livre sans sang
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 28/10/04
LES NOTES :

à partir de
5,90 €

SYNOPSIS :

« Dans la campagne, la vieille ferme de Mato Rujo demeurait aveugle, sculptée en noir contre la lumière du crépuscule. Seule tache dans le profil évidé de la plaine. Les quatre hommes arrivèrent dans une vieille Mercedes. La route était sèche et creusée - pauvre route de campagne. De la ferme, Manuel Roca les vit. Il s'approcha de la fenêtre. D'abord il vit la colonne de poussière s'élever au-dessus de la ligne des maïs. Puis il entendit le
bruit du moteur. Plus personne n'avait de voiture, dans le coin. Manuel Roca le savait. Il vit la Mercedes apparaître au loin puis se perdre derrière une rangée de chênes. Ensuite, il ne regarda plus. Il revint vers la table et mit la main sur la tête de sa fille. Lève-toi, lui dit-il. Il prit une clé dans sa poche, la posa sur la table et fit un signe de tête à son fils. Tout de suite, dit son fils. C'étaient des enfants, deux enfants. »
3 personnes en parlent

Cachée dans un trou, sous le plancher d'une ferme, la petite Nina assiste à l'assassinat sanglant de son père et de son frère. Pourquoi ont-ils été massacrés ? Il est vaguement question de règlement de comptes, aux lendemains d'une guerre. Mais l'on ne saura jamais laquelle, ni les raisons exactes du carnage. Un demi-siècle plus tard, Nina retrouve l'un des assassins, l'invite au café, se lamente sur la cruauté du destin, et le conduit dans une chambre d'hôtel... Et on s'arrête là, en se demandant où l'auteur à voulu en venir. On s'interroge, en quête d'explication et de sens : s'agit-il d'une fable, d'une parabole ? On le suppose. Mais on n'en trouve pas la clef : la vengeance ? L'engrenage de la violence ? La dépendance à l'horreur ?Baricco habille de points de suspension une histoire rachitique. Rien de saisissant, rien de bouleversant, rien de franchement mauvais ou raté non plus. Entre-deux. Une belle écriture par moment, quelques très jolis passages, mais au final, cela reste confus et vain.

Kara
13/01/09
 

Amateur de la littérature d’Alessadro Baricco, j’ai été un peu déçu par ce roman. Le style est bien là, mais ce n’est pas la petite musique de Soie.C’est une histoire de règlement de compte comme il y en après chaque guerre. Les vaincus, anciens dominants, font l’objet d’une épuration de la part des dominés vainqueurs.Cette affaire de vengeance est pourtant bien amenée dans ce petit roman en deux parties.Une première partie violente et sanglante dans laquelle un homme et son fils, un jeune garçon de 12 ans, sont abattus. La petite fille, elle, survit grâce à un des tueurs qui n’a pas révélé sa présence à ses complices.La deuxième partie est plus calme et basée sur les sentiments. La petite fille, devenue une vieille femme, retrouve l’homme qui l’a sauvée. La fin est inattendue.L’écriture de Baricco est toujours plaisante, mais ça ne suffit pas pour faire de ce livre un coup de cœur. J’ai cependant bien aimé l’opposition entre les deux parties. C’est quand même du Baricco, ne boudons pas notre plaisir.

Ludeca
02/08/13
 

La fin d'une guerre n'est pas synonyme de paix : elle ne signe pas la fin des hostilités entre les parties adverses. Au contraire, l'heure est plutôt aux règlements de comptes. Les anciens dominants peuvent subir en représailles une justice expéditive de la part des "vainqueurs".Ce magnifique roman évoque les lendemains d'une guerre au sein d'une population. Son propos est universel : les comportements ne varient guère selon les lieux, les époques, les motifs qui ont déclenché un conflit. Les exemples ne manquent pas, qu'on se souvienne de l'épuration - parfois "sauvage" - en France à la Libération... Alessandro Baricco pose ici une question intéressante : au nom de quoi les hommes continuent-ils à s'entretuer ? Par vengeance ? Pour justifier la cause qu'ils prétendent avoir défendue lors du conflit ? L'auteur n'excuse pas les différents agissements, mais il les expose alternativement et incite ainsi le lecteur à s'identifier aux protagonistes, plus qu'à les condamner.Ce texte bref et sobre a l'élégance et l'intensité des courts romans de Steinbeck. Il est en outre admirablement bien construit : deux parties, l'une sur l'immédiat après-guerre, l'autre sur une rencontre, quelques décennies plus tard, où l'on voit que les comptes ne sont toujours pas soldés.Dense, subtil, bouleversant, universel.Merci J-L ! Canel

Canel
19/06/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.08 kg
  • Langage original : ITALIEN
  • Traducteur : FRANCOISE BRUN