Un repas en hiver

MINGARELLI, HUBERT

EDITEUR : J'AI LU
DATE DE PARUTION : 15/01/14
LES NOTES :

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7,20 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Pour éviter de participer aux exécutions sommaires, trois soldats allemands d'une compagnie isolée en Pologne battent la campagne en quête de fugitifs juifs. Ce jour-là, ils en ont débusqué un qu'ils doivent ramener au camp. Ils font
halte dans une maison abandonnée pour partager leurs maigres vivres. L'arrivée d'un Polonais à l'antisémitisme affiché va, contre toute attente, réveiller chez les soldats un sentiment de fraternité vis-à-vis de leur proie.
17 personnes en parlent

Et me voilà donc avec une furieuse envie de lire des choses légères, d’adapter mes visionnages de films romantiques à mes lectures sinon je vais devenir folle, deux semaines que je n’ai pas réussi à terminer un roman. Pour ce faire, c’est une évidence, je commence le nouveau Mingarelli, bien sûr. Non mais quelle pomme! La reine des pommes! Je me souvenais pourtant de Quatre Soldats! Je savais qu’il y avait peu de chances qu’à la fin ils se marient et aient beaucoup d’enfants! Mais non, vas-y, jette-toi dans ce roman qui sent la neige à quinze pieds![...]

Readingintherain
23/11/12
 

Ils sont trois. Soldats allemands envoyés par leur hiérarchie débusquer des juifs cachés dans la forêt polonaise en plein hiver, ils affrontent des conditions climatiques épouvantables. Peu leur importe, ils préfèrent la chasse à l’homme aux fusillades, des fusillades qui les dépriment et dont ils rêvent la nuit. S’ils ne ramènent personne ils ne seront pas autorisés à battre à nouveau la campagne le lendemain. Alors ils cherchent, malgré le froid qui rentre par les yeux et se répand partout « comme de l’eau gelée qui serait passée par deux trous. » Un peu par hasard, ils finissent par en trouver un. Un jeune juif qui pourrait être leur fils. Alors que la faim leur vrille les entrailles, ils aperçoivent une maison abandonnée. Ils forcent la porte d’entrée, rallument le poêle et décident de se préparer une soupe avec le peu de vivres dont ils disposent. Ils accueillent peu après un polonais et son chien et le laisse s’installer près d’eux parce qu’il porte sur lui une bouteille d’alcool de pomme de terre dont ils vont pouvoir profiter. Commence alors un étrange huis-clos entre trois soldats allemands, un prisonnier juif condamné à une mort certaine et un polonais antisémite réunis autour d’un repas en hiver… Un roman glaçant. Le froid, la guerre, le ciel gris et bas, la neige, la faim. Et puis le malaise qui s’installe à l’arrivée du polonais. Son attitude haineuse à l’égard du juif réveille chez les soldats un soupçon d’empathie envers leur prisonnier. Ils savent pourtant qu’il ne faut rien ressentir pour ceux qu’ils capturent. Mais l’un d’eux ne peut s’empêcher de proposer que celui-là, on le laisse partir : « je veux […] pouvoir me rappeler de celui-là quand j’en aurais besoin. » Seulement, un seul ne suffira pas à oublier, à effacer tous les autres. Hubert Mingarelli ne cherche pas à faire passer d’infâmes salauds pour des gens biens. Il n’y a dans son texte ni salauds, ni gens biens. Juste des hommes, dans toute leur complexité. Impossible, malgré leur statut, de ne pas trouver chez ces soldats une pointe d’humanité et une bonne dose de fraternité. C’est toute la complexité et la richesse de ce court roman aux dialogues ciselés. Le style est direct, les descriptions d’une précision clinique et l’ensemble se lit d’une traite. Aussi beau que dérangeant.

