Qui touche a mon corps je le tue

GOBY, VALENTINE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 23/08/08
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SYNOPSIS :

'Marie G., faiseuse d'anges, dans sa cellule, condamnée à mort, l'une des dernières femmes guillotinées. Lucie L., femme avortée, dans l'obscurité de sa chambre. Henri D., exécuteur
des hautes oeuvres, dans l'attente du jour qui se lève. De l'aube à l'aube, trois corps en lutte pour la lumière, à la frontière de la vie et de la mort.' Valentine Goby.
Comme le laisse présager son titre, "Qui touche à mon corps je le tue" est un texte magnifique qui prend littéralement "aux tripes". Valentine Goby aborde avec justesse un sujet sensible, l'avortement, à travers trois personnages : une faiseuse d'anges condamnée à mort, son exécuteur et une jeune femme qu'elle a aidé à avorter.

colline (lille)
Comme le laisse présager son titre, "Qui touche à mon corps je le tue" est un texte magnifique qui prend littéralement "aux tripes". Valentine Goby aborde avec justesse un sujet sensible, l'avortement, à travers trois personnages : une faiseuse d'anges condamnée à mort, son exécuteur et une jeune femme qu'elle a aidé à avorter.
Colline ,
Librairie
(C.cial Okabé)
17 personnes en parlent

Un livre fort, émouvant, prenant aux tripes. Je l'ai apprécié dans son écriture, son style, sa manière de dire les choses même si je ne saurais pas le conseiller.Trois vies se croisent, trois destins et même plus, présentées à nous avec un seul point commun : La vie. La vie que l'on donne, la vie que l'on transmet, la vie que l'on perd et celle que l'on choisit de donner. Un livre poignant !

Un livre remarquable. Le titre dit tout, dramatiquement. Le corps au centre de la sentence. L'objet du délit. Valentine Goby, dans un style compact, raconte en quelques pages trois destins tendus et tributaires les uns des autres. Sobre, dense, ramassé. Retour sur les injonctions séculaires faites aux femmes, ce livre remarquable condense également, à travers la chaîne des responsabilités en jeu, les questions fondamentales du droit de vie et de mort sur l'autre. De roman en roman, Valentine Goby s'impose comme un auteur de tout premier plan.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Une nuit, de l’aube à l’aube en passant par midi, 16h, 22h comme autant d’heures attente qui scellent un destin. Celui de Marie G., « faiseuse d’anges », avorteuse de la première moitié du XXème siècle qui attend son exécution, celui de Henri D. exécuteur, bourreau qui tranchera la tête de marie et celui de Lucie l. qui attend dans l’obscurité de sa chambre, les effets de l’avortement qu’elle vient de subir.C’est un texte écrit à la troisième personne par un narrateur omniscient qui essaie de manière inconfortable, provocante et crue, d’évoquer les cas de conscience de ces 3 personnages, face à l’acte de donner la mort sans haine. Ce sont des réflexions sur les souffrances du corps d’abord, sur l’idée qu’on est seul, toujours seul dans sa souffrance, et lorsqu’elle est intenable, on se détache, on met une distance invisible entre soi et le monde. Les trois protagonistes se rejoignent alors dans leur singularité et ont « … mal dans (leur) chair ». » …on sait que Lucie est seule avec sa douleur, elle a mal dans sa chair et dans ses mots, sa chair, c’est le premier mot sa, qui compte le plus. Qui peut prendre sa douleur ? Qui peut la lui voler ?Qui peut prendre sa chair ?« Une réflexion très intéressante sur l’histoire de l’avortement en France par Valentine Goby. Catcho

Catcho
12/01/15
 

J'ai retrouvé dans ce roman la dextérité qu'a Valentine Goby à manier les mots. Les trois portraits se répondent, chacun montrant peu à peu ses failles derrière une façade qui fait barrage aux émotions. Certains passages sont vraiment très beaux, sur le corps bien sûr mais aussi sur l'indentité, notamment ce magnifique passage où Marie parle de son prénom qui appartient à tant de filles en 1940 qu'il ne lui appartient pas non plus (j'ai vécu ça dans mon enfance). Lucie est touchante et sa "faute" décuplée par la période dans laquelle elle vit puisque Pétain rend les femmes qui avortent de la défaite des troupes françaises, ce sont autant de petits soldats qui échappent à la France. Mon bémol concerne les voix féminines qui ne m'ont pas enthousiasmée, surtout celle de l'avorteuse qui m'a parfois vraiment agacée (en même temps, je ne suis pas sûre que Valentine Goby en fasse un personnage sympathique). http://vallit.canalblog.com/archives/2012/07/25/24675519.html#comments

