Quelques-uns des cent regrets

CLAUDEL, PHILIPPE

EDITEUR : STOCK
DATE DE PARUTION : 14/03/07
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Le narrateur revient sur les lieux de son enfance pour enterrer sa mère, morte solitaire dans une petite ville du nord de la France. Cette femme fière et forte l'avait élevé seule, son père étant mort à la guerre. Une photo en tenue d'aviateur sur le mur de la chambre évoquait le héros disparu. Mais un jour la légende familiale s'effondre : l'adolescent découvre que sa mère lui a menti sur ce père auréolé de mystère. Il part brutalement de la maison. Il n'a
que seize ans. Il sait aujourd'hui qu'il a brisé le coeur de sa mère par ces longues années de silence accusateur. Il se souvient de la silhouette inquiétante du grand-père qu'il croisait chaque jour sur le chemin de l'école, de la grand-mère craintive et distante. Il devine ce que sa mère lui a sacrifié. Ne restent qu'une photographie et une enveloppe qui contiennent le secret de sa naissance. Mais la lumière est-elle toujours préférable à la nuit oe
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C'est une histoire simple et triste, une histoire empreinte de mélancolie et de nostalgie, une histoire d'amour filial qui n'a pas su s'exprimer. C'est un roman touchant qui explore avec délicatesse et réserve une douleur intime, un acte manqué, un regret...«Il n'a fallu que quelques pauvres secondes au commis pour dévoiler ce qui m'avait été caché si longtemps, le visage de ma mère, son visage, son beau visage que je n'avais pas revu depuis seize ans. Seize longues années, seize minces années qui m'avaient fait devenir un homme déjà las, un peu amer.Elle portait des cheveux un peu plus longs que par le passé. Sa blondeur s'était mêlée d'argent. Son visage gardait la beauté simple qui en était la marque. A peine les rides l'avaient-elles tissé d’un mince réseau de blessures. Le temps s'était déposé en elle, avec sa fatigue et son poids, comme une poussière. [...]Etaient-ce les années vécues sans la voir qui me faisaient la croire plus jeune qu'elle n'était en vérité ? La mort lui allait comme un curieux vêtement.»Le fils est revenu, trop tard bien sûr. Il est revenu dans son village natal, triste bourgade inondée du nord de la France, pour enterrer sa mère. Il va y passer trois jours, trois jours pour rappeler les ombres de son enfance, trois jours pour transformer sa peine et sa culpabilité en un douloureux apaisement.La langue est belle et riche, la construction du récit, solide, l'histoire teintée d'amertume. Lentement, par petites touches qui paraissent de prime abord insignifiantes, Philippe Claudel dépeint, derrière le sourire de façade et le quotidien le plus sinistre, les drames qui jalonnent une existence. Il évoque les faiblesses et les errements d'un homme, mais a suffisamment de compassion et d'empathie pour ne jamais juger. Il nous propose ainsi un récit tristement beau, empreint d'une émotion juste et parsemé de petites griffes de douleur, celles des souvenirs qui font mal.

Kara
14/01/09
 

« Il a fallu que ma mère meure, que ma mère meure loin de moi, …., pour que, malgré moi, j’emprunte de nouveau les chemins d’autrefois. »Ciselée et délicate, emplie de poésie à mots choisis, l’écriture de Philippe Claudel nous livre un texte plein de pudeur contenue et de tendresse.Nous cheminons aux côtés du personnage principal, doucement, avançons, reculons, observons avec lui… Nous « écoutons » ses pensées, ses remords, ses regrets, découvrons le pan de sa vie qui a échappé à sa mère et qu’il nous livre…C’est un très bel ouvrage qui fait réfléchir sur le chemin parcouru, sur la relation aux parents, sur les non dits, ces secrets qui une fois dévoilés, ne rendent pas forcément heureux, celui ou celle qui sait maintenant…Vaut-il mieux se taire, oublier ce qui a été et vivre avec ?Philippe Claudel n’apporte pas dé réponse mais son roman accompagne à merveille nos propres émotions. Il sait manier la langue française avec brio pour en tirer la substantifique moelle et nous permettre d’aiguiser nos sensations…

