Terminus radieux

VOLODINE, ANTOINE

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 06/11/14
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

Taïga sombre et immense, steppes infinies... La scène se passe d'abord après l'irradiation complète de la Sibérie et l'écroulement de la Deuxième Union soviétique, puis des siècles plus tard. La région, dévastée par des accidents nucléaires, est à jamais inhabitable. Entourés de paysages grandioses, des soldats fantômes, des morts vivants et d'inquiétantes princesses s'obstinent à poursuivre le rêve soviétique. Désormais le centre du monde a un nom, Terminus radieux, un kolkhoze dont la pile atomique s'est enfoncée sous terre. Solovieï, le président
du village, met ses pouvoirs surnaturels au service de son rêve de toute-puissance : vie et mort, amour éternel, renaissance. Assisté par l'immortelle Mémé Oudgoul, il règne en maître sur le destin des hommes et des femmes qui ont atterri là. Non loin du kolkhoze passe une voie ferrée où circule un unique convoi, toujours le même. Prisonniers et militaires cherchent en vain le camp où leur errance prendra fin. Mais, là encore, Solovieï ordonne l'histoire. Il leur faudra attendre des milliers d'années pour que s'éteigne sa présence dans leur cauchemar.
5 personnes en parlent

Un roman magnifique, qui est à la fois une somme dépassant tous ses précédents livres, et une somptueuse porte d’entrée dans l’univers d’Antoine Volodine et des écrivains post-exotiques, pour ceux qui ont encore la chance d’avoir tout à découvrir (à paraître fin août 2014 aux éditions du Seuil).Après l’échec et le naufrage de la Deuxième Union Soviétique, suite aux accidents en chaîne de petites centrales nucléaires déglinguées et à l’écroulement de l’Orbise, dernier bastion de résistance de ceux qui luttaient pour un monde égalitaire, Iliouchenko, Kronauer et Vassilissa Marachvili, trois combattants en bout de course, se réfugient dans des territoires devenus inhabitables à cause des radiations, pour échapper au massacre des derniers d’entre eux.«Et puis, maintenant, le phare de l’Orbise n’éclairait ni le monde ni le petit territoire où s’étaient amassés ses ultimes partisans. Toutes les sauvageries allaient réapparaître. Tout ce que nous n’avions pas eu le temps d’éradiquer pendant nos courts siècles de pouvoir. La morale des tueurs et des violeurs allait se substituer à la nôtre. Les cruautés ancestrales ne seraient plus taboues et, de nouveau, comme dans la période hideuse qui avait précédé l’instauration de la Deuxième Union Soviétique, l’humanité allait régresser vers son stade initial d’homme des cavernes. Ses idéologues se rallieraient à ceux qui depuis autrefois prônaient l’inégalité et les injustices. Ses poètes mercenaires chanteraient la culture des maîtres. La soldatesque ne serait plus tenue en laisse. La danse de l’idiotie et du sang allait reprendre.»Allant vers l’avant et vers la mort tout en s’entraidant, dans des espaces désertés de steppe et de taïga, ils vont se rapprocher du kolkhoze «Terminus radieux», communauté isolée du monde et de la ligne du parti depuis très longtemps, dont le président est un certain Solovieï, un homme imposant au physique de moujik hirsute, sorcier étrange qui recourt à des pratiques incestueuses et obscures, assisté de la Mémé Ougdoul, dont l’organisme est, comme celui de Solovieï, insensible aux radiations et qui gère les humeurs et appétits de la pile nucléaire, enfoncée dans le sol du kolkhoze depuis l’accident de la centrale locale.«Solovieï quant à lui ne poussait jamais la porte de l’école pour parfaire l’éducation de ses filles. Il préférait se rendre à l’intérieur de leurs rêves. Qu’il choisit pour ce faire de traverser le feu, de s’engager corps et âme dans l’espace noir ou de se mettre à voler puissamment dans les ciels chamaniques, il aboutissait certaines nuits au cœur de leur sommeil et il y entrait sans frapper.» Dans une nature abimée par l’homme pour des siècles, qui retrouve une majesté sauvage avec la raréfaction des humains, les errances de cette communauté et celles d’un groupe de soldats qui recherchent dans la steppe un camp où finir leur voyage, tels «un groupe de zombies au dernier stade de l’existence», forment un récit poignant sur une humanité crépusculaire, dans un espace où le temps et l’existence semblent s’étirer indéfiniment, et dans des directions paradoxales, créant des images d’une force inouïe et un univers de la pâte dont sont fait les rêves.«Au-dessus de la steppe le ciel étincelait. Une voûte uniformément et magnifiquement grise. Nuages, air tiède et herbes témoignaient du fait que les humains ici-bas n’avaient aucune place, et, malgré tout, ils donnaient envie de s’emplir les poumons et de chanter des hymnes à la nature, à sa force communicative et à sa beauté.» Comme Solovieï, Volodine est chamane, infusant dans ses romans tout ce qui l’a précédé et ici les contes en particulier, et faisant s’élever un récit somptueux, terriblement noir et nostalgique, et teinté de cet humour insensé et jamais entamé malgré les défaites.«Le train cahote sur sa route à petite allure. Les passagers sont affalés dans la pénombre des voitures. Ils ne sont pas tous morts mais prétendre qu’ils sont vivants serait excessif.»

