Regarde les lumieres mon amour

ERNAUX, ANNIE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 19/05/16
LES NOTES :

à partir de
2,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

«Souvent, j'ai été accablée par un sentiment d'impuissance et d'injustice en sortant de l'hypermarché. Pour autant, je n'ai jamais
cessé de ressentir l'attractivité de ce lieu et de la vie collective, subtile, spécifique, qui s'y déroule». Annie Ernaux.
14 personnes en parlent

Annie Ernaux aime faire ses courses à Auchan. C'est son droit. Elle nous fait part sur une 100aine de pages de ses réflexions, ses sentiments, ses actions dans ce grand centre commercial de la région parisienne. C'est subtil, l'écriture est évidemment fluide et intelligente, c'est souvent juste, on se fait souvent les mêmes remarques, les constats sont bien faits, mais ça reste un peu décousu. Et surtout, d'un bout à l'autre, on se demande : pourquoi ? Pourquoi raconter cela ? Et si on a une réponse, ce livre est trop court, trop léger pour la justifier, pas assez ordonné et construit. A quoi ça sert ? laurence

laurence
01/09/14
 

Dis moi ce que tu vis. C'est peut être ça raconter la vie.Pas la sienne. Pas cette vie « personnellement » vécue. Celle qui soulage beaucoup l'égo de l'auteur et qui ne passionne pas forcément le lecteur.Raconter la vie. Ce que nous appelons la mutualité du quotidien. Par exemple, écrire simplement qu'on marche avec les autres à leurs côtés et non pas parmi ou entre autres.Se baigner dans la vie et ne pas y slalomer.C'est bon de lire des choses simplement vraies. Des mots simples. Avoir conscience de ce que l'on vit avec les autres. De ce que nous partageons. Nourriture, habitude, geste, impatience, fatigue, étonnement, tout ce qui nous ressemble en un même lieu où nous trouvons rassemblés.Regarder autour de soi et recevoir ce qui se vit et surtout ceux qui vivent. Cela devient rare. Annie Ernaux nous raconte un lieu, l'hypermarché. Ceux qui y viennent, ceux qui y travaillent. Une littérature témoin. Une littérature qui sera indispensable pour que d'autres apprennent ce que nous vivions. Et peut être pour réellement comprendre qui nous étions.Bien sûr il y a les grands moments historiques, les grands tournants, les grands effondrements. Il y aura toujours de grands témoins pour sermonner la grande histoire.Mais notre histoire commune, nos partages, nos échanges, nos rythmes, la réalité de nos vies. Qui l'écrira ?Rappel tout d'abord de l'implantation du lieu : Cergy. Val d' Oise. Banlieue. Ville nouvelle. 130 nationalités s'y côtoient. Extraordinaire équation. 130 nationalités y vivent, cohabitent, travaillent, commercent, échangent, étudient, grandissent, se bousculent, s'engueulent, parlent, vieillissent ensemble.Un magasin : Auchan, multinationale commerciale. L'hydre aux multiples enseignes. Terribles adéquations.L'hypermarché : le nouveau temple. Les clients ? Nouveaux priants ? Non pas vraiment ...nouveaux priés. Priés d'acheter, de faire la queue, de patienter, priés d'ouvrir son panier, priés de présenter, de payer. Personne n'est dupe. Nous y allons. L'auteure y va. La majorité n'a pas le choix. Ils font entre eux avec ce qu'il y a . Et c'est le respect de cet « entre nous » qui est joliment écrit par Annie Ernaux.Hypermarché...Communauté ou implantation suggestive de désirs ? Écrire la vie...Observation participative, témoignage sociologique ? Peu importe après tout. Échantillonnages exacts en tout cas.Oui il faut des auteurs pour laisser une trace de ce qui se passe en notre temps.Dans la banlieue des grandes villes. Là où la France est au plus proche de la réalité du monde. Là où l'entre nous est un signal ouvert en perpétuelle évolution, en perpétuelle mutation. Entre nous sans fermeture de parenthèse, mais en ouverture constante de guillemet.Dis moi ce que tu nous vends, je te dirais ce que tu penses de nous. Ça aussi c'est exact. Dis moi comment tu chasses les plus pauvres, dis moi ce que tu offres je te dirais ce que tu prends, dis moi comment peu à peu tu chasses tes caissières, et je te dirais pourquoi nous ne sommes pas loin de penser que peu à peu même « tes » clients se sentent en trop dans tes allées...L'hypermarché est le reflet de la vie des plus nombreux, des sans noms. C'est aussi le reflet de l' ordonnance d'un pouvoir sociétal qui pèse lourdement sur une masse.Aurons nous un jour la nostalgie de ces lieux, comme l'envisage poétiquement l'auteure ?Mémoire ou souvenir ?L’Histoire, peut être, un jour nous le dira. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
06/06/14
 

