Sonderkommando

VENEZIA-S

EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 24/01/07
LES NOTES :

à partir de
19,80 €

SYNOPSIS :

Des Sonderkommandos (ces " équipes spéciales " de déportés obligées par les SS à travailler dans les usines de mort), il ne restait que quelques dizaines de rescapés à la fin de la guerre, étant eux-même systématiquement gazés au bout de trois mois après avoir travaillé en esclaves dans les chambres à gaz car ils avaient vu ce que personne ne devait voir. Seuls quelque uns ont témoigné, très partiellement (dont un, inoubliable, dans Shoah, le film de Claude Lanzmann). Jamais aucun n'a raconté tout son parcours en enfer. L'homme qui a accepté de répondre aux questions de Béatrice Prasquier, ancienne responsable du collectif " Mémoire " de l'UEJF (et fille de Richard Prasquier, président du comité Yad Vashem France) est Shlomo Venezia, issu de la communauté juive italienne de Salonique. D'abord protégés par l'Italie, ces juifs furent déportés dès que
les Allemands prirent le contrôle de la Grèce. Shlomo qui avait 18 ans a été embrigadé de force dans la maintenance des chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau. Son témoignage est d'une précision terrifiante, et son récit brut, sans aucune sensiblerie, vraiment bouleversant. Il illustre les propos de Primo Lévi : " Avoir conçu et organisé les équipes spéciales a été le crime le plus démoniaque du national-socialisme. Au moyen de cette institution, on tentait de déplacer sur d'autres, et spécialement sur les victimes, le poids de la faute ". Le suicide n'était même pas un échappatoire, car " le suicide est un acte humain, et non animal, c'est un acte médité, un choix non instinctif, pas naturel, et dans un Lager, il y avait peu d'occasions de choisir, on vivait comme des animaux asservis, auxquels il arrive de se laisser mourir, mais qui ne se tuent pas ".
2 personnes en parlent

« Moi, je crois que c’est justement pour cette raison, parce que c’est à tel point inimaginable, que ceux qui peuvent raconter doivent le faire. »Parce qu’il y a encore des gens qui doutent, ou pire encore, sont dans le déni, que ces livres doivent être édités, lus, encore et toujours.Parce qu’on ne saura jamais assez ce que furent ces années d’anéantissement, et que bientôt il n’y aura plus de témoins vivants, ces témoignages ont toute leur place dans notre mémoire collective.Parmi le peu de déportés revenus des camps, il y a ceux qui ont été au cœur de l’enfer, parce (malgré eux) directement en contact et donc témoins de l’existence des chambres à gaz. Shlomo Venezia livre ici sous la forme d’un entretien avec la traductrice son témoignage sans concession sur ce qu’il a vu, vécu, et fait durant sa déportation à Auschwitz. C’est brut, sans faux semblant, ni fioritures. Il n’épargne pas son lecteur, et c’est une bonne chose. On ne badine pas avec le sujet, et on ne tourne pas autour du pot. Il faut dire, et le dire encore. Shlomo Venezia a l’honnêteté de ne pas dire quand il n’a pas vu, il ne brode pas. Il éclaire le lecteur sur les mécanismes de l’extermination, et la planification à grande échelle.« Birkenau était un véritable enfer, personne ne peut comprendre ni entrer dans la logique de ce camp. C’est pour cela que je veux raconter, raconter tant que je le pourrai, mais en fiant uniquement à mes souvenirs, à ce que je suis certain d’avoir vu et rien d’autre. »Il ne se pose pas en héros, mais en homme conscient de ses limites faces à l’inhumanité. A aucun moment il ne juge les autres.« La solidarité n’existait que quand on avait assez pour soi ; autrement pour survivre, il fallait être égoïste. Pour ceux qui n’avaient pas assez à manger, la solidarité devenait impossible. Alors même quand il fallait prendre à quelqu’un pour survivre soi-même, beaucoup le faisait. »« On ne sort jamais vraiment du crématoire »

