Rien ne s'oppose a la nuit

VIGAN, DELPHINE DE

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 30/01/13
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Ebook

SYNOPSIS :

 Au coeur de la mémoire familiale, entre souvenirs lumineux et secrets enfouis, un roman autour de Lucile,

la propre mère de Delphine de Vigan.

Grand prix des lectrices de Elle 2012

Pour tenter de comprendre la vie et surtout la mort de sa mère, Lucile, Delphine de Vigan entreprend de raconter l'histoire de sa famille maternelle, famille atypique et fantasque mais rongée par par les secrets et les drames. Ce récit plein de douleur et d'amour passionne autant qu'il boulverse.
Nathalie ,
Librairie
(Lille)
L'auteur retrace le portrait et l'errance de sa mère, aimée, solitaire, dangereuse... Un magnifique roman sur la famille, sa beauté, ses secrets, ses non-dits, ses tragédies, et sa fatalité. À lire !
Barbara ,
Librairie
(Lille)
Plus qu'un simple roman sur la maladie de sa mère, c'est une véritable histoire sur sa famille que Delphine de Vigan dans ce livre plein d'émotions et de sincérité. Magnifique ! A lire absolument !
Lucile ,
Libraire
(Lille)
60 personnes en parlent
L'auteure a écrit ce roman avec un besoin de compréhension sur son histoire familiale. Ainsi, elle retrace l'enfance de sa mère et met en avant l'impact des non-dits sur la vie de chacun. Ce roman est un mélange de sentiments contradictoires le rendant indispensable dans notre bibliothèque.
Cilloux Mlle
J'ai été submergée d'émotion à la lecture de ce portrait de femme(s). Tout au long de ces pages, l'auteur dépeint sa mère telle qu'elle a été enfant puis femme, mère et grand mère. Ou plutôt telle qu'elle a été perçue par ses proches puisque ce sont les récits croisés de tous les membres de sa famille qui permettront la construction de ce portrait. On découvre peu à peu la complexité d'une famille atypique des années 50 à nos jours, la force des apparences et la violence des rôles distribués une fois pour toute. Au fil des pages, on s'attache surtout à cette femme belle et intelligente à qui la vie est si douloureuse. Une femme qui, en apparence, a tout pour être heureuse mais dont les failles se creusent au fil des ans pour finir par l'engloutir toute entière. Y a t'il douleur plus forte que celle qui ne peut être comprise par les autres? Que celle qu'on ne peut justifier, expliquer par des mots ? Que reste t'il alors à faire si vivre n'est plus que douleur? La mère de l'auteur a choisi. "Mourir vivante" avant que la mort ne vous happe dans cette vie là.
Lili Mme

Que ce livre est beau !Je l'ai trouvé bouleversant par la pudeur et la tendresse qui déborde littéralement de toutes les pages.Delphine de Vigan s''interroge sur la manière de mettre en mot les drames, elle raconte et se raconte.Alternant récit et autobiographie, elle cherche sa place dans son histoire, nous emmenant à sa suite. On assiste alors à la construction de ce livre. Tisseuse de sentiment, écrit dans une plume riche et magnifique; Rien ne s'oppose à la nuit est un petit bijou qui se dévoile peu à peu.Même si mon avis n'est pas très étoffée, c'est un livre qui me restera très très longtemps en mémoire .À lire sans hésitation !

Lacazavent
23/08/12
 

Quand j'ai commencé ce livre, je ne l'ai plus lâché.Sans pathos, Delphine de Vigan nous livre avec beaucoup de sensibilité, la vie de sa mère Lucile et aussi la sienne. L'histoire d'une famille avec des sujets douloureux et sensibles.Un livre sobre, tout en pudeur, dont j'ai porté l'histoire pendant plusieurs jours. Douminique

Témoignage magnifique sur la vie de Lucile, la mère de l'auteure : inspection de son enfance au sein d'une fratrie constituée de neuf enfants, de sa vie chaotique d'adulte et d'amoureuse. Fille splendide et hypnotique de Liane et Georges Poirier, titis parisiens régulièrement fauchés et dépendants de la fortune professionnelle paternelle, Lucile apprend vite à utiliser son ravissant visage en mannequinant très tôt. Souffrant d'un mal-être conséquent à des relations familiales ambiguës, à un état de survie permanent au sein du clan, à des deuils insurmontables et de douleur imprescriptible et inavouée, elle comprend rapidement que le suicide devient monnaie courante.A travers cette véritable plongée en apnée en Lucile, le récit est entrecoupé de remarques et d'états-d'âme de l'auteure sur l'enquête, étayés par des faits relatés par différents protagonistes, aidant à cerner au mieux la personnalité complexe de l'héroïne.Le titre provient d'une phrase de la chanson Osez Joséphine d'Alain Bashung. Pourtant, au cours de ma lecture, je n'ai cessé de fredonner La nuit, je mens du même chanteur, ode magnifique qui sied parfaitement à ma Lucile, celle que j'ai imaginée, celle qui m'a imprégnée à travers les écrits de son aînée. Delphine de Vigan gagne en sérénité à la fin de ce récit éprouvant tant il remue de souvenirs douloureux, de secrets inavoués, toujours sous-entendus. Jamais je n'ai détesté cette maman qui a survécu pour ses deux filles, une maman courage et admirable à sa façon. Dans le même registre mais en plus apaisé, Noëlle Châtelet dans le magnifique La dernière leçon traite du même thème avec une égale subtilité.La couverture splendide représente Lucile en biais lors d'un repas de famille, cigarette entre les mains, au-dessus de tout, hors de tout … à son image.

Cave
28/10/11
 

Coup de cœur Dans son roman, Delphine de Vigan aborde la maladie psychique de sa mère, et ses conséquences au quotidien, au fil des crises et des périodes de rétablissement. Elle déroule toute son histoire, son enfance, ses traumatismes, ses difficultés dans la relation avec les autres, jusqu’au récit de ses névroses, de ses délires et du danger qu’elle représente pour sa propre famille. Une écriture poignante, qui met en lumière une pathologie difficilement saisissable.

Secrets de famille Pour ne pas faire usage de superlatifs au sujet de ce livre qui a suscité beaucoup de réactions. Je dirais simplement que l’originalité de l’œuvre réside dans le fait qu’en plus du talent de Delphine de Vigan pour maitriser ce récit autobiographique tout en sobriété, elle alterne l’histoire de sa famille avec ses doutes concernant le livre qu’elle est en train d’écrire.Sa mère, souffrant de troubles bipolaires s’est donnée la mort, elle entreprend un travail d’investigation dans la mémoire et les archives familiales. Au départ on ne soupçonne rien tant cette famille est dans le non-dit, elle est même d’apparence joyeuse et généreuse. Puis crescendo, apparaissent les fissures et les violences verbales, morales, physiques. Quand elle en vient à l'existence de Lucile, on comprend que sa mère est une victime qui a embarqué ses enfants dans sa souffrance. Et elle poursuit cette quête difficile, en en cherchant l’origine un peu vainement. L’auteur garde une certaine distance avec les faits, afin de se protéger de cette tragédie qui a ravagé toute sa famille, et tente de décortiquer les raisons qui ont pu provoquer la folie de sa mère et qui l’ont conduit jusqu’au geste ultime.Loin du pathos qu’un tel sujet pourrait induire, c’est un récit hypnotique, qui n’apporte évidemment pas de réponses. Au fil des questions se dessine un personnage fascinant : Lucile, si fragile, si émouvante. C’est un récit de tendresse illuminé par la citation de Soulages mise en exergue au tout début du livre qui parle de « cette lumière secrète venue du noir » et qui confère au livre un singulier pouvoir d’attraction.

Comme avec Véronique Ovaldé, je n'avais pas été conquise par le premier roman de Delphine de Vigan que j'avais lu. Le sujet de Jours sans faim m'intéressait mais j'avais trouvé le style un peu lourd. Comme avec Véronique Ovaldé, je ne regrette pas d'avoir persévéré.Rien ne s'oppose à la nuit est un véritable coup de coeur. Du début à la fin, je suis fascinée par l'histoire tragique de cette famille, par l'agencement de ce roman, entre récit et questionnements. Delphine de Vigan parvient à associer ce qui vient du coeur, ce qui prend aux tripes mais également ce que la raison nous pousse à interroger. On voudrait le lire d'une traite mais il faut pouvoir encaisser ce qui nous arrive en pleine face. Attention, pas de pathos dans ce livre mais des drames, des non-dits, des émotions qui remuent, qui dérangent. Mais n'est-ce pas ce qu'on attend d'un livre? On se dit aussi qu'il a fallu une force incroyable pour écrire ce roman et pour en transmettre son histoire. On referme le livre, soufflé...