Ce n'est pas un guide pour savoir se conduire dans une grande surface, ni un reportage à l'intérieur d'un grand magasin pour en découvrir les arcanes. Aucune remarque sur les pratiques marchandes parfois douteuses de la profession. En tant que tel, on ne lit rien de vraiment nouveau pour peu qu'on fréquente les hypermarchés. Annie Ernaux écrit son journal comme chacun d'entre nous consommateur pourrait le faire, mais elle se focalise sur l'humain, sur la clientèle, sa manière de se mouvoir, de se saisir d'un objet, de se parler, de rester dubitatif devant une offre commerciale ou un trop grand choix de denrées. Le centre commercial des Trois-Fontaines est le plus grand du Val-d'Oise, très fréquenté, on peut y accéder par quasiment tous les moyens de transport possibles (RER, à pieds, par l'autoroute, ....), il offre également une amplitude horaire d'ouverture très large, tout cela facilitant une forte fréquentation.Annie Ernaux décrit ses visites au Trois-Fontaines, on frise le quotidien, le banal, mais toujours une réflexion ressort qui élève la stricte description de la liste des courses. C'est par exemple le questionnement sur le fait d'écrire "Une femme noire en longue robe à fleurs...", est-ce important de préciser la couleur de sa peau ou juste le fait qu'elle soit femme : "Je suis devant un choix qui, singulièrement aujourd'hui, engage la lecture qui sera faite de ce journal." (p.21) ; ou alors cette autre réflexion lorsque l'auteure se retrouve à faire ses courses un soir après 20 heures et que les allées du centre commercial sont fréquentées par des étudiants ou des "femmes en longues robes et voiles amples toujours accompagnées d'un homme.", des gens chics que l'on ne voit pas en journée se mélanger aux 130 nationalités que compte Cergy, alors Annie Ernaux conclut son paragraphe : "Depuis quinze ans, ce n'est pas la présence des "minorités visibles" que je remarque dans un lieu, c'est leur absence." (p.38) Dire que c'est l'absence des différences qui marque me plaît particulièrement surtout en ces moments ou la peur et la haine des autres montent un peu partout dans le monde ; on ne s'enrichit que dans le métissage et dans la connaissance d'autrui. J'avais lu ici ou là pas mal d'articles sur ce livre, parfois enthousiastes, parfois beaucoup moins : babelio, libfly, je rajoute donc mon grain de sel, très favorable (j'ai toujours un a priori positif pour les livres d'Annie Ernaux) et je conclus en comblant le souhait de l'auteure qui, sortant du rayon culturel pour se diriger vers les caisses se pose la question de l'achat du livre en grande surface : "Après tout, déposer un livre sur le tapis de la caisse me gêne toujours, comme un sacrilège. Je serais pourtant heureuse d'y voir un des miens, extirpé d'un caddie, glisser entre une plaquette de beurre et des collants." (p. 62) ; je ne peux confirmer pour les collants, mais le beurre et Regarde les lumières mon amour étaient bien, il y a quelques mois sur le tapis de la caisse du Super U que je visite régulièrement (le beurre est fini depuis longtemps, heureusement, le livre tout juste il y a quelques jours, mais il n'a pas de date de péremption...)NB : achat effectué avant que la nouvelle librairie de ma commune n'ouvre, maintenant, j'achète mes livres uniquement dans ce petit commerce. Yv

