Rue des boutiques obscures

MODIANO, PATRICK

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 05/09/78
LES NOTES :

à partir de
6,49 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Que reste-t-il de la vie d'un homme ? une photo, au fond de la boîte ou d'un tiroir, des papiers administratifs, quelque fois une fiche de police ou un nom dans un bottin. Et aussi les souvenirs de ceux qui l'ont connu ou rencontré. ils seront de moins en moins nombreux et les souvenirs de plus en plus vagues. ainsi l'écho d'une vie décroît-elle jusqu'à s'éteindre tout à fait. a supposer que quelqu'un puisse revenir sur terre après sa mort, que retrouverait-il de lui dans les lieux qui lui étaient familiers et dans la mémoire des autres ? Et qui pousse un certain guy roland dans une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à
la recherche d'un inconnu, disparu depuis longtemps ? le besoin de se retrouver lui-même après des années d'amnésie ? Au cours de sa recherche, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui, de toutes façons, il finit par s'identifier. Comme dans un dernier tour de manège, passent les témoins de la jeunesse de ce pedro mcevoy, les seuls qui pourraient le reconnaître : denise coudreuse, freddie howard de luz, gay orlow, dédé wildmer, scouffi, rubirosa, sonachitzé, d'autres encore, aux noms et aux passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l'intrusion des âmes errantes dans le roman policier.
9 personnes en parlent

J’ai bien aimé cette histoire de quête d’identité, qui m’a vaguement rappelé Tous les noms de José Saramago (pour le procédé, pas du tout pour le style). L’intrigue est intéressante bien que l’auteur abuse des raccourcis qui laissent le lecteur perplexe. De même, la multiplication de personnages et leurs liens rendent la lecture un peu pénible. Hormis ces quelques détails, c’est un livre très prenant, comme une enquête policière, que l’on a du mal à abandonner. Le style n’a rien de transcendant mais reste agréable et facile d’accès. On s’identifie aisément au héros. La conclusion est un peu banale mais, globalement, l'ambiance est charmante et l'histoire vaut le détour.

mycupoftea
02/01/13
 

Qui pousse un certain Guy ROLAND, employé dans une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d'un inconnu, disparu depuis longtemps ? Le bedon de se retrouver lui-même après des années d'amnésie ?Au cours de sa rechercher, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui de toutes façons, il finit par s'identifier. Comme dans un dernier tour de manège passent les témoins de la jeunesse de ce Pedro McEvoy, les seuls qui pourraient le reconnaître : Denise COUDREUSE, Freddie HOWARD DE LUZ, Gay ORLOW, Dédé WILDMER, Scuffi, Rubirosa, Sonachitzé, d'autres encore, aux noms et passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l'intrusion des âmes errantes dans le roman policier. Patou

