Trois femmes puissantes

NDIAYE, MARIE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 20/08/09
LES NOTES :

à partir de
19,30 €

SYNOPSIS :

Trois récits, entre lesquels courent des liens ténus. Au centre de chaque récit, une femme qui dit non. Elles s'appellent Nora, Fanta, Khady Demba. Norah, la quarantaine, arrive chez son père en Afrique. Le tyran égocentrique de jadis est devenu mutique, boulimique, et passe ses nuits perché dans le flamboyant de la cour. Pourquoi lui a-t-il demandé de venir ? Ce que Norah va découvrir est plus terrible encore que ce qu'elle pouvait redouter. Fanta enseignait le français à Dakar, mais elle a été obligée de suivre en France son compagnon Rudy. Rudy s'avère incapable d'offrir à Fanta la vie riche et joyeuse qu'elle mérite. Il reste sous l'emprise maladive de sa mère, qui consacre sa vie à persuader son entourage de l'existence des anges. Il erre, bouleversé, dans une réalité visqueuse qui
le remplit de colère et de rancune. Fanta, près de lui, est un roc. Khady Demba est une jeune veuve africaine. Sans argent, elle tente de rejoindre une lointaine cousine, Fanta, qui vit en France. Le long voyage de l'émigration sera ponctué de souffrances sans nom. L'art de Marie Ndiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments. Chacune des trois femmes se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible. Comme toujours chez Marie Ndiaye, l'angoisse transparaît sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée.
25 personnes en parlent

Je suis plus que mitigée pour ma part. Et les critiques élogieuses que j’ai pu lire ou entendre dans la presse renforcent mon incrédulité. Ce n’est pas que ce soit mal écrit et le début est plutôt encourageant : la première histoire réussit à créer un monde dense, par moments à la limite du fantastique, dont on découvre les recoins progressivement, et par petites touches qui font mouche. La seconde est la plus longue et la moins digeste puisque les atermoiements du protagoniste donnent envie de lui arracher la langue (au moins comme ça, il arrêterait de nous pourrir la vie avec ses “regardez comme je suis malheureux dans ma vie parce que je suis un raté mais reconnaissez que je ne suis pas aidé avec mon passé pourri que je vais me faire un malin plaisir de vous raconter”) entre des accents de narcissisme et de larmoiements qui m’ont rappelé de pénibles souvenirs. La troisième est moins insupportable mais pas vraiment inoubliable. Les accents de tragique qui nimbent parfois l’écriture de Marie NDiaye d’une profondeur universelle sont malheureusement le plus souvent le signe d’une certaine lourdeur et on regrette que ça ne décolle pas (surtout après un début prometteur). De plus, hormis de vagues échos entre les histoires, je n’ai guère trouvé de véritable cohérence au roman, alors qu’il y avait de quoi faire mieux ficelé et les récits se faisant écho auraient eu tout à y gagner niveau intensité. Le style de Marie NDiaye est bien souvent lourd (et les phrases de plus d’une page, quand elles ne sont pas somptueusement écrites, me sortent par les yeux) et elle cisèle tellement ses personnages qu’on se sent totalement écrasé par la focalisation interne (et ce, d’autant plus que lesdits personnages ne sont pas attachants - Nora exceptée). Quant au titre, plus j’y pense et plus je le ressens comme ironique ; et puis, il y a une forme d’artificialité dans le consensus qui existe autour de ce livre qui attise ma méfiance.Article complet sur Art Souilleurs.

Artsouilleurs
21/12/09
 

Une écriture exigeante, parfois difficile et même désagréable, mais oh combien brillante. Marie Ndiaye remplace la violence des évènements par celui des sentiments. Déroutant, ce livre est d'une grande puissance.