Lyvres
20/01/15
 

J’aime beaucoup l’univers d’Annie Ernaux, ses capacités d’analyse en lien avec la sociologie, sa sensibilité et son regard sur la vie. Ses courts romans s’adaptent particulièrement aux collections particulières de maisons d’édition ( Les affranchis, Raconter la vie…)Habituée à subir la corvée des courses depuis de nombreuses années pratiquement de manière hebdomadaire, je me suis sentie très concernée par cette étude. Hasard géographique, mon lieu habituel est aussi un magasin Auchan, situé au centre commercial des Trois Fontaines mais dans une autre région. Est-ce cette coïncidence qui m’a vraiment fait ressentir les mêmes impressions ?Dès que je franchis, la ligne de départ, je devine le prochain évènement du calendrier. En ce moment, c’est le foot mais nous allons bientôt, à peine les vacances commencées, voir débouler les fournitures scolaires. Oui, les grandes enseignes nous obligent à respecter un calendrier pour nos achats, nous obligent à penser à l’avenir sans même savourer le moment présent.Cloisonné dans les rayons et les cerveaux, les jouets garçons et les jouets filles sont bien distincts, les rayons bio et les rayons "hard-discount" sont aussi éloignés que les classes sociales qui les visitent. L’hypermarché nous cloisonne, nous éduque, nous maintient dans nos carcans sociaux. Il n’est qu’un microcosme de la société." Dans le monde de l’hypermarché et de l’économie libérale, aimer les enfants, c’est leur acheter le plus de choses possibles."Annie Ernaux, auteur et moi, grande lectrice ne pouvons nous résoudre à jeter un œil au rayon Librairie et nous (en tout cas moi) insurger de constater ce "top 10" des ventes. La semaine dernière, le tiercé gagnant était encore Marc Lévy, Guillaume Musso et Katherine Pancol. Je ne peux m’empêcher de regarder mais toujours de loin. Alors, moi aussi, il m’arrive de lever la tête, de constater ce dédale de gros conduits et éventuellement quelques vols d’oiseaux perdus. Par contre, je n’ai pas encore vu de souris mais j’ai constaté la forte odeur du rayon poissonnerie coincé chez nous aussi en bout de magasin.Alors, bien évidemment, j’ai apprécié la plume de cette grande auteure, mais son analyse n’a fait que confirmer mon expérience de femme contrainte à rejoindre cette "communauté de désirs" de manière régulière.Fort heureusement, l’auteur ne se limite pas à la description et fait prendre conscience au lecteur des risques sociaux (notamment pour les caissières) et humains (pour les ateliers de confection au Bangladesh) de cette course à la diminution des coûts.Ce témoignage restera un souvenir nostalgique quand nos "lieux de promenade" auront disparu au profit des Drive ou autres solutions qui nous cloisonnent encore davantage dans la solitude. La vieille dame qui profite de vous demander d’attraper un article en hauteur pour lier conversation aura alors perdu une occasion de discuter.

jostein
13/06/14
 

Quand un grand écrivain regarde la vie dans un hypermarché Auchan, cela donne un livre aussi beau que son titre.Vous me direz que c'est étrange d'employer le mot "beau" pour évoquer cet ouvrage paru dans une collection à caractère sociologique. C'est oublier que le regard d'Annie Ernaux est on ne peut plus subtil, humain et qu'il est doublé d'une écriture limpide, directe et belle. Au final cela donne un livre d'une parfaite concision (72 pages), qui vous brosse un portrait lumineux et sans concession de ce temple de la consommation.En cliente ordinaire, régulière et fidèle, Annie Ernaux observe ce lieu de promiscuité subi, le décrypte, le dissèque avec toute sa subjectivité, ne faisant donc pas un travail de sociologue. Elle s'implique personnellement dans ce lieu, s'y inscrit pleinement en tant que femme d'abord, subissant les assauts sexistes de ce lieu où l'acte d'achat est pensé plus au féminin. Ecoeurée par l'extrême séparation des genres des rayons des jouets de Noël qui façonne les inconscients tout autant que par la répartition des rayons en zone de marquage des richesses, elle dissèque un par un tous les rouages de ces usines à consommer. Entre la décoration clinquante et joyeuse ou les panneaux fluorescents qui donnent l'impression que le magasin est généreux en bradant ses produits, l'écrivain note, analyse, pour mieux comprendre tous les enjeux économiques mais aussi humains qui règnent en ces lieux.Avec un écriture simple, mais où chaque mot fait mouche, Annie Ernaux exprime librement et magnifiquement toute une myriade de sensations que tout un chacun a éprouvé lorsqu'il s'est trouvé à pousser un caddie...La fin sur le blog

