Ravages

LEDUC, VIOLETTE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 03/05/55
LES NOTES :

à partir de
26,00 €
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C'est en Perse que j'ai tenté de puiser un peu de raison à ce titre, à ce récit .«L' amour qui ne ravage pas n'est pas l'amour » nous dit le poète, mathématicien, et grand philosophe Omar Khayyâm.Soit...Mais alors, quel est donc le nom, le visage de cet amour qui a commis de tels ravages sur un être? Le premier. Le premier venu. Celui d'une mère omniprésente, abusive. Celui d'un père manquant, absent.Mais dans le règne animal, l'amour parental est peut être une règle dictée par le devoir de l'espèce, mais en ce qui concerne l'humain il n'est pas une donnée constante. L'amour a ses codes, ses lois, son verbe. Aimer ce n'est pas s'accoupler, même si cela peut parfois, très souvent, en être la preuve.Comment lorsque l'on a pas de repère, lorsqu'on a pas le langage, lorsqu'on ne connaît pas les gestes, comment aimer, comment être aimé, comment savoir si on aime et si on est aimé dans le sphère que l'on doit partager avec les autres ?Aimer pour ce que l'on donne, ce que l'on accepte de recevoir, aimer pour le plaisir d'aimer, aimer pour le plaisir de l'autre, pour son unique plaisir ?Comment fait le petit d'homme, ce petit « bonhomme » qui n'a pas reçu l'apprentissage de l'amour ? Lorsque que la dissociation ne peut pas se réaliser par le seul fait qu'il n'y a jamais eu l'acte premier de fusion ?Dissocier ce qui n'a pas été lié, mal tissé, ou extrêmement enchevêtré paraît presque impossible. Pourtant il va bien falloir parvenir par n'importe quel moyen, arriver à se dissocier de n'importe quels bras, ne n'importe quel corps.Quels ravages tout cela peut il provoquer sur une vie ?L'enfant qui n'a pas reçu cette éducation à l'autre devra tenter d'apprendre seul et parfois à ses risques et périls comment aimer peut être vécu.Aimer, il sait, il le désire, mais comment le rendre audible, lisible, palpable, compréhensible ? Comment sortir de cet autisme provoqué par le rejet ?C'est réalisable. Après tout, l'acte d'amour est l'acte le plus personnel qui soit, un acte naturellement humain, du moins le plus souvent.Une signature propre à chacun. Faut il encore que la main ne soit retenue par rien.On retrouve la frappe de Leduc, l'avalanche de ses mots, de ses couleurs, des lumières, des sons, des odeurs, des étoffes, l'autel de son enfer.L'intensité de ce qui la saisit et la traverse est le reflet de ce mal qui est enfoui dans son ventre et de cette peur panique de l'abandon provoquée par l'effroi d'une séparation que l'on se dit toujours inévitable.Car chez Leduc, comme chez beaucoup de ces enfants en mal d'amour, le syndrome de l'abandon est constant.On s'accroche, avec ses crocs, ses griffes à en atteindre le point inévitable de la rupture, le point critique, le point de fusion.Ou alors on quitte, ou bien on est incapable de construire une relation sans la penser vouée d'avance à l'échec, ou, on choisit des amours impossibles. Le schéma est toujours le même : souffrir plutôt que d'en crever.Berthe, la femme qui subit l'enfant – Violette la femme qui désire sa mère.Au péril de sa vie, mais à cette époque aurait elle eu d'autre choix.., elle choisit de ne pas répondre à la promesse d'enfant que la vie lui adressait. Elle choisit de tenir la promesse qu'elle a faite à sa mère, une profession de foi : elle ne sera jamais mère.C'est là le premier acte de dissociation.Risquer d'en mourir pour ne pas en souffrir...Ravages.La dissociation elle la réalisera également par l'écriture. Sa plume est une main qu'elle saisit et qui ne la lâchera pas.« J'étais seule, enfin seule». Le cordon se rompt, par enfant interposé.Voilà le visage de cet amour ravageur, dé-constructeur.C'est puissant, fulgurant, extrême, tragique, passionnel, charnel.Il y a très peu de pages dans la littérature qui aient ce parfum là, cette résonance là, cette poésie, cette vérité. L'amour mise à mal, mis à nu, mis en brûlure,en sang, en cendres, dans la lumière de la nuit. C'est une écriture d'être et de matières. Une véritable signature. Une tragédie.«Tu peux sonder la nuit qui nous entoure.Tu peux foncer sur cette nuit... Tu n'en sortiras pas.Adam et Ève, qu'il a dû être atroce, votre premier baiser,puisque vous nous avez créés désespérés! » Omar Khayyâm. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
13/11/13
 

«J'écrivais partout je ne veux pas qu'on me quitte», raconte Thérèse à Marc en évoquant les années qui ont suivi sa rupture avec Cécile ; et elle décide ce jour-là que Marc ne la quittera plus. Ils se quitteront pourtant. Le drame de Thérèse, c'est que le besoin même qu'elle a de leur présence la sépare de ceux qu'elle aime et la condamne à les perdre ; elle exige de les posséder sans réserve, elle les dispute farouchement au sommeil, à la vie, au reste du monde, à eux-mêmes ; mais ce qu'elle cherche en eux, c'est autre chose qu'eux le bonheur des jeunes années où sa mère lui appartenait tout entière, l'ivresse qu'elle connut adolescente dans les bras d'Isabelle, et aussi cet enfant que la tyrannie maternelle lui a interdit de jamais mettre au monde ; elle réclame d'eux la sécurité et l'extase, une union absolue et un dépassement infini, le passé perdu, l'avenir défendu, l'impossible. Déçue, inassouvie, elle refuse de transiger :puisqu'elle échoue à tout avoir d'eux, et par eux à avoir tout, elle choisit de n'avoir rien ; elle dédaigne ce qu'ils lui offrent; la générosité de Cécile la laisse aussi insatisfaite que l'avarice de Marc.En face de l'une et de l'autre, elle est seule. Si bien que l'unique salut pour elle, c'est d'assumer finalement la solitude."Ce quatrième de couverture de Gallimard reflète parfaitement ce qui fait le personnage de Thérèse.Ce roman de Violette Leduc demande une lecture atttentive si le lecteur veut ressentir les effets de son style: des phrases fortes, tendues, justes. Sa détresse est palpable à tout moment de la lecture.L'écrivain se met en scène avec ce que nomme Simone de Beauvoir une "sincérité intrépide".Ce roman repose sur une construction efficace. Il commence avec une Thérèse encore sous l'emprise de sa mère autoritaire puis se poursuit par la quête d'une indépendance entre ses amours contrariées entre Cécile et Marc, puis elle retourne suite à son avortement dans le giron de sa mère aussi rejetante qu'étouffante dans lequel Thérèse recherche une sérénité d'enfance.Dans ce roman, L'auteur aborde la sexualité sans tabou et l'avortement ce qui lui vaudra d'être censurée à la parution du livre.

alexka
15/11/13
 

Format

  • Hauteur : 20.60 cm
  • Largeur : 14.10 cm
  • Poids : 0.33 kg

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