cocalight
07/12/14
 

De l'aube à l'aube, dans une atmosphère teintée alternativement de jaune et de bleu, trois êtres à la limite de la vie et de la mort. En ce 29 juillet 1943, Lucie L., faute d'avoir su se déprendre du corps de sa mère, avorte, seule. Dans sa cellule de la Roquette, Marie G, faiseuse d'anges, attend son exécution. Quant à Henri D., bourreau,il n'est pas le mieux loti, quoique on en pense.Chacun revient sur son passé, sur ce qui l'a conduit, de manière plus ou moins consciente à cette situation.Avec une sensibilité extrême, Valentine Goby nous peint de manière à la fois poétique et charnelle ces trois corps qui, d'une certaine manière ne s'appartiennent pas vraiment. Ancrant sa fiction dans un socle historique, elle la sublime par son écriture magnifique et nous la rend d'autant plus poignante. Un titre plein d'une rage sourde et et menaçante autour duquel je tournais depuis trop longtemps. à découvrir absolument. cathulu

cathulu
21/11/13
 

Comment parler du corps et de notre rapport au corps avec des mots ?Valentine Goby nous parle de Marie G, une faiseuse d’anges, condamnée à mort, qui va croiser Henri D, l’exécuteur des peines de mort mais aussi Lucie L qui va être contrainte d’avorter.Avec une écriture au scalpel, Valentine Goby va nous parler de sujets forts et délicats en rapport au corps. La peine de mort, l’avortement, voici les thèmes abordés dans ce texte par Valentine Goby. Elle les aborde sans fioritures, avec des mots vifs. On est proche de chaque personnage, de chaque corps avec les mots et les maux du corps. Un livre dont on ne ressort pas indemne, la souffrance des corps, des êtres, des âmes.Une journée dans la vie de trois êtres secoués par la vie.Un texte puissant qui mêlent mots du corps, poésie de la nature et la vie sans fioriture.J’avais rencontré Valentine Goby, lors d’une rencontre pendant le salon du lire en poche à Gradignan et j’avais aimé son approche de l’écriture et de la littérature. Et quelle surprise de découvrir une telle écriture par une jeune femme qui si semble si douce.Les descriptions de ce texte sont à la fois réalistes et poétiques.Découverte d’un auteur avec un univers et une écriture surprenante ; un texte et une langue qui secoue mais dont on ne lâche pas la lecture.

catherine
03/12/12
 

1943, un matin : une jeune chanteuse, Lucie L., avorte, seule dans sa chambre, pendant que Marie G., faiseuse d'ange, attend son exécution. Henri D., le bourreau, ne dort pas non plus... De l'aube à l'aube le destin, les souvenirs de ces trois personnages s'entrecroisent. Alternant narration et pensées intimes, Valentine Goby, dessine le portrait de ces deux femmes et de cet homme, témoins d'une époque, "gangrènes dans le corps social" (p. 91), s'attarde sur l'histoire de leurs prénoms, leur enfance, tous ces menus détails qui constituent une identité, un individu."Cette année 1903, cinquante mille quatre cente soixante-deux Maire naissent en France, sans compter les Marie-Louise, les Marie-Claire, Marie-Anne, Marie-Cécile, prénoms composés échappant à la statistique et que pourtant, très vite, l'usage réduira à Marie. [...] La petite Marie G. ignore tout de ces chiffres, mais elle en a l'expérience, les syllabes Ma-rie résonnant dans toutes les rues de la petite ville, à l'école, à l'église, comme tant d'autres bruits familiers et confus, sabots de chevaux, roulement des charrettes, froissement des vagues, sifflement du vent, cris des marchands, des haleurs, ces sonorités n'appartiennent à personne ou bien à tout le monde, il faut apprendre à ne pas se retourner ou à se retourner toujours, sans attente. Certaines Marie savent tendre l'oreille, distinguer, dans le tumulte du port et du jour, une voix familière, connue, mais même l'ouïe la plus fine, en raison du nombre, doute toujours, et Marie G., celle de la rue de la Pêcherie, sait bien qu'au fond elle n'a pas de prénom." (pp. 23-24)