Klaquette
12/08/10
 

Il faut bien sûr noter l'écriture superbe de cet ouvrage. La première histoire, avec la branche de flamboyant qui revient tout au long du récit, le porte même, est absolument magnifique, on se délecte des mots et des phrases de l'auteur, de ce style si littéraire qu'on rencontre peu de nos jours. Sauf que. Sauf que c'est très beau, mais très lassant. Un peu fatiguant à lire. On se prend à souhaiter moins de beauté et plus de vie, plus de coeur...Lecture en demi-teinte donc pour cet ouvrage dont on a beaucoup parlé cet hiver. Tout d'abord, je ne m'attendais pas à trois nouvelles différentes, mais à un roman incluant 3 récits de caractères de femmes. D'autre part, j'ai vainement cherché ces femmes puissantes, car pour moi, les femmes dont il est question ici ne sont en rien puissantes. Elles sont courageuses, obstinées, volontaires, entêtées parfois, mais elles sont également empêtrées dans leurs souffrances, dans leur souvenirs, dans leurs angoisses et leurs regrets. Alors puissantes... non.Suite sur Les lectures de Lili Liliba

liliba
31/05/10
 

Trois histoires de femmes, trois nouvelles chacune conclue par un « contrepoint ». La première concerne Norah, jeune femme de 38 ans, née et élevée en France, de mère française et de père sénégalais. Ce père représente tout ce que Norah déteste, désapprouve mais qui la fascine aussi. Venu en France, il a eu trois enfants d'un premier mariage, mais rapidement il retourne au pays, emmenant avec lui Sony, le jeune frère de Norah, âgé de cinq ans. Et c'est l'effondrement. La mère se laisse aller entre désespoir et petits compromis avec le père, pour ne pas le fâcher totalement, elle accepte ses exigences et renonce à voir son enfant. Elle envoie plutôt les deux grands sœurs, Norah et son aînée, comme ambassadrices. De petite lâcheté en acceptation passive, elle ira, avec sn mari, au Sénégal, dans une improbable rencontre avec l'ex-mari, richissime, dédaigneux, arrogant mais qui semble s'entendre avec le second époux. Mais les liens sont rompus entre les membres de la famille d'origine, rien ne s'exprime de sentiments enfouis ou niés. Il faudra que le frère bien-aimé se retrouve en prison pour meurtre pour que Norah, appelée par son père, revienne au Sénégal. Revienne ? Oui, on la persuade – et c'est peut-être vrai- qu'elle est déjà venue dix ans plus tôt ; Pour quoi faire ? Réminiscences, sentiments exacerbés par l'orgueil et la honte, volonté farouche de revanche avant d'arriver à un semblant de sérénité, peut-être de pardon : l'Afrique est là, avec ce qui nous échappe si souvent et relève du secret, du fantastique ou de la sorcellerie peut-être.Quelques passages étranges comme la rencontre avec le père, à peine descendu du flamboyant à fleurs jaunes et douceâtres où il dort et dont il a pris l'odeur, arbre mythique où sa fille viendra en secret le rejoindre, finalement apaisée ; la rencontre avec les deux petites filles jumelles, mutiques et hostiles, couchées dans le même lit (quand on sait que dans de nombreuses ethnies africaines, les jumeaux sont considérés comme des être dotés de pouvoirs magiques, souvent malfaisants) ; la famille de Norah, supposée être restée en France et entraperçue au bord des cils lors d'un voyage en voiture : vrai ? Faux ? Ce serviteur obscur, dont elle a le souvenir : Mansour? Masseck ? Cette maison rose et bleue où elle n'a jamais mis les pieds, et pourtant son père lui montre une photo d'elle devant cette même maison : souvenir délibérément enfoui ? Traquenard monté par le père ? Gêne, honte, humiliation, elle ne se sent pas uriner et se retrouve trempée, puante. La sorcellerie n'est jamais loin : un diable s'est assis sur son ventre... Tout est vrai, rien n'est vrai dans cette fantasmagorie de personnages, de lieux, de sentiments : la vie est un songe, dont il faut sortir apaisé et plus fort. Fanta, déjà croisée comme nounou des jumelles dans le premier récit, fait l'objet du long monologue intérieur rapporté de son mari, Rudy Descas, fils de Français émigrés au Sénégal, ex-professeur de littérature médiévale au brillant avenir assuré dans l'enseignement supérieur . Jusqu'au jour où , réagissant violemment aux propos de ses élèves, il est roué de coups, humilié et démissionne de son poste.De retour en France, dans le Bordelais, il travaille comme obscur cuisiniste chez un patron qui le m éprise et lui « emprunte » sa femme sénégalaise. Colère, honte, rancœur, volonté de reconquérir sa femme pourtant revenue au foyer, il se sent lamentable, humilié, avili.Avec le métissage, le thème de l'avilissement et de la mauvaise image de soi revient dans les nouvelles. Et le fantastique est là encore, sous la forme d'une buse maléfique et menaçante, qui ne disparaîtra que lorsque Rudy aura fait le pas nécessaire à sa propre reconquête.La dernière histoire est la plus terrible, la plus douloureuse, qui relate le chemin mortel d'une jeune femme africaine vers l'émigration, de rencontre douteuse en esclavage sexuel, jusqu'à l'abandon total, jusqu'à la déchéance finale. Déchéance pourtant, non, car Khady Demba est intimement persuadée de sa propre valeur, de sa dignité en tant que femme, sentiments profonds que lui ont laissé les deux seuls être qui l'aient aimée et considéré, sa grand-mère et son époux.L'origine sénégalaise de l'auteure à peine reconnue (cf certaines interviews où elle affirme ne rien connaître ni reconnaître de l'Afrique quand elle s'y rend), l'abandon précoce de ce père africain parti sans se soucier d'elle, sont probablement des éléments essentiels à la création de ce livre, bien écrit (malgré des phrases très longues, indigestes parfois) et émouvant. Hebelin

