Ulysse from bagdad

SCHMITT-E.E

EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 29/10/08
LES NOTES :

à partir de
20,30 €

SYNOPSIS :

Saad veut quitter Bagdad, son chaos, pour gagner l'Europe, la liberté, un avenir. Mais comment franchir les frontières sans un dinar en poche ? Comment, tel Ulysse, affronter les tempêtes, survivre aux naufrages, échapper aux trafiquants d'opium, ignorer le chant des sirènes devenues rockeuses, se soustraire à la cruauté d'un geôlier cyclopéen ou s'arracher aux enchantements amoureux d'une Calypso sicilienne ? Tour à tour violent, bouffon, tragique, le voyage sans retour
de Saad commence. D'aventures en tribulations, rythmé par les conversations avec un père tendre et inoubliable, ce roman narre l'exode d'un de ces millions d'hommes qui, aujourd'hui, cherchent une place sur la terre : un clandestin. Conteur captivant, témoin fraternel, Eric-Emmanuel Schmitt livre une épopée picaresque de notre temps et interroge la condition humaine. Les frontières sont-elles le bastion de nos identités ou le dernier rempart de nos illusions ?
7 personnes en parlent

Voilà un livre que je comptais lire mais pas avant la version poche. J'adore Schmitt, mais j'avoue que le thème du clandestin irakien, a priori, n'évoquait pas chez moi une urgence de lecture. J'ai toutefois saisi l'occasion de le lire pour la 4ème opération Masse Critique, et je ne suis pas déçue. Si le thème est des plus rébarbatif, le style, la poésie et l'humour de Schmitt sont toujours bien présents. Sa subtilité est mise au service d'une histoire dramatique, qui aurait facilement pu être surchargée de pathos sans ce décalage et ces allures de conte moderne. Encore une fois, Schmitt exploite un sujet difficile, toujours avec finesse et sensibilité. Saad Saad entame un long périple vers la liberté, vers l'inconnu, tandis qu'Ulysse terminait un long voyage afin de retrouver son foyer et sa famille. Saad fera le voyage inverse, mais habité par le même espoir, afin de créer son foyer.Les aventures et mésaventures de Saad sont largement édulcorées par rapport à la réalité d'un clandestin, mais les divers aspects sont toutefois bien évoqués. L'esclavage moderne, la misère, les humiliations, Saad traversera de rudes épreuves pour accomplir son rêve. Son voyage manque volontairement de vraisemblance sur certains points, mais j'ai aimé les allusions et les ressemblances avec Ulysse. On y retrouvera donc un Cyclope, une Circée, des Lotophages. J'ai particulièrement raffolé du personnage du père, dont le fantôme visite Saad tout au long de son voyage, lui prodiguant conseils et encouragements. Ces rencontres irréelles donnent lieu à des dialogues jouissifs plein d'humour et de bon sens.Ce n'est sans doute pas mon préféré de Schmitt, mais c'est toujours une joie de retouver son humour et sa finesse, surtout lorsqu'il les met au service de sujets graves et peu avenants.

un flyer
13/02/09

Avec EE Schmitt toujours un récit très accessible à tous, plein de finesse et d'humour, quand "la philosophie doit rendre l'horreur plus supportable", dans cette aventure d'un clandestin irakien, planant entre tristesse et espoir, loin d'un trop fort pathos et sans plaquer à la réalité plus dure des expatriés, Schmitt donne encore à réfléchir sur la condition humaine, quand les frontières ne sont finalement que des murs d'illusion. Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.Jules Renard

lucky44
19/09/10
 

Une simplicité déconcertante ...Ce qui me plait d'habitude chez Eric-Emmanuel Schmitt c'est ce coté léger, cette écriture fluide, ces phrases courtes, cette rapidité d'action, cette manière de tout transformer en fable philosophico-gentillette ..Et pourtant, c'est tout cela qui au premier abord m'a déplu dans la lecture de ce livre, un sujet aussi lourd que celui des immigrés traités avec des mots et un style aussi simple à de quoi dérouter.Néanmoins, l'idée de faire de ce jeune garçon, Saad Saad, quittant Bagdad pour rejoindre Londres, un Ulysse devant triompher des obstacles se trouvant sur sa route à quelque chose de plaisant.Eric-Emmanuel Schmitt réussi à me faire aimer et détester les mêmes choses, Oui on peut dire qu'Eric-Emmanuel Schmitt est énervant.