sovane
07/07/12
 

Le bourreau, la faiseuse d’ange et la femme avortéeIls ne sont reliés que par peu de choses, ces personnages qui habitent le récit de Valentine Goby. L’un va abaisser sa lame sur le coup de la faiseuse d’ange. L’autre se fait avorter seule sur un journal qui titre sur la condamnation à mort de la faiseuse d’ange. Ils ne se connaissent pas, et pourtant ils se ressemblent... http://petiteslecturesentreamis.wordpress.com/

constance93
24/02/12
 

Autant le dire tout de suite, je n'ai pas réussi à rentrer dans ce roman dont pourtant le thème me parlait : l'histoire croisée de trois personnages une "faiseuse d'ange" en attente d'exécution , une femme qui vient juste d'avorter, seule dans sa chambre et un bourreau , mal dans sa vie, mal dans sa peau.je n'ai pas aimé le style : passages très compacts, longues phrases sans aucune respiration. C'est surement voulu mais avec moi ça n'a pas fonctionné. Un seul passage m'a touché: les considérations d'Henri le bourreau qui trouve qu'un condamné doit "vivre" au moment où on le conduit à la guillotine mais en même temps pas trop car le condamné qui réclame un verre de lait sucré et le boit avec délectation comme un chaton devient haissable par l'humanité qu'il inspire.

dvan
12/02/12
 

Trois personnages à fleur de peau, transportant depuis l'enfance le fardeau de la souffrance car leurs mères respectives n'ont pas su leur transmettre le goût de vivre. Trois personnages aux destins liés: Lucie L. qui attend au fond de son lit "l'évacuation" de son fœtus, Marie G. faiseuse d'ange condamnée à mort, et Henri D. bourreau, en attente de l'exécution. Ce dernier ne supporte plus les instantanés de souvenirs de guillotine. "Je hais qu'un homme vive au moment de mourir" se dit-il, mais avec l'expérience il se rend bien compte qu'il est de la "même espèce" que ceux à qui il tranche la tête. Lucie L. désire que sa "peau soit cousue de tessons, de barbelés". Elle fait de l'instinct de préservation de son corps l'acte ultime de vie, quitte à recourir en cette sombre année 1943 à la poire et au lavement pour "anéantir" la petite Else aux cheveux bruns qu'elle n'aura jamais. Enfin, Marie G, aux mains de blanchisseuse, comprend bien que son exécution va servir d'exemple. D'ailleurs Pétain n'a-t-il pas dit que les faiseuses d'anges empêchait la France d'avoir une armée nombreuse et forte? Or, elle considère cette mort annoncée comme une délivrance, le vrai moment de liberté longtemps attendu. De l'aube à l'aube, ces trois personnages recherchent la lumière pour "ne pas céder à la douleur qui les ronge". Des nuances de jaune, de bleu, de rouge (qui pour Lucie signifie la libération) caressent ces corps qui se sont oubliés, irrités par une robe de bure, une ancienne cicatrice ou un utérus en feu. La lumière est la vie, et même au crépuscule de la leur, elle reste le témoin imperturbable et éternel de leurs existences passées. Le sujet est difficile, la prose de Valentine Goby parfois déconcertante, sans doute quelques précisions par ci par là auraient été judicieuses pour une meilleure compréhension globale du récit. En tout cas, le titre, qui résonne comme une menace, sert de leitmotiv à l'évocation de ces trois destins étroitement liés. vivi

