Songes de mevlido

VOLODINE, ANTOINE

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 23/08/07
LES NOTES :

à partir de
15,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Cela se passe au XXIIème siècle. La ville d'Oulang-Oulane est régie par un régime totalitariste où les mutations génétiques vont bon train. À l'exception de la classe dirigeante qui prône un capitalisme poussé à l'extrême, la population vit dans la misère. Mevlido, un policier de 49 ans, habite les bas-fonds de la ville, le quartier de Poulailler Quatre, où il est chargé de surveiller les bolchéviques qui menacent de renverser le pouvoir. Mais il est aussi une sorte d'agent-double qui soutient secrètement les révolutionnaires. Rêve ou réalité ? Prisonnier de ses souvenirs traumatiques,
hanté par les images de la femme qu'il a aimée et qui a été assassinée par des enfants-soldats lors de la dernière guerre, Mevlido erre de cauchemars en réincarnations ; autour de lui, la lune est immense, des attentats terroristes se multiplient contre elle, et des pluies torrentielles alternent avec d'énormes chaleurs ; les hommes, dès leur plus jeune âge, ont des comportements brutaux et bestiaux; les oiseaux, s'humanisent et parlent. Les frontières temporelles ont été abolies, la vie, les rêves et la mort se croisent et se mélangent, dans une vision hallucinée.
3 personnes en parlent

Prévenons tout de suite les amatrices et amateurs de lecture rapide, il faudra passer son chemin. L'œuvre est remarquablement bien écrite mais il m'a fallu un environnement calme et un crayon pour suivre et adhérer à ce récit post-apocalyptique, d'une certaine manière polyphonique et totalement d'anticipation.Un roman à tiroir mêlant une ville fantôme, une société dévastée partagée entre êtres humains et animaux symboliques (oiseaux, rapaces, araignées, poules mutantes), un système social, politique et économique gangrené par une dictature à caractère policier et proche du communisme. Dans cet univers sombre, le lecteur suit de près le parcours de Mevlido, policier aux collègues suspicieux et dont le commissariat est soumis à un patron peu orthodoxe, perdu entre le souvenir de sa femme, tuée par des enfants - soldats, persécuté par des rêves/cauchemars récurrents, vivant dans un appartement saugrenu au cœur d'une cité anxiogène, il le partage avec Maleeya, une ouvrière que la folie assaille mais ils partagent tous les deux, tel un rempart, un semblant d'amour.Mevlido ne trouve pas sa place ni son but existentiel, partagé entre des sentiments contraires vis à vis de la société dans laquelle il a été plongé, sans le vouloir vraiment. Partagé entre le respect d'une société policière mais aussi sensible aux thèses terroristes qu'il est censé combattre, entre l'amour de sa femme et la passionaria de l'ennemie numéro un, défenseur supposé d'un système politique corrompu, il n'en soutient pas moins ses ennemis et il est en plus en quête de sa vengeance..... Être sensible, simple outil aux mains d'une entité supérieure, manipulé malgré lui, homme désespéré.... il erre, brinquebalé et mis à mal suscitant chez le lecteur un certain malaise et une compassion, une empathie sincère.Les clés de ce récit et les quêtes affichées et secrètes qui constituent les démarches quotidiennes de Mevlido, dans des journées dramatiquement sombres, sont autant de pièces de puzzle qu'il nous faut assembler. Pour nous y aider, le livre se partage en sept parties où on découvre alors que cet anti héros est en mission longue de transition pour tenter de faire comprendre cette civilisation où la violence prédomine, le totalitarisme est récurrent et finalement le règne arachnide (symboliquement parlant) en passe de s'installer. Au cœur de cet univers onorico - cauchemardesque, Antoine Volodine dresse, en fait le procès de tous les totalitarismes, la déliquescence de nos sociétés, d'une Humanité si violente et le portrait des difficultés existentielles de certains d'entre nous, des utopistes de tout poil dont on brime l'existence.Une description acérée des personnages (3 à 4 majeurs), des décors sordides et du bestiaire forme le corps de ce livre. On se rapproche totalement aussi du genre glaçant de Kafka dans un système social et politique sordide. Antoine Volodine, c'est aussi un style d'écriture tranché, riche, un rythme parfois chaotique, on ne peut qu'en apprécier la qualité mais c'est un auteur qui ne peut pas laisser insensible, auquel on peut aussi bien adhérer que pas du tout.