hebelin
22/09/13
 

Ce roman apporte de bonnes choses, une vision de faits d'actualités réaliste (l'infidélité, les problèmes d'argent, les migrations, la prostitution) mais il y a beaucoup de points négatifs malgré une histoire prenante. Alors déjà les phrases sont trop longues, trop pesantes. Un paragraphe équivaut à une phrase. Alors il y en a des petits (de 1 ou 2 lignes) mais il y en a des trop grands (toute une page). A la fin, on ne se souvient plus du début de la phrase. L'ambiance aussi est pesante, lourde. Trois chapitres pour trois femmes, elles ont de miniscules choses en commun (et encore il faut les chercher). Et c'est le problème j'ai été déçue car je m'attendais trop à ce qu'il y est des rapports entre elles. Autre déception: dans le premier chapitre un homme est en prison et sa soeur, avocate, souhaite le défendre. Le problème c'est que l'on ne saura si elle a gagné ou non... Le chapitre s'arrête sur l'ambition qu'à sa soeur de le défendre... A nous de deviner la suite mais là c'est un peu trop...Tout cela est un peu confus mais en gros, je suis déçue et je ne pense pas en garder un souvenir impérissable.

searchxme
03/04/12
 

"Un livre qui nous entraîne dans les relations franco-africaines, mais aussi bien plus loin, dans les bouleversements familiaux, dans les relations interpersonnelles, dans l’humanité qui reste toujours dans les plus atroces épreuves.Trois femmes puissantes est l’accomplissement d’une œuvre foisonnante, dont le Goncourt participe à consacrer la qualité. Un roman dense, fort, qui laisse des marques."extrait de mon article sur le http://www.leglobelecteur.fr