MarianneL
21/07/14
 

Dans une Russie (et un monde) en guerre, suite à la Deuxième Union Soviétique à la fin du XXIIème siècle, trois amis parcourent le pays, dépérissant à cause des radiations. L'un deux est amené à partir chercher de l'aide et atterrit dans un kolkhoze appelé Terminus radieux, peuplé par d'étranges habitants.Je pensais que Terminus radieux était le premier texte que je lisais de Volodine, cependant, en fouinant un peu sur le bonhomme et ses écrits, il s'est avéré que j'avais déjà tenté de le lire, avec Les Aigles puent, sous son pseudonyme de Lutz Bassmann. C'était un texte très noir, très dur, au bout duquel je n'étais pas allée. Terminus radieux n'a toutefois pas complètement la même tonalité, possédant une poésie et un rapport à la nature (irradiée certes) un peu plus, et bien, radieux, malgré son désespoir évident.Car ce roman est un texte poétique et onirique. Volodine y énumère par exemple des herbes imaginaires par la bouche de son personnage principal, Kronauer, comme une défense contre ce monde où l'humanité n'a plus vraiment sa place, par sa propre faute. Par ailleurs, tout au long du récit plane le doute : tous ces gens sont-ils vivants ou déjà morts ? Eux-mêmes n'en finissent pas de se poser la question. On trouve également de nombreuses références aux contes, dans ce "conte post-atomique". Et comme tous les contes, celui-ci est terrible.Oui, parce que quand même, c'est légèrement la fin du monde dans un délire radioactif, c'est malsain, désespéré... et bien écrit, si bien qu'on a l'impression que l'auteur va chercher profond en lui-même, et veut aller profond dans les tripes du lecteur. Gros plus, c'est également drôle, notamment grâce à la Mémé Oudgoul (sérieusement, j'ai même pensé à Mémé Ciredutemps, mais je suis pas sûre que Volodine ait lu Pratchett) et à toutes les réflexions "communistes" qu'elle peut avoir.Si on ajoute à ça un père abusif qui pénètre dans l'esprit de ses filles (et de toutes les personnes qu'il souhaite) pour fouiller leurs pensées et leur dire ses poèmes (parties un peu longuettes pour moi), une pile radioactive au fond d'un trou (tel le gluon), et des personnages tous plus ou moins déjantés, on obtient un roman fort sympathique.Pour résumer, Terminus radieux d'Antoine Volodine au Seuil est un post-apo atomique, entre humour et désespoir, qui se situe en Russie. Le texte est à la fois poétique, onirique et dur, parfois même malsain. Malgré quelques longueurs, notamment lors des poèmes que l'un des personnages déclame en s'introduisant dans l'esprit des gens, c'est un roman intéressant et plein de références, qui montre que l'auteur est un passionné et a son univers bien à lui. Il a reçu le Prix Médicis en 2014. Et c'est de la SF. LuneCe n'est pas parce que je dis n'importe quoi que j'ai tort.