jerome60
21/10/12
 

Roman difficile mais surprenant et émouvant. On assiste à un huit clos tendu et teinté à la fois de cruauté et de sensibilité. L’action se passe en hiver dans une Pologne glacée au cœur de la guerre.Trois soldats allemands affamés sont chargés de débusquer des juifs dans la forêt sombre et glaciale, couverte de neige. Ils vont se trouver face à face avec un polonais antisémite et un jeune juif apeuré qui semble s’être fait à l’idée de ce qui l’attend.Le personnage central du roman, c’est finalement ce repas, cette soupe qui n’en finit pas de cuire dans cette cabane où ils se sont réfugiés et qu’ils vont finir par partager.Hubert Mingarelli arrive au travers du narrateur, un des soldats allemands, à nous faire vivre ce face à face intense comme si nous étions présents.Il parvient à nous prêter de la compassion pour ces soldats allemands épuisés par cette guerre, et nous fait découvrir leurs peurs, leurs doutes, leurs blessures, leurs lâchetés. Tellement humains, ils sont dotés d'un humanisme qu’on ne s’attend pas à rencontrer chez eux en raison de leur mission si cruelle.L’histoire est pesante et angoissante, alors qu’au contraire l’écriture est légère, les phrases courtes mais percutantes.Un roman magnifique. Un vrai coup de cœur. Que dire de plus ?

Ludeca
12/08/15
 

Ce n'est rien de dire qu'Hubert Mingarelli a le chic pour nous faire ressentir le froid polaire qui sévit alors que trois soldats réussissent à éviter une "corvée" de masse et se mettent en route dans la forêt, pour aller littéralement à la chasse au Juif. La neige, le gel qui perce jusqu'aux os, les couches de vêtements qui tentent de protéger, la nature figée : le froid est terrible. Mais il y a pire : on sent ces trois hommes broyés par leurs conditions de vie, par le "travail" qu'ils ont à exécuter. Ils n'ont plus que des désirs de base, des instincts de survie à satisfaire : se mettre à l'abri, se réchauffer, manger. Et retrouver le chemin du camp. Malgré tout, des préoccupations, des obsessions affleurent : comment écrire à son fils pour l'empêcher de fumer sans le terroriser en ces temps de guerre et d'incertitude, comment empêcher les rêves d'envahir les journées et de faire souffrir, comment se blinder pour résister à cette mission atroce qui est la leur ? On les sent fragiles, épuisés, sur le fil du rasoir.Ce repas si fruste qu'ils prennent tant de temps à préparer (en démolissant sans vergogne l'intérieur d'une "sale petite maison polonaise"), on pourrait croire qu'il va réveiller, réchauffer cette part d'humanité qui est toujours au fond d'eux. Un repas qui permette de faire mémoire de ce qu'il y a de plus sensible en eux, qui ouvre une fenêtre sur un peu de lumière intérieure... les qualités d'un repas symbolique dans tout ce qu'il a de plus rassembleur. Mais la solidarité qui unit ces trois hommes va être mise à rude épreuve. Et là aussi, le style d'Hubert Mingarelli est implacable, comme l'histoire qu'il nous conte.Quelle est la frontière entre humanité et bestialité, qu'est-ce qui fait que l'on continue à être un homme malgré tout ? Voilà quelques-unes des questions qu'il nous pose, sous un point de vue original et coupant comme le froid d'un hiver polonais. Anne

Anne7500
20/07/13
 

Un jour de guerre en Pologne, trois soldats parviennent à échapper à la corvée de fusillade et sont envoyés chasser. La traque commence, sans conviction... À mesure qu'ils battent la campagne enneigée on comprend que ce n'est pas de gibier qu'il est question. Ils finissent par dénicher un jeune juif, presque par hasard et voilà cette journée sauvée : rentrés bredouilles ils n'auraient plus eu la permission de sortir du camp et seraient contraints, à l'avenir, de participer à la boucherie quotidienne. Désormais ils peuvent profiter l'esprit tranquille du reste de ce « temps libre », ils pénètrent dans une maison et parviennent péniblement, brûlant tout ce qui leur tombe sous la main, à faire un feu. Leurs maigres provisions misent en commun devraient permettre de faire une soupe dont ils salivent d'avance. L'un des hommes est obnubilé par la pensée de son fils qui l'attend, étrangement sa principale crainte est qu'il commence à fumer en son absence ; les deux autres tentent de le conseiller, chacun soutient l'autre comme il le peut, solidarité qui peut paraître dérisoire mais qui, en ces temps chargés, leur réchauffe à tous le cœur. La cuisson de la soupe s'éternise et un polonais antisémite fait irruption dans la petite demeure. Un étrange huis-clos se met en place et dure le temps que les meubles passent au feu. Un roman qui tourne autour d'une situation simple, dans un contexte lourd, avec mesure et justesse Hubert Mingarelli dresse un portrait de cette tablée dépareillée, dépenaillée, incongrue enfin, dans un style que l'on peux qualifier de suggestif et aérien.