sebastienL
21/04/10

Je ne suis pas une habituée des Prix Goncourt : j'avais envie de lire ce roman avant qu'il soit recompensé et je n'ai pas changé d'avis ensuite. Ce qui est surprenant c'est qu'il était tellement bon avant le Prix et tellement mauvais après. Malheureusement la politique a entachée ce roman et beaucoup l'ont critiqué sans même le lire. Ensuite il y a toujours l'effet Goncourt, nous connaissons tous un roman qui aurait mérité d'être choisi et nous ne comprenons pas le choix final. Jalousie ? Snobisme ? Je n'en sais rien ... En tous cas j'ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles. Les personnages me font penser à Balzac tellement ils sont enlisés dans leurs problèmes. Il ne faut pas choisir ce livre pour avoir de l'action tout ce passe dans la psychologie des personnages. Trois femmes ont subi leur condition de femme et reste forte et fière, malgré tout. Malgrè qu'elles n'aient pas vraiment le pouvoir de choisir, elles se battent. Une très belle leçon de vie qui prend aux trippes. Si vous êtes habitués à lire des classiques vous ne seraient pas génés par le style qui est loin d'être illisible comme le pretendent certains.

milca
21/03/10
 

Pour ma part, je ne serais pas aussi critique même si je rejoins Art Souilleurs sur l'intérêt manifeste que présente la première partie par rapport aux deux suivantes. Je découvrais Marie Ndaye avec ce roman qui a su m'emporter mais parlait plus à mon idée de la domination masculine que de la puissance de femmes. La seule femme puissante qui soit est sans doute Nora, la protagoniste de la première partie. La veine fantastique mériterait d'être développée... Allez leur prêter vos jambes et vos bras: La Cimade: http://www.cimade.org/Les Embrassés: http://les-embrasses.blogspot.com/

Thetique
26/01/10
 

destins de femmes La force de ce roman réside dans le lien que tisse l’auteur entre trois femmes perçues dans un moment charnière de leur vie et qui cherchent à retrouver une certaine quiétude. Cette force est avant tout déroutante du fait du procédé narratif que Marie Ndiaye a choisi d’adopter : trois récits indépendants qui n’ont pas véritablement de lien entre eux, mais dont les points communs renforcent leur richesse. Chacun des trois textes réussit à retranscrire avec une précision indéniable la souffrance, de ces personnages marqués par l’exil et pose les questions des migrations avec une profonde sensibilité. L’écriture ample et délicate, permet à l’auteur de créer une atmosphère lourde et douceâtre en même temps, représentative des sentiments paradoxaux qui habitent ces femmes blessées mais fières et obstinées.L’auteur ne semble pas vouloir sceller le destin de ses personnages et permet ainsi au lecteur de pousser sa réflexion personnelle. Plus qu’un roman primé, ce sont trois personnages bouleversants de dignité

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Lu en 2009...un peu perplexe...écriture forte; monde entre le réel et l'imaginaire; du coup en Afrique, j'ai regardé les flamboyants et me suis demandée comment un homme, le père d'une des femmes, aurait pu y vivre...pas vraiment enthousiaste malgré le Goncourt et les nombreuses critiques positives berthe

afbf
22/09/13
 

Pourquoi lire ce livre ?- pour la force des histoires, le voyage que l'on fait avec ces femmes, les situations que l'on vit avec elles ;- pour les trois portraits dressés, les traits, les détails, les descriptions, leur personnalité.

Rafaele
04/09/13
 

Pourquoi ce livre :Je ne sais pas … Peut-être l'envie de lire un Prix Goncourt, histoire de voir …Et je suis plutôt déçue …Le style est long, emberlificoté, avec des phrases sans fin …Toutefois, l'histoire que j'ai le plus aimé est celle de Khady et son malheur.Je réfléchirai à deux fois la prochaine fois que je voudrais lire un Goncourt ! Accrobiblio