LunePapillon
13/02/15
 

Lire un roman d'Antoine Volodine, c'est entrer dans un autre monde dont lui seul connaît les rouages. Au premier abord, on se croirait en Russie, puis on se dit, mais non cela ressemble à la Russie, mais c'est tout autre. Et puis, quelle Russie? En effet, Terminus Radieux ne nous parle pas de ce pays, mais plutôt de la Seconde Union Soviétique, et cette dernière est déjà un vaste souvenir, irradiée par les explosions successives des centrales nucléaires censées lui procurer l'autonomie énergétique.Celui qui a déjà lu l'auteur sait que l'intelligence littéraire suinte à chaque page. Certes, il faut être concentré et s'armer parfois de patience pour bien saisir l'étendue et la profondeur du récit, tant elle est originale et tellement éloignée de ce qu'on a l'habitude de lire.Terminus Radieux se présente comme un roman "halluciné et hallucinatoire", à la fois un rêve éveillé et une fiction dans lequel les personnages ne savent pas eux mêmes quelle est la nature exacte des événements qu'ils croient vivre. Dans le genre, Vincent Message avait tenté un roman sur ce thème avec Les Veilleurs (Ed. Points Seuil 2010), mais s'y était cassé les dents...Dans un contexte post-apocalyptique, une poignée de survivants résistants à la radiation tentent de reproduire la vie en communauté dans l'ancien kolkhoze Terminus Radieux, dans la région russe du Levanidovo. deux personnes sont à la tête de ce groupe, deux anciens liquidateurs insensibles au poison irradié, et devenus immortels: Mamie Oudgoul, une multi centenaire qui reste assise à côté du trou formé par la pile nucléaire qui donne de l'énergie, et son amoureux, Solovieï, dont le pouvoir est de rentrer dans les rêves des habitants et vampiriser leurs vies, véritable chamane psalmodiant des narrats incompréhensibles.Autour de ce "village" reconstitué, c'est la steppe, la forêt, lieu de tous les dangers car le territoire de Solovieï: quiconque y entre est à sa merci."On se trouve dans un univers intermédiaire, dans quelque chose où tout existe fortement, où rien n'est illusion, mais, en même temps, on a l'inquiétante sensation d'être prisonnier d'une image, et se déplacer dans un rêve étranger, dans un bardo où on est soi-même étranger, où l'on est un intrus peu sympathique, ni vivant ni mort, dans un rêve sans issue et sans durée."Dans les mailles de son filet, celui qui "ressemble à un vent démoniaque, à un oiseau ou à un magicien inquiétant peu importe" a capturé Kronauer, un ancien soldat de l'Orbise, parti plus tôt à l'aventure chercher de l'aide pour ses compagnons d'infortune. Sur le chemin, puisqu'il a sauvé la vie de la fille de Solovieï, ce dernier le déteste, considérant que ses trois filles sont sa chasse gardée... Kronauer devient malgré lui un esclave du kolkhoze dont il ne peut sortir sans animer les foudres du "nécromancien des steppes." Cependant, le soldat sent bien qu'il n'est pas dans son état normal, atteint de "rêves traînants et de certitudes d'avoir déjà vécu plusieurs fois ce qu'il était en train de vivre dans le présent."En effet, les habitants de Terminus Radieux, en plus de ne plus posséder de libre arbitre, ne sont ni vivants, ni morts. C'est Mamie Oudgoul qui les maintient dans cet état avec ses frictions d'eau très-lourde, d'eau très-morte et enfin d'eau très-vive entre les yeux. Ils sont des zombies qui font partie intégrante d'un rêve éveillé, "des espèces de bout de rêves ou de poèmes" extraits du crâne de Solovieï.Dès lors Terminus Radieux n'est plus un kolkhoze au regard des événements; il devient une scène de théâtre censée divertir le maître de l'endroit:"Un théâtre pour l'empêcher de passer l'éternité à bailler en attendant que le monde se désagrège, et pour ceux qui vivaient au village, c'était un sale rêve dont ils pourraient jamais sortir".Mais si les prisonniers de Solovieï se révoltent, que peut-il se passer?Ce roman navigue sans cesse dans les franges de l’achronie et de l'ubiquité, au rythme des narrats crachés par les cylindres du phonographe, dont les phrases, averses sombres, ou les poésies vociférantes ont pour objectif d'anesthésier et annihiler la volonté du groupe survivant.Le lecteur peu habitué à une telle narration sera peut être tenté d'abandonner la lecture, mais la persévérance paie, car on entre dans les consciences des personnages, mais aussi dans leurs vides immenses. La civilisation n'existe plus et ceux qui subsistent ne sont plus que des marionnettes ou les passagers d'un train de marchandises qui traverse la steppe, alors que cela fait longtemps qu'il n'y a plus de quoi le faire fonctionner...Finalement, le monde décrit par Antoine Volodine n'a rien de bien attrayant. Il est à l'agonie, voire déjà mort, tout le contraire d'un asile radieux. Il n'y a que l'écriture et les pages noircies d'un journal des événements pour donner l'impression que Terminus Radieux n'est pas que le rêve immense et nauséabond d'un esprit ignoble.Lire Terminus Radieux c'est lire autre chose, c'est lire l'imagination sans bornes d'un auteur discret qui, au fil des ans, a su faire du post-exotisme un genre à part entière. vivi