Cassiopea
17/08/13
 

Il y a comme une nostalgie apaisante dans ce court roman, d’une pudeur et d’une délicatesse visibles à chaque page. Cela fait tant de bien que de lire des mots aussi doux qu’une caresse……Par un jour de crue, le narrateur arrive dans une ville du nord, dont on ne connaît rien, pour enterrer sa mère qu’il n’a pas vue depuis 16 ans. Le narrateur ne dit rien de précis sur ce lieu, mais un ou deux indices ne laisseront pas indifférents : la pâtisserie du « merle blanc » si connu des gourmands Nancéens (toute ma jeunesse que ce merle blanc) où le petit garçon mangeait du St Epvre…..douceur bien connue à Nancy. Quelle part d’autobiographie comporte de roman ? Philippe Claudel est Nancéen……Comme un peintre, notre narrateur, du bout de son pinceau, se laisse aller à ses souvenirs, à ses regrets. De cette mère qu’il a peu connu, qu’il a quittée seize ans auparavant, il va se souvenir avec une infinie tendresse, alors qu’il s’apprête à faire avec elle son dernier voyage. Il était arrivé chargé d’un mystère, qu’il choisira, finalement de ne pas lever, sans regrets.Un ode à la mère, à toutes les mères ; celles qui sont encore là que l’on chérie, et celles qui ne le sont plus, mais dont on garde à jamais au fond de soi mille et un souvenirs, quelques regrets, un visage qui avec le temps s’estompe, mais ne s’efface jamais.Merci Monsieur Claudel de cet oasis de douceur teintée de mélancolie mais sans la tristesse .« Des poux, on en a plein, une mère, on en a qu’une ! »

mimipinson
12/06/11
 

16 ans sans revenir sur les lieux de son enfance et de son adolescence. 16 ans qu’il a chassé sa mère de sa vie. Maintenant, 16 ans après, il va assister à son enterrement. Tout lui revient, surtout le secret de sa naissance « je suis né dans un très jeune ventre de seize ans … j’ai fait sombrer une enfant dans le monde des mères. Ma venue l’a fait glisser dans la nuit. La nuit de l’abandon et de l’étroite amertume. La note de couleur est apportée par la robe aux cerises : « Elle était vêtue d’une robe que je connaissais bien, petite robe d’été aux motifs bouquets de cerises dont elle était jadis si fière », comme ce tableau, dont j’ai tout oublié, sauf cette trouée de lumière sous l’orage. Et bien, cette robe c’est cela : une trouée de bonheur dans la grisaille. Philippe Claudel, tout en retenue et mélancolique nous parle des liens filiaux, de toutes nos lâchetés, le tout sans pathos. Sa description des personnages secondaires, de ces paumés, l’hôtelier, le curé de la paroisse, nous les rend aimable. Par leur intermédiaire, il nous interpelle. Dure question que pose le curé : « Demandez-vous pourquoi votre mère est morte ! Cette question n’a cessé de me tarauder, une fois les draps tirés sur mes épaules et ma journée d’errance » Et Jos, l’hôtelier ruiné et alcoolique de lui sortir cette belle parabole : Et bien nous autres les hommes, quand on se blesse, ou qu’on blesse quelqu’un, nos perles à nous ce sont les regrets, on se fabrique de beaux regrets, et dans une vie, qu’on soit prince, cordonnier ou sénateur, nos regrets sont écrits sur un grand livre, un superbe livre avec beaucoup d’or et d’enluminures, Le livre des dettes qu’il s’appelle, ils sont écrits et comptés, et chaque fois qu’un regret est écrit, on pleure, on souffre en pensant à lui, mais ça nous donne la force d’aller vers le suivant, et ainsi se passe la vie, de regret en regret, comme un saute-mouton, la vie dans laquelle nous avons cent regrets, pas un de plus, pas un de moins, on peut faire des pieds et des mains, on n’aura jamais droit à plus de cent regrets. »Le narrateur revient dans son village alors que l’inondation gagne du terrain et enserre le petit village. Est-ce une image, une métaphore, mais la crue enfle et inonde une grande partie du village jusqu’à l’enterrement de sa mère et, lorsqu’il accepte de ne pas ouvrir l’enveloppe, où elle a écrit : « Voilà ce que tu voulais tans savoir » la décrue arrive.Une ode à l’amour maternel, un livre tout en délicatesse que j’ai beaucoup aimé lire et qui aura une place de choix dans ma bibliothèque, comme tous les autres livres de Philippe Claudel

zazy
08/11/11
 

Format

  • Hauteur : 21.50 cm
  • Largeur : 13.50 cm
  • Poids : 0.25 kg

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