vivicroqueusedelivres
11/02/12
 

Une couverture floue, dans les tons de rouge (est-ce volontaire pour rappeler le sang qui se trouve en filigrane des différents personnages ?), peu de pages : 136, tout se déroule en peu de temps : on commence à « l’aube » du premier jour et on finit à « l’aube » du second jour.Pendant ces vingt quatre heures, on va suivre les trois personnages, chacun désigné par un prénom et l’initiale de son nom. Des passages écrits en italiques avec leurs pensées respectives. Roman à quatre voix : la narratrice et les trois personnages.Les personnages sont reliés par la mort. C’est dérangeant dans le principe, ça bouscule, ça révolte, ça fait réfléchir mais je ne pense pas que ça puisse laisser indifférent.On sait, avant de commencer le roman, ce qu’ils sont et quel va être leur rôle.Marie, Lucie et Henri ne sont « rien » mais ils nous interpellent.La première dit que son prénom est « l’autre nom de l’oubli, l’autre nom de l’indifférence »…Elle se met à exister lorsqu’elle est jugée : « Depuis son jugement devant le tribunal d’Etat, son prénom existe, son nom existe ». Elle n’a pas une relation facile avec sa mère qui est blanchisseuse. Elle voudrait être un drap sale pour « passer entre les mains de sa mère ».Lucie L n’est qu’une femme qui, comme d’autres, choisit l’avortement. On la voit souffrir dans son corps, dans sa tête. Refuse-t-elle cet enfant parce que les relations avec sa propre mère ne sont pas « abouties » ? Elle dit « « Mon vêtement, c’est la peau de ma mère, ma mère me tisse et j’adore ça ». Sa mère est tisseuse, beaucoup de couleurs….Elle dit aussi quand elle quitte la maison où elle vit avec ses parents : « Je n’emporte rien. Seulement mon corps. Qui touche à mon corps je le tue ». Elle n’a que ça « qui lui appartienne », son corps, et elle le fait souffrir, se regarde se tordre de douleur. La relation de Lucie lorsqu’elle est loin de sa mère est empreinte de désespoir, elle lutte, part, revient. Peut-être sont-elles « handicapées » de l’amour, incapables de dire leurs sentiments ? D’ailleurs lorsque Lucie est avec un homme, elle n’aime pas parce qu’elle ne s’aime pas….et ne s’aimant pas, elle ne peut pas envisager de donner la vie….Henri est le bourreau. Du fait de son rôle, il a peu de contacts avec le reste de la population. Son métier le ronge et en même temps il ne sait rien faire d’autre. Lorsqu’il tue « il n’est pas un homme ». Il obéit sans juger, sans plaider, sans sentiments….En dehors du fait que les trois personnages ont eu une relation peu simple avec leur mère (qui a conditionné ce qu’ils sont devenus ?), il y a le sang rouge qui les relie et par opposition, les couleurs (tissage de la mère de Lucie, linge lavé par celle de Marie, bobines de l’usine de bonneterie où le père d’Henri est responsable) et le bleu : bleu du pyjama d’Henri (qui est alors un « homme ordinaire »), bleu comme le paquet où se trouve la chemise de Lucie, bleu des draps froissés, bleu sur les pages du journal qui parle de Marie.L’écriture est saccadée, violente, parfois crue comme si Valentine Goby cherchait à fouiller les âmes de ses protagonistes, comme si les mots, les pensées se bousculaient et qu’il fallait écrire dans l’urgence. Les phrases sont parfois longues, avec peu de ponctuation ce qui pourrait donner une idée de « lourdeur » au récit mais le sujet est grave et c’est peut être un moyen, pour l’auteur de ne pas sombrer dans le pathos, de rester en dehors, comme avec un regard « clinique ». On a l’impression d’un « condensé » où l’on retrouve de véritables questions par rapport au droit sur son propre corps, au droit de donner ou ôter la vie…mais on ne ressent pas ce que pense Valentine Goby, elle s’efface derrière son écrit.Il m’est difficile de dire mon ressenti par rapport à ce livre. Je ne peux pas dire que j’ai passé « un bon moment » dans le sens où ce n’est pas une lecture « détente ». Malgré tout, je peux écrire que c’est un bon livre car la façon de présenter les trois personnages, de « fouiller » leur âme ne m’a pas laissée indifférente. Je pense que Valentine Goby a réalisé « un exercice » difficile : écrire d’une façon troublante, sans jamais lasser, en nous donnant envie d’aller avec elle, plus loin, plus profond, pour comprendre chacun des trois sus nommés et se retirer ensuite sur la pointe des pieds….