un flyer
08/08/13

Ces trois femmes, différentes mais qui se retrouvent dans leur lutte contre un monde hostile, font preuve de courage pour surmonter cette vie qu'on leur impose. Loin de chez elles et de leur position sociale antérieure, comme Fanta, ou loin d'une famille qu'on a hâte de retrouver, comme pour Nora et son frère. Ou encore loin de la terre vu comme un eldodrado.Ces trois histoires, qui constitueraient presque trois nouvelles indépendantes s'il n'y avait pas un lien géographique ténu, m'ont surtout beaucoup plu par l'écriture de Marie NDiaye. Les intrigues, en soi, n'ont que peu d'importance, finalement. L'histoire de Khady Demba, celle d'une femme qui tente d'arriver en Europe par tous les moyens, devient un thème assez fréquent en littérature, même si Marie NDiaye prend ici l'histoire du côté féminin. Ce qui permet une approche du thème souvent négligé dans ces cas-là, comme la prostitution.Mais vraiment, j'ai savouré ce livre, par petits bouts, car je me suis laissé bercé par cette écriture, poétique et aux frontières du fantastique, avec un ensemble plus réaliste que l'intrigue de Rosie Carpe. Marie NDiaye donne de l'ampleur à son récit, à toutes ses phrases, et par là même à ses personnages. Car on se prend finalement d'amitié pour ces trois femmes, dont on ne connaît finalement que peu de choses. Et l'écriture de Marie NDiaye n'est pas pour rien dans cette empathie qui prend le lecteur, heureux d'avoir rencontré ces trois destins hors du commun, et ravi d'avoir croisé la plume de Marie NDiaye.

Yohan59
07/01/13
 

Trois femmes puissantes est assurément un bon roman, même si j'ai trouvé sa deuxième partie moins bonne que les deux autres, parce que moins dense. Ce roman est composé de trois parties distinctes qui sont reliées entre elles par le lieu (il est question dans la première et la deuxième partie de Dara Salam, un village de vacances au Sénégal, et je me suis demandé si ce n'était pas à cause de la tragédie enclenchée par le père de Rudy que le père de Norah avait pu acheter ce village pour une bouchée de pain) ou par les personnages (Khady Demba apparaît dans la première histoire comme la jeune domestique qui s'occupe des fillettes du père de Norah, et on lui ordonne dans l'histoire qui lui est consacrée de rejoindre Fanta, une cousine qui vit en France), mais, de manière plus profonde que ces détails narratifs, elles sont liées par l'Afrique, cette terre qui impose aux femmes une place dont elles ne peuvent sortir.La première partie raconte comment Norah, par amour pour son frère, enlevé par son père alors qu'il n'avait que 5 ans, et emmené en Afrique (ils vivaient tous en France), accepte de retourner voir ce père qu'elle exècre et qui la domine totalement, homme machiavélique et terrible. Le désarroi de cette femme, qui a pourtant fait son chemin (elle est avocate) pour se sortir d'une enfance triste marquée par l'absence du frère et la cruauté psychologique du père, est magnifiquement rendu dans son errance autant psychologique que physique dans une ville africaine qu'elle refuse de reconnaître et le portrait du père, en patriarche absolu est glaçant de justesse. La deuxième partie est celle qui m'a le moins touchée, certainement en raison de la personnalité de son personnage principal. Rudy est un homme veule et lâche, dont la mesquinerie et l'étroitesse de vue contaminent le récit et le rendent terriblement poisseux, à l'image du soleil qui irradie tout au long de cette journée d'errance (lui aussi erre, dans sa toute petite ville de province française). Le style se fait moins dense et plus répétitif, à l'instar des pensées qu'il ressasse comme une mélopée plaintive et sans fin. La troisième histoire, enfin, est elle aussi une histoire d'errance et de quête mais physique cette fois, Khady se laissant balloter par les événements sur lesquels sa condition de femme veuve et sans enfants l'empêche totalement d'avoir prise. C'est sans conteste la plus terrible des trois et la violence qui lui est fait coupe le souffle du lecteur.Ces trois histoires font toutes l'objet d'un contrepoint très court, qui donne le point de vue de l'autre personnage de l'histoire, de manière parfois inattendue et saisissante. Trois femmes puissantes est donc un bon roman, au style beaucoup moins hermétique que ce que j'avais pu lire jusque là de Marie NDiaye, traversé de fulgurances incantatoires, de figures féminines bouleversantes et d'oiseaux magiques.

