Therese desqueyroux

MAURIAC, FRANCOIS

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 28/11/72
LES NOTES :

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5,10 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Rançois Mauriac Thérèse Desqueyroux Pour éviter le scandale et protéger les intérêts de leur fille, Bernard Desqueyroux, que sa femme Thérèse a tenté d'empoisonner, dépose de telle sorte qu'elle bénéficie d'un non-lieu. Enfermée dans sa chambre, Thérèse

tombe dans une prostration si complète que son mari, effrayé, ne sait plus quelle décision prendre. Doit-il lui rendre sa liberté oe Dans ce livre envoûtant, François Mauriac a réussi un fascinant portrait de criminelle. Edition de Jean Touzot.

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Thérèse Larroque, fille de la campagne futée à la répartie fameuse, devient Madame Desqueyroux en épousant Bernard, le demi-frère de sa tendre amie, Anne de La Trave. Mariage et conformisme, tout ce qu'exècre Thérèse qui rêve de liberté et d'horizon large, tout ce qu'elle gagne. Personne ne l'a obligée à épouser ce propriétaire terrien aux multiples pinèdes, chasseur à ses heures. Seulement, l'époque (1926) peu propice à l'émancipation des jeunes filles ne laisse que des choix contraints à la gente féminine : devenir épouse (ou bien nonne) puis mère, rarement femme. Alors, Thérèse se rebiffe et décide d'une autre perpétuité.Ce qui surprend lorsqu'on ouvre ce roman après avoir visionné l'ultime œuvre de Claude Miller, reste la profonde modernité de l'intrigue, ce qui du coup la rend intemporelle. Alors que le réalisateur choisit une narration chronologique linéaire (comme mon traitement d'ailleurs), François Mauriac aligne des présents, le passé et des futurs imbriqués : on sait très vite le devenir de Thérèse ; le présent dans le train demeurant le futur du méfait de cette bourgeoise mais l'antériorité du temps parisien ; la période parisienne devient un présent de Thérèse, bousculant les autres actions au passé, qui prennent leur revanche et leur tour de quotidien au moment venu. Ce va-et-vient constant, fantastique et hautement maîtrisé booste l'intrigue : le lecteur sait tout (un peu comme un début d'enquête de Columbo), reste à lui à comprendre le geste de Thérèse, et même la personnalité sulfureuse de l'héroïne : c'est là que réside le nœud de l'histoire.Thérèse Desqueyroux ne se résume pas à une charge contre les notables provinciaux aux conventions sociales si violentes, où la séquestration d'une criminelle s'effectue hors des barreaux pénitentiaires, où l'absence de liberté physique, charnelle et finalement intellectuelle s'opère, où une victime devient à son tour bourreau. Cette œuvre s'apprécie également par son développement analytique de haut niveau.La confrontation entre les deux personnages féminins principaux de l'intrigue (Thérèse et Anne) en devient un fondement majeur : tour à tour rebelles ou normatives, ces deux charmantes protagonistes jouent au chat et à la souris, pour notre plus grand bonheur. On ne comprendrait pas Madame Desqueyroux sans la présence de la copine. Anne est un élément qui ne cesse de réactiver l'histoire, soit en prenant la place de Thérèse au sein du clan, soit en réalisant un moment donné l'émancipation dont cette dernière rêve.Malgré les éléments masculins ultra présents dans la société d'Argelouse (Bernard, Monsieur Larroque, père de Thérèse, fin politicien et grand manipulateur, mais aussi Jean Azévédo, catalyseur de fronde féminine), Thérèse Desqueyroux reste un hymne à la femme. Par un jeu de miroirs (ceux que chacun renvoie à autrui), par un discours non moralisateur (alors que le récit même porte sur la notion de morale), François Mauriac présente une de ses contemporaines sans jugement, avec discernement et finalement bienveillance comme cette magnifique lettre adressée à son héroïne en début d'ouvrage l'atteste : très ouvert, il suggère un temps la bisexualité de celle-ci. Du très grand art, servi par une langue impeccable avec une syntaxe hors-pair, Thérèse Desqueyroux compose aussi un subtil manuel de grammaire-conjugaison tout simplement éblouissant.

