Race et histoire

LEVI-STRAUSS, CLAUDE

livre race et histoire
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 14/05/87
LES NOTES :

à partir de
8,20 €

SYNOPSIS :

La diversité des cultures, la place de la civilisation occidentale dans le déroulement historique et le rôle du hasard, la relativité de l'idée de progrès, tels sont les thèmes majeurs de Race
et histoire. Dans ce texte écrit dans une langue toujours claire et précise, et sans technicité exagérée, apparaissent quelques-uns des principes sur lesquels se fonde le structuralisme.
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Qu'est ce qui peut identifier un homme par rapport à un groupe sinon sa culture ? On appartient à une culture pas à une race. Voici le propos de cet essai. «  un essai d'interprétation de la diversité des cultures ».La seule race à laquelle il nous est possible de revendiquer quelque appartenance est celle de l'humain. Et là il faut bien avouer que le mot espèce serait plus juste. Ce qui nous est différent est trop souvent qualifié d'étranger, comme le furent autrefois les terres inconnues. Aujourd'hui les terres nous sont connues. Le monde échange : flux et reflux d'humains. Il existe plus de cultures que de races. Leur multitude n'est provoquée que par des rapports directs et indirects entre sociétés. Plus y a contact, plus il y a naturellement besoin de différenciation entre les groupes. Nous sommes d'une espèce naturellement multi-culturelle. Ce qui ne veut pas dire que nous ne sommes pas fait pour vivre ensemble, bien au contraire, cela veut dire tout simplement que nos identités respectives se nourrissent au contact des autres et peuvent établir une cohésion. Le melting-pot brésilien est certainement la plus belle illustration de ce fait.Point de culture voisine, point de progrès pour ma tribu, point d'apport, point de possibilité d'évolution pour mon village. Nous sommes une multitude, et c'est là que réside notre richesse, nos atouts, nos possibilités, et cet ensemble donne corps à notre organisme commun : l'humanité. Qu'est ce qui différencie un texan d'un berrichon ? Qu'est ce qui différencie un afro-américain new- yorkais d'un habitant de Conakry ? Rien d'autre que leur culture. Alors laissons ce concept de race, il appartient à une langue morte. Et regardons les hommes sur leurs terres, en leur culture. Par quel étrange phénomène sommes nous portés à croire que certains cultures seraient dites moins développées que la notre ? Arriérés, sauvages, barbares avez vous dits ? En arrière de quoi, de qui ? «  Le barbare, c'est d'abord l'homme qui croit à la barbarie ». L'ethnocentrisme est le cousin germain du racisme. Le temps ne connaît pas d'hémisphère. Il n'est pas une seconde à Paris et un siècle en Papouasie. Tous les hommes vivent dans le même siècle. Nous sommes tous des enfants du 21e siècle. ( mise à part peut être ceux qui s'obstinent à employer des cadavres de mots..). Alors le Moyen Age a existé. Oui. Mais il n' a pas trouvé refuge en quelque contrée. Alors pour comprendre cette unité temporelle rappelons nous que nous avons tous le même âge. « En vérité, il n'existe pas de peuples enfants : tous sont adultes, même ceux qui n'ont pas tenu le journal de leur enfance et de leur adolescence ». Donc une fois réglé cette fausse question de droit d'aînesse, les hommes, quelque soit leur culture, se doivent entre eux , comme il est d'usage, mutuellement le respect. Ce mauvais usage de l'ethno-chronologie provient du fait que nous nous savons pas lire le ligne de développement des cultures que nous considérons comme « stationnaires». Le temps nous est commun, mais nos mouvements sont différents. Et ces mouvements, différents des nôtres nous n'arrivons pas à les comprendre, nous n'avons pas cette capacité parce que nous ne connaissons que nos propres valeurs, un seul langage, une seul unité de mesure. Cela provoque des « écarts différentiels » - Je ne te comprends pas, tu es différent, ce que tu fais n'a pas de sens pour moi, ce que je fais m'apporte, ce que tu fais ne m'apporte rien, tu ne m'intéresses pas, je suis dans le « tout matériel » et toi dans le « tout spirituel » etc, etc....et inversement.En fait notre