EDITEUR : METAILIE
DATE DE PARUTION : 21/08/14
LES NOTES :

à partir de
9,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Tous les soirs au Tram 83 on voit débouler les étudiants en grève et les creuseurs en mal de sexe, les canetons aguicheurs, les touristes de première classe et les aides-serveuses, les biscottes et les demoiselles d'Avignon, la diva des chemins de fer et Mortel Combat, bref, toute la Ville-Pays réunie là dans l'espoir de voir le monde comme il va et comme il pourrait dégénérer. Lucien, tout juste débarqué de l'Arrière-Pays pour échapper aux diverses polices politiques, s'accroche à son stylo au milieu du tumulte et
se retrouve sans s'en rendre compte coincé dans une mine de diamants, en garde à vue, ou dans le lit d'une fille aux seins-grosses-tomates. Pendant ce temps, Requiem, magouilleur en diable, ex-pote du susnommé, et Malingeau, éditeur et amateur de chair fraîche, se disputent allègrement les foules. Car dans la Ville-Pays, n'en déplaise au ridicule Général dissident, il n'y a qu'une chose qui compte : régner sur le Tram 83 et s'attirer les bonnes grâces de ce peuple turbulent et menteur, toujours au bord de l'émeute.
5 personnes en parlent

C'est assez rude! mais j'avais apprécié la performance surprise de cet auteur à Brive.Tram 83 est un bar assez louche où se retrouvent les étudiants en grève permanente, les "creuseurs"mineurs, les "canetons: gamines qui draguent en abordant les clients par un "Vous avez l'heure?" qui revient tout au long du livre, les biscottes: ce sont les garçons; les filles-mères...Cela se passe en une Afrique imaginée mais très réaliste; il s'agit peut-être de la République démocratique du Congo que l'auteur a fui pour l'Autriche...Beaucoup de sexe (trop?) mais aussi une réflexion sur une république bananière...Les personnages principaux sont Lucien , historien et écrivain qui veut vivre selon sa conscience; son "ami" Requiem, magouilleur, menteur...et Malingeau, éditeur prêt à publier le texte de Lucien moyennant des remaniements du genre réduire à dix voire à deux la vingtaine de personnages, transposer le lieu d'Afrique en Amérique etc.Un livre un peu étrange, à l'écriture singulière mais qui ne m'a pas déplu. C'est un premier roman dont l'auteur est un peu tout-fou mais très sympathique. berthe

afbf
24/11/15
 

Gare du nord, un vendredi. Nous ne sommes pas à Paris mais dans la « Ville-pays », mégalopole africaine, balafrée par les révolutions et les guerres civiles. Le Tram 83, gargote poisseuse qui sent la sueur, le sang et le foutre est l'épicentre d'une société, dont l'économie est essentiellement basée sur le commerce des corps et des matières premières souterraines. Lucien, écrivain de « l'Arrière-pays », débarque et retrouve Requiem une vieille connaissance qui a rejeté son prénom et son nom pour « vivre l'urgence de son sort ».Ce personnage au nom funèbre est un magouilleur, un arnaqueur, un pur produit de la ville-pays, à l'instar des creuseurs abrutis par les coups de pioche et les éboulements de mine, des canetons aguicheurs qui mangent à la sueur de leurs seins, des étudiants éternellement grévistes et des touristes à but lucratif qui saignent à blanc les sous-sols du pays. Oubliez vos principes moraux, ils vous embarrasseraient. Demandez donc à Lucien, il ne fait qu’écrire et donner des leçons. Il ne trouve pas sa place.Fiston Mwanza Mujila dresse le portrait d’une ville féroce, énergique et sans pitié. D’un chaos apparent, les hommes et les femmes de la ville-pays ont bâti une société régie par le Général dissident, à coup de dent, à coup de pioche, à coup de rein. Parce qu’il y a un certain ordre dans cette confusion, non pas imposé par le dictateur mais par la population elle-même, dans l’urgence et la fureur de vivre.L’écriture est nerveuse, rythmique – l’auteur serait-il mélomane ? -. De prime abord, elle déroute : on se sent vaseux comme après une soirée trop arrosée, poisseux comme les habitués du Tram 83, écoeurés même, car « c’est le seul endroit du globe où l’on pouvait se pendre, déféquer, blasphémer, s’amouracher et dérober sans se soucier du moindre regard. »Et au milieu de ce fatras, Lucien, qui veut vivre de sa plume. À la fois objet de fascination et de mépris, il illustre parfaitement l’impuissance d’un être qui a conservé des principes moraux, dans une société qui a choisi une autre voie : celle de l’immédiateté et de l’animalité. On pourrait dire qu’il est un peu lâche également : il s’offusque mais ne fait rien. Un peu comme le lecteur en somme…Par ce premier roman, Fiston Mwanza Mujila met en exergue à la fois la force et la volatilité des mots, l’impuissance face à un pays – son pays ? – qui implose. L'écriture est exigeante, poétique Le lecteur doit dépasser ce mal-être latent, en cohérence avec le thème traité, qui le suit durant la première moitié du roman. Cela peut en décourager certains, mais tenez bon, c'est un roman qui mérite d'être connu, discuté, éprouvé.