un flyer
08/08/15

Devenu amnésique depuis dix ans, Guy Roland travaille pour le compte d'un détective privé, Monsieur Hutte, à qui il doit tout et en particulier son nouveau nom d'emprunt. Mais son mentor souhaite rejoindre la région niçoise et arrêter son activité parisienne. Guy va en profiter pour enquêter sur ses origines.Rue des boutiques obscures est un roman parfait et complet (dans sa narration, dans la prose employée par l'auteur). Je reste impressionnée par le talent de Patrick Modiano à traiter de thèmes chargés en si peu de pages. Là, la forme et le fond ne font qu'un : impressionnant !L'unité de temps n'est jamais clairement donnée mais j'ai imaginé que l'intrigue naviguait autour des années 1950-1960. Plusieurs détails corroborent cette hypothèse : les Bottins parisiens, les anciens indicatifs téléphoniques de Paris (valables jusqu'en 1963). La date me semble un élément important dans la recherche de Guy. Toute la démarche est de trouver l'origine de son mal et son explication. Tel un joueur, Patrick Modiano disperse quelques indices et en filigrane, aborde la période trouble de la collaboration. C'est aussi la grande réussite de ce roman : savoir traiter des thèmes aussi forts que la quête d'identité (avec cet incipit redoutable « Je ne suis rien.») et le droit d'inventaire historique, avec un héros en plein brouillard, user d'une forme métaphorique et des outils du souvenir (les photos, les lettres, les rencontres avec des proches...). Cette question de l'identité se pose aussi aux autres protagonistes : ils viennent d'origines multiples (de par la fécondation, ils portent deux héritages qui se dédoublent à chaque naissance), achètent des faux passeports et empruntent un autre nom que leur patronyme. La dénomination devient alors une entité temporelle, une étape dans un parcours de vie (souvent liée à une fuite). Guy n'est plus seul, d'autres que lui possèdent cette particularité : qui cherche-t-il ? Celui d'avant le conflit ou celui du « pendant » ? Un souvenir est souvent un lien avec un autre que soi : d'où ces personnages qui se succèdent autour de Guy, parfois le déroutent. Chacun montre sa bienveillance dans cette quête, lui ouvre sa porte facilement, lui offre des images pour l'aider dans sa démarche, partage avec lui repas ou verres (même, un taxi parisien s'inquiète de la dangerosité de l'affaire). Au fur et à mesure, Guy parcourt son fil d'Ariane. L'élément photo me paraît central dans cette œuvre (et peut-être dans d'autres) comme passage de témoin, relais. Chaque intervenant laisse la place à un autre, souvent par ce biais.Très rapidement, par ces descriptions minutieuses, ses instantanés de scène, l'écrivain fait preuve d'un regard aiguisé sur le quotidien de ses contemporains, sur les objets qui les accompagnent, sur les moments de la vie (tantôt douloureux, tantôt gais). Chez lui, une description n'est jamais vaine : elle donne un tempo au récit, précise un détail fondamental de l'enquête, relance le questionnement. Du coup, son écriture s'en ressent : un phrasé juste parfait, une maîtrise du français si rare et si exceptionnelle qui remplacerait bien n'importe quel Bescherelle. Patrick Modiano, un homme sûrement d'une profonde modestie, ne se regarde pas écrire : il laisse ses héros évoluer sans s'imposer, travaille ses phrases sûrement à la virgule près (comme le suggère Antoine Laurain), n'emploie pas de tournures alambiquées et pompeuses. Il porte sa noblesse dans le cœur : ses mots parlent pour lui. Mais, les ombres errantes surgissent : Denise, Gay, Pedro donnent corps à ce passé fantasmé ou réel, dont seul Patrick Modiano garde la clé jalousement. Parce qu'il ne faut pas se leurrer : à l'amnésie de Guy s'ajoute celle de certains protagonistes, témoins aveugles de scènes de déportation, de dénonciation, d'assassinat : l'évocation d'un malotru les somatise. Le défaut de mémoire de Guy devient alors la métaphore de celle du groupe : personne ne sait ce que sont devenus les disparus, au point d'en oublier leurs identités. Une façon de se protéger, de ne pas croire réel l'impensable ? Ce fut aussi une époque où en France, le Général de Gaulle institua « le roman français » : afin d'établir au plus vite la réconciliation nationale d'un peuple qui n'a cessé de perdre sa seconde « guerre », l'oubli fut le crédo des autorités. D'une certaine façon, aujourd'hui encore, on paie ce mensonge par omission et ce déni d'inventaire fait en temps et en heure. Parce qu'un pays sans passé (ou au passé nié) est un pays sans identité (ou à l'identité partielle).Il n'y a jamais de choc frontal dans Rue des boutiques obscures. À l'image de la limpidité d'écriture, Patrick Modiano suggère plus qu'il ne montre : souvent des hommes et des femmes peu heureux dans leur vie intime. Il fait le choix de la fantaisie et de la surprise : échangisme chez l'un, partouze attendue lors d'une fête. Et puis, vient la fin forcément frustrante et ce cri : « Non, Patrick ! Vous n'aviez pas le droit de finir cette œuvre ainsi ! »Il a réussi à me laisser coite : il faut le faire tout de même !

Cave
02/03/15
 

Après Dora Bruder lu il y a quelques années, c'est la seconde fois que je plonge dans "l' univers modianesque". Difficile d' y voir bien clair, il y aurait pour des lecteurs plus littéraires beaucoup à analyser.C'est une lecture qui m' a fasciné par son atmosphère brumeuses, par la quête de cet inconnu qui se cherche ; une histoire qui évoque le cours d' un ruisseau avec ses graviers, les fond sableux, les pierres qui détourne le flux...etcDans ce livre les non-dits sont aussi importants que les petits indices qui s'accumulent, l' occupation en toile de fond renforce les sensations et les impressions, il y a urgence à fuir, à effacer autant que plus tard il y aura un forme de nécessité pour le narrateur à se retrouver et renouer les fils qu' il avait si consciencieusement mêlés.Un ouvrage où les pistes de lecture et de réflexion seront différentes pour chacun des lecteurs.

