Soleil couchant (crepuscule de l'aristocratie)

DAZAI, OSAMU

livre soleil couchant (crepuscule de l'aristocratie)
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 02/01/87
LES NOTES :

à partir de
13,90 €

SYNOPSIS :

Une femme de l'aristocratie nippone doit quitter pendant la guerre son hôtel particulier de tokyo pour aller vivre modestement dans un petit chalet de montagne. Sa fille kazudo, mobilisée, travaille la terre. son fils, naoji, revient de la guerre intoxiqué par la drogue. le frère et la soeur se durcissent contre le malheur des temps et clament leur révolte et leur désespoir. Tels sont les " gens du soleil couchant " (lancée par osamu dazai, cette expression a fait fortune au japon, au point de qualifier aujourd'hui, jusque dans les dictionnaires, les membres déchus de l'aristocratie) ? en dépit de leur vie inquiète et désordonnée, ils ont gardé les
meilleures traditions de leur pays. A cet égard, le testament de naoji éclaire de façon émouvante son attitude devant la vie et devant le japon. kazudo veut un enfant, et sa foi en la vie force la sympathie, en dépit de ses écarts de conduite, de tout le nihilisme de son comportement et de son langage. elle et son amant sont les " victimes d'une période de transition morale ". Document de première importance sur l'effondrement d'une société, soleil couchant est aussi - et c'est ce qui donne à l'oeuvre son accent dramatique si personnel - un document sur un homme en qui l'on s'accorde à reconnaître l'un des plus grands écrivains de son pays.
3 personnes en parlent

Une famille d’aristocrates se voit ruinée à la fin de la seconde guerre mondiale. « Tels sont les gens du Soleil couchant » (lancée par Osamu Dazai, cette expression a fait fortune au Japon, au point de qualifier aujourd’hui, jusque dans les dictionnaires, les membres déchus de l’aristocratie) (extrait de la quatrième de couverture). Elle doit se résoudre à quitter sa luxueuse maison pour déménager dans un chalet de montagne plus sobre. Cette famille est composée de la mère et de Kazuko, la fille. « A présent, Mère était ruinée. Elle avait tout dépensé pour nous, pour Naoji et pour moi-même, sans nous refuser un yen, et elle était forcée de quitter la maison où elle avait passé tant d’années, pour entreprendre une vie de misère dans un pavillon, sans la moindre servante. » Le père est mort dix ans auparavant et le fils, parti dans les îles du sud pacifique n’a pas donné de nouvelles. Jusqu’au jour où l’oncle Wada leur apprend qu’il est toujours en vie et qu’il va revenir une fois qu’il sera désintoxiqué de toutes ses drogues. En effet Naoji est un drogué et ce depuis longtemps.C’est vraiment très dur pour la mère de partir ainsi : « Je vais à Izu parce que tu es avec moi, parce que j’ai charge de toi. (…) – Et que feriez-vous si vous ne m’aviez pas ? demandai-je malgré moi. Mère fondit en larmes. – Je n’aurais rien de mieux à faire que de mourir. Je voudrais mourir dans cette maison où ton père est mort. » Kazuko, la narratrice, comprend alors le désespoir « Pour la première fois de ma vie, je réalisai quel enfer horrible, lamentable et sans espoir de salut représente la ruine. » Les débuts sont difficiles, Kazuko provoque un incendie sans le vouloir et c’est pour elle un terrible déshonneur. Elle aurait pu mettre le feu à tout le village alors de maison en maison elle va présenter ses excuses et remettre une liasse de billets. Elle ira travailler dans les champs, elle a été mobilisée, et Naoji reviendra. Mais que de façon ponctuelle car il ira ensuite régulièrement à Tokyo pour s’alcooliser avec un certain Monsieur Uehara Jirô, auprès duquel il contractera des dettes. Kazuko rencontrera cet homme une fois et elle tombera amoureuse de lui. Cependant cet homme l’ignorera sans répondre à ses lettres. La mère a des problèmes de santé et petit a petit son état se dégradera.Dans ce roman très bien écrit, on nous parle du désespoir humain, de la condition de ces aristocrates déchus avec la seconde guerre mondiale, où l’aristocratie prendra un sacré coup de scalpel. Comment se comporter, comment vivre lorsqu’on perd son statut, sa richesse. Comment se recréer des repères quand les valeurs ne sont plus les mêmes et que tout ce que nous connaissions s’envole en fumée. Comment vivre avec la peur de l’avenir ? La force de garder certaines traditions de noblesse. On y parle aussi du désir vital pour une femme d’avoir un enfant et de tout ce qu’elle est prête à faire, aussi par amour. Ici on trouve toute la volonté de vivre de Kazuko et de sa croyance en l’avenir et tout le désespoir de son frère. Une souffrance de vie. La jalousie entre un frère et une soeur. Une écriture qui dépeint parfaitement le trouble de cette période difficile et transitoire au Japon, les émotions des personnages, leurs malaises et leurs préoccupations.Et sans dire de qui il est, il faut savoir que dans ce roman est écrit un testament qui est, selon moi, une merveille d’écriture et qui relate parfaitement les errances mentales et la guerre intérieure d’une personne. On retrouve aussi dans ce roman l’expression parfaite de la déchéance physique pour certains mais aussi l’amour tortueux, l’amour plein, l’amour assouvi, l’amour secret ou encore l’amour platonique. L’amour familial est, de même, très présent dans cette histoire. Et tout ceci dans une société en pleine mutation. Cette histoire écrite par Osamu Dazai est forte de signification quant à un pan de l’histoire du Japon. C’est un livre de dramaturge, il est à prendre comme tel, une lecture très intéressante d’après moi. La plume y est parfois poétique et parfois violente. On y perçoit toute le tumulte, les tourments et la souffrance de cet auteur, suicidé alors qu’il n’avait pas encore 40 ans. Mais ici une personne essaie de s’en sortir, une raison de vivre non négligeable, mais je ne peux vous en dire plus…