sovane
13/07/13
 

Trois officiers allemands dans la campagne polonaise au cœur de l’hiver rude ont pour mission de traquer et ramener au camp tout juif errant. Et tandis que le froid resserre sa prise sur les trois hommes engoncés dans leurs pelures de vêtements, une maison abandonnée se présente, au cœur du vide, et avec elle, la promesse d’une halte salutaire, au chaud. Nos hommes rusés ont su dénicher un jeune homme juif qui se cachait là. Et ils décident d’allumer un feu pour se faire une soupe puisque l’un des officiers a eu la bonne idée de dérober quelques aliments avant de partir. Ils commencent à démolir le mobilier, morceau par morceau. Et tandis que le feu prend, la chaleur monte et avec elle des odeurs prometteuses de soupe. Un polonais arrive sur ces entrefaites et tient, dans un langage abscons, des propos antisémites. La chaleur soude les hommes, l’inhumain reste, pour un temps suspendu, dans cet âtre originel. Face à l’autre haineux, dont ils ne parviennent à comprendre le moindre mot, les officiers allemands le rejettent brutalement, voyant en lui un animal porcin et simiesque : le polonais, c’est l’Autre monstrueux qu’ils portent en eux (qu’on leur fait porter ?) et qu’ils refusent de voir. Dans ce huis clos bâti sur les extrêmes, où la chaleur côtoie le froid, l’humain l’inhumain, les possibles s’ouvrent jusqu’à la dernière page et un dénouement (in)attendu… « Un repas en hiver » est un tour de force réalisé par Hubert Mingarelli, un huis clos qui tire sa puissance de sa concision. Seraphita

Seraphita
08/06/13
 

Trois hommes, trois soldats partent un matin, à la chasse (mais la chasse à quoi?) pour éviter de faire partie du peloton qui procèdera aux exécutions. Et au milieu de la forêt glacée, enneigée de la Pologne de la seconde guerre mondiale, ces hommes "accompagnés" de deux autres feront un bien étrange repas. Un Juif, car il s'agissait bien de chasse au Juif, et un Polonais et son chien.Un très court roman d'Hubert Mingarelli, que je découvre, dont il a pas mal été question sur les blogs en ce début d'année. D'emblée, j'ai été agacée par le style. Un style qui colle énormément avec le personnage qui raconte l'histoire (écrite donc à la première personne). Peut-être trop pour moi, car j'ai eu la sensation par moments de lire des phrases incorrectes du point de vue de leur construction. Factuel, sans émotion, le style du roman ne m'a pas emballée donc, c'est le moins que l'on puisse dire.Cependant, Hubert Mingarelli pose à travers l'histoire de ce repas, sorte de parenthèse, la question des relations entre humains dans des situations hors du commun. La question de l'humanité. Car finalement, c'est une sorte d'égoïsme, d'auto-conservation (à défaut de trouver mieux comme expression) qui pousse ces trois soldats à partir à la chasse au Juif: ils n'aiment pas les fusiller. Et si ils envisagent de l'épargner, c'est pour plus tard pouvoir se rappeler de ce geste généreux, pour soulager leur conscience, pas pour épargner un homme.Un livre sur l'humanité, sur la cruauté et la capacité à survivre dans un univers où la pitié et l'empathie n'ont plus droit de cité. Une lecture mitigée, mais qui me donne envie de suivre cet auteur et lire d'autres romans de sa plume.

