Sobibor, de jean molla

CHOMIENNE, MARIANNE

livre sobibor, de jean molla
EDITEUR : BELIN
DATE DE PARUTION : 25/08/09
LES NOTES :

à partir de
5,20 €

SYNOPSIS :

Dix-sept ans, un bel âge ? Pour Emma, c'est tout le contraire: en quelques mois, elle perd sa grand-mère, quitte son amoureux, vole au supermarché. Elle maigrit beaucoup. Volontairement. Pourquoi ? Elle-même ne le
sait pas vraiment. Tout bascule le jour où elle découvre un vieux journal intime dont la lecture l'entraîne dans une douloureuse enquête sur le rôle de ses grands-parents pendant la Seconde Guerre mondiale...
18 personnes en parlent

Emma, 17 ans est tombée dans la spirale de l’anorexie. Le régime pour perdre quelques rondeurs s’est transformé en une maîtrise totale de son cops : manger et se faire vomir. Un soir, elle entend sa grand-mère Mamouchka parler durant son sommeil d’une certaine Eva Hirschbaum, de Jacques et de Sobibor. Lorsqu’Emma questionne sa grand-mère, celle-ci se montre réticente. Mamouchka, malade, décède et Emma découvre le journal de bord de Jacques Desroches caché dans les vêtements de Mamouchka. Jacques Desroches était un français qui s’est engagé auprès des Allemands durant la seconde guerre mondiale et Sobibor est le nom d’un camp d’extermination en Pologne. Voilà un livre jeunesse comme je les aime : intelligent et porteur de réflexions ! Comme le dit l’auteur dans sa postface, il s’agit d’un livre sur l’après. Sur la mémoire. Sur le mensonge. Sur cette lame de fond qui n’en finit pas d’avancer. Sur le silence.L’anorexie d’Emma trouve son point de départ dans un régime puis s’ancre dans le temps. Ses parents ne voient pas ou ne veulent pas voir son état. Très proche de sa grand-mère Mamouchka, Emma est très affectée par son décès. Dans le cahier de bord de Jacques Desroches, il s’agit de l’idéologie Nazie, de Sobibor et les convois de juifs qui viennent y mourir. Autant de mots, de descriptions qui prennent à la gorge. Mais, Emma va découvrir un secret de famille bien tenu. Un secret impensable. Emma va comprendre d’où vient ce poids qu’elle porte et elle va se retrouver face à des questions dont les réponses peuvent bouleverser plus d’une vie. Très bien construit, je n’ai pas une seule seconde imaginé ce secret. Le cercle vicieux de l’anorexie y est très bien décrit et le personnage d’Emma m’a touchée. J’ai lu ce livre en apnée totale. Les non-dits, la guerre et ses atrocités, l’horreur des camps, la responsabilités des actes passés sont autant de sujets traités dans ce livre fort et poignant ! Je ne peux que le conseiller ... http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
09/06/11
 

Ecrire ou mourir « Sobibor » : le nom de ce lieu fut condamné à mort en 1943, date à laquelle les nazis effacèrent volontairement toute trace de ce camp d’extermination. Ce lieu dont on tenta d’annihiler l’existence donne son titre à ce roman, axé sur le silence et son corolaire, la difficulté de dire. Car l’indicible est le vrai sujet de ce livre : l’absence de mots qui racontent, l’absence de maux que l’on pourrait nommer et ainsi soigner, forment le quotidien douloureux de la vie d’une jeune adolescente, Emma. Celle-ci ne peut exprimer son malaise que dans l’acte d’écrire, parvenant à mettre en mots sa souffrance, et par conséquence cesser d’expulser toute nourriture hors de son corps : en écrivant son journal, Emma arrête de se détruire et décide de vivre. Le roman joue sur deux récits entrecroisés à cinquante ans d’intervalle (l’un contemporain, l’autre de 1942) : deux journaux intimes qui s’imbriquent l’un dans l’autre, tout comme les secrets du passé s’entremêlent au présent, enchainant inextricablement Emma à la m