liliwenn
19/12/11
 

J'ai aimé ce livre... très fort, c'est un vrai coup de coeur. Un coup de coeur auquel je ne m'attendais pas, et cela me fait d'autant plus plaisir ! D'abord (je l'ai écrit en commentaire chez d'autres blogueuses), j'hésitais vraiment à le lire : cette part d'autofiction me retenait, me gênait (me faisait peur ?), j'étais même prête à critiquer ces auteurs français qui n'inventent pas d'histoire et se contemplent le nombril. Ensuite, fin septembre, j'étais presque en panne de lecture, à la recherche du temps pour lire, un peu engluée dans l'organisation de la rentrée. (Et j'étais un peu stressée aussi par rapport à la tenue du blog dans cette période chargée.) Aujourd'hui, je suis toujours un peu débordée, mais... j'ai lu des articles sur des blogs, j'ai écouté Delphine de Vigan sur Radio Classique (dans l'émission d'Olivier Bellamy), j'ai écouté le conseil d'autres libraires lilloises (chez Tirloy), et je suis allée rencontrer l'auteur au Furet du Nord à Lille, le 30 septembre. L'interview, bien qu'intéressante, n'a pas apporté grand-chose de neuf par rapport à toutes ces étapes préparatoires. Elle m'a cependant permis de découvrir une Delphine de Vigan assez accessible et très ouverte aux questions (je la croyais plus froide...), une femme très belle (comme sa mère, Lucile, en photo sur la couverture du livre). Dans la file d'attente pour les dédicaces, j'ai commencé le bouquin, j'avais déjà lu 50 pages quand je suis arrivée devant elle et... j'étais déjà conquise, je l'ai remerciée très fort déjà de me permettre de me plonger dans un livre fort, et bien écrit. Et puis... j'ai dévoré le roman en quelques jours...De fait, la famille de Lucile est une famille très romanesque avec ses personnages hauts en couleur, à commencer par Georges et Liane, les grands-parents, avec leurs nombreux enfants originaux, avec les drames qui ont marqué leur histoire. On sourit aux bonheurs maternels de Liane, on vibre à l'accident qui coûte la vie à Antonin. La belle et mystérieuse Lucile nous offre un refuge au milieu des exubérances et des fatigues de cette famille nombreuse, Mais ses angoisses se cristallisent déjà en certaines circonstances de la vie familiale et amicale. Évidemment, bien plus tard, quand elle se marie et a des enfants (Delphine se met en mots et en enfance) et que ses troubles bipolaires commencent à se manifester, on est tétanisé par la crise de violence qui va entraîner son internement et l'éloignement des enfants. C'est une scène qui monte en puissance, qui est mise en place par l'auteur avec une tension insupportable. Et puis, avec la camisole chimique, nous allons être témoins des années "sourdes" de Lucile, qui heureusement trouvera un médecin qui entendra son désir de vie et permettra que son petit grain de folie se développe plus librement. Jusqu'à la phase finale de sa vie, et son désir de se donner la mort à son tour.A ce moment-là du livre, j'ai sangloté, purement et simplement. Et pourtant, je me demande si ce qui m'a le plus touchée dans ce livre, ce n'est pas le travail d'écriture, le combat que se livre Delphine de Vigan à elle-même, qui ne peut rien écrire d'autre que sa mère, et qui se confronte non seulement aux souvenirs, à la recherche, aux autres membres de la famille (sa soeur, ses oncles et tantes) mais aussi aux mots : elle écoute et lit les mots des autres, elle s'interroge au cours de l'écriture, se demande sans cesse ce qu'il faut dire et taire, révèle l'effet toxique des silences, des non-dits. Et construit une oeuvre en forme de cri d'amour envers Lucile, dans une langue élégante, souple, qui ne laisse pas les émotions prendre le pas, et donc sonne juste et extrêmement sensible."J'écris Lucile avec mes yeux d'enfant grandie trop vite, j'écris ce mystère qu'elle a toujours été pour moi, à la fois si présente et si lointaine, elle qui, lorsque j'ai eu dix ans, ne m'a plus jamais prise dans ses bras." (p. 187) Un très, très, très beau livre (c'est pas original ce que je dis là), dont on ne sort pas écrasé (l'auteur a réussi à nous emmener jusque là, et a même parfois laissé la place au rire et à l'humour, même dans le tragique). Une belle surprise qui m'a cueillie au carrefour de l'intime et de l'écriture. Anne

Anne7500
17/10/11
 

Bien que difficile car le sujet est grave, j'ai vraiment apprécié cette lecture qui est pour moi un coup de coeur. Déjà convaincue par le style de "No et moi" là encore, je n'ai pas été déçue.Par ce titre "Rien ne s'oppose à la nuit" Delphine de Vigan nous montre que rien ni personne ne peut empêcher un suicide."J’espérais que l’écriture me donnerait à entendre ce qui m’avait échappé, ces ultrasons indéchiffrables pour des oreilles normales, comme si les heures passées à fouiller dans des caisses ou assise devant un ordinateur pouvaient me doter enfin d’une ouïe particulière,plus sensible, telle qu’en possèdent certains animaux et, je crois, les chiens. Je ne suis pas sûre que l’écriture me permette d’aller au-delà de ce constat d’échec » « Non, personne ne peut empêcher un suicide."Le récit commence lors de la petite enfance de Lucile. (J'ai d'ailleurs été choquée par le fait que l'auteure appelle toujours sa mère par son prénom. De tout le livre, une seule fois nous verrons apparaître le mot maman et mère. Cela étant certainement dû au fait que, "dans son monde" Lucile ne s'est jamais vraiment occupée de ses filles ce qui a mis énormément de distance entre elles.)L'enfance de Lucile fut marquée par la mort accidentelle de son petit frère Antonin. Ensuite vient le décès non accidentel de Jean-Marc son frère de coeur, enfant martyrisé alors accueilli pour combler le vide laissé par Antonin. Ensuite le suicide de Milo rajoute à Lucile des séquelles indélébiles autant que des événements ayant eu lieu lorsqu'elle était en vacances avec Georges (son père). Bien qu'elle ne se souvienne pas clairement de ce qui s'est passé, s'ensuivent plusieurs hospitalisations en psychiatrie avec des hauts et des bas."Que s’est-il passé, en raison de quel désordre, de quel poison silencieux ? La mort des enfants suffit-elle à expliquer la faille, les failles ? Car les années qui ont suivi ne peuvent se raconter sans les mots drame, alcool, folie, suicide, qui composent notre lexique familial au même titre que les mots fête, grand écart et ski nautique." (J'ai par ailleurs aimé le récit des vacances à La Grande Motte car j'y habite, et cela m'a montré à quoi pouvait ressembler cette station trente ans auparavant...)Ce qui reste le plus dur à comprendre est que Lucile a mis fin à ses jours après avoir été victorieuse d'un cancer et juste retraitée. Une période ou elle avait pourtant l'air bien mieux. L'espoir renaît même pour Delphine lorsqu'elle voit que sa mère s'occupe mieux de ses petits enfants (son garçon et sa fille, ainsi que les deux filles de Manon) qu'elle ne s'est occupée d'elles.Voir cette femme a qui la vie n'a jamais fait de cadeau sombrer peu à peu dans la folie (avec quand même des périodes sans symptômes) m'a fait beaucoup de peine.Apparemment, écrire la biographie de sa mère a fait beaucoup de bien à Delphine et lui a permis de faire, comme elle dit "un cercueil de papier" qu'elle considère comme le plus beau des hommages. "Sans doute avais-je envie de rendre un hommage à Lucile, de lui offrir un cercueil de papier - car, de tous, il me semble que ce sont les plus beaux - et un destin de personnage. Mais je sais aussi qu'à travers l'écriture je cherche l'origine de sa souffrance, comme s'il existait un moment précis où le noyau de sa personne eût été entamé d'une manière définitive et irréparable, et je ne peux ignorer combien cette quête, non contente d'être difficile, est vaine."A noter que certains passages sont vraiment très durs comme par exemple celui ou le corps de Milo est retrouvé ou encore celui ou Delphine trouve sa mère inanimée dans son lit : " Ma mère était bleue, d'un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l'ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tâchées d'encre, au pli des phalanges.Ma mère était morte depuis plusieurs jours.J'ignore combien de secondes voire de minutes il me fallut pour le comprendre, malgré l'évidence de la situation (ma mère était allongée sur son lit et ne répondait à aucune sollicitation), un temps très long, maladroit et fébrile, jusqu'au cri qui est sorti de mes poumons, comme après plusieurs minutes d'apnée. Encore aujourd'hui, plus de deux ans après, cela reste pour moi un mystère, par quel mécanisme mon cerveau a-t-il pu tenir si loin de lui la perception du corps de ma mère, et surtout de son odeur, comment a-t-il pu mettre tant de temps à accepter l'information qui gisait devant lui? Ce n'est pas la seule interrogation que sa mort m'a laissée".La préoccupation première de l'auteure a été de nous relater les faits au plus près de la réalité. Pour cela, elle a écouté les cassettes mais a aussi posé beaucoup de questions à ses oncles et tantes. On peut se douter que certaines choses ne sont pas bonnes à dire et ont pû la fâcher avec le reste de sa famille : "Écrire sur sa famille est sans aucun doute le moyen le plus sûr de se fâcher avec elle. …Je tire à bout portant et je le sais." " Ai-je le droit d’écrire que Georges a été un père nocif, destructeur et humiliant, qu’il a hissé ses enfants aux nues, les a encouragés, encensés, adulés et, dans le même temps, les a anéantis? Ai-je le droit de dire que son exigence à l’égard de ses fils n’avait d’égal que son intolérance, et qu’il entretenait avec certaines de ses filles des relations au minimum ambiguës?" Dolphyone (Laeti d'histoires-de-livres)

dolphyone
14/10/11
 

Dans cet ouvrage qui se situe entre roman et autobiographie, Delphine De Vigan raconte sa famille et plus particulièrement sa mère, et cherche à comprendre sa personnalité obscure, ses souffrances et les causes de sa chute dans la folie. Plusieurs parties forment le récit, à travers trois époques différentes :La première partie met en scène la mère de l’auteure, Lucile, lorsqu’elle est enfant. Le récit se fait grâce à des témoignages de la famille, et des cassettes que Georges, ce père aimant et tyrannique a laissées, et dans lesquelles il confie des passages de sa vie.La deuxième partie nous raconte Lucile jeune femme. Le récit est alors mêlé de témoignages toujours mais également de souvenirs de l’auteure alors qu’elle était enfant.La dernière partie concerne Lucile en tant que grand-mère et ses dernières années. Le travail de l’auteure est énorme et ressemble parfois à une enquête. Elle questionne, déterre des souvenirs souvent douloureux, retrouve des écrits, confronte les différentes versions d’une même histoire…Et tout ça, en plus de la souffrance que cela lui impose, lui fait se poser des questions sur l’héritage familial :Quelle est la part d'obscurité que sa mère leur a légué, à elle et sa sœur ?De quelle manière le passé joue sur notre personnalité? et sur l’écriture : Quelle est la part de vérité et de subjectivité dans ce qu'elle écrit, dans ce que lui raconte ses oncles et tantes?A-t-elle le droit de mettre sa mère et sa famille en scène?Quelles en seront les conséquences?Quelle est la limite dans l’écriture, entre le réel et la fiction ?"Je n'avais que des morceaux épars et le fait même de les ordonner constituait déjà une fiction." J’ai eu beaucoup de mal à écrire mon avis tellement ce livre m’a bouleversée…L’écriture est juste, sobre et d’une puissance incroyable.La nostalgie, la souffrance et la mort imprègnent le récit et à travers les zones d’ombre et les non-dits, nous découvrons ce besoin sauvage qu’a l’auteure de comprendre pourquoi sa mère était tellement en souffrance et comment une famille apparemment unie et heureuse peut cacher en elle les racines d’un mal qui mène à la folie, des démons qui détruisent une vie…Cela fait une semaine que je l’ai terminé et il me hante… Je ne cesse de regarder sa couverture, cette femme très belle et très sombre, dominée par une souffrance que l’on ne peut lui enlever …Il en faut du courage pour écrire un tel livre… Il transpire l’incompréhension, la souffrance et l’amour… Il m’a assommée, bouleversée…C’est un bel hommage que Delphine De Vigan rend à sa mère… « Car au fond je sais que Lucile est toujours restée suspendue au-dessus du vide et ne l’a jamais quitté des yeux. » « … il me semble que Lucile n’a rienaimé tant que boire, fumer et s’abîmer. » Agathe