Clikety
24/08/14
 

Ce livre je l’ai lu pour le prix Roman des étudiants. Autant le dire tout de suite, je n’ai pas du tout aimé cette lecture, ce qui est assez rare chez moi. Je ne suis jamais rentré dans le livre et j’ai sauté pas mal de passage parce que je voulais finir ce livre.Le roman se passe dans une Ville-Etat imaginaire mais on comprend très vite que c’est en Afrique. Cette ville a été ravagée par la guerre visiblement et les événements décrits se passent dans un bar à côté de la gare, le tram 83.On suit donc les aventures des deux personnages de ce roman, Lucien et Requiem. Je n’ai adhéré ni à l’un ni à l’autre ni à aucun autre personnage. Une chose par contre qui m’a marqué, c’est la crudité des paroles, rien n’est masqué. Il n’y a pas de vulgarité mais on sent l’omniprésence des prostitués dans ce bar avec une phrase qui revient tout le temps " Vous avez l’heure ?". Cette phrase est présente même au milieu d’un dialogue ou dans un moment où pour moi elle n’a pas la place. Il y a d’autre phrases comme ça qui reviennent dans ce livre.J’ai aussi eu pas mal de soucis avec le style du narrateur. Il a une tendance a faire des longues phrases qui vont certaines jusqu’à une page ! Ce sont en général des listes qui n’apportent rien à l’histoire. Et puis une autre caractéristique de ce roman, ce sont les paragraphes constitués ainsi : Début de phrase-Dialogue-Fin de phrase.En bref, je n’ai pas du tout aimé ce roman. Dommage mais bon un livre ne peut pas plaire à tout le monde.

Larepubliquedeslivres
12/02/15
 

Le plus grand bar de nuit d'un Katanga réinventé et fantasmé comme creuset farceur et endiablé d'une dissolution sauvage de l'Afrique dans l'acide mondialisation tous azimuts.Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/10/09/note-de-lecture-tram-83-fiston-mwanza-mujila/

Charybde2
09/10/14
 

Premier roman éminemment poétique et nerveux, Tram 83 est une incroyable plongée dans la langue et l’énergie d’un pays réinventé, un raz-de-marée halluciné et drôle où dans chaque phrase cogne une féroce envie de vivre. Bienvenue ailleurs ».L’histoireLa Ville-Pays est une grouillante mégapole africaine, coupée de l’Arrière-Pays par une guerre civile à laquelle on n’entrave rien. Au beau milieu, à côté d’une gare dont la construction métallique est inachevée, trône le Tram 83, lieu de tous les excès, mélange explosif de bar, boîte, bordel, salle de concert, tribune politique, abattoir, où toute la ville se retrouve et vient passer les nuits les plus effrénées. Bière en bouteilles qu’on décapsule avec les dents, musique en continu, rumba, salsa, bruits de rail, public survolté, installations sanitaires mixtes et sombres pour laisser libre cours aux corps, bagarres, rumeurs…Lucien est dans l’écriture, mais dans un pays pareil, les intellectuels n’ont pas la côte. Prof d’histoire dans un monde sans passé, il remplit des carnets au milieu du tumulte. Chamaillé part tout le peuple du Tram 83, il essaye d’être à la hauteur, sans conviction, et se retrouve immanquablement dans les situations les plus extrêmes.Requiem, lui, est un magouilleur en diable, et avec Ferdinand Malingeau, éditeur, ils se disputent les foules du Tram 83.Le but : régner sur le Tram 83.L’auteurNé à Lumumbashi (République démocratique du Congo) en 1981, Fiston Mwanza Mujila vit actuellement à Graz, en Autriche. Il participe régulièrement à toutes sortes d’évènements littéraires et a remporté de nombreux prix, dont la médaille d’or des Jeux de la Francophonie, à Beyrouth, en 2009. Auteur de recueils de poèmes et de pièces de théâtre, « Tram 83 » est son premier roman.Ce que j’en pense« Tram 83 » est un premier roman bien construit, à la mécanique huilée, et surprenant. On retrouve des effets stylistiques, destinés à marteler une idée, à rendre le récit plus fort et plus puissant. Ceci est adroit compte tenu du contexte du roman, âpre, intense, où l’on côtoie un lieu de perdition, de déchéance, sans foi ni loi pourrait-on dire, mais qui pourtant fonctionne selon ses propres règles. « Fille habillée comme on s’habille un vendredi soir dans une gare dont la construction métallique est inachevée » (p.10 et 13).« Dans cette gare dont la construction métallique… » (p.13).Les personnages sont variés, des prostituées qui racolent le client d’arguments monotones et crus :« Vous avez l’heure ? », « Nous savons sucer »…Les chapitres sont courts, et commencent par une présentation de ce qui va suivre, comme un narrateur ou un effet d’annonce.L’écriture est indéniablement nerveuse, permettant de rendre compte de l’atmosphère des lieux, des évènements qui se déroulent dans ce Tram 83.Roman fort, âpre, non exempt d’une vulgarité de langage et d’une certaine violence, celle qu’il rapporte, violence du lieu.

Chroniqueslitteraires
24/08/14
 

Format

  • Hauteur : 21.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.28 kg