Achille49
06/09/15
 

À une époque indéterminée, deux cent ou trois cent ans après le désastre historique du XXème siècle, la planète a été ravagée par les guerres, les catastrophes écologiques et les génocides ; les espoirs révolutionnaires ont été systématiquement déçus et les rares survivants de l’humanité agonisante sont maintenant regroupés dans la ville d’Oulang-Oulane.Aux marges de cette mégalopole, Mevlido, qui exerce la profession d’inspecteur de police, mène une vie de survivant dans un ghetto sordide, le Poulailler Quatre, où survivent les membres de la «sous-humanité», refugiés pouilleux, malades mentaux, vieilles bolcheviques insanes et oiseaux menaçants, sous la lumière d’une lune inquiétante. «Dès qu’ils furent de l’autre côté de la Porte Marachvili, le blanchoiement de toutes choses sous les rayons lunaires s’atténua. Les rues avaient rétréci. L’éclairage urbain avait des défaillances. On devait parcourir des dizaines, et parfois des centaines de mètres dans l’ombre, au petit bonheur. Les trottoirs et la chaussée étaient jonchés d’épaves. Souvent on frôlait des drogués des deux sexes, affalés dans leur vomi et dans leurs rêves. Quand l’obscurité était profonde, des oiseaux la colonisaient : des mouettes obèses, gigantesques, des corneilles monstrueuses, des chouettes, des poules ; elles recouvraient de larges portions du sol, constituant des groupes compacts qui protestaient contre les intrusions et interdisaient le passage à coups de bec. On marchait au milieu des gloussements et des cris.»Dans cette atmosphère crépusculaire et moite, Mevlido est un héros englué dans ses fantasmes, ses cauchemars et dans les mensonges qu’il doit faire, à la hiérarchie policière, à la psychiatre et à tous les autres, pour protéger ses rêves. Il partage sa vie avec Maleeya Bayarlag, une femme abîmée par la perte de son compagnon tué dans un attentat, et qui a depuis basculé dans la folie. Et Mevlido est lui-même égaré et psychiquement fragile, sans cesse assailli par les souvenirs et les songes de la femme qu’il a aimé, Verena Becker, martyrisée et assassinée vingt ans plus tôt par des enfants soldats. Toutes les femmes qu’il croise et qui meurent autour de lui le renvoient vers cette quête de Verena Becker à laquelle il ne peut renoncer. Mevlido est-il dans le rêve ou la vie éveillée ? Déjà au-delà de la vie ? Ou se trouve le mensonge et la vérité ? Ces questions se posent, mais on peut s’en défaire puisque la recherche de vérité et d’idéal apparaît comme vouée à l’échec. Dans notre humanité crépusculaire, voisine familière de cette fiction et également hantée par la perte d’idéal, pénétrer l’œuvre monde d’Antoine Volodine semble un recours indispensable. Et ce seizième roman de l’auteur, paru en 2007 aux éditions du Seuil, peut constituer, à l’instar d’«Écrivains» (2010) ou de «Terminus radieux» (à paraître fin août 2014), une magnifique introduction à son univers imaginaire unique, étrange et visionnaire.«Mevlido se rappelait l’épisode final de ce livre dont il avait oublié le titre. Un être invulnérable, condamné à mort, était exécuté dans l’unique endroit où on avait pu l’atteindre, à l’intérieur d’un de ses rêves. Profondément endormi, il ouvrait les yeux et il voyait sur le sol des bourreaux qui étaient venus à lui sans armes ni vêtements, des assassins que la traversée des mondes oniriques avait empoisonnés et presque tués : un homme et deux femmes, précisément. L’asphyxie ralentissait leurs gestes, leur peau avait bleui, ils grelottaient à l’entrée de la chambre. Lui, l’être qu’aucune arme ne blessait, quittait son lit, il s’approchait d’eux, il les examinait comme s’il allait brutalement leur régler leur compte, et pourtant, envers ces trois individus qui avaient pour tâche de le détruire, il ressentait de la compassion. Tel était le mécanisme infernal de ce cauchemar. Méprisant le fait que les agresseurs se trouvaient à sa merci, il les consolait, il se penchait sur eux et leur parlait. Et ainsi se refermait le piège de pitié qu’on avait tendu autour de lui. Une à une, ses défenses s’étiolaient, ses capacités de résistance à l’anéantissement. La sympathie, l’empathie dissolvaient sa carapace, et, pour finir, en contradiction avec les principes qui avaient gouverné jusque-là son existence, il perdait toute envie de s’évader et il allait avec philosophie à la rencontre de sa mort.»

MarianneL
08/08/14
 

Au XXIIe siècle, Mevlido, un policier, habite les bas-fonds de la ville d’Oulang-Oulane, dans le quartier de Poulailler Quatre, où il a pour mission de surveiller les agissements des bolcheviques. Les dirigeants de ce régime totalitariste, en effet, prônent un capitalisme outrancier, alors que le reste de la population vit dans la misère, et craignent de leur part une révolution voire des actes terroristes. Mais Mevlido soutient aussi parallèlement les opposants, en particulier une belle et étrange jeune femme, Sonia Wolguelane, l’un des plus beaux exemples de tous ces êtres manipulés génétiquement. Hanté par des rêves et des cauchemars récurrents, tels celui de la femme qu’il a aimée jadis, Verena Becker, et qui a été assassinée par des enfants-soldats, parmi lesquels le vautour Alban Glück, Mevlido va régulièrement en consultation au cabinet de Maggie Yeung. Le jour où il voit mourir sous ses yeux une jeune femme qui lui rappelle étrangement sa propre femme, renversée par un tramway alors que Sonia venait de commettre un attentat sensationnel, ses supérieurs lui demandent de passer de l’autre côté, d’accepter de mourir, pour atteindre le Fouillis…

CarnetsdeSeL
04/04/11
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.47 kg

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