Cave
07/03/13
 

NON-LIEU. Ce mot résonne encore dans la tête de Thérèse Desqueyroux alors que la calèche l'emmène à Argelouse auprès de son enfant, Marie, et de son époux, Bernard Desqueyroux, qu'elle a tenté d'empoisonner à l'arsenic. Pourtant, c'est le faux témoignage de ce dernier qui lui a évité la condamnation pour meurtre.Le père de la jeune femme a été clair: "tu feras tout ce que ton mari te diras de faire. Je ne peux pas mieux dire." Sa liberté a un prix, et non des moindres. Se plier aux règles de la belle-famille, accepter l'effacement et l'anéantissement au profit "du don total à l'espèce" et à "la perte de toute existence individuelle." En l'innocentant, Bernard a gagné. Cet homme qui n'a jamais compris son épouse, va pouvoir en faire ce qu'il veut, prétextant l'honneur familial.Thérèse sait qu'elle va devoir payer pour son geste.Sur la route du retour, elle tente de se souvenir en quelles circonstances elle a épousé un Desqueyroux. Pourtant, elle était plus riche, avait le sens des affaires, et aimait son indépendance. "Peut-être cherchait-elle moins dans le mariage une domination, une possession, qu'un refuge?" Et puis, épouser Bernard, c'était aussi faire d'Anne, sa meilleure amie, une belle-soeur."Elle se "casait", elle entrait dans un ordre. Elle se sauvait" Mais de quoi, exactement?Alors qu'elle a tenté de le tuer, Thérèse se rend compte qu'elle n'a jamais haï son mari. Seulement, après ses couches, la vie lui était devenue insupportable:"C'était là le tragique; qu'il n'y eut pas une raison de rupture; l'événement était impossible à prévoir qui aurait empêché le choses d'aller leur train jusqu'à la mort."L'incompréhension avec sa belle-famille s'installe, au point qu'ils ne semblent plus parler le même langage. Peu à peu, son époux devient un étranger à ses yeux:"Mais du premier coup d’œil, il lui paraissait tel qu'il était réellement, celui qui ne s'était jamais mis, fût-ce une fois dans sa vie, à la place d'autrui; qui ignore cet effort pour sortir de soi-même, pour voir ce que l'adversaire voit."Or, maintenant, à Argelouse, les rôles se sont inversés. Thérèse attend la sentence de Bernard. Plus rien ne sera jamais comme avant. Au nom du silence et de l'honneur familial, et parce que la famille pense aussi qu'elle n'est pas une bonne mère pour Marie, Bernard décide de la "séquestrer" dans une seule pièce de la maison. Le domestique Balion et son épouse veilleront sur elle, tandis que Desqueyroux vivra ailleurs.Bernard a enfin eu le dessus sur cette femme énigmatique et insatisfaite, car "qu'y-a-t-il de plus humiliant d'avoir épousé un monstre lorsqu'on a le dernier mot?"Pour Thérèse, l'enfermement, l'abandon, est pire que la condamnation. C'est l'incarnation de l'effacement et de l'anéantissement qu'elle redoutait tant...François Mauriac dresse le portrait d'"une créature odieuse", antithèse d'une femme ayant "le cœur sur la main":"Les cœurs sur la main n'ont pas d'histoire, mais je connais celle des cœurs enfouis et tout mêlés à un corps de boue."Qui est donc cette femme sans morale, sans foi, avide d'une autre existence fantasmée par ses échanges avec un presque inconnu, et qui voit en la cigarette le seul moyen possible de calmer sa douleur enfouie?Le face à face Bernard-Thérèse, dans leur maison vide, nous vaut quelques pages d'une profondeur admirable, car Mauriac confronte deux visions radicalement opposées. Bernard Desqueyroux a offert une liberté pour mieux la reprendre ensuite. Thérèse Desqueyroux a tenté de sacrifier une vie pour "fuir un isolement sans consolation."On sort "retournée" de cette lecture intense et de ce portrait de monstre tourmenté. vivi

