Toute passion abolie

SACKVILLE-WEST-V

livre toute passion abolie
EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 07/01/09
LES NOTES :

à partir de
6,60 €

SYNOPSIS :

Lady Slane, veuve à 88 ans d'un aristocrate éminent, décide d'entamer une nouvelle vie. Elle déjoue obligations familiales et contingences matérielles, s'accordant in extremis une petite part de liberté et d'épanouissement personnel,
en la personne de Fitzgeorge, très vieux collectionneur d'art célibataire, qu'elle a brièvement connu dans sa jeunesse et qui sera le complice de ses derniers jours, l'amant de coeur qu'elle a toujours rêvé d'avoir.
9 personnes en parlent

J'ai adoré la compagnie de ce livre, de sa prose exquise, délicate mais ferme et maîtrisée. On n'est pas dans la comédie de moeurs anglaise bon chic bon genre mais dans une histoire qui, mine de rien, acquiert au fil des pages une puissance surprenante, une belle réflexion sur le passage du temps et sur l'art d'être soi-même. Et quelle langue ! Il y a une description d'une nuée de papillons volant autour d'une voiture dans le désert p.100, une description inoubliable qui dit tout le génie de cette romancière trop peu connue. Pour le plaisir, cet extrait, qui résume bien le livre : " Et qu'avait-elle été exactement ? se demanda la très vieille dame se souvenant de la jeune fille d'autrefois. Cette rêverie était le plus doux, le plus nostalgique des passe-temps. Ce n'était pas mélancolique, non, c'était plutôt son dernier luxe, le luxe suprême, celui qu'elle avait attendu toute sa vie".

mtalence
06/06/11
 

Encore une fois, c’est la couverture du roman, signée Christian Lacroix, qui m’a attirée. Je connais principalement Vita Sackville-West à travers l’œuvre de Virginia Woolf. Les deux femmes ont en effet été très amies voire peut-être amantes. Vita, avec son côté très libre et androgyne, a toujours attiré Virginia qui voyait en elle une femme moderne tant par ses écrits que par sa façon de se comporter en société.Toute Passion abolie est donc le premier roman que je lis de Vita Sackville-West et je ne sais pas trop par où commencer pour décrire ce que j’ai ressenti après avoir terminé ce livre.On suit la vie de Lady Slane. Son époux vient de mourir. Ses enfants sont tous réunis autour du corps pour les derniers hommages. Que faire de Lady Slane à présent qu’elle est veuve? Elle ne peut pas demeurer dans sa maison. La famille appartient en effet à l’aristocratie ruinée. Lady Slane devient vite un poids pour ses enfants. Elle décide seule d’aller vivre à Hampstead, dans une petite bicoque qu’elle aura louée.L’intrigue ne va pas plus loin. Il s’agit surtout de réflexions de l’héroïne à propos de sa vie passée: ses regrets, ses remords. Lady Slane avait l’âme d’une artiste et souhaitait devenir peintre mais en épousant Sir Slane, elle a dû faire une croix sur ses projets et renoncer à sa vie de bohème. Vita Sackville-West met en scène une femme brisée par sa famille et la société auxquelles elle n’a eu que le choix d’obéir. Être une femme dans la bonne société, c’est accepter de devenir le faire-valoir d’un homme et c’est se réaliser à travers les enfants, s’aliéner par le mariage.C’est finalement une peinture assez sombre de la condition féminine que fait l’auteur même si la fin du roman laisse entrevoir une petite note d’espoir pour la génération future.Ce roman ne restera donc pas gravée dans ma mémoire. Il a le goût d’une jolie balade dans un jardin anglais parsemé de roses. Carolivre

un flyer
30/10/14

Le jour même de la mort de son mari Henry Holland, comte de Slane, Lady Slane surprend son entourage en décidant de vivre sa vie a quatre-vingt-huit ans. Elle se retire a Hampstead dans sa nouvelle demeure où toute passion abolie par l'âge et le choix du détachement, Lady Slane se sent libre enfin de se souvenir et de rêver.Ce roman est un livre de 1931d'où ce charme surrannée et aussi cet humour si britannique. Mais c'est aussi un livre sur la condition féminine des années victoriennes et sur la vieillesse. C'est un livre très attachant où une vieille dame nous raconte sa vie , ses sacrifices, ses joies avec un tel détachement devant la mort qui arrive que l'on finit se livre très apaisé. On aime cette vieille dame qui sur le tard se permet de devenir indigne.C'est écrit avec beaucoup de finesse et d'humour, j'ai franchement adoré et je donnerai la note de 8/10. http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/

