EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 07/04/99
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SYNOPSIS :

>Nerval Sylvie « Si un écrivain a cherché à éclairer les lois profondes presque insaisissables de l'âme humaine, c'est Gérard de Nerval dans Sylvie. Cette histoire qu'on a qualifiée de peinture naïve, c'est le rêve d'un rêve. Gérard essaie de se souvenir d'une femme qu'il aimait en même temps qu'une autre. En évoquant ce temps dans un tableau de rêve, il est pris du désir de partir. Il arrive... dans un pays qui est plutôt pour lui un passé et ce qu'il voit alors, pour ainsi dire détaché
par une nuit d'insomnie, est entremêlé si étroitement aux souvenirs qu'on est obligé à tout moment de tourner les pages qui précèdent pour voir où on se trouve... présent ou rappel du passé. La couleur de Sylvie est une couleur pourpre d'un rose pourpre en velours pourpre ou violacé, et nullement les tons aquarellés d'une France modérée. Gérard a trouvé le moyen de donner à son tableau les couleurs de son rêve. » Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve. Edition de Marie-France Azéma.
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J’ai dû découvrir Sylvie, faisant sa rencontre à travers des extraits, très jeune. En effet, un passage du chapitre 2 et un autre du chapitre 6 se trouvant dans le Lagarde et Michard du XIXème, que j’aimais à feuilleter et où j’aimais à piocher des extraits. Ces deux passages de Sylvie faisaient partie depuis longtemps de mes textes préférés, pour autant, je ne l’avais pas encore lu. Je ne sais pas pourquoi. Toujours est-il que forte du souvenir de ces passages, je partais avec bon nombre d’a priori positifs. D’autant plus que la lecture d’Aurélia, il y a quelques mois, m’a émerveillée au plus haut point. Et Sylvie a tenu ses promesses. Bien plus encore puisqu’un inédit dans les histoires de mes lectures s’est produit avec ce texte : à peine fini, je voulais déjà le relire. Jusque-là… La tentation m’avait déjà effleurée face à d’autres textes et si Nerval y avait échappé avec Aurélia, c’était pour des raisons pratiques. Si l’idée m’avait déjà traversé l’esprit, je ne l’avais donc jamais fait. Mais, là… Une journée après l’avoir fini, j’ai rouvert le livre, pour le dévorer. Et j’étais prête à récidiver ! Des relectures en perspective donc.On pourrait qualifier cette nouvelle d’histoire d’amour, ou plutôt, d’histoire d’amours. Ceux-ci se croisent et s’entremêlent, tout comme les souvenirs, les rêves et la réalité. Car, comme le disent les résumés, souvenirs, rêves et réalité se mêlent, je dirais même qu’ils se fondent, jusqu’à se confondre, jusqu’à ce que les limites les séparant ne soient plus véritablement perceptibles.« Le rêve est une seconde vie » écrira Nerval dans Aurélia. Mais, cette phrase pourrait également s’appliquer au texte de Sylvie ou pour le narrateur, le rêve est effectivement une seconde vie. Le rêve… Un thème au cœur de ce texte à l’atmosphère onirique. Le rêve se propage d’ailleurs jusqu’au lecteur et l’y transporte. A cette atmosphère s’ajoute un goût nostalgique, la nostalgie de l’enfance, de la première jeunesse, des traditions provinciales se perdant, aux yeux de l’auteur. Celui-ci chante d’ailleurs le charme de la province et des fêtes traditionnelles, telle la fête patronale de Loisy qui est décrite plusieurs fois au cours du récit.On retrouve également, dans les nombreuses descriptions des éléments tirés des temps passés (même pour Nerval) : ici un château, ici un temple, ici une horloge, ici des habits,… C’est d’ailleurs à la recherche du passé que le narrateur retourne dans le Valois pour y trouver… le présent.Les descriptions dressent le paysage du Valois avec ses forêts et ses étangs (ou autres étendues d’eau). Un cadre magnifique. Et ses bâtiments, notamment ses châteaux et ses temples. Des édifices anciens, porteur d’une Histoire que leurs pierres racontent. L’Antiquité, la Renaissance font partie des époques évoquées à travers bâtiments, meubles et éléments de décoration. Entre eau, nature et temps anciens (dont l’Antiquité), c’est un décor Romantique qui est donc planté.Le style de Gérard de Nerval ! Une des raisons principales pour lesquelles j’ai autant apprécié cette nouvelle. Un langage qui m’a paru plutôt soutenu, sans être alambiqué et qui reste donc facile à comprendre. Un style qui, à mes oreilles, a sa musicalité propre, son harmonie propre. Même dans cette nouvelle, qui est un texte en prose, je trouve que le style de Nerval reste poétique. Ce qui contribue à la beauté de ce texte.L’autre élément qui m’a interpellée à la lecture, et contribue pour moi à sa richesse, c’est tout son réseau d’échos. Avec d’autres textes d’autres auteurs, certes, tels le Paradis de Dante, mais aussi, avec les textes de l’auteur lui-même. Ainsi retrouve-t-on de nombreux éléments du poème « Fantaisie » dans Sylvie. De l’air, qui est celui chanté par Adrienne, au château, en passant par Adrienne ou Aurélie qui pourraient être « la dame à sa haute fenêtre », à moins que cela ne soit celle de la chanson d’Adrienne… Aurélie justement… reviendra dans Aurélia. Et puis, les paysages du poème « El desdichado » sont les mêmes que ceux de Sylvie… Et l’on pourrait continuer ainsi.Vous l’aurez compris, j’ai particulièrement aimé ce texte qui est un "coup de cœur" et compte désormais parmi mes préférés.

Ninochka
03/05/15
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.07 kg

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