Soudain l'ete dernier

WILLIAMS, TENNESSEE

EDITEUR : 10/18
DATE DE PARUTION : 07/02/03
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

" nous vivons tous dans une maison en feu, et personne pour éteindre celui-ci, et pas la moindre issue, uniquement les fenêtres du dernier étage, par lesquelles regarder au-dehors, pendant que le feu consume la maison et nous-mêmes qui y sommes enfermés, pris au piège... " ayant perdu le bon " usage " de l'amour et de la haine, les personnages de tennessee
williams se débattent dans l'enfer des autres. parce que " la vérité est au fond d'un puits sans fond... " " personne aussi bien que williams ne sera parvenu à rendre présent jusqu'à l'indécence cet univers de désolation où même les rêves sont poisseux à force d'avoir trôné dans des cuisines mal tenues. " françois-olivier rousseau
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Tennessee Williams jongle avec ses personnages, exhumant les parias, les laissés-pour-compte, les réprouvés, les affligés de leur pénombre. Soudain l’été dernier et Le train de l’aube ne s’arrête plus ici ne dérogent pas à cette habitude. Tour à tour fragiles et sûr d’eux, souvent aux franges de la folie, ces créatures torturées ne semblent jamais être en mesure d’affirmer leur condition, leur sentiment. Dans Soudain l’été dernier, Williams manipule ses héros, leur infligeant une confrontation violente, destructive dont l’issue a pour but de révéler la vérité dans toute son atrocité, dans sa démesure. Dans cette maison coloniale de Nouvelle-Orléans, aux abords d’un jardin édénique, deux femmes que tout semble opposer, Catherine et Mrs Venable vont se déchirer autour d’un homme, Sébastian Venable, mort dans des conditions mystérieuses dans la cité balnéaire au nom prédestinée Cabeza de Lobo. Prédestinée car il s’agit bien ici de chasse, où chacun sera proie et prédateur. Où la violence sera meurtrière comme cette vision cauchemardesque de Sébastian.« La plage étroite, couleur de caviar, grouillait tout entière ! Mais le ciel lui aussi grouillait…Et la plage tout entière était vivante, tout entière – vivante ! avec les jeunes tortues qui se précipitaient vers la mer, tandis que les oiseaux planaient au-dessus d’elles, attaquaient en piqué, remontaient planer, puis attaquaient en piqué. Ils s’abattaient sur les jeunes tortues, les retournaient, exposaient leur ventre tendre, crevaient ce ventre à coup de bec, déchiquetaient et dévoraient la chair » (pages 16- 17). Sébastian personnage évanescent, presqu’irréel, qui apparait au lecteur comme le fruit des imaginations torturées de sa mère et de sa cousine, mais dont l’existence se révèle peu à peu comme dans une enquête policière menée de main de maitre par le docteur Coukrowicz. Coukrowicz et Sébastian deux personnages identiques à la fois Dieu et manipulateur, jouant des êtres et de leur vie, usant de leur charme pour obtenir ce qu’ils désirent ardemment : l’argent pour ses travaux sur la lobotomie pour le docteur, l’attrait féminin pour attiser sa « faim de blonds ». C’est une œuvre onirique et fantastique en dépit de la noirceur du sujet : la phagocytose de l’individu par son semblable. Le thème est traité de manière à la fois symbolique et réaliste puisque le héros, Sébastien, parachève son autodestruction dans la scène finale. La mère, Mrs Venable, n’est pas sans rappeler celui d’une prêtresse, capable d’exiger les sacrifices les plus incroyables pour que rien ne vienne troubler son monde. La pièce devint, grâce à Joseph Mankiewicz, un grand film, interprété par Katherine Hepburn, Montgomery Clift et Elizabeth Taylor, qui retrouvait «la sauvagerie excessive» de ce rituel de la cruauté, malgré la représentation controversée et négative de l’homosexualité, même s’il ne faut pas oublier que le film bien que tourné à l’étranger était soumis à la rigidité du code Hays. Dans Le train de l’aube ne s’arrête plus ici, on navigue également dans ce monde teinté de folie, dans cette vision spécifique de la réalité. Mrs Goforth, une vieille aristocrate, se retrouve face à sa solitude dans sa forteresse italienne. Elle voit arriver un étranger, Chris qui lui fera prendre conscience de ce délaissement, de ses désillusions. Dans un dernier face à face, elle tentera de séduire le poète.Une pièce qualifiée de difficilement jouable du fait notamment des nombreuses didascalies qui laisseraient peu de place à une libre interprétation, cette pièce semble moins « humaine » que la première, la confrontation semblant perdre de son intensité au profit du jeu scénique. Ces deux pièces sont empreintes de la tumultueuse vie de Tennessee Williams. On ne peut s’empêcher de penser, dans un premier temps, à sa sœur Rose, enfermée dans un sanatorium puis soumise à une lobotomie en 1943 pendant son absence. Puis d’autres thèmes chers à l’auteur tel que la solitude et l’homosexualité, la vénération de la beauté masculine, l’attirance pour les déboussolés, les marginaux.Le mot de la fin revient à Tennessee Williams : "Je suis incapable d’écrire la moindre histoire, si je n’y introduis pas au moins un personnage pour qui j’éprouve un désir physique" Pasdel