Zembla
08/12/13
 

La culture vient à nous parfois bien étrangement. L’impact des médias et parfois des potins ont une telle répercussion sur la vie sociale aujourd’hui qu’ils sont souvent à la base même de la transmission des connaissances, ou du moins d’une certaine connaissance. Les modes de comportement s’en voient transformés. Les journaux, la télévision, la radio et internet participent grandement à ce partage. La culture de masse constitue dès lors une grande part de notre culture actuelle. Qu’en est-il de la culture traditionnelle ? Quelle culture nous façonne aujourd’hui, une culture rendue plus accessible avec tous les moyens technologiques, ne pouvant faire l'objet d'un contrôle par les pouvoirs publics ou au contraire une culture limitée, contrôlée, voire hypnotique pour la masse ou un mélange des deux, les moyens technologiques étant principalement mis à profit pour préfabriquer une culture, uniformiser les attentes? Plus je lis de livres en tous genres et plus mon esprit fourmille d’idées philosophiques/existentielles ou « prises de tête », selon le point de vue d’où l’on se place. La faute au pouvoir de la culture sans doute qui nous emmène partout et qui se moque royalement des frontières que l’esprit nous impose. En tout cas, lorsqu’on se fixe un but comme d’écrire un blog sur les livres et uniquement sur eux, il est parfois difficile de s’y tenir, la culture revêtant différentes formes. Que l’on m’excuse donc si je transgresse ces « limites » !!Toujours est-il qu’aujourd’hui je vais vous parler d’un livre, un livre considéré comme un classique anglais mais dont l’auteur n’est pas très connu en France sauf si l’on s’intéresse de près à la culture anglaise. Je l'ai trouvé grâce à une histoire de fesses que j’ai lue sur internet. Mais qui a dit que le voyeurisme ne faisait pas recette et n’apportait que de mauvaises choses?? Apeurée par ma pile de romans de Virginia Woolf s’entassant dans ma bibliothèque, n’ayant pas encore la force de la lire (le respect que je confère à cette Grande Dame mériterait peut être une visite chez le psy, résolution de l’an 2013), je cherchais en désespoir de cause un déclic quand je suis tombée sur ce fait : elle aurait eue une histoire d’amour avec une dénommée Vita Sackville-West. Attisée par la curiosité, je découvris que cette femme fut un auteur prolifique à son époque. Contre toute attente, l’excitation de la nouvelle me poussa à en savoir plus. Je décidais de commencer ma découverte de Virginia Woolf par cette femme que je ne connaissais nullement, afin de comprendre la fascination qu’elle exerça sur Virginia Woolf, et ainsi, peut être, trouver moi aussi un remède en lisant enfin les ouvrages de Virginia Woolf qui trônent fièrement dans ma salle à manger. Verte de rage face à cette effronterie de ses livres à mon égard, je commençais le mois de décembre à faire des recherches plus approfondies sur Vita Sackville West, très connue en Angleterre. Je compris rapidement la raison de l’engouement. Sackville West était un genre de génie, une femme aux multiples talents : romancière, poétesse, biographe, traductrice, épouse d’un homme qui comme elle vivait des relations intimes avec des partenaires du même sexe, mère et j’en passe. Je choisis un livre que Virginia Woolf appréciait, toujours histoire de me rapprocher de cette Grande Dame. Sur la quatrième de couverture de ce roman, l’on peut lire l’opinion que Virginia Woolf avait de ce livre :« Virginia Woolf disait de ce livre de 1931 qu’il était le meilleur de Vita Sackville-West. »Résumé de la quatrième de couverture :Le jour même de la mort de son mari Henry Holland, comte de Slane, lady Slane décide de vivre enfin sa vie. Elle a quatre-vingt-huit-ans. Lady Slane surprend alors son entourage en se retirant à Hampstead. Dans sa nouvelle demeure, toute passion abolie par l’âge et le choix du détachement, lady Slane se sent libre enfin de se souvenir et de rêver…Mon avis :Ce petit roman qui traite d’une dame âgée repassant en revue sa vie passée jusqu’à maintenant aux côtés de son mari à se conformer aux désirs des autres jusqu’à s’oublier elle-même et qui, lors du décès de son mari, se réveille en refusant tout net de continuer à se plier à ce comportement, m’a complètement enchantée. Roman délicatement mené, la plume de l’auteur se révèle à la fois sérieuse, humoristique, voire même cynique, et pour autant emprunte d’observations judicieuses sur la condition humaine.Le livre s’ouvre sur la mort de son mari, lord Slane, un homme politique distingué et réputé et sur leurs enfants discutant des affaires de leur père et du sort de leur mère âgée alors de 88 ans. Ils s’attendent tous à ce que cette dernière suive leurs directives mais la vieille dame n’en a cure. Pour la première fois de sa vie, lady Slane, exprime ses envies : elle souhaite finir ses jours dans un appartement de la banlieue de Londres qu’elle souhaite louer avec sa domestique Genoux, appartement qu’elle avait repéré trente ans plus tôt. Elle souhaite vivre un rêve de jeunesse en habitant là-bas. Ses enfants sont décontenancés. Eux qui croyaient la connaitre ne la