Agathe10000
14/10/11
 

Encore une fois envoûtée par la plume de Delphine de Vigan, j’ai été bouleversée par ce livre. Je suis particulièrement sensible à la démarche autobiographique dans ce qu’elle a de délicat (comment respecter la pudeur de chacun pour ne pas trop froisser la famille ?) et de complexe (comment rendre compte d’une vie à la troisième personne sans la rendre terriblement cliché et ennuyeuse ?). Delphine de Vigan a remporté ce double challenge avec brio : si ce récit (auto)biographique sonne si juste, c’est parce qu’elle intègre à son ouvrage ses tâtonnements et ses questionnements, parce qu’elle fait de ses errances et de ses hésitations le matériau-même de son “roman” (c’est ainsi que le livre est qualifié sur la couverture). Enfin, c’est parce qu’elle n’hésite pas à assumer sa place au sein de l’histoire qu’elle sait si bien trouver les mots justes. J’ai beaucoup aimé découvrir la manière dont elle s’est construite par rapport à sa mère ; de la même façon que l’auteure cherche dans cette démarche vouée à l’échec – mais néanmoins passionnante – à approcher le spectre maternel, le lecteur a lui aussi le sentiment de toucher du doigt les fondements de l’écriture de Delphine de Vigan, de découvrir la femme derrière la romancière et, même si c’est sans doute illusoire, de la comprendre.

Artsouilleurs
18/09/11
 

Magistral et violent!Rien ne s’oppose à la nuit est un récit autobiographique, intimiste, une confession en forme d’exorcisme. Delphine de Vigan ne se complaît cependant pas dans le narcissisme et nous livre un récit empreint de pudeur et de douceur, quoique chargé de douleur et de tristesse.Delphine de Vigan possède une prodigieuse maîtrise du verbe et de la formule. Aucun mot n’est superflu, tous concourent à susciter chez le lecteur une palette d’émotions subtiles et palpables. Ce nouvel opus est une pépite littéraire, au style très abouti, sobre, presque poétique.Décontenancée dans un premier temps par le récit autobiographique alors que les précédents ouvrages étaient des romans, j’ai eu le sentiment que l’auteur erre et louvoie sans but, dans un journal intime dont on se demande où le lecteur va trouver sa place.Et soudain, au détour d’une page, Delphine de Vigan confie que, cette fois, elle ne parvient pas à introduire romance et fiction dans son récit. L’histoire familiale est trop lourde, intime, personnelle et paradoxalement ne lui appartient pas assez pour la dépecer et la façonner comme elle le souhaite. On se laisse alors porter par les mots, et on plonge dans les ténèbres qui rongent cette famille à la dérive tenant avant tout à sauver les apparences. Littérature et Chocolathttp://litteratureetchocolat.wordpress.com/

Litteratureetchocolat
27/08/11
 

Quand j’ai commencé ce livre, je l’ai lu jusqu’à la dernière page en une journée. Dans ce nouveau livre, Delphine de Vigan nous parle de sa mère Lucille. Un livre dont j’ai porté l’histoire durant plusieurs jours. Lucille, la mère Delphine de Vigan s’est suicidée à l’âge de soixante et un an, en 2008. La nécessité d’écrire sur sa mère s’est imposée d’elle- même. Un sujet « casse-gueule » comme le dit l’auteure. Car écrire sur soi, sur sa famille c’est s’exposer publiquement. Même si deux de ses précédents romans était basés sur son expérience personnelle, ici, elle écrit ouvertement. En toute sobriété et tout en sensibilité. Pour écrire sur sa mère, elle a passé des heures à écouter son oncle, ses tantes, récolter leurs souvenirs et leurs témoignages. Elle déroule la vie de Lucille en commençant par celle de ses grands-parents. Lucille née en 1946 était la troisième enfant d’une fratrie de neuf enfants. Une famille avec ses moments de bonheur et ses drames. Lucille sera marquée à tout jamais par la mort accidentelle d’un de ses frères, puis le suicide de deux autres. Lucille, le belle Lucille, une enfant renfermée puis une adolescente qui cherchera la liberté. Fuir ses parents pour accéder à l'indépendance. Des parents dont les attitudes surtout celles du père seront sujet à bien des questionnements. Et puis, la maladie qui se déclare. Une maladie mentale qui la fait commettre des actes insensés. Elle sera internée, suivie en hôpital psychiatrique. Delphine de Vigan explore la mémoire familiale, cherche à comprendre si la maladie couvait déjà en Lucille. Sans pathos, Delphine de Vigan nous livre la vie de Lucille et la sienne. Comment elle s‘est retrouvée adolescente à devoir anticiper les rechutes de sa mère. A gérer le quotidien. Puis adulte, à être aux aguets. En parallèle, elle raconte la genèse de ce livre, la peur de s’y mettre ou de fausser l’image de sa mère. L’histoire d’une famille avec des drames, des sujets douloureux, sensibles. Ce livre m’a fait penser à ma propre famille, aux kyrielles de suicides, de maladies et de dépressions. A ce lourd héritage que l’on porte malgré soi et aux questions qui nous effleurent quand on regarde ses enfants.Le terme de coup de cœur ne peut pas s’employer, ce serait un euphémisme. Un livre tout simplement magnifique. Sobre, sensible et tout en pudeur. J’ai vibré, j’ai été émue, j’ai pleuré... Delphine de Vigan rend à sa mère le plus bel hommage qu’il existe. http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
17/08/11
 

Avec Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan se penche sur la vie et la personnalité d’une femme mystérieuse, une femme aussi belle que douloureuse et lointaine, une femme fragile, au destin brinquebalant, qui flirta très jeune avec la folie et finit par se donner la mort : sa mère, Lucile.Le texte est donc en partie autobiographique. Il convoque les souvenirs, joies, colères et sanglots des membres de la famille, nombreuse et tumultueuse. Au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, surgissent alors les choses tues, les failles qui pourrait (?) expliquer Lucile.Je suis généralement peu sensible aux autofictions ; je trouve souvent la démarche trop narcissique et/ou impudique pour me sentir totalement à l’aise dans un tel récit auquel je reste finalement extérieure et assez indifférente. Mais ici, j’ai aimé la première partie du texte, description vive et pleine de raillerie d’une famille exubérante et polytraumatisée.J’ai aussi aimé la façon dont Delphine de Vigan nous fait part de ses questionnements d’écrivain. Par moment, elle hésite, et l’écrit : elle détaille la difficulté à écrire sur des êtres réels et proches, elle décrit l’angoisse de mal faire ou, pire, de faire du mal à ses proches. Elle donne à lire à la fois les faits reconstitués et les certitudes peu à peu acquises, mais aussi, les doutes et les impasses qui demeurent. Elle évoque les zones d’ombre que l’écriture échoue à explorer, à expliquer.J’ai par contre moins aimé la seconde partie de son récit, dans laquelle elle nous raconte son enfance disparate, inquiète, suspendue à l’état vacillant de sa mère… Une fois de plus, je ne m’y suis pas sentie très à l’aise… Mise malgré-moi dans l’inconfortable position de la voyeuse sadique.Pourtant, le texte de Delphine de Vigan avance avec précaution, retenue et pudeur. Oui, avec pudeur, malgré l’impudeur manifeste de la démarche, car on en saisit la sincérité. Son texte est à la fois opiniâtre, intranquille, âpre parfois, affectif souvent, mais ni complaisant, ni sordide, et empreint d’une vraie justesse. J’ai aimé la sincérité de sa démarche et la délicatesse de son écriture, son style doux et délicat.Rien ne s’oppose à la nuit (dont le joli titre s’inspire de la chanson de Bashung Osez Joséphine) est un récit sensible, une belle déclaration d’amour filial, qui garde une part de silence.Et Lucile, qui apparait si fragile, si déterminée aussi, est infiniment émouvante.

Kara
11/11/15
 

Une énorme émotion Delphine de Vigan a écrit ce livre pour revenir sur la vie de sa mèreLucile. Revenir sur les secrets de famille. Revenir sur la maladiepsychiatrique de sa mère avec les moments d’internement et lesmoments de rémission.L'auteure nous livre la souffrance de sa mère qui choisira de sedonner la mort. Cette mère fantasque a profondément marqué sesdeux filles qui ont souvent partagé son quotidien.En se penchant sur la vie de sa famille, Delphine de Vigan ne règlepas de compte, elle cherche à comprendre

beraud@archimed.fr
03/11/15
 

Dans ce livre, Delphine De Vigan nous relate la vie de sa famille, de sa mère et la sienne par conséquent Ce livre est partagé entre des passages où elle relate la vie de sa mère et d'autres où elle raconte ses recherches et ses rencontres pour écrire ce roman ainsi que ses sentiments.C'est un livre poignant que j'ai lu, où l'auteur nous raconte au travers de ce roman comment elle cherche à comprendre pourquoi sa mère n'avait pas pu être la mère idéale qu'elle aurait aimé avoir, pourquoi elle souffrait de troubles psychotiques graves et s'était finalement donné la mort. Comment les problèmes psychiques de sa mère ont au de des répercussions sur sa vie. J'ai beaucoup aimé que l'auteur nous livre ses sentiments au fil de son roman et nous raconte combien cette écriture est douloureuse Le livre se lit facilement grâce au style d'écriture fluide.Pour autant, étais-ce la place pour régler ses problèmes ? L'écriture a des vertus curatives mais le linge sale se lave normalement en famille... Mais Delphine De Vigan nous livre ici un très bel hommage à sa mère grâce à ce livre et à sa couverture. Pour moi c'est le résumé de ce livre : un hommage.