Choupchoup
22/05/13
 

Dès le matin, trois soldats se proposent pour une mission afin de pas rester la journée avec les autres. Ils s'en vont le ventre vide dans une campagne enneigée après avoir reçu l'aval de leur supérieur. Trois soldats devenus copains au cours de cette seconde guerre mondiale. Il fait froid, un froid qui franchit les minces barrières de protection de vêtement et qui pénètre jusqu'à la chair tandis qu'ils marchent.Et là, en ne savant strictement rien de ce livre, je m'étais imaginée des soldats français car au départ rien ne nous indique que nous sommes en Pologne et que les soldats sont allemands. Il faut quelques pages pour le savoir comme pour comprendre la raison qui les a poussée à partir à une chasse particulière. Celles aux Juifs. Plutôt que de rester et d'assister à une exécution, ils préfèrent en débusquer un. Trois civils devenus soldats durant la guerre et pour ne pas penser au froid et à la faim, il plaisantent, ils se remémorent leurs souvenirs. Dans la forêt, ils découvrent la cachette d'un Juif et l'arrêtent. Sommairement sans démonstration de violence. Mission accomplie, ils pourraient rentrer mais assaillis par la faim et le froid, ils s'arrêtent dans une maison abandonnée et décident de manger d'abord. Ils doivent se débrouiller avec les moyens du bord c'est-à-dire presque rien. En allant chercher du bois, un des soldats voit un polonais qui s'invite dans la maison. L'idée d'une soupe les taraude, le polonais reste, s'incruste et montre qu'il a sa place. Le manque de bois les pousse à détruire la porte du cagibi où le Juif se tient tranquille. Dans sa langue, le Polonais déverse sa haine envers cet homme. Le repas est prêt mais une question s'invite : faut-il inviter le Juif à partager leurs repas ou non? Le faire manger , donner un peu de leurs maigres parts alors qu'ensuite il sera exécuté ? Car partager un repas est synonyme d'une forme de fraternité.Ces trois hommes comme ils en existent tant pris dans une guerre doutent, hésitent. Pas de méchants ou de gentils, juste des hommes.Hubert Mingarelli instaure une ambiance en peu de mots, nous transportent en Pologne. La maison devient le centre d'un huis clos où la tension, des questions simples deviennent aussi complexes que la nature humaine. Saisissant. http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
29/03/13
 

Cinq hommes dans la tourmente de la guerre Dans un récit sobre mais percutant, l'auteur interroge le lecteur sur les agissements en temps de guerre. Sans manichéisme, à travers une journée dans la vie de cinq hommes , trois soldats allemands, un prisonnier juif, et un paysan polonais réunis au cours d'un improbable repas, il soulève les problématiques des victimes et des bourreaux, de la haine de l'autre, de la soumission et de la désobéissance. De simples soldats maillons d'une chaîne, ont aussi un libre arbitre et peuvent changer le cours des choses.

Trois soldats ont pour mission de parcourir champs et forêts pour retrouver les Juifs qui s'y sont cachés et de les ramener au camp. Chaque Juif débusqué permet de ne pas être parmi ceux qui les fusilleront le lendemain.Nous sommes en Pologne, au coeur d'un hiver glacial, entre neige et tempête. Alors qu'ils perdent espoir, qu'ils ont froid et faim et s'apprêtent à rentrer, l'un d'entre eux découvre finalement celui qui devient de fait leur prisonnier, tapi au fond d'un trou.Sur le retour, ils croisent une vieille baraque perdue dans laquelle ils décident de faire une halte et tenter de réchauffer leur maigre pitance.Ce lieu abandonné devient alors le théâtre d'un huis clos entre ces trois soldats, le Juif et un Polonais et son chien qui viennent à passer. Devront-ils partager leur repas ? Et le Juif dans tout ça ? Le malaise s'installe à l'arrivée du Polonais qui montre vite de l'agressivité à l'encontre du Juif que l'on a laissé se réchauffer en lui ouvrant la porte de la remise. Une sorte de lien se crée entre les soldats et leur prisonnier. Un début d'empathie. Jusqu'à la question cruciale : Et si on rendait sa liberté à celui-là pour se souvenir qu'on l'aura fait une fois ? "Quand on pensera à lui, ça nous soulagera".Au fur à mesure que la soupe cuit sur le poêle, nous découvrons des personnages finement ciselés par l'auteur. Ce roman nous interpelle sur le sentiment de culpabilité, la conscience de ces hommes et leur indifférence aussi. Un roman maitrîsé et totalement réussi!

