Tout est dans la tete

CAMPBELL-A

EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 01/04/09
LES NOTES :

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8,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Témoin de toutes les névroses, confident des secrets les plus inavouables, rempart contre la folie : un psy est-il à l'abri de la dépression ? Le professeur Sturrock, un psychiatre londonien renommé, n'arrive plus à aider ses patients. Chaque semaine, l'heure qu'il passe avec chacun d'eux réveille en lui des démons qu'il parvient de plus en plus difficilement à maîtriser. Ni Ralph Hall, secrétaire d'Etat à la santé complètement alcoolique, ni Emily, grande brûlée défigurée, et encore
moins David, grand dépressif, ne s'en doutent. Et pourtant, il est sur le point de craquer. Entre dérision et émotion, ce roman haletant explore les profondeurs de l'âme humaine et la relation particulière entre patient et analyste. Une tragicomédie d'une efficacité redoutable. « La peinture éloquente et émouvante de la dépression. Un des rares livres qui m'ait tiré des larmes dernièrement, mais - étonnament - un livre qui met aussi de bonne humeur. » Tom Harris, The Mail on Sunday
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Psychiatre londonien réputé, Martin Sturrock accueille dans son cabinet des cas difficiles qu’il soigne efficacement. Parmi ses patients, il compte une jeune mère kosovare qui a fui son pays avec son mari à cause du conflit ethnique et qui, après s’être installée à Londres, a vécu un horrible viol dans son propre appartement. Il recueille aussi les confidences d’une jeune africaine prostituée de force, qui s’en est sortie mais doit aujourd’hui vivre cachée. La jeune Emily est défigurée depuis qu’un incendie a ravagé son immeuble. Et le ministre Hall nie que son problème avec l’alcool met sa carrière et son couple en péril. Mais le patient dont Martin se sent le plus proche est David Temple, un homme simple qui vit une profonde dépression. Bien que peu diplômé, il réussit à exprimer comme personne les affres de sa maladie. Et Martin s’enfonce lui aussi de plus en plus profondément dans un mal être qui l’empêche de mener ses consultations à bien. Un psychiatre peut-il échapper à la dépression, lui qui est censé aider les autres ?Le sujet de la psychiatrie ou de la dépression n’est pas un thème qui m’intéresse particulièrement. Ne soyez donc pas rebuté ou ne vous détournez pas en pensant avoir affaire à un roman plombant ou démoralisant. On est loin de tout ça ici ! Tout d’abord, Alastair Campbell est anglais et ça, c’est déjà un argument ! Car même si bien sûr, on n’est pas dans un récit humoristique, le romancier réussit à dédramatiser le sujet et à en faire quelque chose de réaliste, d’émouvant avec de l’espoir et des pointes d’humour.Le roman se déroule sur quatre journées, du vendredi au lundi, pendant lesquelles on suit non seulement le docteur Sturrock mais aussi quelques uns de ses patients. J’ai apprécié cette construction qui nous promène d’un personnage à l’autre, nous immisçant à chaque fois dans ces tranches de vie, voyant ces gens évoluer différemment suite à leurs interactions entre eux. On plonge en plein Londres, mais dans plein de Londres différents, selon les quartiers qu’habitent les patients de Martin et cela m’a encore plus donné envie de mon prochain voyage dans la capitale anglaise qui aura lieu dans un mois.La plupart des personnages sont attachants, avec leurs failles, leurs blessures et leur volonté de se reconstruire. Au fur et à mesure de ces quatre jours, on les voit aller mieux alors que le docteur Sturrock lui s’enfonce dans la dépression, que peu de ses proches semblent voir. Il commet des erreurs de diagnostic, qui finalement seront salutaires. La fin est surprenante et imprévisible. Au cours de notre lecture, Anne et moi avons essayé de la deviner mais on s’est bien plantée !Une lecture plaisante, bien dans la tradition anglaise.

Chaplum
26/03/12
 

Mon Dieu, que j'ai aimé ce livre et pourtant j'ai l'impression qu'il ne faut pas trop en dire pour laisser intact le plaisir de lire ce premier roman ! David Temple, Emily Parks, Matthew Noble, Hafsatu Sesay, Arta Mehmeti, Ralph Hall... autant de Londoniens, plus ou moins connus, plus ou moins obscurs, qui ne se connaissent pas mais qui ont un point commun : ils fréquentent tous le cabinet du professeur Sturrock, célèbre psychiatre qui se donne entièrement à ses patients. L'un souffre de dépression profonde, l'autre ne parvient pas à se reconstruire après de graves brûlures, un troisième est qualifié de dépendant sexuel par sa femme, deux autres ont subi des viols et le dernier est un personnage public dépendant de l'alcool. Tous viennent raconter leur parcours à Martin Sturrock, ils lui font confiance, ils écoutent ses suggestions, tentent de mettre en oeuvre les stratégies qu'il propose pour faire reculer l'ombre et le malheur, ils réfléchissent aux "devoirs" qu'il leur demande de faire. Et même s'ils sortent de son bureau épuisés ou en colère, ils ne baissent pas les bras, ils tentent toujours de progresser parce que le professeur est plus qu'une référence solide pour eux. Ce qu'ils ignorent, c'est que Martin Sturrock est lui-même au bord du gouffre. Et, bien sûr, s'il est déjà difficile pour le commun des mortels d'admettre que l'on doit se faire aider, c'est encore plus difficile pour un psychiatre. En quatre jours, du vendredi au lundi, l'intrigue se noue, depuis l'annonce du décès d'une tante de Martin, jusqu'à... la fin ! (lisez-le, c'est poignant) J'ai apprécié cette construction en quatre jours, cette multiplication des points de vue associée à des variations de rythme efficaces : si le roman est à la troisième personne, chaque chapitre est centré sur un patient et bien sûr le médecin ; le vendredi, première journée, où l'on suit les consultations, l'auteur prend le temps de dresser le portrait de chacun, de raconter son histoire, le vécu du traitement, les ouvertures que propose Sturrock. Le week-end, les choses évoluent plus rapidement, les chapitres sont plus courts. Cette forme de narration rend les personnages particulièrement crédibles : aucun manichéisme, aucune image lapidaire de la dépression ici. J'ai trouvé l'approche par la parole, le dialogue, l'écrit, très intéressante : bien sûr, la dépression a à voir avec la baisse d'une hormone dans le cerveau, je crois, et les médicaments sont nécessaires parfois, mais dans une époque où on croit pouvoir tout soigner avec des pilules, cet aspect essntiel du soin est bien mis en lumière. L'auteur, ancien chargé de communication de Tony Blair, est lui-même un dépressif qui se soigne et sait de quoi il parle (l'histoire de Ralph Hall est particulièrement brillante et réaliste de ce point de vue !). Il nous fait entrer au coeur du lien entre le malade et son thérapeute, et cette relation est d'autant plus passionnante que tout ce que le professeur Sturrock décèle ou conseille à ses patients, tout ce qui leur permet d'avancer, il en souffre lui-même et il est (ou se sent) incapable de l'appliquer à lui dans sa vie d'homme, de mari, de père. Son ambivalence le rend très touchant, extrêmement proche de nous, c'est du moins ce que j'ai ressenti. Ne croyez pas que l'on sort de ce roman avec un coeur de plomb : au contraire, il a un tel accent de sincérité qu'il m'a amenée à me poser plein de questions, à reconsidérer mon point de vue sur la dépression, c'est un bon roman bien ficelé et la petite touche d'humour british n'est pas pour me déplaire. Un premier roman maîtrisé et revigorant ! Anne

Anne7500
25/03/12
 

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  • Poids : 0.49 kg