Larepubliquedeslivres
04/12/14
 

Un écrivain écrit sur la mort de sa mère, le motif est souvent traité, c'est presque un classique de la littérature. Mais ici, le récit prend une dimension particulière. Parce que Delphine de Vigan prend toutes les précautions sur le récit réinventé, sur la vérité ou la réinterprétation des faits rapportés, sur le manque de distance du narrateur, le récit est bouleversant, on prend fait et cause pour cette femme qui lutte contre la maladie, le silence, le secret. Pour la narratrice aussi qui ne passe aucun de ses doutes, terreurs, difficultés, sous silence. La quête de la vérité est une véritable enquête, qui donne tout sons sens à ce qu'est l'identité, la racine, la transmission. Magnifiquement écrit, cet hommage à la mère disparue est une conquête de soi. Et le lecteur ne peut que participer à la peine, la douleur, le deuil, en une émotion commune. laurence

laurence
30/10/14
 

Une énorme émotion Delphine de Vigan a écrit ce livre pour revenir sur la vie de sa mèreLucile. Revenir sur les secrets de famille. Revenir sur la maladiepsychiatrique de sa mère avec les moments d’internement et lesmoments de rémission.L'auteure nous livre la souffrance de sa mère qui choisira de sedonner la mort. Cette mère fantasque a profondément marqué sesdeux filles qui ont souvent partagé son quotidien.En se penchant sur la vie de sa famille, Delphine de Vigan ne règlepas de compte, elle cherche à comprendre

90011447
19/09/14
 

Ce livre m'avait beaucoup touchée...il est toujours difficile d'aborder certains sujets et D d Vigan le fait avec beaucoup de délicatesse; vivre aux côtés d'une mère probablement maniaco dépressive (ou selon le mot à la mode: bipolaire) est extrêmement difficile. Le livre commence par la fin: la mère est morte...mais on remonte dans le temps berthe

afbf
23/03/14
 

Très belle couverture pour un livre tout en pudeur sur l'histoire de sa mère que l'on découvre inapte à la vie, au bonheur. On y apprend par petites touches, la douloureuse histoire familiale qui s'inscrit insidieusement dans les gènes des descendants et donc dans ceux de l'auteur. On espère pour elle que ce roman sera libérateur. Il m'a beaucoup fait penser au "voile noir" d'Annie Duperey.

saomalgar
27/08/13
 

Sur les pas de Lucile Superbe récit autobiographique qui ne laissera aucun lecteur indifférent à la vie mouvementée de la mère de l'écrivain. On partage avec elle ses joies, ses doutes et ses souffrances dans cette famille à la vie chaotique. Roman familial à découvrir !

A travers ce roman, Delphine de Vigan présente en creux son enfance, sa propre construction dans un univers où la mère ne peut plus remplir son rôle, noyée par des vagues de folie. Un roman que j'ai trouvé dur, touchant, juste dans son écriture pudique mais précise. Un roman que j'ai mille fois préféré à Les jolis garçons, si frivole à mes yeux. Un roman qui s'interroge et questionne sa construction entre la composition : cette enfance de Lucile est-elle très romancée ? Quelle version choisir parmi les voix des frères et soeurs ? Un roman intimiste qui ne rentre pas dans le voyeurisme. Une excellente surprise !

Praline
02/07/13
 

Voilà un livre qui témoigne bien des cataclysmes que provoquent des secrets dans une famille. Et celle-ci est bien particulière, son histoire n’est qu’une succession de drames qui vont conduire la mère de l’auteur, Lucile, dans la pathologie. La part autobiographique permettra de comprendre la point de vue de sa fille Delphine, mais une reconstruction est nécessaire afin de combler les manques. Delphine de Vigan part donc dans une recherche éperdue de la vérité, un vrai travail d’enquête. Le but de ce travail laborieux est de se défaire de l’emprise de sa mère, elle a le besoin d’écrire sa vie, de comprendre, de vivre…Ce livre est une analyse au plus près de l’effondrement psychique qui va conduire cette femme dans la folie mais aussi à sa perte. C’est un livre, dur mais vrai, expliquant ce qu’est la vie avec une personne psychotique, les délires, la peur, le chaos, l’impuissance des proches. Nous comprenons le poids qui pèse sur les différents membres de cette famille. Une famille qui se démembre et se fait du mal.En bref, un témoignage émouvant, voire bouleversant… nécessaire.

Metaphore
25/05/13
 

Un livre bouleversant Delphine de Vigan a obtenu pour ce roman le Prix du roman Fnac, le Prix Roman France Télévisions et le prix Renaudot des Lycéens.Elle nous raconte l’histoire de sa mère, et à travers elle, l’histoire de sa famille. Pour cela elle interroge des personnages. Le récit s’entrecroise entre cette histoire et les sentiments de la narratrice. En effet, sa mère était atteinte de troubles psychiatriques et la remémoration des évènements et des situations la trouble.Ce livre est bouleversant et plein de sensibilité. C’est un hymne d’amour d’une fille à sa mère.

Ce livre ne m'a pas plu, moi qui aime le positif !!!! j'ai pas pu le finir je lai trouvé triste et pourtant je n'ai jamais laché un livre mais , il m'a mis le moral a zero !! POurtant l'histoire est emouvante et sensible mais c'est un livre a lire quand on a le moral !!!! je pense anafriends

anafriends
20/10/12
 

Après avoir lu No et moi il y a quelque temps, livre que l'ai beaucoup apprécié, je me suis lancé dans ce dernier De Vigan! L'auteure nous raconte l'histoire de sa mère et bien au delà l'histoire de sa famille! Ce qui est intéressant mais qui peut être perturbant, c'est l'alternance entre les chapitres de récit et ceux où elle dévoile ses sentiments et la façon dont elle a écrit le livre. L'histoire de cette famille est de cette femme alterne entre le la joie et la douceur de vivre et la facilité (les séances photos pour de la publicité par exemple) d'un côté et de l'autre côté l'effroi, le désastre et les catastrophes (suicides et autres décès).En tous les cas c'est un livre qu'on a du mal à se détacher.

fabloo
07/09/12
 

Comment décrire sa mère ? Racconter les bons ou les mauvais moments ? Comment lui dire qu'on l'aime quand même ?Un livre poignant sur la vie de la mère de l'auteur. Poignant. Les premières lignes donnent le tempo, l'histoire de la radio, l'histoire sur les premières lignes du livre (la mort de sa mère) sont effroyables... Delphine De Vigan nous donne envie d'aller prendre notre mère dans ses bras, juste pour se rassurer. TE

TristanaErato
05/09/12
 

Delphine de Vigan nous livre l'histoire de sa mère et plus généralement l'histoire de sa famille.Par petites touches, sans pathos, sans un mot à retirer, elle nous fait partager la douleur de sa mère, fait resurgir les histoires enfouies, vraies, fausses, exagérées ou tues depuis des années.Magnifiquement, sobre, ce livre ne vous quitte pas, ne vous quitte plus...

pwall59
30/08/12
 

Il me semble que ce roman a été récompensé par un prix jeunesse, mais vu que je n'ai pas de conviction, je vais éviter de dire des bêtises. L'auteure, Delphine de Vigan, nous conte son témoignage sur la vie de sa mère, Lucile, ainsi que de sa propre vie. Ce n'est pas du tout une oeuvre commerciale : c'est du Duras sans pathos, avec une sensibilité extrême. On sent que l'auteure tient à coeur son histoire. Clementh

Clementh
20/08/12
 

Un livre passionnant et très intéressant sur la famille, les relations mères filles, les bagages du passé que l'on transporte mais aussi la folie. Le destin de la famille et de certains membres qui la composent sont clairement originaux.J'ai aimé voir les conséquences de telle ou telle éducation sur les générations suivantes mais aussi voir que l'on pouvait "casser" ces chaînes familiales.L'écriture est très agréable : claire, fluide, sans pathos. Un livre de 436 pages très vites dévorées. Maylany

Maylany
01/05/12
 

A travers l'évocation de sa famille, Delphine de Vigan nous dresse le portrait et le parcours d'unpersonnage instable, névrosé, ambigu mais terriblement attachant : sa mère.Une déclaration d'amour bouleversante.

Une histoire dure mais bouleversante Un drame, comme il en existe dans de nombreuses familles. En écrivant ce qui n'a jamais été dit, en perçant l'abcès et rompant le silence, l'auteur espère rendre justice à sa mère, et peut-être se faire pardonner de n'avoir pas su la comprendre et la sauver. Une écriture superbe, touchante, un roman bouleversant.