Emma connaît de graves problèmes d'anorexie et de boulimie depuis le décès de sa grand-mère. Très proche de sa "Mamouchka", elle a entrevu peu de temps avant sa mort les bribes d'un lourd secret de famille. le journal intime d'un collaborateur nazi retrouvé dans la maison des grands-parents va l'éclairer sur ce mystère, en la confrontant de plein fouet à l'horreur de la Shoah. Brutalement, violemment, le récit expose d'une part les troubles du comportement alimentaire, d'autre part l'élimination froide et systématique des Juifs dans les camps de la mort. Attention, les détails sordides ne sont pas épargnés au lecteur. Au-delà de ces thèmes douloureux, l'ouvrage offre des réflexions intéressantes sur la difficulté de la communication parents-ados, sur le poids des prénoms trop symboliques, la nocivité des non-dits familiaux, le sentiment de culpabilité qui peut rejaillir sur les générations ultérieures... Bémol sur la fin que j'ai trouvée théâtrale, excessive, dérangeante (les explications avec le directeur du supermarché et avec un ancien nazi). Conseillé dès la 3ème, ce livre me semble bien abrupt pour un public si jeune, a fortiori si l'on ne connaît pas un minimum le sujet. Certains passages éprouvants m'ont en effet rappelé "La mort est mon métier". Canel

Canel
31/01/16
 

Emma, fille de médecin, 17 ans, est anorexique depuis de longs mois. Mais ses parents refusent d’affronter le problème de front. Résultat : la jeune fille passe son temps à détruire son corps, vomissant chaque aliment avalé. Pourquoi un tel dégoût d’elle-même ? Elle l’explique au début comme un simple régime pour plaire davantage à son petit copain. Régime qui a dérapé. Régime qui n’a pas cessé. Et puis, sa grand-mère adorée est décédée. Terrible choc pour la jeune femme. Elle en était plus proche que n’importe qui d’autre, bien plus proche que de sa mère. Pourtant, Emma est persuadée que sa grand-mère détenait un secret très lourd à porter. Si lourd qu’elle en faisait encore des cauchemars. Quelques temps avant sa mort, alors qu’elle partageait la chambre de sa Mamouchka, celle-ci hurle ces phrases dans son sommeil agité : « Jacques, je ne veux plus rester ici. Comprends-moi, je n’en peux plus ! Sais-tu seulement son nom ? Moi, je le sais. Elle s’appelait Eva… Eva Hirschbaum ! […] Je devrais te haïr mais je n’y parviens pas ! […] Emmène-moi loin de Sobibor, je t’en prie ! » Alors qu’Emma tente d’interroger sa grand-mère à son réveil, celle-ci refuse de lui donner la moindre explication. Emma ne tire rien de plus de son grand-père. Bientôt, elle découvre que Sobibor était un camp d’extermination des Juifs pendant la seconde guerre mondiale. Peu de temps après le décès de sa grand-mère, Emma va mettre la main sur un cahier qui va irrémédiablement changer sa vie. Le journal de Jacques Desroches, collaborateur français des nazis qui raconte au jour le jour, froidement, son activité à Sobibor.Autant le dire tout de suite, ce roman m’a bouleversée. S’il s’agit de littérature jeunesse, les adultes seront forcément touchés tant les thèmes traités le sont avec brio. Jean Molla, dont j’avais déjà apprécié l’écriture incisive et réaliste dans Djamila, livre ici un roman qui hurle ce que tout le monde veut cacher. Un roman qui crie toute l’horreur d’un crime contre l’humanité à échelle industrielle que bon nombre a tenté d’enfouir sous le mensonge d’autant qu’il n’y a plus de témoins du massacre de Sobibor ni de bâtiments pour rappeler l’enfer. Le thème de l’anorexie est lui aussi parfaitement traité. L’auteur se met parfaitement dans la peau de l’adolescente malade, décrit à la perfection non seulement les symptômes mais les arcanes psychologiques les plus profondes de cette maladie. Sans doute l’a-t-il côtoyée de près. Le rapport entre les deux histoires : le silence, l’absence de communication, le mensonge, l’impossibilité de traduire en mots l’indicible. D’ailleurs, je laisse la parole à Jean Molla pour clore cette chronique. Il parle de son livre bien mieux que moi : « Ce n’est pas qu’un livre sur les camps, précisément. C’est un livre sur l’après. Sur la mémoire. Sur le mensonge. Sur cette lame de fond qui n’en finit pas d’avancer. Sur le silence. A l’origine de ce livre, il y a aussi une rencontre. Un trop-plein gardé trop longtemps. Mûri. Et le vertige du vide se partage, qu’on le veuille ou non. » Livre coup de poing, coup de cœur, aussi difficile en ait été la lecture http://leslecturesdenaurile.wordpress.com