fashiongeronimo
16/08/12
 

Menteurs dans le meilleur des cas, lâches,"subtilement malfaisants","mal charmants" , traîtres,voire tranquilles massacreurs de vies de femmes et d'enfants ,tels apparaissent les hommes dans le très beau roman de Marie Ndiaye, Trois femmes puissantes.Pourtant ces femmes ne récriminent pas. Elles agissent. Avec obstination. Se tenant droite uniquement par la force d'une dignité à laquelle elles tiennent plus que tout. Ainsi Norah qui quitte la France où elle est née et a toujours vécu pour rejoindre un père africain qu'elle a à peine connu, possède une "inépuisable colonne des griefs à l'encontre de son père, sachant bien qu'elle ne lui ferait part ni des graves ni des bénins, sachant bien qu'elle ne pourrait jamais rappeler dans la réalité du face -à- face avec cet homme insondable dont elle ne manquait pas au loin pour l'accabler de reproches, et de ce fait mécontente, déçue par elle même et plus fâchée encore contre lui de plier le genou, de n'oser rien lui dire."Pourtant cet homme elle le rejoint et accomplit la mission qu'il lui confie pour délivrer sa famille du démon qui l a ravagée, démon qui prend sans doute la forme d'un oiseau puisque tel lui apparaît son père lors de son arrivée...C'est un quartier africain et une prison qui établissent un lien apparemment ténu avec la deuxième partie du roman où s'exprime un homme, un homme fou d'amour pour Fanta qu'il a emmenée en France et qu'il est en train de perdre.La chaleur l'accable tout au long de cette journée où il part en vrille, se remémorant tout ce qu'il a commis à l'encontre de celle qu'il a trahie , lui faisant miroiter un avenir qu'il se complaît à saborder. Saura-t-il lui aussi lutter contre l'oiseau qui le harcèle et redonner le sourire à Fanta ?Fanta , seule vague référence donnée à Kady Demba si elle parvient à rejoindre la France où l'expédie sa belle-famille après le décès de son époux. Mais la route est longue , hérissée de périls que n'envisage même pas celle qui a pour tout viatique son nom,nom auquel elle se raccroche farouchement tout au long de son chemin de croix.Il se dégage du roman de Marie Ndiaye une atmosphère lourde, saturée de lumière et de chaleur. On se laisse prendre au piège de ses longues phrases sinueuses qui ne diluent pas la violence mais la rendent plus sournoise. Accablante. On frémit, on enrage et on a le cœur serré en refermant ce livre qui dit le malheur et la force des femmes liées à l'Afrique. Trois femmes que nous n'oublierons pas. cathulu

cathulu
12/07/12
 

Je suis très déçue par ce livre et je dois le dire: je trouve que sa qualité romanesque ne méritait pas le prix Goncourt. Les histoires de ces trois femmes Norah, Fanta ou Khady sont relatées évoquant des vies différentes (la plus tragique étant celle de Khady). Le récit est sans profondeur, sans réelle réflexion sur la condition de la femme subsaharienne. Le roman se concente de rester à la surface des souffrances sans pour autant donner quelque chose de neuf aux lecteurs, avides de savoir, de profondeur psychologique et métaphysique. Très dommage. Ce dont je suis sûre c'est qu'on est loin de Proust et de Faulkner!! Victoire

tran
26/05/12
 

Faire du Prix Goncourt le Prix de la nullité est facile et aussi un effet de mode. Certes, j'en ai lu des Goncourt ennuyeux, mais j'ai aussi trouvé des perles littéraires, des petits bijoux... Eh bien oui, Marie Ndiaye fait des phrases longues, tout autant qu'un certain auteur qui eut le Prix Goncourt au début du siècle si vous voyez à qui je fais référence... Eh bien oui, certains passages sont plats, mais quel bon livre n'en a pas! Eh bien oui, l'auteur a préféré l'analyse psychologique du moi profond au lieu d'une série d'actions, mais ceux qui ont lu le livre sérieusement ne peuvent pas nier que cette analyse est finement écrite même si on ne la partage pas. EH bien oui, c'est le Prix Goncourt, et l'auteur a su garder "sa patte" littéraire, étrange, douce, envoûtante qui fait de son style un style unique. On aime ou on n'aime pas, mais arrêtons de faire l'opprobre sur les prix et parlons un peu de l'essentiel: l'aspect littéraire de cette oeuvre, et malgré les défauts qu'on peut lui imputer, ce livre a une qualité littéraire indéniable! vivi