Lacazavent
02/01/15
 

Patrick Modiano a dit : « Le Goncourt, c’est un peu comme l’élection de Miss France. Sans avenir ».Si le Prix est sans avenir, c’est dans le passé que se trame le scénario du roman qui lui permit de l’obtenir en 1978.Je ne vais pas résumer le roman, maintes et maintes fois commenté sur les blogs littéraires. La présentation de l’éditeur est d’ailleurs parfaite : « Que reste-t-il de la vie d'un homme ? Une photo, au fond d'une boîte ou d'un tiroir, des papiers administratifs, quelquefois une fiche de police ou un nom dans un Bottin. Et aussi les souvenirs de ceux qui l'ont connu ou rencontré. Ils seront de moins en moins nombreux et leurs souvenirs de plus en plus vagues. Ainsi l'écho d'une vie décroît-il jusqu'à s'éteindre tout à fait. A supposer que quelqu'un puisse revenir sur terre après sa mort, que retrouverait-il de lui dans les lieux qui lui étaient familiers et dans la mémoire des autres ? Et qui pousse un certain Guy Roland, employé dans une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d'un inconnu disparu depuis longtemps ? Le besoin de se retrouver lui-même après des années d'amnésie ? Au cours de sa recherche, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui, de toute façon, il finit par s'identifier. Comme dans un dernier tour de manège, passent les témoins de la jeunesse de ce Pedro McEvoy, les seuls qui pourraient le reconnaître : Denise Coudreuse, Freddie Howard de Luz, Gay Orlow, Dédé Wildmer, Scouffi, Rubirosa, Sonachitzé, d'autres encore, aux noms et aux passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l'intrusion des âmes errantes dans le roman policier ».J’ai plutôt envie d’évoquer ma frustration et mon désappointement à la lecture de ce qu’une certaine majorité proclame comme chef-d’œuvre. « Vivre, c’est s’obstiner à achever un souvenir », écrit René Char (citation d’ailleurs reprise en épigraphe au roman Livret de famille). L’écrivain se lance en effet ici dans la ressouvenance égarée d’un puzzle identitaire qu’il ne parviendra pas à achever à l’issue d’un roman à l’atmosphère trouble, complexe, que j’ai aussi trouvée confuse. Une interview qu’il avait accordée en 1990 confirme ce sentiment : « Ma recherche perpétuelle de quelque chose de perdu, la quête d'un passé brouillé qu'on ne peut élucider, l'enfance brusquement cassée, tout participe d'une même névrose qui est devenu mon état d'esprit ». Un aveu – si l’on peut dire –, qui conforte l’embarras que j’ai éprouvé de pages en pages ; une névrose que l’on peut que percevoir en filigrane de cette quête inachevée. J’ai lu qu’il n’est pas rare qu’une œuvre littéraire « renverse le rapport entre la question et la réponse et confronte le lecteur, dans la sphère de l'art, avec une nouvelle réalité "opaque", qui ne peut plus être comprise en fonction d'un horizon d'attente donné ». J’adhère à cette communication après avoir lu Rue des boutiques obscures : à aucun moment je n’ai trouvé réponse aux questions posées par ce roman. Au fur et à mesure que j’avançais avec le narrateur dans l’élucidation de sa recherche, peu à peu je m’éloignais avec lui des convictions qu’il acquerrait. C’est là que je n’ai pas trouvé « mon compte » de lectrice : pas d’indice imaginaire qui aurait pu me propulser dans un après fantasmé.« Ce livre pourrait être l’intrusion des âmes errantes dans le roman policier », souligne l’éditeur. C’est vrai. Modiano construit son texte comme un polar. J’attendais, comme le narrateur, le moment de vérité qui donnerait sens à la quête. Mais il n’est jamais venu. Je me suis toujours demandé si mes suppositions étaient justes. Même si « ce qui est important dans une œuvre, c’est ce qu’elle ne dit pas » (P. Macherey), je n’ai pas pu – pas su – trouver de clé pour résoudre la pseudo-énigme posée par le monologue tourmenté du personnage principal en proie aux spectres de son passé.Habituellement peu dérangée par les allers-retours – parfois imprévisibles – entre passé et présent dans d’autres œuvres d’autres auteurs, j’ai été déconcertée par la façon dont Patrick Modiano traite son récit : une impression désagréable de me trouver dans un labyrinthe avec des indications floues, parfois contradictoires. Pas d’unité. Pistes brouillées…Je me suis laissé dire que toute l’œuvre de Modiano (et dieu sait qu’elle est prolifique) est ainsi construite. Alors, je ne crois pas que j’irai plus loin dans la rencontre avec cet auteur qui, j’en conviens, écrit bien. Certes, c’est banal, convenu et peu original de conclure ainsi la chronique d'un roman (qui a obtenu le Goncourt) d’un romancier qui vient de recevoir le Prix Nobel de Littérature. Certes…