reconnaissent plus. Finalement, ils la laissent partir là-bas, après moult discussions et débats. Lady Slane sympathise avec le propriétaire. Ils deviennent amis. Ses enfants sont outrés. Comprenez qu’une femme de son rang ne peut sympathiser avec des gens de la petite bourgeoisie, elle, la veuve d’un membre du Parlement anglais, mariée à « une légende vivante »! Mais lady Slane se moque aujourd’hui des conventions comme des vieilles chaussettes. La voilà maintenant proche de personnes sans distinctions de rang. « En fait, je me suis trop occupée de l’opinion des autres, j’ai droit à des vacances. Si l’on ne se fait pas plaisir à mon âge, quand le fera-t-on ? Il me reste si peu de temps » dit-elle.Plus jeune, lady Slane eût des rêves. Aucun n’a été mené à son terme. Aujourd’hui elle veut réparer ce tort. Par exemple, elle voulait devenir artiste mais elle ne put suivre son désir, le mariage et les conventions sociales l’ayant complètement accaparée puis ensuite éloignée de son but. Sans en prendre conscience elle a petit-à-petit fui sa propre personnalité. Elle passa le reste de sa vie à regretter de se terrer ainsi derrière de faux-semblant mais les dommages étaient faits. Pour autant, elle ne considérait pas avoir eu une vie médiocre : elle avait apprécié suivre son mari jusqu’en Inde ou jusqu’en Afrique et toucher l’ambiance bling bling de son milieu mais plus le temps passait et moins cela l’intéressait. Ce qui est surprenant c’est qu’elle n’ait jamais pu trouver le moment de poursuivre son rêve d’artiste, ne serait-ce qu’un peu, de temps en temps. Cela serait sans doute sans oublier les conventions pour une femme de l’époque. Les droits des femmes n’existaient pas encore ou alors n’étaient qu’enfermés dans le tableau de la mère de famille vouée corps et âme à ses enfants et à la bonne tenue d’une maison. Cependant, lorsqu'elles avaient un minimum de culture, mais pas trop tout de même l’homme restant le maître à penser de la société familiale et de la société en général, certains maris étaient ravis. Alors, penser à soi quand on était une femme, que voulez-vous, un comportement bien trop extraterrestre pour être réel.Lady Slane prend conscience en revenant sur les évènements majeurs de sa vie qu’elle n’a jamais vraiment aimé les rôles qu’elle a endossés, à savoir être une mère, une épouse et une grand-mère. Elle voulait juste consacrer sa vie à la peinture et elle ne l’a jamais fait. Alors qu’elle fait la paix avec elle-même, elle comprend qu’elle n’a même jamais aimé son mari pour qui elle a pourtant tout abandonné, à qui elle s’est offerte entièrement.Je n’ai pu m’empêcher de ressentir beaucoup de peine pour cette femme représentant sans doute beaucoup d’autres vivant à son époque, la souffrance de vivre pour le plaisir des autres en étouffant ses rêves me fut douloureuse… A se demander si l’amour est à ce prix… Mais pouvait-on parler d’amour lorsque la plupart des mariages étaient arrangés? Ce livre s’apparente en bien des points à une défense sur la condition des femmes. Sackville-West, via Lady Slane, nous exhorte à rester vrais envers nous-mêmes, sans nous perdre en suivant les standards du monde. Je comprends ici le rapprochement avec Virginia Woolf. Cependant, bien qu’écrit en 1931, ce livre ne se rapproche pas seulement du talent de Virginia Woolf. Il a également le talent d’être intemporel. Il semble en effet totalement d’actualité. Lady Slane incarne peut être la fin d’une certaine aristocratie anglaise, elle n’en reste pas moins très actuelle pour ce qui est de la condition des êtres humains à vivre une vie qu’on leur a imposée et qui se contentent de faire de la figuration. Aujourd’hui, la majorité des femmes dans les pays occidentaux a le choix de suivre son propre chemin. Mais, qu’en est-il des femmes d’hommes politiques comme le fut lady Slane ? Ont-elles vraiment le choix de vivre leur vie sans entacher l’image de leurs maris ? Après tout, les femmes de politiciens ont toujours le devoir aujourd’hui de se fondre dans un moule et d’endosser des loisirs « acceptables » voire même de mettre leur carrière en second plan. La liberté des femmes a-t-elle finalement changé depuis l’époque où ce livre fut publié ? Malgré les descriptions quelques peu désuètes de l’Angleterre de l’époque, ce livre reste étrangement moderne pour moi. Sans pour autant être femme d’homme politicien ou simplement femme, qui n’a pas en effet ressenti à un moment de sa vie une ambition refrénée? Qui ne s’est pas demandé à un moment où à un autre quel était le compromis à faire entre devoir et désir ? De même, ce livre reste d’actualité car il pose également la question du sort de la vieillesse. Souvent on entend les personnes âgées dire qu’elles n’ont plus le temps d’échafauder des projets. Et si le dernier projet était de réparer ce que l’on avait détruit ou ce que l’on n'avait pu faire?Même si certains trouveront peut être le style de Vita Sackville-West démodé, l'auteur est pour moi une pure merveille à lire, une artiste autant admirable pour son écriture que pour ses choix de vie courageux. Il me tarde de lire d'autres ouvrages d'elle!

