Ta memoire, petit monde

FOIX, ALAIN

livre ta memoire, petit monde
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 20/10/05
LES NOTES :

à partir de
12,50 €

SYNOPSIS :

« Prenons un petit monde au hasard dans la rue. Tenez, dans Pointe-â-Pitre, sur le trottoir de la rue Barbès. Il sort tout juste de l'école et fixe le caniveau. Dans le ruisseau, son bateau de papier. Au bout de la rue, un bâtiment immense. Sa coque de noix va droit dessus. Un géant blanc posé sur l'eau et qui écrase la ville de majesté. Le Colombie, comme c'est écrit dessus, pousse un long hurlement et arrête le temps.
La ville est suspendue et le monde médusé. C'est la terre qu'on déchire, le géant se délivre. Une lente déchirure, mouvement inexorable, et la mer s'y engouffre. Un gouffre de vertige, d'un bleu à s'y noyer. Et le monde rapetisse à mesure qu'il s'éloigne. Le bateau de papier a mouillé l'encre bleue. Le vent l'a renversé, l'enfant l'a oublié. Bientôt c'est le grand jour où il verra le monde du pont du Colombie. »
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Petit monde ou Lino, ce sont les surnoms d'Alain Foix. Lino, c'est surtout le nom de celui qui est resté en Guadeloupe, île où il a grandi avant de prendre un bateau pour s'installer en région parisienne. Alain Foix se rémémorre cette enfance, les instants passés en Guadeloupe auprès de ceux qui l'ont aimé, éduqué dans sa petite enfance, puis ceux passés en métropole, à Bondy, où la vie était plus dure. Car son arrivée ne fut pas des plus simples. Il a suivi sa mère, laissant en Guadeloupe ses frères plus âgés, et l'intégration dans ce nouvel espace de vie n'a pas été des plus simples.Alain Foix se livre, dévoile son enfance. Ou plutôt des bribes de son enfance, celles dont il se souvient adulte. Il reste des images marquantes, comme celle du Colombie, le bateau sur lequel il a fait la traversée. Ou son séjour à Berck, il a été envoyé autant pour des problèmes physiques que pour être à distance du milieu familial. Ou la vie dans le quartier, marquée par ces jeunes qui découvrent les deux roues ou les jeux qui unissent tous les enfants du quartier.Ce roman, empreint de poésie et de tendresse, n'est jamais nostalgique. Alain Foix ne s'appesantit pas sur son passé, mais il l'évoque pour tenter de comprendre celui qu'il est devenu. Si l'écriture est au départ un peu difficile à suivre, le récit prend de l'ampleur au fur et à mesure de l'avancée dans l'âge adulte. Peut-être les souvenirs de l'auteur sont-ils plus précis, peut-être est-il moins obligé d'avoir recours à un style parfois un peu trop voyant, n'empêche que cela donne finalement une oeuvre touchante, émouvante sur l'histoire d'un jeune enfant quittant sa terre natale pour découvrir un nouvel horizon.

Yohan59
29/10/12
 

« Prenons un petit monde au hasard dans la rue. Tenez, dans Pointe-à-Pitre, sur le trottoir de la rue Barbès. Il sort tout juste de l'école et fixe le caniveau. Dans le ruisseau, son bateau de papier. Au bout de la rue, un bâtiment immense. Sa coque de noix va droit dessus. Un géant blanc posé sur l'eau et qui écrase la ville de majesté. Le Colombie, comme c'est écrit dessus, pousse un long hurlement et arrête le temps. La ville est suspendue et le monde médusé. C'est la terre qu'on déchire, le géant se délivre. Une lente déchirure, mouvement inexorable, et la mer s'y engouffre. Un gouffre de vertige, d'un bleu à s'y noyer. Et le monde rapetisse à mesure qu'il s'éloigne.Le bateau de papier a mouillé l'encre bleue. Le vent l'a renversé, l'enfant l'a oublié. Bientôt c'est le grand jour où il verra le monde du pont du Colombie. » (p. 13)Petit monde, "ti moun" en créole, c'est l'enfant. Et l'enfant, c'est Lino, l'enfant que fut Alain Foix et dont il se souvient, par fragments : son enfance guadeloupéenne, le départ pour la métropole avec Lucia, sa mère courage, tôt levée et tard rentrée de l'hôpital où elle fait des ménages, et à laquelle Lino apprendra l'orthographe et la grammaire, la forêt de béton de la banlieue de région parisienne où ils se sont installés, et le racisme ordinaire auquel il se retrouve confronté, pour la première fois :« On m'appela négro, j'entendis nez gros. Je me dis en moi-même que c'était un peu vrai. On m'appela Blanche-Neige. Je n'ai pas compris l'insulte. La neige était belle et j'espérais la voir. Elle était blanche, et j'étais noir. Ça n'avait rien à voir. » (p. 78)Plus tard, ce sera l'hôpital de Berck-plage où Lino est envoyé plusieurs mois, puis d'autres découvertes encore, les filles, la psychanalyse, et la fin de l'enfance, le passage à l'âge adulte. Et toujours présent, élément constitutif de l'adulte en devenir, ce sentiment de tiraillement entre son île nimbée de soleil et le continent. Un récit sur l'enfance, l'apprentissage et la mémoire.Au début, la narration qui alterne entre troisième et première personne du singulier, le phrasé haché et le style dense, déroutent. Il faut persévérer pour apprécier ce récit dont la richesse et la poésie se dévoilent peu à peu. Au fil des pages, l'enfant grandissant et apprenant, le "je" s'affirme, le style devient plus fluide, plus facile, mais garde toujours sa jolie musicalité. Toutefois, si le style est plaisant, sa complexité m'a tenue à distance du récit, que j'ai trouvé un peu longuet malgré son petit nombre de pages...

Kara
25/02/10
 

Format

  • Hauteur : 18.50 cm
  • Largeur : 11.80 cm
  • Poids : 0.17 kg