échelle de valeur ne répond qu'à l'organisation de nos besoins. Ainsi la vieille Europe a t elle considéré que la culture américaine était plus avancée que la sienne, tout simplement parce qu'elle considérait ce que cette jeune fédération pouvait lui apportait et par conséquent lui rapportait. Elle correspondait et répondait à ses besoins. La fascination culturelle n'est en fait qu'un comportement opportuniste. Ces cultures signifiantes sont dites pour nous cumulatives.C'est sur cette échelle de valeur que nous hiérarchisons les cultures que nous côtoyons. Et nous ne sommes pas les seuls. Soyons un peu moins ethnocentrés et nous nous rendrons compte que notre culture que vous considérons comme évoluée déconcertent des peuples entiers. Voilà « Le singe blanc » de D.H Lawrence observé.Il conviendrait d'utiliser le pluriel dès que nous parlons de progrès. Le progrès au singulier ressemble étrangement à une divinité. Le progrès est un nom particulièrement commun, ce serait une erreur d'en faire un nom propre.Toutefois , un problème se pose, nos cultures s'enrichissent au contact des unes des autres.Le maintien de nos différences engage notre survie.Alors qu'arrivera t il avec le développement mondial ? Avec l'instauration d'un modèle de culture unique ? Personne ne le sait. Puisque de mémoire d'homme cela ne s'est jamais produit... Par contre un phénomène presque identique a déjà eu lieu. : La révolution néolithique, il y a 10 000 ans. «  l'humanité a su accumuler une multiplicité d'inventions orientées dans le même sens »  ; alors parions que cela puisse « marcher » encore 10 000 ans...A la fin toutes les sociétés humaines ont pu profiter de cette révolution et à ce jour personne ne se souvient plus quel peuple a pu donner le premier coup de pédale. 10 000 ans après, personne ni rien n'est là pour en témoigner. Et quand bien même, à présent, puisque le bien est fait...Donc non seulement il est stupide de vouloir classer qualitativement des cultures, mais il est suicidaire pour une culture de s'isoler. «  L'exclusive fatalité, l'unique tare qui puissent affliger un groupe humain et l'empêcher de réaliser pleinement sa nature, c'est d'être seul. ».Le syncrétisme culturel n'engendre pas la fusion des cultures en une seule mais fait naître de nouvelles cultures. Et «  la civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition, à l'échelle mondiale, de cultures préservant chacune son originalité ». On peut observer les conséquences de toute « globalisaton » . Il en fut ainsi pour la révolution industrielle qui institua un modèle unique : le capitalisme. Automatiquement comme une réaction organique, ce corps de la société se redivisa : la lutte des classes apparue. Réaction d'auto défense naturelle. Régulation automatique d'un organisme sain.Les cellules se régénèrent. Se multiplient, se regroupent parfois. Le groupe des cellules forme le corps de la société. Voilà l'organisme « Humanité » tel qu'il doit être considéré. « une humanité confondue dans un genre de vie unique est inconcevable, parce que se serait une humanité ossifiée »..L'ethnologie est une science faut il le rappeler ? Et humaine. Donc pour comprendre un organisme il faut bien se pencher sur ce que le compose. En comprenant comment fonctionne un organisme humain on comprend comme on se doit de comprendre l'humanité. Différentes cellules : il y a , particularisme des cellules : il y a, nécessité de la pérennité de chaque groupe de cellules : il y a. Échanges et inter-actions entre les cellules : il y a besoin Dépendance entre toutes les cellules : il y a nécessairement. Les lois de la division cellulaire ( mitose- méiose) s'appliquerait parfaitement.Après tout l'humanité n'est qu' un immense organisme vivant. Ce qui donne corps force et possibilité à un organisme vivant, c'est justement l'ensemble de ses cellules. On a jamais vu un orteil seul aller très loin, sauf peut être dans la gueule d'un chien. Donc si l'humanité veut marcher loin il faut qu'elle prenne soin de ses cultures à égale mesure. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
01/09/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
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