Tous les enfants sauf un

FOREST, PHILIPPE

livre tous les enfants sauf un
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 25/01/07
LES NOTES :

à partir de
12,10 €

SYNOPSIS :

Dix ans après la mort de sa fille, drame qu'il a raconté dans deux romans, L'enfant éternel et Toute la nuit, Philippe Forent revient à nouveau sur ce sujet en évacuant, cette fois, la forme romanesque qui lui paraît aujourd'hui artificielle. Il reste en effet peu de chose d'un roman quand le temps a passé. Mais le chagrin de la perte, l'effarement devant la vérité, la révolte face au refus de savoir demeurent et exigent sans répit d'être pensés. Un tabou touche une telle expérience qui concerne pourtant tous
les vivants. L'énigme mélancolique de la maladie, les mythologies mensongères du cancer, le prétendu " travail de deuil " et l'interdit de la mort qu'il recouvre souvent, le recours à la religion et à ses substituts les plus dérisoires, la grande sentimentalité carnassière avec laquelle la société considère la souffrance des enfants, constituent les questions qu'abordent cet essai, interrogeant jusqu'aux vertus supposées thérapeutiques de la littérature, et la consolation qu'elle est censée apporter.
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Cet essai de Philippe Forest est une somme de réflexion d’une intelligence rare et juste, à laquelle j’applaudis et adhère sans retenue. Quel plaisir de trouver encore dans la littérature des ouvrages de cette qualité ! « Tous les enfants, sauf un, grandissent » est la phrase d’ouverture du roman de James Barrie, Peter Pan. C’est aussi le titre de cet essai, que citait déjà l’auteur dans un précédent roman il y a dix ans, L’enfant éternel. Dans le premier chapitre, Philippe Forest revient sur le décès de sa fille de 4 ans, emportée par un cancer des os il y a tout juste 10 ans. Ses propos sont d’une froideur détachée frissonnante, sans sentimentalité, les faits cliniques, rien que les faits. De ce chapitre sous-tend bien sûr toute la souffrance et la difficulté d’un deuil, d’un deuil encore plus insupportable quand il s’agit de la mort d’une enfant. Réflexions sur l’hôpital, sur le travail de deuil, sur la religion, sur la littérature comme pseudo thérapie, tous les propos qui suivent mêlent dans une connaissance épatante histoire de la philosophie, de la religion et de la mort en Occident. A l’heure où la polémique Laurens/Darrieussecq agite le petit monde germanopratin autour de la légitimité d’écrire sur ce deuil parental, ce petit ouvrage est salutaire et ô combien élévateur. On reprochera peut-être des propos parfois pointus, tant dans le style soutenu de l’écriture que dans l’étendue philosophique des connaissances, qui ne rendent pas la lecture facile, mais face à la pertinence du questionnement, on ne peut que s’incliner. Merci M. Forest, pour cet essai qui préfère la réflexion au pathos, et même si pour moi cela fait bientôt 15 que l’enfant s’en est allé, le questionnement reste vif, et parlant. On se surprend à vouloir noter telle phrase et bien vite à les recopier presque toutes. Ce livre est de ceux que l’on garde, et que l’on relit, un jour, inévitablement. Lu en septembre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008, sélection d'octobre.

Jdhelene
14/10/09
 

Quelques mois après le décès de sa fille, Philippe Forest a eu recours à l’écriture pour faire face à cette terrible épreuve. Ainsi sortait en 1997 L’enfant éternel, superbe et bouleversant roman dans lequel il faisait de sa fille « un être de papier ». Dix ans plus tard, la douleur de la perte reste vive mais le temps lui a permis de prendre du recul sur cette tragédie à laquelle il porte un autre regard. Dans l’avant-propos, il explique : "Je me rappelle avoir plusieurs fois pensé que je devrais reprendre ce récit, lui donner une forme qui convienne davantage à ce que j’aurais dû dire mais que l’immédiateté du désespoir m’avait interdit d’exprimer comme il convient. (…) Un roman me paraissait l’évidence. Mais cette évidence est aujourd’hui très lointaine. Il me semble qu’il aurait fallu tout présenter sans aucun artifice : dire très directement les événements tels qu’ils se sont déroulés de manière à faire entendre, sans littérature, ce que, dans le monde d’aujourd’hui, peuvent signifier la maladie et la mort d’une enfant." Forest a donc mis de côté le style du roman pour se plier à l’exercice de l’essai. Tous les enfants sauf un vient en complément de L’enfant éternel en y apportant une vision plus réfléchie.Même si le sujet est très difficile, j’ai trouvé ce livre passionnant. Malgré la douleur immense que l’on ressent dans chaque page du livre, Philippe Forest parvient à porter un regard extrêmement brillant sur la façon dont la société fait face à la mort d’un enfant. Il y détaille tous les points de vue : religion, médecine mais aussi le cercle proche des amis et de la famille qui, maladroitement, tente d’apporter un soutien.Sans pudeur, il nous parle également de son couple. Pour la première fois il mentionne le vrai prénom de sa femme et explique comment ensemble ou séparément ils ont tant bien que mal fait face à cette disparition.Souvent, l’auteur s’interroge sur ce qui le pousse à écrire. Même si ses livres ne parviennent pas à apaiser sa peine, même s’il sait qu’aucun mot ne parviendra à lui rendre sa fille ni même à traduire tout ce qu’elle représente pour lui, il apporte cette réflexion touchante : "A ceux qui ont lu mes romans, je suis reconnaissant de leur émotion parce que je crois qu’elle ne va pas à mes livres mais à l’enfant qui en fut l’héroïne. Il y a une beauté et une douceur, certainement, à se dire qu’avec vous, après vous, des dizaines de milliers de lecteurs pleurent à travers le monde l’agonie d’une enfant. Car que vaudrait un livre sec et sans larmes ? Mais cela ne change rien." Je crois que ces quelques lignes sont celles qui résument le mieux l’intérêt de ce livre : s’indigner face à la mort extrêmement injuste d’une enfant. C’est un livre aussi triste que beau qui réveille en nous ce qu’il y a de plus humain et, au fond, n’est-ce pas là tout l’intérêt de la littérature ? Culturez-vous

Artsouilleurs
05/06/13
 

Format

  • Hauteur : 18.50 cm
  • Largeur : 11.80 cm
  • Poids : 0.19 kg

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