vivicroqueusedelivres
01/07/15
 

Thérèse Desqueyroux a tenté d’empoisonner son mari, mais pour éviter le scandale celui-ci fait une déposition innocentant sa femme qui obtient le non-lieu.Mais qui est Thérèse, pourquoi a-t-elle commis ce crime ?Femme rebelle, éprise de liberté, le statut d’épouse puis de mère lui pèse. Dans le cadre familial beaucoup trop restreint pour elle, elle n’a jamais joué son rôle de mère auprès de sa petite fille. Elle veut vivre par et pour elle-même.Sa rencontre avec Jean Azévédo, un voisin, va lui révéler sa véritable aspiration de liberté. A partir de ce moment, sa décision est prise.Roman court mais très dense que ce portrait de femme. Mauriac nous installe dans la conscience de cette criminelle qu’il a rencontrée une première fois en 1906 en la personne de Mme Canaby dont il avait suivi le procès à Bordeaux. Cette rencontre l’a marqué au point que vingt ans après il a ressenti le besoin d’en faire un roman. Flaubert disait : Emma Bovary, c’est moi. N’en est-il pas de même pour Mauriac avec Thérèse ?

Ludeca
17/09/14
 

Le roman Thérèse Desqueyroux de François Mauriac (1927) commence par un non-lieu judiciaire : une piste pour un roman qui s’ancre dans un lieu bien précis : les Landes.Selon la justice, Thérèse n’est pas coupable. En réalité elle l'est. Mais à bien lire le roman de Mauriac on découvre le vrai coupable : le pin des Landes, un héritage, un bien qui voudra du mal à Thérèse.La hantise contemporaine de la déforestation fait de chaque arbre un innocent. Dans Thérèse Desqueyroux, c’est par un arbre, un pin, que le scandale menace d’arriver. Finalement, ce non-lieu sauve le nom de la famille.Thérèse Desqueyroux, ce n’est pas Alice in Wonderland-- mais Thérèse in pas Wonder Landes.Lire ce roman entre Noël et le jour de l’an lui donne toute sa saveur : ce roman sent le sapin. Ni Christmas Carol, ni Lewis Carrol.Thérèse vit dans un monde désenchanté où l'on ne fait pas de cadeau : pire, les pins ont des épines. Alors que les arbres permettent aux hommes de respirer, la pauvre fille étouffe.Son étouffement est prévisible. Elle doit l'air qu'elle respire à une forêt de pins des Landes. C'est une pinède hostile, une pin’aide dont elle se passerait bien. Ce n’est pas - n’en déplaise à Claude - mille airs qui lui sont offerts, mais un air de circonstance.Thérèse comprit bien vite qu’il lui fallait être "à la voie" : ses roues dans les roues des autres. Desqueyroues. Les roues d’équerre, Thérèse ! Sans quoi…eh bien elle le vécut.Thérèse était la plus belle femme d’Argelouse, un HomeLandes qui deviendrait home sweat home. Bernard incarna un suant Pâris qui enleva la fraîche Thérèse. Personne ne pensa à la pomme de pin qui se transformerait en pomme de discorde. Le mariage serait vite mité.Ce qui devait arriver, arriva. Dans son bocal conjugal, Thérèse fut comme un poison dans l’eau, digne héritière d'Emma Bovary. L’arsenic d’Emma nous rappelle qu’Emma Bovary et Thérèse Desqueyroux sont des vieilles dentelles de la littérature classique.Pourtant, il ne faut pas aller trop vite en besogne et penser, comme Anna Karina chez Godard, que ce ne sont pas des femmes mais des infâmes. Ce sont des femmes qui reflètent une époque. À ce titre, Thérèse Desqueyroux est une lecture importante. En plus ce livre a du style.«Thérèse attendait elle ne savait quoi de ce ciel inaltérable. Il ne pleuvrait jamais plus... Un jour toute la forêt crépiterait alentour, et le bourg même ne serait pas épargné. Pourquoi les villages des Landes ne brûlent-ils jamais ? Elle trouvait injuste que les flammes choisissent toujours les pins, jamais les hommes.»L’amour de son mari n’aura été qu’une poudre de Perlimpinpin.Pauvre Thérèse, pauvre L'autre Dame des Landes, comme un avion sans aile.

EPISTOLERO1
19/08/13
 

En bref, une bonne lecture avec ce classique. J'ai aimé l'histoire et les personnages, seul le début un peu brouillon m'a déstabilisé et m'a " gâché " une partie de ma lecture. Une re-lecture permettrait peut-être d'approfondir l'oeuvre de Mauriac.

RizDeuxZzZ
05/04/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.12 kg

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