vivicroqueusedelivres
20/02/12
 

Dans la série (courte heureusement) des livres que je regrette d'avoir achetés et que je n'ai pas terminés, je me rappelle particulièrement de celui-là !Je fais mienne la critique de Artsouilleurs pour témoigner d'une œuvre au style lourd, au message impalpable et à l'émotion frigide. Un histoire synonyme de platitude et de vide. Des pages que vous tournez mécaniquement sur le manège de l'indifférence pour finir par abdiquer devant la force de l'ennui.Mea culpa mais je dois admettre ne pas comprendre le génie que beaucoup saluent dans cette œuvre. En ce qui me concerne, ai cherché mais pas trouvé !!

FFran
11/01/12
 

destins de femmes La force de ce roman réside dans le lien que tisse l’auteur entre trois femmes perçues dans un moment charnière de leur vie et qui cherchent à retrouver une certaine quiétude. Cette force est avant tout déroutante du fait du procédé narratif que Marie Ndiaye a choisi d’adopter : trois récits indépendants qui n’ont pas véritablement de lien entre eux, mais dont les points communs renforcent leur richesse. Chacun des trois textes réussit à retranscrire avec une précision indéniable la souffrance, de ces personnages marqués par l’exil et pose les questions des migrations avec une profonde sensibilité. L’écriture ample et délicate, permet à l’auteur de créer une atmosphère lourde et douceâtre en même temps, représentative des sentiments paradoxaux qui habitent ces femmes blessées mais fières et obstinées.L’auteur ne semble pas vouloir sceller le destin de ses personnages et permet ainsi au lecteur de pousser sa réflexion personnelle. Plus qu’un roman primé, ce sont trois personnages bouleversants de dignité

Je ne serais pas allée spontanément vers ce livre si une amie ne me l’avait pas prêté pour que nous puissions comparer nos avis. La lecture n’a été ni ardue, ni « détendante ». Je n’ai pas pris beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage et il ne me laissera pas un souvenir impérissable.Je reconnais la qualité d’écriture, la description fine des sentiments, l’analyse profonde des situations mais cela ne m’a pas emballée outre mesure.Trois chapitres représentant chacun une nouvelle terminée par quelques lignes appelées « contrepoint ». Pourquoi contrepoint ? Le contrepoint étant une superposition, Marie Ndiaye veut-elle nous faire oublier ce qui a été lu précédemment pour que nous gardions en mémoire uniquement la conclusion, comme si, posée sur la narration principale, elle venait à l’effacer ?Ces histoires de femmes humiliées, mal aimées mais qui luttent ne m’ont pas beaucoup émue et je suis déçue. En lisant la quatrième de couverture, je m’attendais à être touchée dans mon cœur de femme, il n’en a rien été. Peut-être n’étais-je pas prête à lire ce livre à ce moment là ? Je suis restée en dehors, spectatrice…Je ne regrette pas ma lecture, cela m’aura permis de me faire une opinion mais ce sera tout.