gaetlebrun
14/03/14
 

Ulysse from Bagdad, raconte le voyage de Saad, un jeune Bagdadi fuyant la dictature de Saddam Hussein. Alors que Saad était promis à un avenir brillant, sa vie bascule dans l'horreur : avec la guerre Iran-Irak (1980-1988) et la seconde guerre du Golfe (1990-1991) sanctionnée par le blocus américain sur le pays, Saad voit mourir ses proches les uns après les autres. Saad qui signifie "triste" ou "espoir" selon si l'on retient la traduction anglaise ou arabe, décide de braver tous les obstacles pour aller s'installer à Londres. Il espère y trouver un asile où il pourra travailler pour subvenir aux besoins de sa famille restée en Irak. Apprenti terroriste, puis transporteur d'antiquités à Bagdad, gigolo de fortune au Caire, fiancé en Sicile, accueilli en France par les partisans du combat pour les sans-papiers, Saad poursuit sans relâche un rêve qui ne cessera de l'obséder. A travers cet exil, il cherche un sens à sa vie, lui qui désormais n'est plus qu'un clandestin. Aidé durant son périple par les apparitions de son père, Saad mène un combat dont l'issue ne dépendra que de lui. De tout ce qui constitue le quotidien des clandestins : la faim, la pauvreté, les interrogatoires, les passages à tabac, l'humiliation, le racisme, rien n'est épargné au jeune homme. Pourtant la réponse à ses souffrances, se trouve en lui. Il n'appartient qu'à lui de choisir sa destinée : celle d'un Saad triste ou celle d'un Saad, qui symboliserait l'espoir...Calquant son histoire sur certains épisodes de l'Odyssée d'Ulysse, Eric-Emmanuel Schmitt soulève au délà du thème des clandestins et de la guerre en Irak, la question de l'identité : si ce roman peut sembler banal au premier abord, j'ai trouvé qu'il abordait avec finesse, un sujet bien plus large qu'il n'y parait. Ainsi "L'homme lutte contre la peur mais, contrairement à ce qu'on répète toujours, cette peur n'est pas celle de la mort, car la peur de la mort, tout le monde ne l'éprouve pas, certains n'ayant aucune imagination, d'autres se croyant immortels, d'autres encore espérant des rencontres merveilleuses après leur trépas ; la seule peur universelle, la peur unique, celle qui conduit toutes nos pensées, c'est la peur de n'être rien. p.231 A mon sens, cette fuite, cet exil de Saad n'est que le décor nécessaire à Schmitt pour questionner son lecteur car finalement, peu importe les épreuves affrontées par le héros. Peut-être que je me trompe sur le sens donné à ce roman mais il me plait de penser que Schmitt souhaitait avant tout contextualiser sa réflexion. Il n'y a qu'à suivre les dialogues entre le fils et le père (que j'ai lus avec grand plaisir). Bien sûr, on aime ou on aime pas et l'écriture de Schmitt toujours empreinte de moralisme et de philosophie, peut agacer. Mais pour ma part, j'ai été touchée par ce roman qui a bien plus à donner que ce que l'on peut croire. J'ai trouvé le parallélisme avec les aventures d'Ulysse bien choisi et cela m'a donné envie de découvrir l'Illiade et l'Odyssée d'Homère. Peut-être est-ce un bon raccourci pour ceux qui n'aiment pas Schmitt ? Moi, ce livre m'a plu. Alcapone13