Soune
13/01/13
 

Au décès de son mari « C’est probablement parce qu’Henry Lyulph Holland, premier comte de Slane, vivait depuis si longtemps", qu’on avait fini par le croire immortel. », Lady Slane décide d’habiter une maison à Hampstead seule avec sa chère Genoux (vous noterez que, pour une gouvernante, on ne met pas Mademoiselle devant !!) où elle se lie d’amitié avec son propriétaire et l’artisan chargé des menus travaux. A 88 ans, elle désire, à l’âge où toutes les passions sont abolies, La vie coule paisiblement, entre promenades, thé. Elle se remémore sa vie de femme mariée et prend le temps de regarder, de s’abandonner à ses rêveries, surtout loin de ses enfants.Elle se souvient de la demande en mariage de Holland, de sa réponse distraite, mais ferme devant ses velléités de peintre…. Pourtant elle l’a aimé, l’a soutenu, l’a suivi et décoré de sa présence.La vie lui réserve encore quelques surprises, entre autre, sous la forme de Mr. FitzGeorge, collectionneur atypique, un ancien amoureux platonique de la belle vice-reine. Lui-aussi devient un habitué de la maison et les conversations au coin de feu ou les promenades à petits pas font leur bonheur à tous.Lady Slane me fait penser aux paysages peints par John Constable, qu’elle apprécie tant. Ce n’est pas une vieille dame indigne, mais une femme digne qui au soir de sa vie veut vivre comme elle le désire, entourée par son petit aréopage de son choix, sans souci des convenances.La plume alerte de Vita Sackville-West fait que l’on ne s’ennuie pas un instant. Passant de l’ironie à la poésie, de la douceur aux sarcasmes, elle nous dépeint la fin d’une époque : celle de Lady Slane, ainsi que ce 19ème siècle bourgeois et guindé où ses enfants évoluent obsédés qu’ils sont par l’argent, le rang….. Par petites touches, sans avoir l’air d’y toucher, elle met le doigt dans les fissures de cette société anglaise. Autant l’atmosphère est légère lorsque Vita Sackville-West raconte Lady Slane, autant lorsque ses enfants arrivent, on a une brusque envie de se tenir bien droit sur sa chaise.La lecture de ce très beau portrait de femme m’a ravie et j’ai noté cet auteur que je ne connaissais pas. Merci Letitbe, ta chronique m’avait alléchée. Je relirai cette amie de Virginia Wolf.