litterauteurs
28/12/14
 

C'est à nouveau l'occasion pour cet auteur de nous faire voyager dans le passé. Cette histoire raconte la recherche d'un homme sur sa famille. Frappé d'amnésie, il veut savoir qui il est. Des bribes de souvenirs lui reviennent peu à peu. Il suit des pistes qui aboutissent à encore plus de questions. Faut-il réveiller les morts pour fouiller dans un passé qui ne peut rien apporter de positif sinon encore plus de mélancolie, d'amertume et de questionnement ? Modiano fait un parallèle entre le passé et le présent mais ce n'est jamais pénible à lire tant son style est fluide et direct. http://cathy.hune.over-blog.fr

cathyH
06/11/14
 

Le narrateur, dont on ignore le nom durant une bonne partie du roman (lui-même aussi, et finalement qu'est-ce qui est bien sûr là-dedans?) part à la recherche de son passé. Rencontres fantomatiques, étranges, détails subtils, souvenirs fugaces, déambulations dans un Paris précis et flou à la fois. Des personnages n'hésitant pas à remettre documents, photographies. Souvenirs auditifs et olfactifs, la mémoire revient, repart, hésite, se fourvoie. Le narrateur entraîne le lecteur à la suite d'un fil ténu et captivant.Sachez-le, on ne se rendra pas dans cette fameuse rue. Pas cette fois en tout cas. On ne saura pas pourquoi Mansoure a si peur de traverser le bout de la rue Germain-Pilon. Sachez cependant que bien avant internet, de gros bottins et annuaires pouvaient faire merveille dans une recherche (ah ces numéros de téléphone désuets, tels AUTeuil 15-28...)D'après le Dictionnaire amoureux de Proust, Modiano serait le plus proustien des écrivains vivants. En effet, en effet... keisha

keisha
29/09/14

Qu'il est loin le temps où je lus ce roman pour la première fois! Faisant parti du groupe "Modiano" formé par Dominique Léger (que je salue), je m'attelle donc à le relire. Et comme le narrateur, des bribes de souvenirs me reviennent....Des chapitres courts, des numéros de téléphone obsolètes, un parfum d'occupation et de fuite, et enfin une fin qui n'est que le commencement d'autre chose...Comme Guy Roland, le lecteur tâtonne, suppute, se trompe...Jamais cet être qui a perdu la mémoire (on ne sait pas comment même si on a un doute) ne perd jamais son calme. La prose de Modiano est comme son héros:tranquille. Alors que le sujet est grave, il n'y a pas de luttes, de violences (même verbales), pas de courses poursuites, comme on pourrait s'y attendre puisqu'il y a enquête. Tout est dans la narration et la réminiscence de souvenirs. Les personnages rencontrés et les photos récupérées se superposent et constituent petit à petit le fil d'Ariane auquel Guy Rolland va s'attacher pour retrouver son identité. Puis, tout s'efface au profit des souvenirs et des impressions qui reviennent petit à petit. Finalement, à l'issue de cette lecture, je me demande si lire du Modiano, ce n'est pas surtout lire un univers, une ambiance, au détriment parfois peut-être de l'épaisseur de l'intrigue. Alors amis lecteurs, que me conseillez vous comme autre titre pour me parfaire dans l'étude de cet auteur, pour corroborer ou changer cette première impression?

vivicroqueusedelivres
13/02/12
 

Auteur d’une trentaine de romans dont Rue des boutiques obscures, Prix Goncourt en 1978.Que reste-t-il d'un homme? une photo, au fond d'une boîte ou d'un tiroir et aussi les souvenirs de ceux qui l'on connu ou rencontré.C'est une quête d'identité, le personnage a perdu la mémoire, grâce a ses investigations, il retrouve peu à peu le fil de son passé.Bon livre, on s'identifie à lui, on recherche avec lui, on croit avoir trouvé et puis non on repart pour une nouvelle quête. Livre prenant du début à la fin.

nena1
16/04/11
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.30 kg

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