Pasdel
09/09/13
 

Cette pièce de T.Williams est particulièrement intéressante par les thématiques qu'elle aborde. En effet, à travers le huis clos des personnages de la tante richissime, héritière d'une des grandes fortunes du Sud (ramassés grâce aux fruits du travail des esclaves noirs); la nièce supposée folle à qui sa tante veut faire lobotomiser et le médecin psychiatre, le Docteur Cukrowitz, c'est tous les travers de la société du Sud des Etats Unis, contemporaine à l'auteur qui est dénoncée. L'auteur invective ces familles enflées par leurs fortunes faites sur le dos de l'esclavagisme. T.Williams donne d'elles un portrait qui n'est pas très flatteur. Ce sont des familles hautaines, méprisantes et dédaigneuses. Mais là où c'est encore plus intéressant est la mise en lumière des peurs du Sud. Car le Sud a peur. Le Sud a peur du sexe, du Noir. Le Sud a peur de l'homosexualité, de la femme. Autrement dit, il a peur de tout ce qui relève de l'Autre inquiétant, de l'altérité radicale. De ce fait, pour ne plus avoir peur, il faut les supprimer. La tante Violet veut effacer de la mémoire de sa nièce, Catherine, les images et le souvenir de Sebastian son fils, mort dans des circonstances curieuses l'été dernier quelque part dans un Tiers Monde fait de saleté et de misère. Un autre élément vient à la surface. Plus la tante parle et plus elle met en exergue son dégoût pour cet autre continent, cette Afrique qui a anéanti son fils. En supprimant le problème, on montre par là qu'il n'y a pas de problème. Qu'il n'y a jamais eu de problème. Le problème est donc rejeté hors de la sphère du normal, du familier et donc du "vivre tranquille". Mais qu'est ce que la normalité, semble nous demander l'auteur? Car cette société qui se targue de défendre les valeurs morales, tente surtout d'étouffer les scandales lorsque ceux ci proviennent de son propre camps. Sebastian est déifié par sa mère qui ne voit en lui que le côté lumineux de sa personnalité. Cependant, à force d'analyses, le médecin comprend toute l'étendue du narcissisme, de la cruauté de Sebastian qui utilise les femmes pour attirer les jeunes mâles de ces contrées lointains afin d'assouvir ses propres pulsions sexuelles. La mère l'a aidé dans cette entreprise. Devenue "trop vieille" aux yeux de son fils, ce dernier se retourne sur sa cousine Catherine. La pièce est surtout une thérapie de groupe. En faisant parler ces femmes, en expulsant par la parole le trauma de Catherine, le Docteur Cukrowicz tente d'exorciser à sa manière les démons qui hantent l'esprit du Sud. On peut voir dans cette pièce Sebastian comme le symbole du "çà" dans la topic freudienne. Une pièce suffocante car elle traite des thèmes audacieux pour l'époque tels que le cannibalisme, l'inceste, l'homosexualité et le freudisme. "Et soudain l'été dernier" peut être vu comme la résurgence du traumatisme, le retour du refoulé dans un "moi" meurtri. Ceci est rendu extrêmement visible dans le jeu superbement incarné par trois acteurs: Elisabeth Taylor (Catherine), Katherine Hepburne (Violet Venable) et Montgomery Clift (Dr. Cukrowitz). Le symbole de la verticalité et de la végétation dans le jardin de la propriété est très significatif. Il représente la puissance d'un monde en train de disparaître (d'ailleurs Katherine Hepburne est toujours filmée dans une verticalité ascendantale) et la sauvagerie des pulsions de Sebastian. Réalisé par Joseph Mankiewicz en 1959, le film a été violemment critiqué à sa sortie pour son traitement scandaleux. Des décennies plus tard, on peut le considérer à juste titre comme un des peurs chefs-d'oeuvres de ces années là. A lire et à visionner le film et ce, sans modération. Victoire

tran
14/06/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.15 kg
  • Traducteur : JACQUES GUICHARNAUD

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