J'ai abordé la lecture du dernier roman de Delphine Le Vigan avec un peu de crainte. Je n'avais pas vraiment aimé "No et moi" (du coup j'ai fait l'impasse "des heures souterraines") et la rumeur disait que c'était LE roman de la rentrée.Disons-le tout net, j'ai vraiment apprécié "Rien ne s'oppose à la nuit" qui n'est sûrement pas un chef d'oeuvre de la littérature mais qui procure un plaisir de lecture immense.Sur un sujet largement traité dans la production romanesque, le portrait d'une mère récemment décédée dont la fille, en fouillant, enquêtant, questionnant, va relater, au plus près de la vérité, la vie, Delphine Le Vigan arrive à nous passionner.Il faut dire que le texte, d'un écriture simple mais efficace, est rudement tordu. L'auteur nous parle donc de sa mère, mais aussi d'elle, de ses doutes, de ses peurs de blesser sa famille avec des révélations, des secrets enfouis qui, ici, se succèdent de chapitre en chapitre, attrapant le lecteur pour ne plus le lâcher. L'histoire de Lucile, la mère, est tellement stupéfiante, que l'on pense que c'est du roman (mot mentionné sous le titre), mais constamment Delphine Le Vigan, nous ramène à la réalité de sa vie et de l'écriture de son livre, nous convainc de la véracité des faits et le trouble naît. Vrai ou inventé ? Et jusqu'au bout, elle nous emmène au bout de son histoire, multipliant les révélations et entrebâillant des portes, laissant entrevoir d'autres secrets non révélés. Et prouesse ultime, la fin du livre, vraiment émouvante, est arrivée à me surprendre encore.la fin :http://sansconnivence.blogspot.com/2011/10/rien-ne-soppose-la-nuit-de-blandine-le.html

pilyen
31/01/12
 

Dans ce récit autobiographique, Delphine de Vigan a choisi de parler de Lucille, sa mère qui s'est suicidée il y a peu. Elle interroge les frères, les sœurs et l'entourage de celle-ci pour essayer de comprendre cette femme bipolaire belle et sombre, dont l'enfance au premier abord heureuse fut en faite marquée par nombre de faits tragiques. Mère de deux enfants, Lucille aura bien du mal à supporter les dénis familiaux, l'alcool, la drogue, la maladie vont finir de l'isoler de ce monde et c'est avec lucidité que l'auteur affronte les non-dits qui lui permettront de faire son deuil et de poser un autre regard sur cette mère bien peu commune ! Un peu comme l'avait fait Annie Ernaux, je trouve la démarche courageuse et sans doute salvatrice pour ces auteurs confrontés à des mères un peu fantasque au destin tragique. On comprend d'ailleurs ici toute l'influence qu'a eu Lucille sur le choix des thèmes des écrits de l'auteur. Malgré tout ces récits restent très personnels et j'avoue être restée assez indifférente devant tout cet étalage de désoeuvrement bourgeois même si l'écriture de l'auteur reste toujours aussi sincère. Une bibliothécaire du 33

oops
20/01/12
 

C’était le roman « coup de cœur » de la fin d’année 2011. Un roman, vraiment ? Pas si sûr ! L’auteur raconte sa famille, sa mère, ses grands-parents maternels, les deuils et les drames familiaux ; bref c’est un récit largement autobiographique pour rendre hommage à sa mère, Lucile, qui s’est donnée la mort (et qui apparaît également sur la première de couverture). Le texte est humble, faisant la part belle à l’amour incommensurable qui étreint cette famille, composée de personnalités tendres comme torturées. Cette thérapie fictionnelle conduite sans aucun voyeurisme de la part de l’auteur sonne comme un message posthume lancé à l’être disparu ; un moyen comme un autre d’entamer son travail de deuil. C’est une chronique familiale intéressante, très bien écrite, une tranche de vie intense qui se lit facilement et qui mérite amplement son succès et les prix littéraires remportés, comme le prix du roman Fnac ou encore la Prix Renaudot des lycéens 2011. Pour finir, absolument rien ne s’oppose à la lecture de ce livre !!!

SophieC
12/01/12
 

Voilà quelques mois que je suis inscrite sur Libfly et je n'avais encore osé me lancer dans la critique mais cette fois j'y vais...Je suis encore sous l'émotion de cette lecture.L'écriture vive, nécessaire, m'a littéralement happée. Sans jamais adopter un ton racoleur, toujours pudique et pleine d'égards, on ressent à chacune des pages l'amour d'une fille à sa mère.Avec beaucoup de sincérité et de précaution, l'auteur nous raconte sa Maman si "différente" si attachante. Et on tombe en amour pour cette femme si fragile et si forte à la fois.Mon coup de coeur 2011... Nathalie

Chani
03/01/12
 

Mes attentes étaient tellement grandes pour ce livre que j'avais un peur d'être déçue mais là, il a dépassé très largement toutes mes espérances.Alors que tout le long du roman, Delphine de Vigan explique les nombreuses difficultés pour écrire ce récit si personnel, il en ressort une impression de fluidité qui m'a personnellement bluffée.Emouvant et éprouvant, ce récit c'est celui d'une femme et d'une famille ou plutôt d'un clan.Delphine de Vigan a essayé de retrouver tous les éléments permettant de reconstituer son histoire et celle de sa mère. Je pense notamment aux enregistrements de son grand-père et à quel point les écouter a dû être difficile.Au final, avec une transparence exceptionelle, elle raconte tout ce qui a eu lieu, élément par élément, elle reconstitue 60 ans de la vie de Lucile. D'ailleurs, j'ai eu l'impression que Lucile a eu plusieurs vies tellement, elle a vécu de choses différentes.Comme beaucoup, c'est une lecture que j'ai faite en étapes, comme si j'avais besoin de reprendre mon soufle avant de me replonger dans le livre.Une lecture unique, sublime qui est aussi une clef pour mieux comprendre ses romans précédents.Une auteure que j'aime, que j'adore et qui sais m'étonner et m'émouvoir à chacun de ses livres. Livr-esse

Wakissi
30/12/11
 

Dans ce "roman", Delphine de Vigan raconte sa mère. Après la mort de celle-ci, elle a mené une "enquête" dans sa famille pour tenter de la cerner, de mieux la comprendre, la connaitre. Elle la transforme en personnage d'une enfance au sein d'une famille particulière. On oublie qu'il s'agit de sa mère, c'est vraiment le roman sur une famille que l'on lit. On voit Lucile grandir dans une famille très nombreuse, en se construisant une image d'elle-même, teintée des drames et des difficultés de chacun...Ces parties romancées sont entrecoupées de retours dans la réalité dans laquelle l'auteur se posent des questions sur sa démarche, sur son écriture, sur sa légitimité et ses motivations pour écrire. C'est aussi très intéressant. j'ai trouvé que cela apportait beaucoup d'humanité au projet d'écriture."Qu'avais-je imaginé? Que je pouvais raconter l'enfance de Lucile à travers une narration objective, omnisciente et toute puissante? Qu'il me suffisait de puiser dans le matériau qui m'avait été confié et faire mon choix, autant dire mon petit marché? Mais de quel droit?Sans doute avais-je espéré que, de cette étrange matière, se dégagerait une vérité. Mais la vérité n'existait pas. Je n'avais que les morceaux épars et le fait même de les ordonner constituait déjà une fiction. Quoi que j'écrive, je serais dans la fable. Comment avais-je pu imaginer, un seul instant, pouvoir rendre compte de la vie de Lucile? Que cherchais-je au fond si ce n'était approcher la douleur de ma mère a explorer le contour, es replis secrets, l'ombre portée?" (P46-47)La douleur mentionnée ici est la maladie mentale car il s'avère que Lucile est bipolaire et son entourage a vécu au rythme de cette maladie destructrice en tous points. Cette partie, la fin du livre est très dure et forte. C'est une image assez bouleversante de la maladie.J'ai beaucoup aimé cette histoire et la façon dont elle a été écrite. J'ai aimé tout l'amour et le questionnement avec lesquels cette femme a été racontée.Je trouve que la quatrième de couverture est très juste : "Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe et celui du silence."

Ennapapillon
14/12/11
 

Si l'écrivain glisse une part de lui ou des siens dans chaque fiction, ce n'est tout de même pas comme s'il racontait sa vie ou celle de sa famille. Et pourtant déjà cela peut causer facheries et autres enguelades parce qu'un père ou une soeur a reconnu ses traits dans un personnage.Delphine de Vigan dans ce roman se plonge dans son passé familial pour comprendre la maladie et le suicide de sa maman. Elle nous livre ses reflexions et son interprétation des évenements. Elle détricote la mythologie familiale. Elle se livre sans fards et sans pathos. Elle se demande souvent si elle a bien fait de se lancer sur un sujet qui est, comme elle le dit, « casse-gueule ».On m'a demandé si ce roman pouvait interesser les lecteurs qui ne sont pas concernés de près ou de loin par la bipolarité ou le suicide. Et bien oui, parce que ce n'est peut être pas cette maladie qui a présidé à la vie de votre famille, c'est peut être l'alcolisme d'un parent, la dépression d'un autre. Peut être qu'aucun de vos proches n'a mis fin à ses jours mais nous connaissons tous des âmes torturées, fissurées, parfois c'est même la nôtre qui l'est. Et parce que nous ne vivons pas seul, cela retentit nécessairement sur la famille et la manière dont chacun se contruit.J'ai beaucoup aimé la première partie de ce roman dans lequel l'auteur revient sur l'enfance de sa maman, Lucile. Une enfant qui se sent différente de ses nombreux frères et soeurs. Silencieuse dans cette nuée d'enfants bruyants, se réfugiant dans les livres, toujours un peu en retrait de la vie, effacée.Puis sa vie est devenue digne des montagnes russes : elle a vécu l'alternance de phases d'euphorie et de grande tristesse. Chaque montée se terminait en descente infernale pour elle et pour les autres jusqu'à ce qu'elle decide de sauter du wagon en marche...Delphine de Vigan nous dit la difficulté à mettre en mot cette histoire, l'inutilité de l'écrit qui ne résout rien, n'explique rien, permet juste de poser des questions et d'interroger la mémoire. Ecrire sur soi oblige à convoquer des souvenirs qui existent en nous et font ce que nous sommes, mais cela ne permet pas de dénouer les noeuds crées, ne nous donne parfois pas le recul nécessaire pour en tirer quelque chose...Les mots et l'histoire qu'ils créent sont forcément subjectifs, orientés.Ce roman ne donne pas seulement à voir une intimité familale, il renvoie vers la nôtre...