Naurile
25/12/15
 

Impossible à digérer « Sobibor » : le nom de ce lieu fut condamné à être tu en 1943 quand les nazis effacèrent volontairement toute trace de ce camp d’extermination. Ce lieu dont on tenta d’annihiler l’existence donne son titre à ce court roman, axé sur le silence et son corolaire, la difficulté de dire. Car l’indicible est le vrai sujet de ce livre : l’absence de mots qui racontent, l’absence de maux que l’on pourrait nommer et soigner, forment le quotidien douloureux de la vie d’une jeune adolescente, Emma. Celle-ci exprime son malaise dans l’acte d’écrire, parvenant à mettre en mots sa souffrance, et par conséquent cesser de rejeter toute nourriture hors de son corps : en écrivant son journal, Emma décide de vivre. Le roman joue sur deux récits entrecroisés à cinquante ans d’intervalle (l’un contemporain, l’autre de 1942) : deux journaux intimes s’imbriquent l’un dans l’autre, tout comme les secrets du passé s’entremêlent au présent, enchainant inextricablement Emma à la mort. On retrouve dans cette fiction la même impossibilité à exister dans « l’après » que dans un livre clé de Jorge Semprun, « L’écriture ou la vie », publié en 1994 soit près de quarante ans après son expérience concentrationnaire, témoignant de ce dilemme. Raconter c’est revenir vers la mort, vivre c’est renier. Au-delà de l’invivable, ces deux livres évoquent aussi l’intense solitude que crée l’expérience de l’horreur… Pourtant, « on peut toujours tout dire, le langage contient tout. On peut tout dire de cette expérience. Il suffit d’y penser et de s’y mettre. D’avoir le courage.… » écrivait Semprun.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

J’avais acheté ce livre au salon du livre de Montreuil l’année dernière à cause surtout de son titre. Passionnée par la Seconde Guerre Mondiale, Sobibor m’a évoqué ce camp d’extermination nazi situé en Pologne dont il ne reste plus rien aujourd’hui (une seule chose reste, c’est la plaque de la gare qui desservait le camp qui se trouve en couverture de ce livre).A l’occasion du challenge 1 mois = 1 consigne, je l’ai sorti de ma pile à lire, parce que c’est le seul livre qui correspondant à la consigne « lire un livre de moins de 200 pages ». Mais je dois dire que je n’ai pas du tout était déçue par cette lecture.Dans ce livre il est donc question de ce camp et la vie dans celui-ci. Mais on n’a pas l’aperçu des esclaves ici mais celui d’un des bourreaux, Jacques Desroches, au travers de son journal.D’un autre côté, il y a Emma, une jeune fille qui déteste son corps pas assez parfait pour elle, et à la recherche de la perfection, elle tombe dans l’anorexie et la boulimie. Je dois dire que je ne me suis pas attachée à son personnage. Pourtant, le thème abordé par son personnage est un thème intéressant mais j’ai eu l’impression que l’histoire découvert dans ce carnet prenait le pas sur l’histoire de cette jeune fille et de sa maladie.Ces deux personnes ont un lien, que l’on découvre à la fin de de récit riche en émotions, surtout quand on lit le journal de Jacques. C’est un français totalement rallié et convaincu par les idées des nazis. Ces propos sont glaçants et durs, heureusement qu’on n’a pas tout le journal d’ailleurs.Mais on voit aussi l’impact que peut avoir un secret de famille sur toutes les générations de celle-ci surtout quand on voit l’état dans lequel est Emma.Un roman glaçant à cause du témoignage de Jacques mais aussi de l’impact que les mensonges peuvent avoir sur toute une famille. Un livre à découvrir et qui va me marquer.

Larepubliquedeslivres
02/05/15
 

Un livre coup de poing qui traite de l'horreur de la Seconde Guerre Mondiale, des camps de concentrations, mais aussi du mensonges et des dégâts que tout cela peut provoquer sur sa descendance. Imaginer ses grands-parents tout autre de ce qu'ils sont réellement peut être un bouleversement dans la vie d'une ado. De plus, ce livre traite de la guerre d'un point de vue different de ce que l'on lit généralement. Je referme cette lecture avec le sentiment d'avoir découvert un autre pan de l'Histoire. A lire !