Cassiopea
10/11/11
 

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune avec Partage –lecture. Ma première réaction fut de ne pas vouloir le lire dans la mesure où le sujet ne m’inspirait pas du tout. Le hasard a voulu que mes yeux rencontrent ce livre…le sort en était jeté.Hélas, ma première impression se confirmait assez rapidement ; avec bien du mal je parviens à venir à bout de cette lecture.Le récit se déroule sur 24 heures, et a pour cadre 3 personnages dont les destins se croisent et s’entrecroisent. Lucie L. vient de se faire avorter et attend… ; Marie G faiseuse d’anges, est dans sa cellule, condamnée à mort, et attend, elle aussi…….. Henri D .actionne la guillotine à la prison, il attend l’aube…….La lecture a été pour moi pénible, à la limite du supportable. Les propos sont d’une rare violence, et dureté. Certes, les 3 personnages ont des passés douloureux, semés d’embuches. Mais tout de même ; ce n’est pas une raison pour traiter l’avortement de cette manière là. Si la société a longtemps condamné celles et ceux qui transgressaient l’ordre établi, la maternité comme seul voie possible pour les femmes, si le sort réservé à celles qui à cette époque (la seconde guerre mondiale) avortaient ou se faisaient avorter était cruel, un peu de douceur dans ce monde de brutes n’aurait pas fait de mal.La construction de ce roman, ne m’a pas plus conquise. J’ai trouvé les phrases longues, trop longues, au point parfois de manquer de souffle pour les lire jusqu’au bout.Au fond, je n’ai rien compris à ce récit : ni le sens que l’auteur a voulu y donner, ni les raisons de cette violence. La seule chose que je parvienne à formuler, c’est de dire que cette lecture ne m’a pas plu. En revanche je suis incapable de déterminer la ou les émotions qu’elle m’a inspiré. Rarement une lecture aura été pour moi, à ce point un grand moment de solitude.

mimipinson
09/06/11
 

Je n'avais rien lu de cette auteure avant de la rencontrer au salon du livre de Voiron en novembre 2010. J'ai choisi de commencer avec ce roman de près de 140 pages.Il y est question du corps, de celui dont on retire un foetus à grand coup d'aiguilles et de celui à qui l'on ôte la tête. Il est question du corps des femmes qui n'auraient pas le droit de refuser d'accueillir la vie. De l'aube d'un jour jusqu'au lendemain matin, on suit Lucie. L femme qui se fait avorter et attend que son foetus s'échappe de son ventre, Marie. G celle qui manie les aiguilles, la faiseuse d'ange, condamnée à mort et qui l'attend dans sa cellulle et Henri. H, le bourreau qui aiguise la lame qui s'abattra sur la tête de Marie et à qui ce métier a été transmis par des générations d'hommes qui exercaient avant lui.En cette journée, cette veille d'éxécution, ils reviennent tous les trois sur leur enfance, le chemin qui les a amené là. Leur relation à la mère est fondamentale qu'elle ait été trop présente, trop parfaite pour Lucie, trop indifférente pour Marie, ou qu'elle soit morte trop tôt pour Henri. Bon alors autant vous le dire je n'ai pas accroché. Le thème m'intéressait mais il est traité avec une froideur m'empêchant toute empathie. Je suis restée en dehors de ce roman.

lucie38
08/06/11
 

Une petit livre, tout fin, qui se lit assez vite, qui nous entraîne dans vingt-quatre heures de la vie de trois personnes liées entre elles par une histoire d'avortement, par ce sang qui va couler, inévitablement. Un petit livre que j'ai refermé en étant persuadée de ne pas l'avoir aimé. Parce que je voulais un roman, un vrai, avec des descriptions, un roman rangé, où l'on raconterai la vie des personnages de manière classique et précise. Sauf que ce roman n'est pas du tout ça ! Oh que non ! Non, c'est un roman qui parle des sentiments, de l'amour, de la relation à la mère, de la mort, du sang, de la violence d'avoir ou non un enfant.Alors forcément, ces phrases longues, ces pensées sans fin, qui s'emmêlent parfois, le passage de la 3e personne à la 1e, le passé qui se font dans le présent, les trois histoires qui se superposent... Forcément, j'étais un peu déboussolée ! Surtout que j'avoue l'avoir lu entre deux plages de sommeil, les idées parfois embrumées...Et puis finalement, après quelques heures de réflexion, après l'avoir rangé dans la bibliothèque et être passée à autre chose, après aussi avoir lu des avis très positifs, je me rends compte de ce que j'ai raté. L'ayant lu comme le roman que je m'attendais à avoir dans les mains, je pense l'avoir survolé, je ne me suis pas arrêtée sur les réflexions qu'il inspire, sur la violence qui s'en dégage, même si certaines choses ont fait écho dans ma tête.Le temps ne me le permet pas à l'heure actuelle, mais je crois que je relierai Qui touche à mon corps je le tue dans quelques temps. Car à bien y réfléchir, on retrouve dans l'écriture de Valentine Goby un nombre certain de caractéristiques relevées dans L'échappée, comme l'importance des sens, les descriptions minutieuses de toutes petites choses, de parcelles de peau, de parcelles de vie. Une écriture que j'avais alors beaucoup appréciée et qui avait su me faire vibrer. Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
22/02/11
 