vivicroqueusedelivres
19/09/14
 

Roman post-apocalyptique intense et rusé, roman sans doute le plus puissant jamais écrit par Volodine, et ce n’est pas peu dire.Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/09/01/note-de-lecture-terminus-radieux-antoine-volodine/

Charybde2
01/09/14
 

Lire Volodine n’est jamais complètement anodin et pas non plus d’une simplicité folle, et pour cause : pour le lire il faut accepter de laisser derrière soi un certain nombre de choses. Il n’est plus avec lui question de fiction, de non fiction, de fantastique ou de réel, il est question de bien plus , à savoir le génie. Depuis 30 ans et une très longue liste de romans, sous les pseudonymes d’Antoine Volodine, d’Eli Kronauer ou encore de Manuela Draeger, l’auteur s’est créé un univers. Un style aussi, qu’il définit lui-même de « post-exotisme » – vaste terme pour une infinité de mondes différents dans lesquels il inscrit ses histoires et son écriture .Mais dans ses romans, et particulièrement dans Terminus radieux, dont il est question ici, et bien plus encore que le style en lui-même, c’est l’ambiance, l’espace-temps inventé par Volodine, ses personnages aussi, qui en font toute la particularité.Chez Volodine tout est toujours étrange, onirique, sur un fil entre réalité et fantastique. C’est dans la taïga et la steppe que le roman s’installe pour cette fois, et ne serait-ce que ce cadre, paysage fantasmé et on ne peut plus énigmatique , suffit à créer une ambiance, un cadre qui vous emporte, et vous emporte très loin. Il réussit aussi le tour de force de rendre tous ses personnages plus fous, intrigants, attachants, brisés et émouvants les uns que les autres, du sorcier despotique Solovieï, à ses trois filles irréelles, en passant par l’immortelle Mémé Oudgoul ou bien encore Kronauer l’ex soldat, mi-vivant mi-mort, dont l’errance semble être un chemin vacillant vers des dernières heures incertaines.La force inouïe de ce roman existe par sa cohérence et le fait que tout en flirtant dans un entre-deux indéfini, tout se tient et tout se tient avec beauté de surcroît. Antoine Volodine nous emmène par delà les frontières, au delà de ce que vous connaissez, au delà même de ce que vous imaginez.Et n’est ce pas là la preuve irréfutable que Terminus Radieux est un grand roman ?( Et si jamais vous vouliez faire découvrir Antoine Volodine à vos enfants, cousins, neuveu, ou que sais-je de moins de 11 ans, je vous conseille vivement les aventures de Bobby Potemkine et de Lila Nebraska dans La nuit des mis bémols de Manuela Draeger ( Ecole des Loisirs )

TylerDurden
23/08/14
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.64 kg