AnneSophie1205
06/04/15
 

Sobibor peut constituer une contre-attaque parfaite aux propos racistes et anti-sémites qui fleurissent sur les réseaux sociaux et Internet d'autant qu'il confronte une adolescente du XXI ème siècle à la réalité des camps d'extermination. Publié en 2003 par Gallimard jeunesse, ce roman va bien au-delà d'une lecture jeunesse. Emma est une jeune fille qui souffre d'anorexie, tout d'abord pour une question d'image personnelle, mais sa maladie redouble, lorsqu'elle entend sa grand-mère d'origine polonaise, prononcé, peu de temps avant son décès, le nom de Sobibor, puis le nom d'une femme. Elles se rend compte que celle qui était sa confidente, lui a caché des choses graves de son passé. Au décès de sa grand-mère, elle découvre un cahier qui contient le journal intime d'un français collaborateur, devenu officier SS par conviction et qui a participé activement à l'extermination de milliers de juifs, dans le camp de Sobibor que les allemands ont fait disparaître devant l'offensive de l'armée rouge. Pour préserver l'intérêt des futurs lecteurs, je ne révèle pas les liens qui unissent Emma et l'auteur du cahier. La force du livre réside dans la froideur avec laquelle, le français SS consigne dans son cahier son rôle de comptable du camp, comment il adhère aux thèses nazis, comment il accepte et défend la nécessité d'extermination des juifs, comment il croît ne pas être impliqué aux meurtres de milliers d'individus dans la mesure où il ne tue pas lui-même, ce qu'il fera malgré tout pour s'affirmer vis à vis des allemands. Il parle de son action comme de celle du comptable d'une entreprise qui veut toujours en améliorer la performance. Mais l'intensité du livre est décuplée car on ressent le désarroi de la jeune fille et les troubles psychiques que cela lui occasionne. Les pages sur l'anorexie ajoute à l'émotion. On perçoit la souffrance de la jeune Emma, elle découvre l'horreur des camps, bien que que sa maladie n'a pas de commune mesure avec ces atrocités, cela montre que la grande histoire vient parfois s'immiscer dans les histoires personnelles. Jean Molla indique avoir ressenti le besoin d'écrire ce roman après avoir vu le film de Claude Lanzmann : SHOAH, dans lequel un témoin paralit du camp disparu de Sobibor. Avec ce livre il contribue à sortir de l'oubli les milliers de juifs qui y sont morts.

JoelC17
20/02/14
 

Lu en avant première et pas en poche: Jean Molla voulait avoir mon avis de documentaliste en collège sur ce livre ...et je suis restée scotchée; je ne connaissais pas le camp de Sobibor et l'anorexie m'intrigue beaucoup; ce livre m'a bouleversée berthe

afbf
18/01/14
 

Bizarrement, j'aurais du mal à dire que j'ai aimé ce roman : par moment, j'ai été mal à l'aise en le lisant. Mais j'ai vraiment apprécié son histoire touchante et intelligente sans compter toute la réflexion qu'il nous impose. Je trouve vraiment intéressant que ce ne soit pas un livre sur la Shoah, mais un livre sur la mémoire de toutes ces choses affreuses et de ce qu'elles signifient encore aujourd'hui. Jean Molla a vraiment touché le mile : pour le coup, on se met vraiment à la place d'Emma, même si on n'est pas anorexique et même si notre grand-mère n'est pas polonaise...Par contre, j'ai mis beaucoup de temps à comprendre le lien entre l'anorexie qui dure depuis plusieurs année d'Emma et ce secret de famille qu'elle ne découvre qu'aujourd'hui : mais bon, la vie à ses mystères et il y a toujours certaines choses qu'on "sent" bien qu'on ne les connaissent pas...Emma est une jeune fille agréable même si elle est parfois difficile à comprendre. Mais bon, d'un certain côté, avec sa maladie, c'est assez normal : elle demande beaucoup à son entourage, leur tend des perches qui leurs restent invisibles pour tenter de s'en sortir.. Elle va loin, peut être trop loin justement pour tenter de leur faire comprendre sa douleur et ça m'a parfois mise mal à l'aise.Comme sa réaction vis-à-vis de son grand-père : je comprends qu'elle soit déçue, en colère, dégoûtée, mais il reste son grand-père ! Je ne sais pas du tout comment je réagirais à sa place mais je ne pense pas que je fermerais les yeux comme elle le fait sur la personne qui m'a élevée et que je connais depuis tant d'années bien que j'aimerais également que la vérité soit officielle. Bref, le robot qu'elle semble devenir dans les dernières pages m'a assez choquée (SPOILER surtout sa réaction à la révélation de la mort de ce dernier suite à sa visite).J'ai trouvé l'écriture de Jean Molla très agréable à lire : il expose les choses clairement mais simplement. J'ai également beaucoup apprécié que le texte soit finalement assez court : je crois vraiment que c'est ce qui lui donne toute sa force et sa puissance.Sobibor est vraiment un livre à découvrir.

