans la forêt avec le reste de l'Armée. A quatre, ils construisent une cabane selon leurs plans, et organisent le quotidien. Ces quatre là s'entendent à merveille, n'ont même pas besoin de mots pour se comprendre.La rudesse de la guerre n'est jamais loin, mais l'auteur fait de ces scènes des moments de toute beauté: la réquisition de nourriture dans une ferme, la soupe du groupe de plus en plus claire, l'attente d'un combat contre un ennemi invisible.Ce quatuor est en décalage par rapport au reste du groupe. D'ailleurs, on entend les autres seulement au loin, comme s'ils n'existaient pas vraiment:"Nous écoutions les bruits du camp, paisiblement assis sur nos traverses."De temps en temps, leur chef vient les voir pour les rappeler à son bon souvenir, mais rien vraiment ne vient perturber l'équilibre fusionnel du groupe:"J'ai été tout d'un coup plein d'émotion parce que chacun était à sa place, et parce qu'il m'a semblé aussi qu'à cet instant chacun de nous était très loin de l'hiver dans la forêt. Et que chacun de nous était aussi très loin de la guerre qui allait reprendre parce que l'hiver était fini."Un jour, un jeune volontaire, Evdokin, leur est présenté. Il doit s'intégrer au groupe. Très vite, il devient un élément essentiel: il attire l'attention des autres, car il écrit des choses dans un carnet qu'il garde toujours sur lui. Un soldat qui sait écrire, c'est tellement précieux! Alors les autres lui demandent de coucher par écrit leur quotidien, leurs baignades dans la rivière, les mains de femmes sculptées par Yassov, pour ne pas oublier la douceur de celles-ci... Les accents tragiques de la guerre déjà peu visibles en surface s'effacent complètement à la faveur des pages noircies par Evdokin. Les quatre soldats ont le coeur plus légers lorsqu'il faut quitter le camp de la forêt et affronter la guerre..."Le ciel est sans fin et il n'y a pas les mots" dit le narrateur. La beauté de la vie est dans l'indicible. Pourtant, l'auteur ne perd jamais de vue que l'action se passe en temps de guerre, mais il le rappelle au lecteur par petites touches qui, paradoxalement, sont décrites avec beaucoup de beauté: un matelas d'herbes, un cheval errant en sueur, Sifra qui démonte et remonte son arme en un temps record, ou surtout Pavel qui ne dort plus à cause des images dans sa tête.Quatre soldats est un roman rempli de poésie et de fulgurances littéraires.C'est l'histoire d'une amitié et d'une solidarité autour d'un semblable qui peut garder par écrit leurs souvenirs. C'est l'histoire de quatre hommes, en marge de la guerre, qui survivent tout simplement.Admirable. vivi

vivicroqueusedelivres
03/02/14
 

1919, l'armée russe est en déroute, repoussée par les troupes roumaines et polonaises. Au fin fond de la Pologne, en plein hiver, quatre soldats partagent une cabane dans la forêt, quelques cigarettes et leurs tourments. La consigne est claire, les hommes doivent se disperser et chaque groupe doit se réfugier dans la forêt jusqu'au printemps prochain. Alors qu'arrive le dégel les survivants sortent des bois et sont regroupés dans un camp, dans l'attente d'un ordre de déplacement. Sur le camp les parties de dés reprennent entre les quatre soldats, malgré la précarité de leur situation ils se recréent un quotidien supportable, presque doux en comparaison de ce qui les attend, au combat. L'entraide, le partage, l'écoute, autant d'attentions qu'ils se portent les uns aux autres et qui recréent, au fil des jours, un semblant de cercle familial. Ils combattent le manque par de dérisoires ersatz, la photographie d'une femme à l'intérieur d'une montre, avec laquelle on passe la nuit à tour de rôle, et des mains de femmes sculptées dans le bois à étreindre avec précaution. Chaque jour la petite bande rejoint un petit étang, au bord duquel ils bavardent et semblent parfois oublier la guerre, redevenant les gosses qu'ils n'ont jamais cessé d'être. On leur confie un jeune engagé qui noircit les pages d'un petit carnet les jours de désœuvrement, le jeune homme est adopté et bientôt chargé de consigner les miettes de bonheur dérobées par eux à la barbe de la grande histoire.