pilyen
30/03/14
 

Endant un an, l’écrivaine Annie Ernaux a "consigné le présent" ,sous la forme d'un journal , de la vie du Auchan de Cergy qu'elle fréquente en tant que cliente régulière. Pourquoi avoir choisi un tel lieu ? Parce qu'il est à la fois tellement familier, révélateur du mode de fonctionnement de notre société. Parce que c'est aussi un lieu où se croisent des populations qui ne se rencontreraient pas ailleurs et surtout parce que c'est un endroit "qui commence seulement à figurer parmi les lieux dignes de représentation."Annie Ernaux scrute avec acuité le fonctionnement de la grande distribution qui impose sa propre temporalité, "suscitant les désirs aux moments qu'elle détermine", souligne "son rôle dans l’accommodation des individus à la faiblesse des revenus, dans le maintien de la résignation sociale."mais croquant aussi avec beaucoup d'empathie tous les comportements des clients. Les tensions, les bribes de dialogues, les comportements auxquels nous ne prêtons même plus attention tellement ils sont devenus automatiques sont ici restitués dans toute leur subtilité.Une analyse riche de "L’hypermarché comme grand-rendez-vous humain" mais aussi une écriture fine et sensible. à lire absolument. cathulu

cathulu
28/03/14
 

Dans la peau de... Dans ce nouveau titre de la collection « Raconter la vie », Annie Ernaux, auteur de littérature française, maintes fois récompensée et très prolifique, livre ici son témoignage sur le monde des hypermarchés. De novembre 2012 à octobre 2013, elle relate ses passages à l’hypermarché Auchan de Cergy dans le centre commercial des 3 Fontaines, en banlieue parisienne. Sous la forme d’un journal prosaïque, elle tient le relevé de ses visites aidée de sa liste de courses !La particularité dans ce court récit est dans la description qu’Annie Ernaux fait de ce qu’elle voit dans ces hypermarchés : « Voir pour écrire, c’est voir autrement ». Elle voit des pratiques, des individus, des stratégies commerciales, des conditions de travail…On reconnaît son écriture neutre sans effets artificiels, sans jugements aucun, sa tournure d'esprit, sa conscience morale. Les détails qui la frappent sont cohérents avec l'ensemble de son œuvre. Elle est mue par une volonté de bouleverser les hiérarchies littéraires et sociales, et choisit l’hypermarché comme sujet littéraire digne d’écriture. Celui ou celle qui a lu Annie Ernaux et déjà fait des courses dans un hypermarché aura donc peu de surprises. Il fera une rencontre avec le plus familier et récurrent des rituels que nous impose l'intendance de la vie sauf que ses sens seront en alerte pour analyser le monde qui l’entoure et comprendre les règles qui régissent ce type de commerce.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

vous n'irez plus faire les courses de la même façon! Ah si même au supermarché, on n'échappe plus au regard du sociologue où va le monde! Annie Ernaux nous propose un journal de ses visites au centre commercial de Cergy, sans prétention aucune. Les anecdotes défilent, nous éclairant sur nos pratiques quotidiennes les plus élémentaires, se procurer de quoi manger!! Mais plus largement c'est aussi un rideau écarté sur la société de consommation, sur nos habitudes de vie, sur le regard que nous portons sur nos semblables même (ou surtout) dans la file d'attente d'une caisse de supermarché. A mettre entre toutes les mains et dans tous les paniers!

Ce n'est pas le plus grand ouvrage d'Annie Ernaux. Cette contribution au projet de Pierre Rosanvallon reprend certains thèmes déjà vus dans son travail d'écrivain, notamment dans Journal du dehors. Dans ce journal de bord, elle raconte déjà certains sorties dans les centres commerciaux de Cergy et raconte cela avec sa plume caractéristique. Ici, je n'ai pas retrouvé cette écriture précise, cette profondeur d'analyse qui fait la caractéristique de beaucoup de ses ouvrages. Pourtant, en s'intéressant aux centres commerciaux et sa foule bigarrée et souvent peu visible dans les médias, elle contribue à mettre en lumière ce milieu peu vu en littérature. C'est certainement le mérite de ce court ouvrage.