floaimelesmots
16/03/13
 

Court roman tout en subtilité, et tout en discrétion ; presque confidentiel qui réunit trois militaires plus « enclin » à aller chasser le juif qu’à procéder aux exécutions. Trois militaires, et un chasseur polonais qui vont se retrouver face à leur propre questionnement pour parvenir à faire sortir leur humanité lors d’un repas improvisé au milieu de nulle part avant de revenir aux cruelles réalités de la guerre. Ce huis-clos dure pratiquement la moitié du roman, peut par moment paraître oppressant. Mais il révèle la complexité des hommes, leurs failles, les obligent à s’accepter, et faire une trêve.Il n’y a aucun manichéisme de a part d’Hubert Mingarelli. Son écriture traduit parfaitement le réchauffement. D’une ambiance gelée comme la campagne polonaise, à la chaleur d’un plat mitonné avec les moyens du bord, en passant la montée en température d’une cheminée, Mingarelli a travaillé son texte pour nous laisser l’envie d’y revenir. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
17/02/13
 

Qu'il fait froid dans ce roman, un vrai livre de saison.Le froid transperce les soldats, hésitants à fumer leur cigarette. Bizarrement, c'est le Juif qu'ils capturent qui est le mieux habiller pour affronter le temps polaire.Même dans la maison abandonnée qu'ils trouvent, il fait froid. Qu'elle m'a parue étrange, leur hésitation à faire brûler le banc pour se réchauffer. Comme si s'asseoir par terre était au-dessus de leur force, et les auraient amener à s'asseoir au sol, comme leur prisonnier.Des hommes ordinaires que ces soldats, dans une situation pas ordinaire. Ils ne rêvent que de vie civil, s'inquiètent pour leurs enfants.Un roman dont l'ambiance m'a fait penser aux écrits de Philippe Claudel : le lecteur est projeté d'emblée dans une région sans nom, au coeur du maëlstrom. Des personnages qui subissent ce qui leur arrive.Un "beau" repas, qui m'a fait penser au film "Joyeux Noël".L'image que je retiendrai :Celle du flocon sur le bonnet du prisonnier. Alex-Mot-à-Motshttp://motamots.canalblog.com

AlexMotaMots
30/12/12
 

Je n'avais pas osé me lancer dans un avis sur ma lecture précédente de l'auteur, Quatre soldats, mais cette fois, je n'ai pas envie de vous faire passer à côté d'un texte fort comme celui-ci. Le sujet et le cadre sont assez similaires au roman Quatre soldats : un contexte de guerre, des soldats qui sont là parce qu'il le faut, mais qui sont ailleurs (ou qui souhaiteraient l'être) dans leur tête, et enfin une parenthèse particulière durant une journée. Pourtant, si la pause ensoleillée des Quatre soldats leur apportait un repos de l'âme, il n'en sera pas de même pour ce repas d'hiver, lourd de non-dits et de conséquences. Nous avons ici un roman en filigrane, tout en pudeur, porté par une écriture avec une empreinte stylistique forte, mais qui marque pourtant à peine la neige grâce à sa délicatesse, et permet alors d'entrevoir la beauté et la cruauté entremêlées de la glace et du froid. J'y ai trouvé une bulle de chaleur, en vase clos dans un paysage de neige, sur des évènements qui font pourtant froid dans le dos. Et puis même si nos soldats sont dans un paysage désolé, il reste pourtant un infime espoir, toujours présent, une hésitation, une possibilité, un peut-être, qui rend ces hommes terriblement humains. http://chezradicale.canalblog.com/