sovane
18/07/13
 

Quatre soldats de l'Armée rouge en 1919. C'est l'hiver, il faut survivre dans le froid, au milieu de la forêt, avec les moyens du bord. Rassemblés par hasard, ces hommes partagent leur quotidien, un abri de fortune, mettent en commun leurs savoirs-faire, échappent un peu à la solitude et à la peur.Le lecteur entre d'abord tout doucement dans ces vies, il les entrevoit par quelques zooms sur des instants, des petits rituels. Le thé, les dés, les cigarettes, les gentilles boutades, la montre avec laquelle chacun dort à tour de rôle. Très peu d'événements, surtout des moments répétés, routiniers, ceux qui donnent des repères à ces soldats, les rassurent et leur apportent un peu de confort dans le chaos. Autant d'instantanés qui ne font qu'esquisser les protagonistes, et évoquent au lecteur des images, des sensations (le froid, la peur), une atmosphère. Ceci jusqu'à l'arrivée de l'écriture dans l'univers de ces hommes illettrés, qui va donner de l'importance à des petits riens - et qui m'a réveillée.Impressions post-lecture très difficiles à définir. L'ennui a dominé sur une longue première partie, laissant place trop tardivement à l'émotion. De jolis sentiments - solidarité, respect - entre ces hommes rudes et réservés que rien ne prédisposait à vivre ensemble. De beaux moments émouvants avec le réconfort que procurent la montre (présence maternelle/féminine) et la magie de l'écriture.Les phrases et les chapitres sont très brefs. La plume est "aérienne" mais paradoxalement pesante (redondante, longtemps insaisissable)… C'est sensible et subtil. Mais on peut garder une impression de superficialité si l'on bute sur le style, ce qui fut mon cas sur les deux premiers tiers.Je n'ai guère envie de relire cet auteur, j'avais pourtant noté 'Un repas en hiver' au vu d'avis positifs de lecteurs. Canel

Canel
21/06/13
 

Un soldat de l'Armée rouge raconte sa vie quotidienne, aux côtés de trois compagnons qui partagent sa cabane durant l'hiver 1919. Dans un style simple, ce narrateur décrit surtout les gestes et discussions de tous, même s'il y ajoute quelques pensées et sentiments plus personnels.L'auteur parvient ainsi finalement à nous faire percevoir l'absurdité de cette guerre, en la présentant telle qu'elle a pu être vécue par certains de ses acteurs, sans avoir besoin de présenter le contexte dans lequel celle-ci s'inscrit (contexte qui semble dépasser totalement ces protagonistes).J'ai aimé la simplicité de l'écriture. J'ai aussi apprécié la profondeur des sentiments liant les personnages entre eux que l'auteur parvient à faire ressentir au lecteur, en ne décrivant que des faits a priori banals. Apikrus

Apikrus
24/05/13

C’est un roman difficile à résumer, et le pitch qui m’a été donné (« Quatre soldats dans une cabane sous la neige ») m’avait, comment dire, refroidie (ahahaha). Lectrice de peu de foi ! Quatre soldats est un petit bijou hors de toute classification. Quatre hommes de l’Armée Rouge, frustes, illettrés, vont construire en un hiver une formidable amitié, toute en non-dits et en sentiments inavoués, jusqu’à montrer une humanité splendide.

Readingintherain
15/07/11
 

Primé par le Médicis en 2003, le roman d'Hubert Mingarelli en impose largement. C'est une histoire simple, vraiment toute simple. Où il ne faut pas s'attendre à des rebondissements, à de l'intrigue guerrière, à des révélations sur l'Armée Rouge, non. "Quatre soldats" se concentrent sur quatre hommes de l'armée russe. Leur bataillon se réfugie dans une forêt où ils vont camper pendant des mois, dans l'attente de partir, d'essuyer d'autres coups de feux, de tirs d'obus. Bref, en attendant des jours plus sombres, nos quatre soldats vont vivre en toute simplicité, contruisant cabane ou tente, jouant aux dés, pariant des cigarettes, se baladant près d'un lac, pêchant des poissons. Et puis, survient dans leur quatuor, un jeune fils de paysan qui rejoint l'armée. Les quatre soldats vont apprendre qu'il sait écrire et confine tout ce qu'il voit dans un carnet, donc ils vont lui raconter les menus détails de leur expérience dans cette forêt où ils viennent de passer de bons moments, des moments exceptionnels qu'ils vont tous garder en mémoire. Car, en fin de roman, l'heure de partir sonne et la peur les gagne. La peur combinée à la peine teintée de nostalgie.Résumé grossièrement, ce roman possède avant tout une patte d'écriture époustouflante. Car ce n'est pas tant l'histoire limpide qui nous accroche, c'est le style de Mingarelli : épuré, net, élégant, précis. Un ton aux apparences simples mais bougrement travaillé et fascinant. Ce roman se lit à vitesse affolante et on s'attache à ces quatre soldats, à leur franche camaderie. C'est, honnêtement, un excellent roman qui mérite d'être lu et vaut bien le Prix Médicis attribué !

Clarabel
23/02/09

Une belle longue nouvelle Aucune phrase, aucun mot inutile, dans un style qui va droit au coeur, Hubert Mingarelli nous conte l'histoire de quatre soldats en déroute dans l'armée russe.

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.12 kg

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