lucie38
08/12/11
 

Rien ne s'oppose à la nuit. Un coup de coeur littéraire. Un des meilleurs romans que j'ai lu depuis longtemps. J'ai tout aimé dans ce livre. En fait, je crois que je l'ai aimé dès que je l'ai sorti de l'enveloppe et que je l'ai tenu dans mes mains. Ca peut paraître ridicule mais il se trouve que j'ai entendu quelques interviews de Delphine de Vigan ; notamment à La Grande Librairie (le jeudi soir sur France 5) ; et je me doutais que ce livre avait quelque chose en plus. D'autant plus que les avis qui sortaient au fur et à mesure que des blogueurs le lisait étaient tellement enthousiastes !Bref, quoiqu'il en soit, j'aimais déjà ce livre. Alors quand j'ai vu son format (entre le poche et le grand format), la couverture toute douce et surtout la magnifique photographie de Lucile pour illustrer le livre, je me suis que je voulais vraiment l'aimer !Ca fait beaucoup de pression pour un livre. Je l'avais placé très haut dans mon opinion, aussi il avait plutôt intérêt à la hauteur.Résultat ? Il est encore plus haut que ce que je pensais.Pour raconter brièvement l'histoire : un jour de janvier 2008, Lucile, la mère de Delphine de Vigan, se suicide. Un besoin d'écrire s'ensuivra quelques mois plus tard et elle s'est rendue compte qu'elle ne pouvait écrire que sur sa mère.J'ai tout aimé dans ce livre. Tout. Le phrasé de Delphine de Vigan, les paragraphes (parfois longs, parfois très courts), les récits de l'enfance de sa mère et le cheminement pour écrire ce livre. Car plus qu'un roman biographique, Delphine de Vigan écrit sur le travail d'écriture. Ecrire sur une personne de sa famille (encore plus sa mère), c'est fouiller dans le passé, gratter la couche de ce que l'on veut montrer pour découvrir ce que l'on veut cacher. C'est aussi accepter de souffrir physiquement : ne plus dormir, faire des cauchemars, se fâcher, pleurer... Et il faut dire que l'histoire de Lucile (et parallèlement, celle de l'auteur et de sa soeur) n'a pas été facile. Il a fallu braver des tabous pour écrire certaines choses indissibles. Une mère reste une mère, envers et contre tout. Ce roman nous le démontre. Il nous montre aussi que la maladie peut détruire, peut prendre le dessus sur une personne, la mettre en danger, la faire se révolter. Cela pourrait être un roman dur. A vrai dire, j'ai eu les larmes aux yeux à plusieurs reprises. Mais ce que je retiens surtout, c'est la pudeur et la tendresse que transmet Delphine de Vigan pour évoquer sa mère. Sa culpabilité de n'avoir pas pu empêcher le suicide.Vous l'aurez compris, ce livre est un coup de coeur énorme. Il est beau à tous points de vue. Le genre de livre qu'on aimerait ne pas avoir lu pour le découvrir. Je pourrais en dire beaucoup plus : les relations entre les personnages (les parents de Lucile, ses frères et soeurs, la mort qui a sévi plusieurs fois, etc.) mais j'ai écris cette chronique à chaud et je n'ai retranscris que les émotions qu'il m'a procuré.Je vous le conseille mille fois !Et petite note au passage : je vais suivre avec attention les prix dans lesquels il est nommé en croisant les doigts pour qu'il soit récompensé plusieurs fois ! Marylin

marylinm
07/12/11
 

Un très beau roman , Delphine de VIgan nous offre un bel hommage rendu à sa mère. Belle écriture mettant en scène un personnage profond, énigmatique, une grande sensibilité se dégage dans ce texte. L'auteur nous dresse le portrait de sa mère, à partir des témoignages recueillis auprès de ses tantes et oncles. Une belle découverte de la rentrée littéraire, un petit bijou à savourer.

dibou
22/11/11
 

J’ai découvert Delphine de Vigan fin 2008 avec son livre No et moi que j’ai beaucoup aimé, l’année dernière j’ai également été émue par Les heures souterraines.Ce roman qui n’en est pas vraiment un, car Delphine nous raconte sa mère à travers les témoignages qu'elle a recueilli auprès de sa famille.Le livre commence en 2008, sur une scène brutale, Delphine de Vigan retrouve sa mère âgée de soixante-et-un ans morte dans son appartement depuis quelques jours. Delphine mettra plusieurs mois à admettre la vérité : sa mère s’est suicidée. Elle décide alors de retracer en détail la vie de Lucile pour ne pas oublier. Et Delphine entame une vraie enquête auprès de ses proches. (...) Dans une première partie, Delphine raconte l’enfance de Lucile, elle est la troisième d’une famille nombreuse. Ses parents Liane et Georges et ses nombreux frères et sœurs, Lisbeth, Barthélemy, Anthonin, Jean-Marc, Milo, Justine, Violette et Tom. Il y a des souvenirs heureux mais aussi plusieurs drames et des non dits. Puis dans la deuxième partie du livre, Delphine utilise le « je » car c'est l'époque où Lucile est devenue maman, et très jeune, Delphine devient un témoin privilégié des souffrances de sa maman. En parallèle de l’histoire de sa mère, Delphine de Vigan raconte l’histoire du livre qu’elle est en train d’écrire. Elle nous confie ses états d’âme, ses réflexions, ses interrogations, ses doutes dans sa démarche d'écrire ce livre.Un témoignage bouleversant, et un bel hommage de Delphine pour sa maman. C'était très courageux de la part de Delphine de mener à bien cet ouvrage et à sa famille d'accepter le portrait de Lucile par Delphine. J'ai eu un vrai coup de cœur pour ce livre qui ne laisse pas indifférent.

Aproposdelivres
16/11/11
 

Une vie en "Outrenoir" Delphine de Vigan raconte la vie de sa mère, Lucile.« Le noir de Lucile est comme celui du peintre Pierre Soulages. Le noir de Lucile est un Outrenoir, dont la réverbération, les reflets intenses, la lumière mystérieuse, désignent un ailleurs. »Un récit pudique et beau.

J'avais beaucoup aimé "Les heures souterraines" de cette auteure, j'avais donc hâte de découvrir son nouveau livre. Delphine de Vigan a une belle écriture et une façon d'écrire assez touchante et émouvante. On y retrouve toujours un peu d'elle (même si là elle parle essentiellement de sa mère) ce qui évoque une touche d'authenticité et que j'apprécie beaucoup.Cette lecture fait forcément réfléchir, j'ai d'ailleurs plein de fois penser à ma relation avec ma mère et ma famille en général. Je me suis même dis que cela ne devait vraiment pas être facile pour elle de livrer une histoire aussi personnelle, publique. Alors chapeau ! Un roman intimiste qui mérite largement ses prix (Prix Fnac et Prix France Télévision, si je ne me trompe pas !).

lizou59
11/11/11
 

Ce roman (et sa magnifique couverture) est un bel hommage de l'auteur à sa mère disparue. Poignant, touchant, tout en restant pudique, ce livre est aussi pesant à lire. On en sort avec une certaine lourdeur. Mais j'ai aimé l'approche de l'auteur pour retracer la vie de sa mère, et voir au fil des pages comment elle est devenue une investigatrice auprès de ses proches pour essayer de comprendre.

GaL7
08/11/11
 

Dès le début, j'ai eu l'impression d'écouter une histoire qui ne m'était pas destinée et pourtant, je l'ai finie, comme poussée par une curiosité déplacée. Je comprends la démarche de l'auteure, elle avait besoin de raconter l'histoire de cette famille, c'est sa manière de faire son deuil. J'ai plus de mal à comprendre l'engouement autour de ce roman. Nous voilà au coeur d'une famille où plusieurs enfants se suicideront ou songeront à la faire, à frôler l'histoire de Lucile qu'on devine insoutenable mais sans jamais avoir de certitudes. Oui, ce roman est parfois bouleversant, la fin m'a arraché des larmes qui coulaient en rivière parce que la scène où Delphine découvre sa mère morte est magnifique et sans doute aussi, parce qu'elle renvoie à une peur profondément ancrée, celle de la perte de la Mère. Mais dans ce roman, on accuse les morts, ce sont les seuls coupables (George, Lina même si ce n'est pas clairement exprimé, Lucile même si elle a sans doute des excuses) et on fait toujours attention de ne pas froisser les vivants. J'aurais aimé ne pas commencer ce roman car malheureusement ensuite, il est difficile de le refermer avant la dernière page. D'ailleurs, et c'est la première fois que cela m'arrive, je n'ai pas relu les passages que j'avais marqués pour l'écriture de mon billet.

cocalight
03/11/11
 

Delphine de Vigan l'a fait. Un roman gênant, haletant, happant qui ne vous laissera pas indemne. Des échos notoires ou moins bien connus qui vous mettront mal à l'aise et qui vous feront hésiter à continuer. L'auteur se dévoile et nous fait nous demander "pourquoi un tel intérêt pour une histoire si intime? surement parce que chaque mot tient à sa propre place son importance et que le tout forme un joli espoir. Les souvenirs, l'identité, la peur qui prend et qui ne lache que difficilement, la superstition, l'amour parental & fraternel sans miévrerie y sont tour à tour évoqués avec brutalité, violence mais avec une grande subtilité.

deedoux
02/11/11
 

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine De Vigan est une petite merveille. Ce roman est émouvant, vibrant, prenant. On y suit la vie de Lucile, mère de l’auteure, de son enfance jusqu’à sa mort faisant partie d’une fratrie meurtrie. On découvre les fêlures et la bipolarité de Lucile et on comprend vite que malgré l’aspect parfait de la vie familiale que donnent Liane et Georges (parents de Lucile) , de lourds secrets vont avoir de graves conséquences sur leur descendance… C’est le récit de la tragédie d’une famille en apparence lisse et soudée mais où plusieurs drames et faits vont diluer dans les veines de chacun de ses membres le poison du mal-être et de la fragilité. Certains succomberont à ce mal terrible en choisissant le suicide, d’autres s’égareront dans la drogue ou s’enfermeront dans le monde inaccessible de la démence et de la bipolarité.Cette plongée dans la vie de Lucile est entrecoupée par les états d’âmes de Delphine De Vigan, étayés par des faits lui ayant été racontés par différents protagonistes (soeur, tante, amis….) et qui permettent de mieux comprendre la personnalité de Lucile.Certains moments du livre sont plus difficiles que d’autres entre autres l’adolescence de l’auteure et de sa soeur Manon mais le récit ne tombe jamais dans le patho…et c’est cela la grande force de ce roman ainsi que sa fluidité et son écriture accessible à tous et sa sincérité. Enfin, un mot sur la photo de couverture du livre qui nous révéle dans les dernières lignes que c’est Lucile (même si on s’en doute) et que j’ai eu de cesse de regarder pendant toute ma lecture : elle est tout simplement magnifique!