Yohan59
07/09/14
 

Dans la peau de... Dans ce nouveau titre de la collection « Raconter la vie », Annie Ernaux, auteur de littérature française, maintes fois récompensée et très prolifique, livre ici son témoignage sur le monde des hypermarchés. De novembre 2012 à octobre 2013, elle relate ses passages à l’hypermarché Auchan de Cergy dans le centre commercial des 3 Fontaines, en banlieue parisienne. Sous la forme d’un journal prosaïque, elle tient le relevé de ses visites aidée de sa liste de courses !La particularité dans ce court récit est dans la description qu’Annie Ernaux fait de ce qu’elle voit dans ces hypermarchés : « Voir pour écrire, c’est voir autrement ». Elle voit des pratiques, des individus, des stratégies commerciales, des conditions de travail…On reconnaît son écriture neutre sans effets artificiels, sans jugements aucun, sa tournure d'esprit, sa conscience morale. Les détails qui la frappent sont cohérents avec l'ensemble de son œuvre. Elle est mue par une volonté de bouleverser les hiérarchies littéraires et sociales, et choisit l’hypermarché comme sujet littéraire digne d’écriture. Celui ou celle qui a lu Annie Ernaux et déjà fait des courses dans un hypermarché aura donc peu de surprises. Il fera une rencontre avec le plus familier et récurrent des rituels que nous impose l'intendance de la vie sauf que ses sens seront en alerte pour analyser le monde qui l’entoure et comprendre les règles qui régissent ce type de commerce.

Regarde les lumières mon Amour.Annie ErnauxSeuil (Raconter sa vie)Annie Ernaux écrivain renommée depuis La Place vient d’écrire en 72 pages la galaxie urbaine que chacun un jour ou l’autre à fouler de ses pieds. Récit de vie, sociologique, l’auteure nous livre son journal, édifice des lieux de consommation, principalement basés à Auchan l’hypermarché « Des Trois Fontaines » en région parisienne. Chaque visite de cette dernière en ces lieux est source d’écriture. Elle réussit le pari d’intellectualiser le monde marchand. Elle métamorphose le matériel en preuve sensible d’un mouvement affectif, nécessaire, soupape de sécurité pour certains clients. La sociologie habile de ce récit fait étude de sens et de respect pour l’autre, et le client. Les vendeurs analysés dans une envergure humaniste semblent éloignés des clichés. Annie Ernaux durant un an a écrit sur un espace en mouvement constant. Ressort de cette écriture pour le lecteur l’envie de fouler cette cosmopolite vie dans le centre commercial « Des Trois Fontaines »comme la traversée du miroir, telle Alice Au Pays Des Merveilles.« Comme chaque fois que je cesse de consigner le présent, j’ai l’impression de me retirer du mouvement du monde, de renoncer non seulement à dire mon époque mais à la voir…. »Ce récit résonne de la voix de la mère qui le 18 décembre (page 40) dit à son enfant admirant les guirlandes de Noël : « Regarde les lumières mon Amour ». On referme ce livre avec nostalgie, on voudrait garder à l’infini l’envie de « Voir » aussi comme Annie Ernaux le monde vivant avec les yeux grands ouverts, pour sonder un peu plus le cœur de chaque être déambulant dans ce vase-clos d’une urbanisation humanisée. C’est un ouvrage très utile, un outil de réconciliation avec la folle consommation outrancière. A lire parce que chaque boîte de sucre achetée est une histoire en devenir. Evlyne

Evlyne
21/07/14
 

Annie Ernaux réussit en peu de pages à rendre tout du centre commercial : sa lumière, son espace clos de sécurité totale, les relations humaines qui y existent parfois... Cette enclave dans la ville nous apporte tout à la fois confort et satisfaction de notre "désir de dépense".Annie Ernaux observe sans quitter son rôle de cliente. Elle rend compte de cette vie rythmée par les fêtes, les saisons, les foires, de ce temps particulier qui s'y écoule. Elle écrit "Les instances commerciales raccourcissent l'avenir et font tomber le passé de la semaine dernière aux oubliettes."

