Recit d'un naufrage

GARCIA MARQUEZ, GABRIEL

livre recit d'un naufrage
EDITEUR : GRASSET ET FASQUELLE
DATE DE PARUTION : 05/03/03
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

Depuis plus 1983, nous aimons et nous défendons les Cahiers Rouges. Bientôt 20 années de rencontres : Cendrars, Bukowski, Giono, Zweig et quelques autres... Avec les Cahiers Rouges, nous avons découvert les littératures d'ici et d'ailleurs, de Colombie, de Bohème... et d'â côté parfois ! Livres perdus puis retrouvés, livres célèbres, poèmes, romans ou essais : leur point commun
? La passion. La passion d'aimer, de voyager, la passion du crime, la passion de vivre... Chemin faisant, nous avons croisé toutes sortes de personnages : Malraux, Kafka, de jeunes amantes, quelques héros, des soeurs et des frères, des voleurs aussi, toute la diversité humaine... Puissiez-vous aimer comme nous ces êtres de chair ! Et avec nous, vivez vos passions en Cahiers Rouges !
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Du Gabo journaliste au « narrateur magnifique »Janvier 1954, Colombie. « Gabo » est seul de retour à la « froide et lugubre » Bogota, comme il la décrit, après 6 ans d’absence. Son ami Alvaro Mutis lui trouve une place au journal El Espectador, pour lequel il écrit des chroniques cinématographiques puis des reportages. S’il dut dans un premier temps s’adapter au style neutre du journal, « ce fut au tour des autres journalistes d’ajuster leur plume aux brillantes improvisations du nouveau venu, puis de l’imiter ». A cette époque, le gouvernement multiplie les exactions contre les libéraux. Gabriel Garcia Marquez a 27 ans quand il est témoin d’une manifestation d’étudiants qui tourne au massacre après que les troupes gouvernementales ont ouvert le feu. La fréquence et l’intensité de la violence politique modifient durablement sa vision du métier, marquée par l’adoption d’ « une façon particulière de concevoir et d’interpréter la réalité, et une certaine technique pour l’exprimer et la communiquer. » Deux reportages - l’un à Medellin, ville sinistrée par un glissement de terrain meurtrier dont Gabriel Garcia Marquez soupçonnait qu’il était dû à des erreurs coupables de construction, l’autre dans le département du Choco sur la côte Pacifique, où une zone forestière devait être divisée et répartie entre trois départements - finirent de sculpter le « narrateur magnifique » que nous connaissons, et « sa conception du monde en une série d’angles journalistiques ». (Gabriel Garcia Marquez – Une vie. Gérald Martin. Editions Grasset 2009.)Le respect indéfectible que le romancier portera au métier de reporter sera pleinement revendiquée dans la singularité de chacun de ses reportages, jusqu’à la création de sa fondation pour un nouveau journalisme (http://www.fnpi.org/)1, dans la lignée du courant de Tom Wolfe, résumé ainsi par Tomas Eloy Martinez : « Une voix à travers laquelle on peut penser la réalité, en reconnaître les émotions et les tensions secrètes, comprendre le pourquoi et le comment des choses avec l’étonnement de celui qui les voit pour la première fois ». (Revue Feuilleton – Numéro 4 – Été 2012 – Editions du Sous-sol).L’affaire du Caldas, les faits28 février 1955, la Colombie, sous le joug du dictateur Gustavo Rojas Pinilla, apprend que huit membres de l’équipage d’un navire de la marine de guerre sont disparus après être passés par dessus le bord du destroyer, parti d’un port de l’Alabama pour rejoindre Carthagène des Indes. 10 jours plus tard et 6 jours après l’arrêt des recherches, le radeau de Luis Alejandro Velasco échoue sur une plage, seul survivant des huit malheureux marins, miraculé et bientôt héros national portée aux nues par les médias assujettis au pouvoir. Les tempêtes météorologique et médiatique entendaient masquer l’affaire de corruption responsable des 7 disparitions : le transport d’appareils électro-ménagers entre les deux rives sur un navire de guerre (chose proprement interdite), dont le capitaine, alors que le bateau subissait une houle trop importante, aurait dû donner l’ordre d'en larguer le chargement. Passée la brûlante actualité, le héros vint frapper à la porte de l’El Espectador et proposa de narrer son aventure à la jeune équipe : « Nous accueillîmes sa proposition comme elle le méritait » explique Gabriel Garcia Marquez dans la préface, « il ne nous offrait que du réchauffé ».« L’impulsion soudaine d’un pressentiment »Les leviers de l’éclatement des scandales sont souvent surprenants et difficilement prévisibles, l’histoire de Récit d’un naufragé le prouve une fois de plus. Le marin n’avait pas descendu l’escalier de la rédaction que le directeur du journal, Guillermo Cano, animé d’un « pressentiment », le rattrapa et le mit dans les mains de Gabo. S’ensuivirent 20 séances quotidiennes en tête à tête de 6 heures chacune, dont les 14 comptes rendus, souvent rédigés de nuit, furent imprimés le lendemain, parfois sans relecture. « Une histoire si détaillée et si passionnante que mon seul problème littéraire allait être de convaincre le lecteur de son authenticité. Pour cette raison, et aussi par équité, nous décidâmes de l’écrire à la première personne et sous sa signature. »« Nous entrons dans la danse »« Ils vont nous dire de larguer le chargement » pensais-je. Mais l’ordre, donné d’une voix lente et ferme, fut différent : « Prière au personnel circulant sur le pont de mettre une ceinture de sauvetage. »On plonge littéralement dans ce témoignage, et nous mettons quiconque au défi de le lâcher avant son terme… Est -ce une fiction hallucinée ? Non, un récit véridique, palpitant et sensible : l’émotion savamment amenée et construite par le génie de GGM a vocation à remplacer celle produite par la désinformation gouvernementale. Un miracle ? Très certainement, si on entend par miracle la somme de facteurs qu’il faut réunir pour parvenir à survivre 10 jours sur le radeau de la méduse, esseulé. 