lauredanse
29/04/13
 

C'est un très beau roman sur la fin d' une époque, et la fin d' une société. Le conflit des deux générations celle de la mère et de ses enfants face aux changements de leur époque est peint avec un soin tout particulier par petite touche. La fin est inexorable, on ressens bien vite qu' elle sera dramatique. C'est un récit qui nous confronte à des sentiments pour le moins différents. Autant il peut y avoir dans l'écriture une tendresse, une délicatesse, autant le texte se fait parfois violent tant le décalage des valeurs tant les contrastes entre une vie fidèle aux traditions, un monde bouleversé par la défaite japonaise et une vie d'artiste avec ses errances sont important.Un roman emblématique, la formule « soleil couchant » est semble-t-il passé dans le langage courant, très intéressant et riche d'enseignement dont le propos à mon sens va bien plus loin que l' incarnation et le récit d' un moment d'évolution de la société japonaise.

Lacazavent
06/05/12
 

Il est l'heure, comme chaque fin de mois, d'une lecture dans le cadre du Challenge Écrivains Japonais d'Adalana. Au programme d'Avril : Osamu Dazai.Je n'étais pas franchement emballé à première vue par l'auteur, à l'exception d'un extrait de sa fiche Wikipédia le disant connu pour son "obsession pour le suicide et son sens aigu de la fantaisie". Malheureusement, suicide oui, fantaisie non, au moins pour le titre sur lequel mon choix s'est porté, Soleil couchant. Un livre choisi pour une raison tout à fait raisonnable : c'est le plus petit que j'ai trouvé (vous pouvez me huer).[la suite sur 233°C] Baroona - 233°Chttp://233degrescelsius.blogspot.fr/

Baroona
29/10/15
 

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 12.40 cm
  • Poids : 0.20 kg

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