Susanna

KOLMAR, GERTRUD

livre susanna
EDITEUR : CHRISTIAN BOURGOIS
DATE DE PARUTION : 08/02/07
LES NOTES :

à partir de
5,05 €

SYNOPSIS :

Susanna est le dernier texte de Gertrud Kolmar. Composé au cours de l'hiver 1939, il met en scène les souvenirs d'une rencontre, celle d'une gouvernante et de son élève , une jeune fille très belle, mais perturbée mentalement. La tension dramatique naît de leur différence, la gouvernante étant raisonnable, apparemment insensible et étrangère aux choses
de l'amour ; la jeune fille en revanche, est un être fantasque, très vivant, une sorte d'animal féérique, hors du temps... Elle connaîtra un amour innocent, mais vrai. Cette confrontation, tout autant que la fin brutale du récit, ressuscitent un monde en perdition et l'impuissance de l'auteur face à un avenir sans lendemain, celui des Juifs allemands.
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Voilà un texte succinct mais qui fait chavirer le lecteur. Une gouvernante fait la connaissance de la jeune fille dont elle va devoir s'occuper. Âgée d'une vingtaine d'années, Susanna - la jeune femme - est d'une beauté à couper le souffle. Mais elle est quelque part à voguer dans une douce folie. Les nuages qui passent au-dessus de nous ne pèsent pas sur elle ; les murs qui nous oppressent et nous entravent, nous autres adultes, n'existent pas pour elle. (p. 10)Orpheline de père et de mère, Susanna vient de voir son ancienne nurse, Séraphine, partir en retraite et la nouvelle, plus âgée, raconte l'histoire, la leur. Quand commence le roman, on apprend que cet épisode est déjà bien ancré dans le passé. Toutefois la réminiscence de cette rencontre, de cet isolement passionne. La nouvelle gouvernante se retrouve seule en charge de cette grande enfant qui divague constamment. Susanna est vouée à rester seule, confinée à sa demeure, sans contact aucun sinon celui choisi par le tuteur légal. Quelle perspective morne que se cloîtrer alors que les premiers émois pourraient surgir à tout moment !Et la tant redoutée passion amoureuse a bien lieu, cautionnée par l'ancienne et la nouvelle gouvernante. Le soupirant reste à l'extérieur du jardin et fait sa cour à travers la grille. Pourquoi empêcher une telle idylle alors que contact physique, il n'y a pas ?Tout serait évidemment beaucoup trop simple si l'amourette s'était bornée à ce petit jeu d'adolescents. La situation s'emballe lorsque le jeune homme prévoit de rejoindre définitivement Berlin.Ce livre est particulièrement agréable à lire car les deux personnages campent deux personnalités extrêmement éloignées. Lorsque Susanna crie à la passion, la gouvernante rétorque par la raison et la prudence. Toute leur cohabitation crée ainsi des dialogues particulièrement croustillants ou chacune délivre un peu de vérité.Il y a des mots qu'on peut prendre dans la main. Et certains qui ont une odeur... Par exemple, "poêle à frire". Je n'aime pas dire "poêle à frire", la pièce est aussitôt pleine de fumée grasse.- Et qu'est-ce que tu dis alors ?Elle réfléchit. "Je dis "rose"." Et je vis le mouvement, je vis le souffle de ses lèvres fleurir comme un bourgeon qui s'ouvre, doucement, avec des feuilles à la respiration sourde, et une odeur merveilleuse. Rose. (p. 14)Lecture poignante lorsqu'on la situe dans la biographie de l'auteur : dernier texte écrit en 1939, dans un appartement collectif pour Juifs, avant la déportation. La plume est juste car elle évoque la furieuse envie de vivre et de connaître l'extérieur.C'est vraiment à recommander.

Melopee
13/05/14
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.07 kg
  • Langage original : ALLEMAND
  • Traducteur : LAURE BERNARDI

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