Bibhavel
27/06/14
 

Un texte simple sur les courses à Auchan d’ Annie Ernaux. On s’y reconnaît bien. Elle décrit très bien la vie qui s’y joue. Après avoir lu ce court texte, on ne fait plus les courses de la même façon. Est-ce que ces lieux commerciaux sont les nouvelles places des villages, est ce que les gens se parlent dans ces lieux, pensons nous à ceux qui remplissent les rayons, à ceux qui nous encaissent les produits, à chacun qui, sa liste de course en main, choisit les produits pour ses armoires de cuisine et de frigo.. Mais il y a aussi des personnes qui pensent aux consommateurs, pourquoi des musiques d’ambiance, il paraît même qu’il y en a certains qui ont pensé à y mettre des odeurs incitatives. Ce texte nous parle donc de l’air du temps et de ces lieux de vie si quotidiens.Ce texte est publié dans la collection dirigée par Rosanvallon et ce veut des textes de sociologie de nos sociétés.J’ai lu ce texte de façon plaisante, je m’y suis reconnue dans mon quotidien de consommatrice lambda, qui fréquente aussi un Auchan urbain mais je pense que je vais oublier vite ce texte d’Annie Ernaux, alors que d’autres textes de cette auteure m’avaient marqué. Et ce texte simple, s’il avait été envoyé par un auteur inconnu à un éditeur, avait-il une chance d’être édité ?

catherine
23/05/14
 

"Voilà pour la physionomie des lieux que, à mon habitude, j'ai parcourus avec ma liste de courses à la main, m'efforçant simplement de prêter une attention plus soutenue que d'ordinaire , à tous les acteurs de cet espace, employés et clients, ainsi qu'aux stratégies commerciales. Pas d'enquête ni d'exploration systématiques, donc mais un journal, forme qui correspond le plus à mon tempérament, porté à la capture impressionniste des choses et des gens, des atmosphères. Un relevé libre d'observations, de sensations, pour tenter de saisir quelque chose de la vie qui se déroule là."Durant une année, Annie Ernaux a consigné dans un journal ses déplacements à l'hypermarché d'Auchan du centre commercial des Trois-Fontaines situé en région parisienne "Or, quand je regarde derrière moi, je me rends compte qu'à chaque période de ma vie sont associées des images de grandes surfaces commerciales, avec des scènes, des rencontres, des gens". Avec la précision et le souci de vérité qu'on lui connaît, elle veut donner à ceux qui "hantent le même espace qu'elle l'existence et la visibilité auxquelles ils ont droit". Les Trois-Fontaines un temple de la consommation où l'on vient faire ses courses mais aussi flâner, briser la solitude. L'hypermarché de Cergy brasse plus d'un centaine de nationalités "nous constituons ici une communauté de désirs. Chacun a ses habitudes, ses horaires, "L'hyper s'adapte à la diversité culturelle de la clientèle, suit scrupuleusement ses fêtes. Aucune éthique la-dedans, juste du "marketing "ethnique".Du client devant une caisse automatique récalcitrante à celui qui hésite entre deux files, jaugeant le contenu des caddies et la rapidité des caissières pour perdre le moins de temps possible, ou de la personne qui s'en tient à sa liste de courses ou cède face aux multiples offres, chacun se reconnaîtra dans ce journal. Les achats révèlent l'intime mais aussi nos manières de consommer.L'hypermarché un lieu où on l'on devance l'envie d'acheter du client : fournitures de rentrée de rentrée scolaire présentes dans les rayons deux mois à l'avance, où "fausses" promotions donnent l'impression au client de faire une affaire.Journal social où elle décrit le coin librairie qui se résume aux best-sellers et où il est interdit de lire ou de feuilleter livres ou journaux, et où elle dénonce le façonnage des enfants avec les jouets de Noël ( aux garçons les jeux d'aventure et aux petites filles les répliques miniatures de ce que possède la mère). "Ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans hypermarché ne connaissent pas la réalité sociale de la France". Cette phrase résume on ne peux mieux la diversité des personnes qui fréquentent les hypermarchés.Un récit juste et réaliste ! http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
27/03/14
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
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