MademoiselleLuna
26/08/13
 

Un roman choc pour adolescent que ce livre !Emma, jeune adolescente anorexique s'est faite arrêter pour le vol de trois paquets de biscuits. Lorsque sa mère lui demande pourquoi, elle ne peut qu'expliquer : "Je l'ai fait pour qu'on m'arrête". Pour comprendre il nous faut remonter dans le passé d'Emma peu avant que sa grand-mère ne meurt. Celle-ci avait murmuré dans son sommeil "Sobibor" et parlé d'un dénommé "Jacques". Emma ignorait alors à ce moment là quel terrible secret elle venait d'effleurer ...Ce livre est prenant en ce qu'il nous parle sans détour. L'écriture ne s'encombre pas de figures de style. L'auteur nous parle cru, libre à nous d'interpréter, juger, ressentir ... Sobibor est un camp d'extermination dont il ne reste plus rien aujourd'hui. Cette histoire nous permet de mieux prendre conscience de ce que pouvaient être ces camps.Paradoxalement, je n'ai trouvé aucun des personnages attachants. Pourtant, j'ai plongé dans l'histoire ... C'est un livre qui questionne sur le poids des non dits dans les familles, des mensonges et de l'indifférence. Que dire de Sobibor, c'est après avoir rencontré une jeune étudiante polonaise qui ne savait même pas ce que c'était que Jean Molla s'est senti le devoir d'écrire ce livre :"Plus une trace, plus un bâtiment. Plus un corps. Quelques témoins éparpillés. Des bourreaux disparus ou impunis.Une forme de crime parfait ... à la limite Sobibor n'existe pas ou n'existait plus."" Au cœur des êtres comme au cœur du temps humain, des secrets que l'on s'efforce d'escamoter. Des abîmes de noirceur. Ce livre pour essayer de les dissiper." Cristie

cristie
03/08/13
 

Ce roman porte sur deux thèmes tragiques développés sans fioritures et avec justesse : la Shoah et les troubles alimentaires d'une adolescente. Les allers-retours entre la période contemporaine et le milieu de la seconde guerre mondiale n'offrent aucun répit au lecteur, continuellement plongé dans un récit à la fois poignant et pesant.De ce fait, cet ouvrage me paraît inadapté à un public très jeune, même si la Shoah fait partie des sujets qu'il ne faut pas épargner aux ados, et qu'elle est traitée ici de manière très documentée sur le plan historique, avec des analyses psychologiques vraiment pertinentes (hormis une histoire d'amour peu crédible selon moi). J'ai lu des ouvrages sur Treblinka et d'autres camps nazis, mais j'ignorais tout de Sobibor et de ses spécificités. Les notes en bas de page de la collection ClassicoCollège m'ont aussi beaucoup appris et intéressé, de même que l'interview de l'auteur et le bref rappel sur le contexte historique. Apikrus

Apikrus
27/05/13
 

C'est une lecture dont on ne peut sortir indemne. C'est poignant, bouleversant, touchant, violent et très réaliste quant aux événements qui ont eu lieu à Sobibor dit la fille qui s'est ensuite tourné vers Wikipédia pour en savoir plus. D'ailleurs, j'ai noté une erreur, Jean Molla dans son livre nous parle d'un moteur diesel, or sur le net il est dit que c'était un moteur essence. Bref, là c'est la déformation professionnelle qui parle.Les thèmes abordés sont très durs et le style ne fait pas jeunesse.On sait qu'il s'adresse aux adolescents de par son personnage principal, Emma.Un livre court mais qui contient l'essentiel.

bookworm02
09/11/12
 

La littérature jeunesse, c'est aussi ça.Des romans intelligents, poignants, instructifs qui poussent le lecteur à une réflexion allant bien au-delà du livre.Lue en une soirée, cette histoire m'a passionné.Tout est très habilement construit.Il y a le sujet de l'anorexie qui commence juste par un petit régime pour finir par un abîme de souffrance.Il y a les camps de concentration, l'ideologie nazie et le comportement humain ou non dans ces circonstances.Il y a la famille et ses secrets, lourds, très lourds surtout pour une jeune fille de 17 ans.Il y a tant et tant de choses, qu'il faut le lire !Je sais que c'est beaucoup fait dans le cadre scolaire et je comprends maintenant pourquoi.Une lecture marquante que je ne manquerai dorénavant pas de conseiller. Livr-esse