10 jours que nous passons avec Luis Aljeandro Velasco, rythmés par le jour et la nuit et leurs lots respectifs de dangers : intérieurs (doutes, désespoir, les hallucinations), extérieurs (les rayons dardant du soleil, l’obscurité totale de la nuit), la mer (les requins, l’eau, amie et ennemie). Oui, c’est bien l’histoire d’un miraculé, qui, s’il a pâtit du contexte politique vicié de son époque a aussi bénéficié d’une chance inouïe dans son malheur. Pendant 10 jours, sa vie ne tient qu’à un fil : celui d’être le plus proche du radeau lors de la chute dans l’eau, là où les courants contraires n’épargneront pas ses coéquipiers, à quelques brasses pourtant seulement du salut, celui de se souvenir des cours d’école, dont les instructions semblaient aussi vaines que celles répétées, litaniques, avant chaque décollage d’avion, celui de la capacité d’adaptation humaine aux situations critiques, de la douleur aigue ou de l’instinct de survie qui refont surface et le ragaillardissent in extremis, de sa première rencontre humaine alors qu’il échoue sur la terre, éclairée sur ce qu’il ne faut pas faire en pareil cas au risque de faire succomber l’organisme… Hallucinante et pourtant véridique, l’aventure fait figure d’épopée et revêt un caractère symbolique dès les premières lignes. GGM reconstruit le mythe du marin, qui prend une ampleur littéraire indéniable, à la manière d’un Joyce ou d’un Hemingway, sans renoncer à la véracité des faits. C’est l’expérience de l’esseulement ultime que le journaliste se fait fort de faire passer. Compatir devient la condition sine qua non d’une prise de conscience plus large, d’une compréhension des enjeux globaux. Le sort exceptionnel du marin devient ainsi une expérience sensible pour le lecteur commun. "Je n’avais pas à me plaindre de mon sort, si le radeau avait chaviré à cinq heures du soir, les requins m’auraient dévoré. Mais à minuit les animaux se tiennent tranquilles. Surtout quand la houle sévit. »Gabriel Garcia Marquez renverse les poncifs formels censés démontrer l’objectivité narrative : le « Je » sert à la fois et banalement la plongée en eaux troubles autant que le rétablissement d’une vérité. C’est, dans une certaine mesure, une forme d’humilité journalistique consciente qu’elle ne peut tout épouser et tout saisir, et qui met ainsi à nue la prétention médiatique commune, asservie aux intérêts politiques et économiques des puissants. La forme manifeste dénonçant ces dangers rhétoriques se lit entre les lignes : jamais les quatorze « feuilletons » ne sacrifient au ton d’une dénonciation de la machinerie politiquo-médiatique et cela serait proprement inutile : les conséquences de cette contrebande abstraite et lointaine pour le citoyen colombien, organisée au plus haut niveau de l’Etat, devient par le discours sur ses tragiques impacts vécus dans les chaires extrêmement compréhensible et révoltant, sans qu’il soit besoin d’en dénoncer noir sur blanc les manquements éthiques. La tonalité se maintient durant tout le récit dans un équilibre parfait, le journaliste relate magistralement l’expérience intime de l’autre, et nous la fait incarner, en en faisant jaillir la vérité nue : celle de sa peau, meurtrie par un soleil brûlant et menacée par l’infinie masse d’eau grouillante et de dangers omniprésents. Chaque jour qui passe, rythmé au tic-tac de la montre fluorescente de Luis Alejandro Velasco nous ramène au sort qu’il n’a pas subi : celui de ses camarades engloutis par les lames de fond, et nous fait ainsi remonter aux causes du calvaire. Le marin incarne ainsi l’esseulement de la société civile colombienne face à ses agresseurs, autant que l’espoir collectif, source de liberté miraculeusement intarissable.

Chalu
13/03/13
 

Une lecture en demi-teinte pour ce Récit d' un naufragé, après plusieurs centaine d'heures d' entretien avec Luis Alejandro Velasco, le rescapé, Gabriel Garcia Marquez écrit son histoire. Un récit journalistique auquel l'emploi de la première personne du singulier donne une forme de confession, les sentiments et les sensations la peur, la solitude, l'espoir, la faim, la soif …etc y sont exacerbés.J' ai eu du mal à être absorbé par le texte l' histoire est vrai cela me touche cela me marque mais sans plus. C'est un récit qui au-delà de l' histoire humaine d' un homme seul survivant d' un naufrage à la dérive dans une barque semble perdre de sa force contestataire, le temps passe les régimes changent et pour moi, il y manque un petit quelque chose pour en faire un texte universel.

Lacazavent
16/11/13
 

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 12.00 cm
  • Poids : 0.12 kg
  • Langage original : ESPAGNOL