Sur la photo

LAFON, MARIE-HELENE

livre sur la photo
EDITEUR : POINTS
DATE DE PARUTION : 07/01/05
LES NOTES :

à partir de
5,70 €

SYNOPSIS :

Rémi s'en va. Son absence est le sujet du livre. Rémi habite porte de Bagnolet, à Paris, dans une petite maison refuge. Lâ, il enseigne l'histoire et la géographie et vit avec Isabelle. Leur fille s'appelle Louise ; l'ami le plus proche, Renaud. Depuis des années, Rémi collectionne les photos et écrit sur leurs versos. Quand il était petit garçon, Rémi vivait à l'ombre de ses deux soeurs. Ils habitaient une grande maison donnant sur les prés.
C'était une enfance muette, solitaire. La ville la plus proche était à quarante cinq kilomètres. Un jour, l'une de ses soeurs meurt, écrasée par un autocar. Un autre jour, sa fille Louise vient de fêter ses dix ans, Rémi disparaît sans laisser de traces.Sur la photo est un roman d'une grande maîtrise qui confirme le talent et les obsessions de Marie-Hélène Lafon : l'enfance dure toujours et le présent de l'homme adulte est impossible.
2 personnes en parlent

Ce roman commence par une visite dans une grande maison de famille, aujourd'hui à moitié désertée ; les pièces, pour la plupart des chambres, dans lesquelles plus personne ne vit, servent désormais d'entrepôt, de lieu de stockage : chambre aux fromages, aux géraniums... A mesure que l'on progresse dans la description de ces lieux pleins de fantômes se dessine le portrait des anciens occupants, Rémy et Isabelle, heureux parents de la petite Louise. Les souvenirs de cette période de bonheur s'entrechoquent avec ceux, plus anciens, des jeux de Rémy avec ses deux grandes sœurs. Celles-ci ne sont jamais nommées, presque indifférenciées, l’aînée et la cadette formant une sorte d'entité commune ; de physique ingrat elles font front ensemble aux moqueries, et sont, pour le jeune garçon, une source constante de curiosité. « Avant d'aller à l'école il ne connaît pas d'autre enfant de son âge. Il ne connaît que les sœurs, qui sont grandes, et qui sont des filles. » (p. 137) « Elles sont en colère contre tous et tout. Elles veulent la ville, les rues, les boutiques, les cinémas. Elles lisent des magazines. Elles connaissent des noms d'acteurs et des titres de films. Elles regardent des séries à la télévision. Elles iront étudier. Elles auront des métiers, loin des vaches, de l'étable, des prés, et des travaux jamais finis. Elles détestent être là. Elles disent que c'est mort. » (p. 115)Il se souvient du rituel du week-end, la lessive étendue dès le vendredi soir, le sac à préparer le dimanche, rituels des pensionnaires. Il évoque ses premiers émois (la fille de la nourrice marocaine, Nadia), les rites de bouches, les saisons qui se suivent et se ressemblent, le bal annuel, tout ce qui fait la mémoire d'une famille. Rémy, devenu professeur de collège dans un lycée parisien, s'absorbe dans la contemplation d'anciennes photographies, dont certaines ont été prises par son ami Renaud : photo de la sortie de maternité, photo du couple et de la fillette, photo de lui attendant Isabelle à la gare, photo de la grand-mère de Renaud... Les lieux, les objets et les images servent ici d'appui à la mémoire. Au début du roman l'accumulation et la redondance des pronoms personnels (Rémy était désigné ainsi : « il lui le fils », « il lui Rémy »...) semble suggérer la dualité du personnage principal, dont la vie est partagé entre deux lieux (Paris, lieu de travail, le village, lieu de vie). Le passé et le présent s'entrecroisent. Peu à peu il écrit au dos des photos, quelques mots d'abord, puis de petits textes, en marge de l'image. « Il travaillait dans son grenier pointu. Il avait commencé au dos d'une photo des sœurs, une photo en couleurs. Les sœurs avaient sept et huit ans. Une date, 1963, était écrite à l'encre bleue. » (p. 138) Renaud, réalisateur de son métier, fait écho dans ses films à certains épisodes de la vie de Rémy, il est, comme tout créateur – et c'est ainsi que se considère Marie-Hélène Lafon, dont la biographie nourrit constamment l’œuvre romanesque : « Il s'était senti exposé. Il n'avait pas aimé ça. Plus tard il avait pensé que Renaud était un dévorant, qui prenait, et faisait chair de toute viande, de chaque mot, de chaque image, de toutes les secondes des jours des mois et du temps, et que rien ne pouvait aller contre cette force qu'il avait. » (p. 129)Un roman qui parle de l'enfance, des premiers amours, de la vie de couple et de famille, d'amitié, de désir inavoués

sovane
12/07/12
 

Il y a deux portraits en parallèle dans le deuxième roman de Marie-Hélène Lafon : d'abord une maison silencieuse, grande, aux pièces envahies par le vide et la poussière, les bruits d'un passé qui peine à ressusciter cette demeure, et en chassé-croisé il y a Rémi, sa femme Isabelle et leur fille Louise, dans leur maison porte de Bagnolet, où souvent se joint Renaud, le meilleur ami. Au fil des paragraphes, les choses sont décrites de manière tatillonne et hésitante presque. On passe d'un instant à l'autre, le portrait d'une famille ordinaire, les souvenirs d'enfance d'un garçon solitaire, entouré de ses deux soeurs, dans une ferme en Auvergne. Parfois on a le sentiment de lire un devoir scolaire, tant l'histoire paraît commune et familière. Mais le style de Marie-Hélène Lafon empêche de se laisse embrigader ou étiquetter. L'auteur a un coup de griffe en forme de plume, sous ses apparences banales elle dissimule une force étourdissante. Son écriture marque, son univers touche. A la fois sensible et juste, ce roman rattrape la déception des nouvelles du recueil "Liturgie" et prend le pas au "Soir du chien", premier roman épatant !

Clarabel
23/02/09

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.09 kg

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