zazy
30/09/12
 

L'intrigue se déroule dans le milieu de la haute aristocratie anglaise du début du XXème. Lord Slane vient de mourir et sa veuve (88 ans) a décidé d'en profiter pour vivre enfin la vie comme elle l'entend, ce qui suppose de larguer les amarres avec ses enfants, une bande d'hypocrites intéressés.C'est un roman très introspectif mais la vitalité de l'esprit de Lady Slane empêche tout assoupissement. Sa pensée est un heureux mélange d'expérience de la vie et d'idéalisme. Elle revient sur une vie qui n'était pas celle qu'elle aurait choisie mais elle le fait sans amertume et avec une acuité fascinante.Cette vieille dame considère qu'à son âge, on a le droit de vivre comme on l'entend et c'est ce qu'elle compte faire. En l'occurrence, il s'agit de mener une vie tranquille de contemplation, détachée de ses enfants. La quatrième présente Lady Slane comme étant une personne indigne, ce qui est franchement malvenu ! Si on n'a pas le droit d'être égoïste à 88 ans, c'est à se demander quand on pourra l'être... Cela d'autant plus que Lady Slane a consacré sa vie au service de son mari et de ses enfants. Il ne me semble pas déraisonnable qu'elle veuille vivre selon ses désirs dans le temps qu'il lui reste à vivre.J'ai beaucoup aimé sa philosophie de la vie, non conventionnelle et faisant la part belle à la simplicité. C'est un livre apaisant, subtil, merveilleusement bien écrit, frais et plein de grâce. En prime : il est drôle !

mycupoftea
10/09/12
 

Toute passion abolie, c'est l'histoire d'une vieille dame, une lady anglaise dont l'illustrissime mari a été Premier ministre et Vice-roi des Indes. Son existence dorée a été couronnée par la naissance de six enfants dont les quatre aînés s'efforcent de suivre les traces et le rang de leur père, tandis qe les deux plus jeunes semblent un peu plus fantasques. Oh une originalité qui ne se fait pas remarquer, cela ne se fait pas dans ce milieu chic et feutré.Et voilà qu'à la mort de Lord Henry, Lady Slane, qui s'est toujours montrée une femme réservée, parfaite maîtresse de maison, merveilleusement accordée à son mari, refuse les propositions plus ou moins bien intentionnées de ses enfants et décide d'aller vivre seule, avec sa fidèle femme de chambre française, à Hampstead. Elle va y retrouver une petite maison qui semble faite pour elle, où elle pourra finir sa vie tranquillement. Elle pourra apprivoiser ce corps qui vieillit et contempler les jours enfuis avec sérénité.Le propriétaire de la maison, Mr Bucktrout, l'entrepreneur qui arrange la maison, Mr Gosheron, ont deviné que la vieille dame si parfaite cache une passion ancienne, qui va doucement remonter à la surface. Et dans cette retraite qu'elle espérait tranquille, Lady Slane n'est pas au bout de ses surprises... Mais je ne vous en dirai pas plus, à vous de le découvrir si vous le désirez...Vita Sackville-West, c'est le chic anglais dans toute sa splendeur, une élégance morale doublée d'une finesse d'observation pleine d'humour (voire même d'un brin de férocité). Dans ce roman paru en 1931, la romancière, qui revendiqua elle-même de mener une vie libre, trace le portrait d'une femme dont les aspirations personnelles ont été effacées au profit d'une vie d'épouse et de mère. A l'époque de Lady Slane, on ne souciait même pas de savoir si les jeunes filles envisageaient autre chose que le mariage, il fallait obéir à ses parents et entrer dans le moule. Cela assurait la pérennité de cette haute société anglaise, que personne, et certainement pas les hommes, ne remettait en cause.Attention, le roman n'est pas un brûlot féministe, tout se fait avec grâce et distinction, et Lady Slane elle-même trouve très vite les codes pour tenir son rang dans cette société. Non, la magie de ce livre tient dans le portrait de cette femme marquée par le grand âge, qui se souvient de sa jeunesse et trouve encore à s'épanouir à quatre-vingt huit ans... et dans le raffinement extrême avec lequel Vita Sackville-West trace son chemin, ses rêves, sa féminité. Quelques vieux messieurs un rien excentriques viennent compléter avec bonheur ce tableau.Un petit bijou de délicatesse, de chic anglais, empreint de nostalgie et de liberté retrouvée. Anne