AlteaAitana
02/11/11
 

"Je ne sais plus quand est venu l'idée d'écrire sur ma mère, autour d'elle ou à partir d'elle, je sais combien j'ai refusé cette idée, je 'ai tenu à distance, le plus longtemps possible, dressant la liste des innombrables auteurs qui avaient écrit sur la leur, des plus anciens aux plus récents, histoire de me prouver combien le terrain était miné et le sujet galvaudé, j'ai chassé les phrases qui me venaient au petit matin ou au détour d'un souvenir (...) Ma mère constituait un champ trop vaste, trop sombre, trop désespéré : trop casse-gueule en résumé."Mais après ces hésitations, c'est cette histoire que Delphine de Vigan raconte dans ce nouveau roman-enquête. Elle nous fait entrer dans sa famille, dans ses joies comme dans ses drames, nous fait connaître une grand-mère gaie et fantaisiste qui s'épanouit à chacune des grossesses (il y aura neuf enfants), un grand-père bel homme et charmeur mais aussi autoritaire. Et Lucille, sa mère, jeune fille que tout le monde remarque pour sa beauté mais qui souhaiterait devenir invisible, qui cache ses blessures et dont, au fil des années, le mal-être se manifestera par des troubles bipolaires et des hospitalisations.Témoignages des vivants (les frères et sœurs de Lucille) et des morts (les nombreuses cassettes enregistrées par le père de Lucille).Un livre autobiographique qui n'est pourtant pas un livre où l'auteur exhibe sa famille et les rancœurs qu'elle éprouve. Delphine de Vigan a gardé une certaine distance pour parler de ce qui la touche sans y mettre de sensiblerie, et avec beaucoup de pudeur, elle explore le passé de sa famille pour mieux comprendre l'histoire et la fin de sa mère.

pages87
30/10/11
 

Rien ne s'oppose à la nuit, revient sur la vie de la mère de l'auteur. Une vie des plus mouvementée qui s'achève par un suicide à 61 ans. Suite à cette tragique perte, Delphine de Vigan sent le besoin de revenir sur le destin de sa mère pour enfin apprendre à la connaître au travers de ces écrits et des témoignages des membres de sa famille. Sans aucune retenue, l'auteur nous propose de suivre la vie de sa mère ne nous cachant rien des moments les plus intimes comme des plus durs et terribles. Une intimité à telle point dévoilée que je me suis parfois demandée si tout cela était bien vrai. Et oui m'a répondu Delphine de Vigan au travers des questions d'un journaliste lors d'un de ses passages à la télé. Delphine de Vigan a su redonner vie à sa mère dans ce magnifique ouvrage dont l'écriture toute en honnêteté m'a parfois tirée une larme.

Nesss
28/10/11
 

Enquête familiale D’abord la couverture du livre, le portrait en noir et blanc d’une jeune femme, blonde, une cigarette à la main, qui semble être ailleurs. Puis vient la lecture… Le récit d’une famille, celle de l’auteur, peuplé de drames, de suicides, de non-dits. Rien ne nous est épargné. Mais c’est surtout le magnifique portrait de Lucile, la mère de l’auteur. Cette femme si belle et mystérieuse qui souffrait de troubles bipolaires, se suicida en 2008 à l’âge de soixante et un ans. Delphine de Vigan fait ressurgir des souvenirs douloureux de son enfance et de sa vie d’adulte, mais aussi des moments magnifiques de complicité avec sa mère. En parallèle, l’auteur raconte la difficulté d’écrire sur sa propre histoire sans trahir les êtres chers.Sans pathos, tout en douceur, l’auteur réussit à rendre émouvante une histoire très personnelle.

« J’écris ce livre parce que j’ai la force de m’arrêter sur ce qui me traverse et parfois m’envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d’avoir peur qu’il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l’emprise d’une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra ans l’ombre. »Écrire pour se « laver », se débarrasser de ce qui vous ronge ; écrire pour tenter de comprendre à défaut de pouvoir expliquer vraiment ; écrire pour de délester, écrire pour se libérer, écrire pour avancer, écrire pour tenir debout ; écrire pour vivre, tout simplement.« L’écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. »Rien ne s’oppose à la nuit est-il une fiction, comme le défend son auteur, ou une biographie ? Sans doute un peu des deux ; mais mieux que cela, c’est un vibrant portrait de femme marquée très jeune par les drames familiaux et les dessous d’une vie de famille longtemps tus qui la conduiront à sa destruction. Quel contraste entre cette photo de femme magnifique de l’extérieur et si tourment »e au-dedans ?Delphine de Vigan se livre à un exercice difficile, et réussi, consistant à parler du malheur sans sombrer dans le pathos ni dans l’apitoiement. Elle a su rester vraie, nature ; elle s’est livrée à son lecteur sans voyeurisme inutile et sans déballage excessif. Elle a su dire, tout en restant pudique, et surtout en restant humble.Tout en revenant sur ce qu’a été la vie de Lucile, et son héritage familiale, Delphine de Vigan livre sa propre quête à propos de sa mère, chemine avec le lecteur sur la genèse de ce livre, rend compte de son travail de recherche auprès de sa famille, de ce qui a constitué de ses difficultés d’écriture, de ses interrogations sur le bien-fondé d’un tel livre.Trois parties constituent la matrice de ce roman ; trois parties correspondant aux 3 étapes clés de la vie de Lucile : enfant et son environnement familial, jeune femme et jeune mère, et ses dernières années.Curieusement Delphine de Vigan ne parle de sa mère qu’avec son prénom ; très rarement elle parlera de « ma mère » ou encore moins de « maman ». Ce n’est qu’une fois dans le seconde partie de son livre que l’auteur s’autorisera le « je », et se positionnera dans cette famille.C’est certainement par cette distanciation par rapport à sa mère, aussi bien dans le rédactionnel que dans le propre ressenti de l’auteur par rapport à sa mère, que l’on peut qualifier cet ouvrage de roman.« J’écris Lucile avec mes yeux d’enfant grandie trop vite, j’écris ce mystère qu’elle a toujours été pour moi, à la fois si présente et si lointaine, elle qui, lorsque j’ai eu dix ans, ne m’a plus jamais prise dans ses bras. »J’ai immédiatement été absorbée par cette lecture. Il m’a été difficile de lâcher, mais paradoxalement, j’avais en même temps besoin de laisser décanter un peu entre chaque partie. Aussi grave que puisse être le sujet, j’ai trouvé ce livre lumineux, amusant parfois ; mais assurément marquant, durablement marquant. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
15/10/11
 

Ce roman déborde d’émotions en tous genres… on peut aisément passer du rire au larmes, même si les larmes sont plus souvent présentes…douceur, tendresse, colère, silences pesants, drames familiaux, rien ne manque… il y est aussi question de beaucoup de révolte, et la plume de l’auteur a ceci d’agréable qu’elle parvient à éveiller cette même révolte en nous, à nous communiquer ces sentiments au point, parfois, de pouvoir mettre le lecteur mal à l’aise, mettant en place une atmosphère où le lecteur a l’impression d’assister bien malgré lui à une scène à laquelle il ne devrait pas assister…Je trouve que les deux sentiments prédominants dans ce livre restent l’amour démesuré mais aussi une culpabilité sans borne, ce qui rend le récit assez perturbant… » Ma mère était bleue, d’un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l’ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tâchées d’encre, au pli des phalanges.Ma mère était morte depuis plusieurs jours.J’ignore combien de secondes voire de minutes il me fallut pour le comprendre, malgré l’évidence de la situation (ma mère était allongée sur son lit et ne répondait à aucune sollicitation), un temps très long, maladroit et fébrile, jusqu’au cri qui est sorti de mes poumons, comme après plusieurs minutes d’apnée. Encore aujourd’hui, plus de deux ans après, cela reste pour moi un mystère, par quel mécanisme mon cerveau a-t-il pu tenir si loin de lui la perception du corps de ma mère, et surtout de son odeur, comment a-t-il pu mettre tant de temps à accepter l’information qui gisait devant lui? Ce n’est pas la seule interrogation que sa mort m’a laissée. »Difficile de juger des personnages lorsqu’il s’agit d’une histoire vécue… ce serait comme juger une personne que l’on croise tous les matins ou que l’on pourrait croiser au coin de la rue, alors que l’on n’a pas à le faire. C’est juste un portrait magnifique et émouvant.On pourrait croire qu’on entre dans le récit ordinaire d’une famille ordinaire, mais pas du tout, … les secrets de famille y ont la vie dure… On y retrouve aussi une certaine évolution tant des personnages que de l’opinion que l’on se fait d’eux.Un livre osé, qui fait prendre de gros risques à l’auteur… Pour sûr, ça va en déranger plus d’un… mais quelle réussite.Et je dois bien l’avouer, il est très rare que cela m’arrive, mais j’ai beaucoup de mal à parler de ce livre,… même si ma lecture a été agréable, j’ai beaucoup de mal à exprimer le pourquoi du comment, … juste dire que la plume délicate a su m’émouvoir et me toucher… Hylyirio

hylyirio
14/10/11
 

J’ai été bouleversée dès les premiers mots par ce livre, que l’auteur se plait à décrire comme une presque oeuvre de fiction dès lors qu’il reflète sa vision personnelle d’un passé et qui m’est apparu comme le brûlant témoignage d’amour d’une fille envers sa mère. Paradoxalement (ou pas ?) je ne partage pas vraiment la mention apportée par certains/certaines qui parlent du portrait de Lucile comme celui d’une lente descente aux enfers de la femme qu’elle était. Ici, pour moi, nul enfer : un avant et une quête de l’après dans un fragile équilibre pour cette mère, que sa fille appelle tout du long Lucile, sans que jamais le mot « maman » ne soit écrit et pourtant tout est écrit, justement, au travers des mots qui se révèlent à eux-mêmes. Il n’empêche, c’est un livre qui respire l’amour. L’amour et la colère, aussi. La colère qui s’empare du lecteur, qui la pressent sans pourtant se l’avouer comme possible parce que justement, il y a de l’amour, dans toute cette histoire. Au fond, je crois que ce livre ne se commente pas. Il se lit, puis se vit. Chacun à sa manière.