mimipinson
22/03/15
 

Sonderkommando : équipes spéciales chargées par les SS de vider les chambres à gaz et de bruler les corps des victimes , avant d'etre éliminées à leur tour au bout de quelques mois . Shlomo Venezia a longtemps tu son calvaire éprouvé à Auschwitz-Birkenau . Etreint , tout d'abord , par ce sentiment assez paradoxal d'en avoir été l'un des rares survivants là ou tant d'autres avaient péri . Puis , à cela , s'ajoute une culpabilité abyssale qui le taraude , sorte de réminiscence cancéreuse du quotidien , ultime cadeau empoisonné d'un passé obsessionnel offert à ce rescapé rongé par la sensation viscérale d'avoir participé activement à l'extermination des siens .Préfacé laconiquement par Simone Veil , symbole représentatif s'il en est de cette sombre période , ce livre est passionnant à bien des égards car , de façon directe dénuée de tout pathos , il nous instruit un peu plus sur la barbarie nazie en nous détaillant par le menu ce que furent les Sonderkommando . Contrairement à la Vie Est Belle d'un Roberto Bénigni extatique , ce bouquin n'est qu'un long cauchemar spectral qui hante inlassablement ses principaux acteurs de jour comme de nuit ! Un document historique passionnant ! Béatrice Pasquier retranscrit fidelement les différents entretiens qu'elle a pu avoir avec Shlomo Venezia pour mettre l'accent sur la déportation et l'extermination des Juifs de Grece , but ultime et avéré de la Shoah , n'en déplaise à certains révisionnistes , pseudos historiens auto proclamés mais véritables et fiers représentants d'une droite aussi extreme qu'inutile... Une enfance pauvre à laquelle succedera l'exode forcé de tout un peuple vers de prétendus camps de réhabilitation . Arbeit macht frei : le travail rend libre pouvait-on lire en y pénétrant . Treblinka , Sobibor ,Buchenwald , Dachau , Stuthoff , Chelmno...autant de noms éructés comme une gifle à l'histoire . Pour Shlomo , ce sera Auschwitz-Birkenau . De constitution robuste , il intégrera , des son arrivée , les Sonderkommando , échappant ainsi aux chambres à gaz mais devenant alors un " collaborateur " bien involontaire de la solution finale ! Assigné désormais aux crématoires , il connaitra la double peine , sorte d'enfer dans l'enfer ! Son travail , son tourment : assister jour apres jour à l'éradication de ces familles décimées par le ziklon B au prétexte d'une douche bienfaisante . Complice bien accidentel de ses bourreaux , il accompagnera journalierement ces sursitaires souvent conscients de ce qui les attendait , les aidant à se déshabiller , les calmant , les rassurant tout en sachant pertinemment qu'ils vivaient là leurs derniers instants ! Le gaz ayant éffectué sa triste besogne mortifere , il était alors temps de récuperer cheveux , peau et dents en or , la machine Allemande pratiquant le recyclage morbide à l'envie...Puis derniere étape essentielle au processus exterminatoire , ces fours crématoires qu'il fallait nourrir sans faillir , H 24 , et qui crachaient inlassablement leurs fumées de cendres , vestiges d'autant de vies désormais rayées de la surface terrestre . Pas de témoins, pas de corps , pas d'Histoire : tel était le plan mondial d'une Allemagne ayant élevé le pogrom au rang d'institution ! Sans grandiloquence aucune , Shlomo décrit la faim , le froid , la déshumanisation . Ses reperes familiaux ont explosé . Sa foi en l'humain vacille un peu plus chaque jour . L'on assiste à une lente mais inexorable descente aux enfers dont l'épilogue , il le sait , n'est autre qu'une derniere douche ou une balle dans la tete . Un récit glaçant , dérangeant , à la limite de l'insoutenable tant les détails affluent . A noter la justesse et l'honneteté d'un calvaire retranscrit sans aucun ajout . Shlomo parle uniquement de ce qu'il a vu et fait . Aucune supputation , aucune supposition ! Du factuel dans toute son horreur ! Pour venir asseoir un peu plus le quotidien de ces pourvoyeurs de mort , il y a été judicieusement inséré quelques dessins au lavis et à l'encre de chine de David Olere , qui tout comme Shlomo fut l'un des rares rescapés du terrible camp d'extermination d' Auschwitz-Birkenau . Sonderkommando , le nouveau visage de la bestialité Hitlerienne...

TurnThePage
09/11/13
 

Format

  • Hauteur : 22.50 cm
  • Largeur : 14.50 cm
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