Anne7500
25/08/12
 

Vieille dame indigne Ce petit livre est un vrai délice! Et une merveilleuse leçon de vie: il n'est jamais trop tard pour vivre ses rêves et se détacher de toutes les servitudes imposées par la famille et la société. Dans cette aristocratie anglaise du début du XXème siècle, si bien décrite par l'auteur dans tous ses romans, les choix de lady Slane à la fin de sa vie sont surprenants mais sont le signe d'un esprit fidèle aux valeurs de la jeunesse et vont trouver un écho en la personne de son arrière petite-fille. Bel exemple de transmission...

Un petit livre léger et délicieux sur la vieillesse mais aussi l'art d'envoyer gentiment promener les contraintes de sa famille et de la "bonne société". Comment une vieille dame à la fin de sa vie se rebelle contre le carcan social dans lequel elle s'est trouvée enfermée auprès d'un mari "politiquement correct" diplomate dans les pays du Commonwealth.Lady Slane, âgée de 88 ans, vient de perdre son mari à qui elle a dédié toute sa vie. Contre toute attente et surtout contre l'avis de ses enfants, elle décide de prendre sa vie en main en refusant les solutions trouvées pour elle par ces derniers qui avaient prévu de faire leur BA en la prenant chez eux à tour de rôle. Elle va enfin vivre pour elle et non pour les autres en s'installant dans une petite maison dans le quartier de Hampstead avec sa fidèle servante française Genoux. Elle avait repéré cette petite maison coquette, des années auparavant avant de pouvoir enfin la louer à ce vieil homme, propriétaire exigeant qui attendait une locataire à la hauteur de sa demeure. "Allez-vous lui plaire ?" lui dira-t-il en parlant de sa maison, déjà un peu amoureux de cette vieille dame élégante et discrète. Aussitôt dit, aussitôt fait, Lady Slane emménage grâce à la diligence de Mr Gosheron, entrepreneur et ami du propriétaire, les deux hommes n'ayant de cesse de veiller sur la tranquillité de cette si charmante locataire.A la fin de cette vie bien remplie, au diable les contraintes ! Il faut dire que Lady Slane avait un rêve depuis son adolescence et des aspirations d'une autre époque, surtout pour une femme : devenir peintre. "Ainsi pendant des mois avait-elle vécu intensément, secrètement, se préparant avec soin sans jamais poser un pinceau sur une toile, et se contentant de rêver à son oeuvre future." Mais sa vie sera toute autre, accaparée par ses obligations sociales et familiales d'épouse, de mère et de membre de la Haute société. Alors maintenant, elle estime qu'elle a mérité un peu de repos et de calme, loin de toutes les petites mesquineries de sa famille.J'ai beaucoup aimé ce livre au charme désuet mais au ton caustique et ironique qui critique la Haute société pour laquelle il faut avant tout savoir sauver les apparences. Il faut voir comment Lady Slane fait le ménage parmi ses enfants et petits enfants, qu'elle ne souhaite pas spécialement recevoir chez elle ; ou comment elle va distribuer une fortune léguée à la mort d'un ancien admirateur, aux musées et aux bonnes oeuvres au grand désarroi de sa famille qui se voyait déjà propriétaire de cet argent tombé du ciel. Le style est joliment troussé et l'art de dire les choses sans en avoir l'air, largement mis en avant à travers les petites piques qui ponctuent le récit. Mais je préfère laisser le mot de la fin à Mr Gosheron, son vieil ami. "Sa Seigneurie fera un beau cadavre" dit-il à Mr Bucktrout. Les deux amis avaient décidé d'ignorer Carrie. "Quand on est beau dans la vie, on l'est dans la mort, c'est ce que j'ai toujours dit poursuivi Mr Gosheron. C'est étonnant comme la mort permet à la beauté de s'exprimer."

Ikebukuro
16/04/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.14 kg
  • Langage original : ANGLAIS

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