Radicale
25/11/12
 

Chaque année, un roman de Mingarelli figure dans la présélection de Lettres Frontière. L'année dernière, j'avais lu et apprécié Lettres de Buenos Aires et c'est donc avec grand plaisir que je le retrouve cette année.Seconde guerre mondiale, dans un camp de prisonniers en Pologne. Afin d'éviter de participer à la fusillade, trois soldats allemands proposent à leur supérieur de partir à la chasse aux « Juifs » dans la forêt avoisinante. La dernière exécution, les a profondément marqué et ils ne souhaitent pas recommencer.Cette partie de chasse est l'occasion pour eux de s'isoler du groupe et de pouvoir exprimer enfin ce qu'ils ressentent vraiment. Cela va prendre une nouvelle tournure quand les trois soldats trouvent refuge dans une vieille maison abandonnée dans laquelle ils vont partager leur repas avec un juif et un polonais. La question se pose alors de savoir ce qu'il faut faire, que cela soit bien ou pas. S'ils rentrent bredouilles, ils ne pourront plus repartir et devront alors de nouveau prendre part aux massacres. Pas de méchants ou de gentils mais juste des hommes. Un très beau roman toute en finesse

Nesss
07/11/12
 

Hubert Mingarelli est un personnage touchant. Un homme d'une grande humilité et un auteur peu ordinaire. Cependant, ses livres ne sont guère faciles à lire. Deuxième que je lisais, Un repas en hiver m'a laissée sceptique. Et pourtant, l'intrgue a de quoi fasciner. Trois soldats ont le choix soit de rester à la base et de participer aux éxecutions quotidiennes soit d'être envoyés dans la campagne Polonaise pour "trouver et ramener" des juifs. Lassés des jours à tuer à la chaine des hommes qui pourraient être leurs frères, ils décident de suivre les ordres hors de leur campement. Et pourtant le chemin ne sera pas calme mais semé d'embuches. Ils feront la rencontre de deux personnages, un juif et un Polonais, comme posés sur leur chemin pour se poser les bonnes questions et les faire reculer dans leurs retranchements. Que faire loin des supérieurs pour obéir aux commandements mais ne pas être inhumain? L'homme est-il plus animal qu'humain ? Nourrir ou laisser mourir des vies sous leurs yeux ? Autant de questions que les soldats vont se poser pour résoudre leur dilemme. Un roman qui traite d'un sujet sous un aspect bien à lui mais qui ne laisse pas assez le lecteur s'aventurer dans l'intrigue à cause d'un style difficile à suivre. Des phrases retournées, détournées et qui laisse une impression de grande familiarité dénuée de toute simplicité. On s'y perd, on tente de s'adapter mais il ardu de coller à la pensée de l'auteur. Mais le style est à tenter au moins une fois avec l'un de ses romans, juste pour voir si vous entrez dans son écriture... Vous n'y perdrez pas votre temps!

deedoux
07/11/12
 

huis clos chasseurs/chassé Dans la campagne polonaise, chaque jour apporte son lot d'exécutions sommaires. Pour éviter ces dernières, 3 soldats de la Wehrmacht sont envoyés pour amener chaque jour un juif qu'il faudra livrer à la mort. Leur proie une fois trouvée, ils retardent le moment de revenir au camp et tentent de calmer leur faim en préparant un repas dans une maison abandonnée. Commence alors un huis-clos entre les soldats, le juif et un polonais de passage qui questionnera leur reste de fraternité et d'humanité. Un court récit d'une exceptionnelle densité !

Un nouveau Mingarelli… enfin, nouveau mais toujours la patte du maître, cette maîtrise des mots, de la construction, la description de la nature et du froid en filigrane. De la poésie et le temps, un instant suspendu, chaque geste est décrit minutieusement, chaque parole disséquée, pour bien marquer l’empreinte du temps, sur lequel aucun pouvoir n’a de prise. 3 soldats allemands en Pologne, qui pour ne pas aller le lendemain procéder aux fusillades, partent chercher « de l’étranger ». L’étranger, l’ennemi, celui a ramené prisonnier, c’est bien sûr le Juif. Malheureusement pour eux, cette fois, ils en trouvent un, ils vont même rencontrer un Polonais lors de cette journée glaciale.La petite maison, qu’ils trouvent pour s’abriter du froid et tenter de se nourrir un peu avec ce que Bauer aura volé, sera témoin des haines, des doutes, des empathies que peuvent vivre ces cinq personnages.Un très très beau roman... Il suffit de se laisser porter... Cocotcha

cocotcha
25/06/12

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.10 cm
  • Poids : 0.07 kg

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