Souvenirs intimes de david copperfield ; de grandes esperances

DICKENS, CHARLES

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 20/10/54
LES NOTES :

à partir de
53,50 €

SYNOPSIS :

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"L'Histoire, les Aventures, et l'Expérience Personnelles de David Copperfield le Jeune" est le roman le plus autobiographique de Charles Dickens, dans le sens où il relate certains fait réellement vécus, est rédigé sous la forme d'une narration à la première personne, et contient nombre de réflexions très personnelles; pour autant, il s'agit bien d'un roman, et non des moindres. "Le plus grand roman anglais du XIX° siècle" claironne la 4° de couverture de l'édition Livre de Poche, et elle prêche là une convaincue; limpide, rieuse, tragique, amoureuse et moqueuse, l'intrigue de David Copperfield se lit toute seule, aucune longueur, aucun passage à lire en diagonale, sur plus de 1000 pages, c'est réellement remarquable.Ainsi donc nous est relatée par lui-même la vie de David Copperfield, de sa naissance à ses vieux jours. Et pour le reste, il faut le lire ! Les personnages sont en nombre plutôt réduit, finalement, en comparaison avec d'autres gros romans de Dickens, donc on a tout le temps pour les côtoyer sur de longues années, on se régale d'avoir un mot sur le sort final de chacun, on se régale tout court, d'ailleurs.Ainsi tous les noms dont sera affublé notre David Copperfield (initiales inversées de Charles Dickens) - Davy, Mseu Davy, Trotwood, Trot, Pâquerette, Mr Compère fils, Dody, et enfin, ENFIN ! "Mon mari bien aimé" (comme une midinette j'ai bien cru qu'on allait passer à côté de cet amour qui crevait les pages depuis de loooooongs moments !) - ne font-ils qu'accentuer la gentille candeur de notre héros, qui aura besoin de bien des années et des coups du sort pour enfin mûrir.Oh ça me ramène directement à ce si compassé M. Littimer qui fait instantanément se sentir DC tel un nouveau-né, et ce jusqu'au bout. Dès qu'il apparaît, le sentiment d'être trop jeune s'empare de DC, occasionnant un très amusant comique de répétition. Ou comment fait donc Charles Dickens pour nous amener à ressentir de la tristesse à la mort d'un personnage qu'on n'avait pourtant perçu que comme totalement écervelée mais jolie ?J'ai rarement lu un chapitre, le XLV, "M. Dick justifie la prédiction de ma tante" le coeur battant à ce point, suspendue aux moindres mots et toute à l'émotion de ces dénouements en cascade. Nous ne sommes pas du tout à la fin du roman, nous assistons simplement à l'explication entre le docteur Strong et sa jeune épouse; mais quelle virtuosité pour éclairer enfin leurs rapports, tout en lançant les pistes de réflexion sur le mariage de David Copperfield, en faisant l'éclatante preuve que Mr Dick peut se révéler conforme aux prédictions de la tante, et quel sens du comique (les appartés, comme au théâtre) pour alléger l'intensité dramatique... C'est de la dentelle, c'est de l'art, Dickens est un génie. C'est tout.Et puis peut-on ne pas penser que Dickens l'écrivain s'exprime directement dans des passages comme :"J'ajouterai seulement à ce que j'ai dit déjà de ma persévérance à cette époque et de la patiente énergie qui commençait alors à mûrir et qui constitue la force de mon caractère, s'il a la moindre force, que j'y trouve rétrospectivement la source de ma réussite. J'ai eu beaucoup de bonheur dans les affaires de cette vie; bien des gens ont travaillé plus que moi, sans avoir autant de succès; mais je n'aurais jamais pu faire ce que j'ai fait sans les habitudes de ponctualité, d'ordre et de diligence que je commençai à contracter, et surtout sans la faculté que j'acquis alors de concentrer toutes mes attentions sur un seul objet à la fois, sans m'inquiéter de celui qui allait lui succéder peut-être à l'instant même. Dieu sait que je n'écris pas cela pour me vanter ! Il faudrait être véritablement un saint pour n'avoir pas à regretter, en passant sa vie en revue comme je le fais ici, page par page, bien des talents négligés, bien des occasions manquées, bien des sentiments mauvais constamment en guerre dans son coeur et toujours victorieux. Il est probable que j'ai mal usé, comme un autre, de tous les dons que j'avais reçus. Ce que je veux dire simplement, c'est que, depuis ce temps-là, tout ce que j'ai eu à faire dans ce monde, j'ai essayé de le faire bien; que je me suis dévoué entièrement à ce que j'ai entrepris, et que dans les petites comme dans les grandes choses, j'ai toujours sérieusement marché vers mon but. Je ne crois pas qu'il soit possible de réussir si ne s'unissent pas au talent naturel des qualités simples, solides, laborieuses. En ce monde, aucun succès n'est possible sans effort. Des talents rares, ou des occasions favorables, forment pour ainsi dire les deux montants de l'échelle où il faut grimper, mais, avant tout, que les barreaux soient d'un bois dur et résistant; rien ne saurait remplacer, pour réussir, une volonté sérieuse et sincère. Au lieu de toucher à quelque chose du bout du doigt, je m'y donnais corps et âme, et, quelle que fût mon oeuvre, je n'ai jamais affecté de la déprécier. Voilà des règles dont je me suis trouvé bien."ou encore :"M. Micawber aimait singulièrement à entasser ainsi des formules officielles, mais cela ne lui était pas particulier, je dois le dire. Même si cela paraît ridicule en l'occurrence, c'est plutôt la règle générale. Bien souvent j'ai pu remarquer que les individus appelés à prêter serment, par exemple, semblent être dans l'enchantement quand ils peuvent enfiler des mots identiques à la suite les uns des autres pour exprimer une seule idée; ils disent qu'ils détestent, qu'ils haïssent et qu'ils exècrent, etc. Les anathèmes étaient jadis conçus d'après le même principe. Nous parlons de la tyrannie des mots, mais nous aimons bien aussi à les tyranniser; nous aimons à nous en faire une riche provision qui puisse nous servir de cortège dans les grandes occasions; il nous semble que cela nous donne de l'importance, que cela a bonne façon."Ne peut-on frémir de sentir tout l'amour dans une phrase comme : "Elle ne me donnait pas de conseils; elle ne me parlait pas de mes devoirs; elle me disait seulement, avec sa ferveur accoutumée, qu'elle avait confiance en moi." Ah..Allez, la citation finale : "Fidèle à mon projet de ne faire allusion à mes romans que lorsqu'ils viennent par hasard se mêler à l'histoire de ma vie, je ne dirai point les espérances, les joies, les anxiétés et les triomphes de ma vie d'écrivain. J'ai déjà dit que je me vouais à mon travail avec toute l'ardeur de mon âme, que j'y mettais tout ce que j'avais d'énergie. Si mes livres ont quelque valeur, qu'ai-je besoin de rien ajouter ? Sinon, mon travail ne valant pas grand-chose, le reste n'a d'intérêt pour personne."Charles Dickens avait 37 ans quand il a commencé à écrire David Copperfield, juste avant Bleak House. Ce sont de lui mes deux romans préférés, que je lirai et relirai indéfiniment. Sylvie Sagnes

SagnesSy
06/07/12
 

Format

  • Hauteur : 17.90 cm
  • Largeur : 11.70 cm
  • Poids : 0.60 kg

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