Wakissi
11/08/12
 

Il est des romans, que vous prenez en pleine figure, violemment. Sobibor est de cette trempe-là. Avec une économie de moyens incroyable, dans un récit extrêmement dense, Jean Molla retrace le chemin de croix de cette adolescente qui tombe en anorexie comme pour expier les fautes de ses ascendants, sans savoir qu'elle exprime ainsi un remords familial à la place de ceux qui auraient dû le faire. Il m'est difficile d'en dévoiler plus sur l'intrigue sous peine d'en dévoiler trop (et pour une fois la quatrième de couverture est très brève et ne dit rien, c'est un miracle), mais je peux vous dire que l'histoire que découvre Emma dans le vieux cahier caché sous les vêtements de sa grand-mère est terrible et insoutenable, à tel point que je ne suis pas arrivée à en anticiper une partie, comme si je me refusais à croire que ce que je pouvais deviner était juste. La souffrance de cette adolescente confrontée au pire est d'autant plus opressante que nul ne semble lui accorder l'importance qu'elle mérite, et notamment ses parents qui sont tellement maladroits qu'ils en paraissent indifférents (son père est pourtant médecin, on pourrait croire qu'il sait faire face à l'anorexie, mais il semble empêtré dans ses sentiments). La grande réussite de ce roman, outre son utilisation très intéressante de la psycho-généalogie, est sa sensibilité et son refus de toute généralisation : la situation d'Emma est présentée et vécue comme une situation unique et particulière, ce qui la rend d'autant plus tragique. Un roman bouleversant, à lire absolument.

fashiongeronimo
11/08/12
 

Emma, une jeune adolescente, est anorexique. Quand elle est triste, en colère ou qu'elle a des idées noires, elle mange tout ce qu'elle trouve et court se faire vomir aux toilettes. Alors imaginez sa réaction quand sa grand-mère qu'elle admire tant meurt, et qu'en emballant ses affaires, Emma découvre un vieux cahier, "Le journal de Jacques Desroches". Cette découverte fera ressurgir du passé des secrets bien gardés par ses grands-parents. Emma apprendra leur véritable histoire...La découverte d'un journal intime permet de croiser deux subjectivités et deux intimités, celles d'un personnage en position de lecteur, et celles d'un personnage en position de diariste. Jean Molla excelle dans ce procédé narratif. Ma libraire m'a confié ce livre en me relatant ses impressions de lecture et je suis restée moi-même très heurtée par la force des personnages et le contenu de ce roman qui entremêle la petite et la grande Histoire. Ce n'est pas juste un énième roman sur l'anorexie mais une aventure de l'intériorité pour ce personnage féminin qui a le droit à un ailleurs dans l'espace-temps.Formidable roman comme un devoir de mémoire à remettre entre toutes les mains.Edité chez Gallimard scripto en septembre 2003.

Mirontaine
07/03/12
 

Un livre qui bouleverse et qui ne laisse pas indemne. C'est l'histoire d'Emma qui souffre d'anorexie et qui va apprendre un terrible secret familial. Un héritage difficile à porté, enfoui au plus profond de son inconscient, elle manifeste son dégoût. Ce roman sous la forme de catharsis est l'histoire d'un homme et de sa petite fille.

Cyan
14/03/11
 

C'est l'histoire d'Emma, jeune fille anorexique, et de sa détresse. Un vide à remplir, une perfection à atteindre. La découverte d'un journal intime, tenu par un ancien collaborateur pendant la Seconde Guerre Mondiale, alors qu'il travaille à Sobibor, éclaire tout à coup le mal-être de la jeune fille. Jean Molla parle avec justesse de l'anorexie et de la boulimie, du ressenti d'Emma. Le corps d'Emma devient à l'image de ceux des déportés, comme pour faire revivre ce drame passé aux yeux de sa famille, de ses grands-parents, peut-être trop exemplaires pour être honnêtes. Les pages du journal montrent aux lecteurs les errements nazis, pas pour essayer de comprendre l'impardonnable, mais pour réfléchir à la facilité de l'horreur.Un roman qui parle des camps, de la famille, de l'Histoire ; un roman dur parfois mais sans effets gratuits, qui conviendra aux adolescents. JK

thetys258
02/11/10
 

Format

  • Hauteur : 17.70 cm
  • Largeur : 12.40 cm
  • Poids : 0.18 kg