Que ma joie demeure

GIONO, JEAN

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 14/05/74
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Que ma joie demeure Sur le rude plateau provençal de Grémone, quelques hommes peinent tristement sur leurs terres, chacun de leur côté. Ils comprendront le message de joie et d'espérance que leur apporte le sage Bobi, vagabond
au coeur généreux, et, malgré les difficultés de l'existence, la joie renaîtra sur le plateau. Que ma joie demeure est un hymne à la vie, un chant merveilleux en l'honneur de la nature, des hommes et des animaux.
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Ma première rencontre avec Giono avait mal fini. Le clivage entre cet homme du sud et moi jeune collégien du nord était trop grand, véritable gouffre infranchissable qui s’effritait sous cette lecture scolaire obligatoire. Dès mes onze ans, j’avais déjà divorcé avec l’œuvre de cet écrivain. Ce n’est que bien plus tard que j’ai renoué avec lui par un pur hasard grâce à L’homme qui plantait des arbres. Cette nouvelle rencontre fut la bonne, véritable renaissance. Le chant de Giono avait pénétré mes veines, et le sang du sud coulant fraîchement me susurrer de poursuivre cette découverte. Ce livre est un hymne, comme souvent chez Giono. Véritable symphonie du monde agricole à la recherche du bonheur perdu. Ces paysans sont riches, mais ils sont pauvres intérieurement. Le monde moderne tue et isole selon Giono. Et encore une fois, sa foi en l’homme, ici un artiste de cirque qui jouera le rôle du médecin et de l’ingénieur. Bobi est un porteur de joie : « j’essaye de leur donner de la joie. » (Chapitre XII) Chaque nouvelle amélioration est précédée par une longue description de la nature, véritable feu d’artifice qui ranimera le cœur de ses paysans, les réunira dans leur quête. Petit à petit, les idées simples de Bobi infusent dans les têtes, développant leurs arômes dans les alentours, se répercutent pour finalement s’épandre et s’exhaler chez chacun. Jourdan reprend les idées de Giono, c’est lui qui a foi en la nature humaine, attendant un sauveur qui le guérira. Ce messie, ce sera Bobi, homme simple, qui nous rappelle un peu Elzéard Bouffier, autre personnage de Giono. La solution est simple : « quand l’homme veut » (chapitre VII), « c’est au fond de leur cœur. Il y a encore de l’espoir. » (Chapitre VIII). C’est encore Bobi qui leur fournit la raison de ce retour, de ces changements : « que reste-t-il, si ce n’est un hymne à la vie tout simplement » (chapitre VII). En effet, Giono nous touche par son lyrisme. C’est un tailleur de phrase, on sent les jonquilles s’épanouir au fil des pages, on ressent la danse du cerf, le bruit de ses sabots résonner dans nos têtes à chaque mot. On surprend les oiseaux entrain de picorer le blé dans les pages non lues. Les mots enivrent dans un rythme de phrases mêlant longueur et description détaillée pour la nature et dialogue court et description superficielle pour les humains ; car au fond l’être humain n’est que superficiel, c’est la nature qui importe, c’est elle qui fait le bonheur. Il y a du Rousseau dans ce texte. Deux chapitres m’ont énormément plu, la rencontre entre Bobi et le fermier de Fra-Joséphine où il disserte sur la joie : « Tu sais que j’ai besoin de joies. Tu sais que personne ne peut vivre sans joie. La vie c’est la joie. » (Chapitre XII), et le suivant quand Giono décrit en parallèle les semences mécaniques sur la vallée et celle du plateau. Ces deux chapitres sont à mettre en corrélation avec les chapitres III qui décrivent successivement les moissons et la nouvelle rencontre entre Bobi et le paysan, et marquant la boucle finale du roman. A noter l’antagonisme du ciel qui marque l’ouverture et la fin du roman, deux ciels remarquables aux destins si différents. Une phrase du chapitre IV résume le sentiment qui persiste à la lecture de ce texte : « Je suis ton désir de vivre malgré et contre tout."

Pasdel
06/02/13
 

Un voyage inoubliable et émouvant à travers la Provence. Un grand Giono trop méconnu à mon sens! +++Comme ce paysan solitaire, laissez vous guider sur les chemins provençaux. JB

julienbondue
11/04/11
 

"Madame, dit Zulma, puisque vous êtes là, je voudrais que tu m'expliques le fin fond des choses.""Carle et le fils étaient tristes tous les deux d'une tristesse pas désagréable. Comme quand on voit partir des gens et qu'on reste, qu'on se dit : "Qui sait ce qui les attend ? Moi ma maison est douce." On s'imagine qu'ils vont coucher dans des buissons d'épines par des nuits de pluie. On pense au bon lit de la maison. On désire à la fois d'un même désir le bon lit et le buisson d'épines dans la pluie."C'est l'histoire d'un coin de Provence, un pays dur. On travaille la terre, saison après saison et il y a comme une désespérance qui fait des ravages. Déjà deux qui se sont tués. Jourdan attend, il sait que quelqu'un va venir et il attend de lui une solution. C'est Bobi qui se pointe, un peu artiste (contorsionniste), un peu poète. Il apporte la joie. A partir de lui, les choses changent, les fermes isolées se fréquentent, on travaille en commun, on plante des fleurs. La joie vient. Mais pour qu'elle demeure, il faudrait que l'homme ne soit pas l'homme...Un roman magnifique qui chante la nature et les choses simples, tout en exposant d'une voix fragile la solitude et l'inquiétude. Un roman qui prend aux tripes, tout en étant d'une limpidité totale. Un roman qui parle de nous, de ce que chacun d'entre nous pense, tout au fond, de ce qu'on ne dit jamais. Un classique, en somme. Sylvie Sagnes

SagnesSy
13/09/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.21 kg

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