LAPESTE
13/10/11
 

Delphine de Vigan nous dévoile ici l'histoire de sa famille et essentiellement de sa mère. Elle a fait beaucoup de recherches pour pouvoir aboutir à ce livre, elle a parcouru des lettres, des photos, des cassettes enregistrées par son grand-père et elle a aussi interrogé ses oncles et tantes.Elle veut comprendre pourquoi sa mère s'est suicidée et quand celle-ci a commencé à souffrir. Ce livre est un hommage à sa mère, l'histoire est douloureuse, parsemée de nombreuses épreuves. Certains passages sont aussi très beaux, j'ai particulièrement aimé le moment de la naissance de Tom le plus jeune frère de sa mère. J'ai aimé qu'elle alterne les chapitres sur la vie de sa mère et les passages dans lesquels elle nous fait part de son ressenti pendant l'écriture de ce livre. On découvre aussi une bonne partie de l'enfance et de l'adolescence de l'auteur, et voici où j'ai été dérangée. Je trouve ça un peu gênant d'en savoir autant sur sa vie, sur les conséquences du comportement de sa mère sur la santé physique et psychologique de l'auteur. Et d'un autre côté je trouve ça courageux de dévoiler tout ceci de façon publique. Je dois bien avouer que pour moi cela reste plutôt du domaine de l'intime et c'est pour cette raison que cela me gêne. Cela fait un peu voyeur de ma part d'avoir lu ça. Et pourtant c'est le choix de l'auteur et je le respecte. Une fois de plus je me rends compte que ma jeunesse a été bien douce, et je mesure la chance que j'ai eue. Sandrine(SD49)

SD49
06/10/11
 

J'ai choisi de lire ce livre pour plusieurs raisons. Premièrement, j'apprécie l'auteur pour sa sensibilité et son écriture réaliste. Ensuite, ce roman possède une couverture accrocheuse, une photo de famille qui présente un très joli profil de Lucile, la mère de l'auteur. Ce visage, ce demi-sourire amorcent parfaitement toute l'ambiguïté du personnage. Cette apparence de présence-absence, de sourire triste, de profondeur et de légèreté.Puis, le titre est magnifiquement choisi, une phrase de Osez Joséphine d'Alain Baschung qui illustre l'impossibilité d'empêcher quelqu'un de tomber dans la nuit.Certes, avec une telle histoire de famille, il est inévitable d'émouvoir et de passionner le lecteur. Mais, j'ai particulièrement aimé l'insertion des chapitres sur le rôle de l'écrivain. Delphine de Vigan répète souvent ne pas vouloir romancer, fausser les témoignages. Elle veille particulièrement à rester fidèle à la mémoire. C'est donc avec un grand respect et une affection particulière qu'elle nous retrace les vies mouvementées de sa mère." Je n'avais que des morceaux épars et le fait même de les ordonner constituait déjà une fiction."Difficile d'imaginer autant de drames, évident de comprendre le basculement de l'âme. Comment peut-on faire face à tant de souffrance? Et pourtant, le courage de Lucile, qui va jusqu'à reprendre des études à près de cinquante ans est admirable.L'auteur apporte un témoignage sur cette maladie de bipolarité, de bouffées délirantes. Elle évoque Gérard Garouste qui parle aussi de cette maladie dont il est atteint ( voir ma chronique L'intranquille : Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou) dans une autobiographie très émouvante et lucide.Il me semble que l'auteur a atteint son objectif." Car c'est exactement ça : je voudrais rendre compte du tumulte, mais aussi de la douceur."C'est un très beau roman, une performance d'auteur. C'est toutefois un récit difficile et sombre (lié au récit mais aucunement au style) qui peut dérouter certaines personnes sensibles. Il vaut mieux ne pas avoir le blues quand on aborde ce genre de roman.

jostein
09/09/11
 

Le chemin est difficile, le vide et son vertige peuvent être sous chaque ligne, derrière chaque page. Mais Delphine de Vigan nous parle, nous dit Lucile sa mère avec amour et avec un infini respect. Elle essaie de comprendre pourquoi sa mère a décidé de mourir "vivante". Delphine de Vigan ouvre devant nous les albums et les maisons de sa famille. On lit ses mots avec la même attention que nous aurions prise si une amie nous confiait, tout ce qui avait fait d'elle ce qu'elle est. Ses espoirs, ses cicatrices, ses regrets, mais également sa force. La douleur de Lucie, à jamais fait partie d'elle.Il est extrêmement difficile de confier au lecteur sa chair et son sang, encore plus difficile lorsque que cette chair et ce sang ont connu les enfers. Merci de nous avoir dit Lucile, j'aurais aimé la connaître. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
01/09/11
 

Tous les livres de Delphine de Vigan ont, de manière plus ou moins avouée, un caractère autobiographique. Dans « Rien ne s’oppose à la nuit », l’auteur exhume avec énormément de sensibilité le souvenir de Lucile, sa mère, peu après son suicide. Pour cela, elle mène une enquête auprès de tous ceux qui l’ont connue, frères, sœurs, amis, afin d’en dresser un portrait le plus fidèle possible. Ainsi, Delphine de Vigan alterne avec aisance le récit de vie de sa mère avec sa propre réflexion sur la difficulté d’écrire sur un être proche et pourtant insaisissable. L’écriture est à la fois éprouvante et libératrice. L’auteur se lance donc dans une quête pour trouver l’origine de la souffrance de sa mère, en commençant par raconter sa jeunesse dans le Paris des années 50. Delphine de Vigan n’hésite pas à déterrer de sombres drames et des secrets de familles honteux, qui seront constitutifs du tempérament dépressif de sa mère. Issue d’une famille nombreuse (9 enfants), en apparence unie et heureuse, Lucile est présentée comme une jeune fille d’une grande beauté, discrète mais qui observe beaucoup. Très tôt, elle fait preuve de troubles bipolaires et semble avancer constamment au bord d’un gouffre qui ne demande qu’à l’engloutir. La folie n’est jamais loin de cet être neurasthénique et irresponsable, mais d’une grande fragilité. Delphine de Vigan raconte, dans la seconde partie du récit, sa propre enfance et celle de sa sœur auprès de cette mère aimante mais inquiétante et dangereuse pour ses filles. Elle y évoque cette infinie solitude qui animait Lucile et la rendait inaccessible aux autres. C’est une écriture douloureuse, qui met l’histoire familiale de son auteur à nue et fait voler toutes les barrières de protection. En conclusion, je dois dire que Delphine de Vigan nous offre un récit d’une grande qualité, qui fait preuve de beaucoup de courage et de maturité. Une excellente découverte !

Mokona
28/08/11
 

Voilà enfin que ce roman tant attendu est parvenu entre mes mains et devant mes yeux. Devant les critiques dithyrambiques de la blogosphère, je vais émettre un bémol.Oui, ce roman, ou plutôt, pardon, ce récit d'une vie, est bouleversant. Pourtant, de la vie de Lucile, je n'ai lu que des blancs. A quoi pensait-elle quand son regard était "ailleurs" ? (Allez, je vous vois arriver : sa fille dit elle-même qu'elle récolte des témoignages et qu'elle ne veut surtout pas romancer. Certe, mais nous ne saurons pas grand-chose de la jeunesse de sa mère). Sa personne s'inscrit dans l'absence, le vide, déjà.Oui, ce livre parle de la folie de sa mère. Mais ce n'était finalement pas sa fille aînée la plus proche d'elle lors des crises, avant et après. Elle a très vite pris ses ditsances. Je ne lui en veux pas, j'ai fait la même chose.Alors pourquoi choisir d'écrire si rapidement sur la mort de celle qu'elle connaissait si peu ? Pour s'en libérer ? On ne s'en libère jamais tout à fait. L'auteure arrive à une chouette conclusion, mais si l'on a soi-même été un tant soit peu été confronté au problème, il y a longtemps que l'on en a tiré la même déduction.Au final, j'ai bien aimé la comparaison avec les toiles noires de Pierre Soulages. Le "personnage" de Lucile s'inscrit "par défaut" et brille par reflets, grâce aux réflexions des autres.Je reconnais tout de même que le travaille qu'a entreprit l'auteure, je ne l'aurai pas fait : remuer ciel et terre pour tenter de comprendre le geste fatale de sa mère. Briser les taboux familiaux, faire remonter les vieilles rancunes et les anciens drames. Je lui tire donc mon chapeau.J'ai trouvé qu'il manquait plein des choses dans ce récit : les voix masculines (le père de l'auteure, entre autre, qui aurait pu, lui aussi, apporter son éclairage).Mais je comprends maintenant aussi un peu mieux pourquoi ce roman n'a pas reçu le Prix Goncourt.L'image que je retiendrai :Bizarrement, celle de la couleur noire, comme les toiles de Soulages et le pull sur la couverture. Pourtant, c'est un roman qui m'a paru très lumineux. Alex-Mot-à-Mots

AlexMotaMots
08/12/11
 

Format

  • Hauteur : 17.90 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.22 kg