Cassiopea
14/07/11
 

L'écriture de ce livre est classique au niveau de la phrase ou du paragraphe, mais étonnant dans la forme générale et la construction. Cette opposition un peu déconcertante, qui est ici source de richesse littéraire, doit être acceptée pour entrer dans l'univers de l'auteur.Une part des trois récits qui le composent peut sembler assez conforme au modèle du roman contemporain. Mais de nombreuses qualités les distinguent de la norme habituelle : le point de vue du narrateur est souvent complexe, contradictoire, les retours en arrière semblent brouiller le fil de la pensée - alors qu'ils l'éclairent ; on découvre autant ce que vit les personnages principaux que "ce qu'ils ne savent pas", et ce qu'ils ressentent sans toujours se comprendre eux-même...Il est difficile de décrire ce livre autrement qu'en suggérant qu'il comporte une part "somnambulique" ou hypnotique, un rythme lent et profond qui semble s'imposer à la conscience des narrateurs. Il est compréhensible que cette écriture ne convient pas à tous les lecteurs ; la composition de "l'intrigue" n'est pas conventionnelle, les évènements n'en sont pas la plus essentielle composante. Bien plus importants sont les sentiments, pensées, visions et douleurs qui traversent l'esprit et le corps des personnages. Une forme de musicalité règne dans ces récits, et ils ne se comparent pas facilement à d'autres. A propos de ce livre, on a évoqué Faulkner (ce qui n'est pas un mince compliment), dont certains ouvrages en effet "fonctionnent" d'une façon un peu analogue - "Sanctuaire" par exemple).Un livre d'une grande force, un écrivain qui n'a pas craint d'affronter une éventuelle incompréhension pour affirmer sa manière et son style. Passionné de vrai livres, allergique au marketing.

Leonardo
07/05/11
 

DIFFICULTÉ DE LA LANGUE, RÉALITÉ D’UN ROMANDans un style très particulier tout en poésie, métaphores et sensualité, Marie N’Diaye nous conte trois histoires, celle de trois femmes, Norah, Fanta et Khady Demba, qui se ressemblent tout en ayant chacune leur histoire, chacune leur lieu de vie...

constance93
23/04/11
 

Qu’il est ténu le fil qui relie ces trois récits mis bout à bout pour constituer ce qui ne pourrait être un roman mais se dit tel, tant le genre de la nouvelle reste largement déprécié en France. Publiée en tant que recueil de nouvelles, jamais cette oeuvre n’aurait pu avoir le Goncourt, ou même un prix équivalent. Ce fil, ce sont ces menus détails tout juste effleurés, la brève évocation d’un lien de parenté, d’un village, du nom d’une prison, d’un emploi de domestique chez le père d’une autre, mais c’est surtout un thème qui soude ces trois histoires en un « recueil » romanesque. Ici, la force des femmes, c’est de vouloir s’élever au-dessus de leur héritage familial, c’est de décider de leur destin, jusqu’à ce qu’un homme, père, mari ou amant, le fasse vaciller voire sombrer, par son égoïsme, sa lâcheté, son inconséquence ou sa trahison.

CarnetsdeSeL
04/04/11
 

Ce sont trois récits, trois femmes marquées par la vie, qui nous livrent leur témoignage.Selon moi, le récit le plus fort est celui de Khady Demba. Elle garde sa fierté tout au long de ses épreuves. C'est une femme forte et puissante.Le second récit est surtout celui de Rudy Descas, le mari de Fanta. On n'entrevoit la vie de Fanta, qu'au travers des pensées de Rudy.La première histoire est celle de Norah, avocate qui revient auprès de son père, à sa demande. celle-ci est plus étrange car on flirte avec le déséquilibre mental.Chaque fois, on vit une véritable introspection du personnage central qui puise au plus profond de lui-même les raisons profondes des difficultés actuelles de sa vie.On découvre les puissants ravages des failles de l'enfance.Le style en phrases fleuve, que je n'apprécie pas particulièrement correspond bien aux méndres de l'esprit lors de cette plongée au fond de soi-même.C'est un livre fort qui ne peut laisser indifférent.

jostein
18/03/11
 

trois femmes puissantes Le destin de ces trois femmes, pourtant si fortes, n’est pas gai, et je n’y vois pas beaucoup d’espoir.L’écriture très sensible est fort belle.

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.33 kg

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