Paris, 29 juillet 1943.Une journée, trois personnes reliées par un fil invisible.Marie G. dans sa cellule attend son exécution en tant que faiseuse d’anges. Lucie L. avortée depuis peu se repose, contemple son ventre meurtri dans sa chambre. Et Henri D., le bourreau, est celui qui viendra couper la tête à Marie G..Au fils des heures qui passent, chacun des trois protagonistes replonge dans ses souvenirs. On apprend que Marie G. est devenue faiseuse d’anges par hasard, que Lucie L. a développé, enfant, une relation très forte, fusionnelle aves sa mère. Henri D. , lui va de ville en ville là ou l’attendent les condamnés. Tous les trois vivent dans l’ombre, dans les non-dits et dans un silence qui pourrait les mener à la mort.J’ai trouvé ce livre difficile. L’écriture de Valentine Goby, de très longues phrases, m’a souvent fait perdre la trame. Mais, c’est un livre dont je suis sortie troublée. Le thème abordé, l’avortement illégal est très bien décrit. Quand aux ressentis des personnages, ils sont très forts. On rentre, on s’immisce dans leurs âmes troublées… Le contexte de l’époque perle entre les lignes et la gorge serrée, j’ai suivi le parcours de Marie G. et de Lucie L. Je ne les ai pas jugées, au contraire, je les ai soutenues dans leur façon d’être. Ce n’est pas une lecture aisée, il faut s’accrocher pour ne pas se noyer dans ses profondeurs… http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
27/07/10
 

Un livre remarquable. Le titre dit tout, dramatiquement. Le corps au centre de la sentence. L'objet du délit. Valentine Goby, dans un style compact, raconte en quelques pages trois destins tendus et tributaires les uns des autres. Sobre, dense, ramassé. Retour sur les injonctions séculaires faites aux femmes, ce livre remarquable condense également, à travers la chaîne des responsabilités en jeu, les questions fondamentales du droit de vie et de mort sur l'autre. De roman en roman, Valentine Goby s'impose comme un auteur de tout premier plan.

Ce qui ressort de ce livre, c'est son intensité. C'est vibrant d'émotion, certains passages flirtent avec la rage, l'impuissance et la frustration. On retrouve d'ailleurs la même écriture éprouvée dans L'échappée, son précédent roman. Une nouvelle fois, donc, Valentine Goby se penche sur la destinée des femmes, durant la guerre. Après celles condamnées pour avoir reçu et/ou donné du plaisir durant cette époque mouvementée, voici les faiseuses d'anges qui connaîtront une sentence sans appel sous le gouvernement de Vichy. On graciait des pédophiles, mais on envoyait à la guillotine celles qui voulaient se substituer à la décision divine (sic) ! Valentine Goby ne verse jamais dans le pathos, elle expose des éventualités, brise les tabous et elle montre les silences, les injustices. Il y a aussi un refus de la fatalité derrière les personnages, et un aspect froid et clinique chez Henri D. qui parfois donne des frissons - mais l'homme est humain, on découvre ses failles et cela ne nous laisse pas indifférent. Les deux femmes sont également touchantes, à leur façon. Ce ne sont pas des criminelles, mais elles ont posé pour la postérité avec ce statut. C'est glaçant et c'est fort. On ne peut demeurer insensible à ce genre de lecture.

Clarabel
20/02/09

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.21 kg

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