Alcapone
02/02/13
 

P. 11 « Né quelque part où il ne fallait pas, j'ai voulu en partir ; réclamant le statut de réfugié, j'ai dégringolé d'identité en identité, migrant, mendiant, illégal, sans-papiers, sans-droits, sans-travail ; le seul vocable qui me définit désormais est clandestin. […] Bienvenu nulle part, étranger partout. »Ainsi Saad Saad résume-t-il son parcours dès le début du roman. Né dans une famille aussi aimante que pittoresque, entouré d'un père qui s'exprime dans un langage tantôt précieux, tantôt vulgaire, d'une mère et de sœurs qui le cajolent, le jeune homme traverse tous les bouleversements qui ont agité l'Irak ces dernières décennies : la dictature de Saddam Hussein, la guerre du Golfe puis le terrible embargo qui a réduit le peuple irakien à la famine. Ce parcours chaotique, qui prend bientôt la forme d'une nouvelle Odyssée lorsque Saad Saad décide de rejoindre l'Angleterre pour subvenir aux besoins de sa famille décimée, oscille entre tragique et confiance en l'avenir, comme l'illustre le double nom du personnage : p. 11 « Je m'appelle Saad Saad, ce qui signifie en arabe Espoir Espoir et en anglais Triste Triste. Parfois je suis Saad l'Espoir, parfois Saad le Triste, même si, aux yeux du plus grand nombre, je ne suis rien. » Son voyage n'a rien à envier à celui d'Ulysse, avec son lot de péripéties et d' « ennemis » aussi implacables que ceux d'Homère sous des dehors civilisés et policés.La dimension historique et sociale de ce roman est enrichie de fantaisie surnaturelle : le père de Saad Saad, qui trouve la mort au début du roman, apparaît régulièrement à son fils sous forme de fantôme pour lui prodiguer conseils et affection, émaillant ainsi le récit de dialogues savoureux. Le grand point fort de ce roman est de nous donner à voir une période troublée, que pour ma part je connaissais mal, du point de vue des victimes, de manière concrète et en même temps universelle et imaginaire, comme une nouvelle Odyssée.Le périple de Saad Saad permet de remettre en question les notions d’identité, d'appartenance à une culture, de frontière, et des droits fondamentaux, du rejet des immigrants :p. 221 "Valait-il donc mieux mettre la main sur les miséreux que sur les escrocs qui s'enrichissent de la misère ?" p. 222 « Dans leurs yeux, j'appartiens à une autre race. Je suis un clandestin, celui qui ne devrait pas être là, celui qui n'a pas la permission d'être. Au fond, ils ont raison : je suis bien devenu un sous-homme puisque je détiens moins de droits que les autres, non ? »p. 226 « Eriger des frontières, est-ce la seule manière pour les hommes de vivre ensemble ? »J'ai aimé retrouver la patte d'Eric-Emmanuel Schmitt, des réflexions philosophiques sous des mots simples : p. 142 « On croit fuir une prison alors qu'on emmène les barreaux avec soi. » et l'humour, qui transparaît malgré les drames et évite de sombrer dans le pathos : p. 214 « Bonjour, Papa, ça gaze dans l'au-delà ? » ;« Alors, mon fils, tel le divin Ulysse, tu frémis devant l'aurore aux doigts de rose, non ?- Pardon, Papa ?- Tu ne te gèles pas le cul à cinq heures du matin ? »Enfin, ce nouvel avatar d'Ulysse démontre une fois de plus que les mythes sont universels et que le pouvoir des histoires est immense. Une lecture à conseiller donc ! :-)schmitt_ee.jpg

LeCottagedeMyrtille
25/08/12
 

Éric-Emmanuel Schmitt est un auteur que j'aime beaucoup car au-delà de son talent, il a un don incroyable pour se renouveler et nous surprendre à chaque ouvrage, chaque nouvelle parution.Si j'ai décidé de lire ce roman-ci, outre pour l'auteur, c'est aussi pour le sujet traité : la vie d'un bagdadi dans son pays en temps de guerre, sous le régime totalitaire de Saddam Hussein et ensuite dans sa quête, à travers le monde, pour se trouver. Car il s'agit bien de cela, dans ce roman, Saad Saad est un jeune homme qui, tout au long du livre, n'aura de cesse de se chercher, dans tous les pays qu'il traversera.Saad Saad revêtira plusieurs personnalité, du terroriste au gigolo et il rejoindra un temps le groupe des défenseurs de sans-papiers, il sera constamment à la recherche de ce qu'il est, de ce qu'il veut et doit être. Saad Saad connaitra tout, la peur, la faim, la pauvreté mais aussi l'humiliation, le racisme et la cruauté... Il se nourrira de tout cela pour se trouver, pour se construire.Éric-Emmanuel Schmitt nous offre, ici, un magnifique livre sur l'identité, sur la condition des clandestins et sur l'Irak. Ce n'est pas un livre quelconque, non il s'agit d'un livre de grande qualité, abordant un sujet crucial pour le monde d'aujourd'hui, tout en finesse.Avec son personnage, Saad Saad, très émouvant et attendrissant, il nous interroge sur la peur de chacun, sur le but de chacun : être quelqu'un. Il nous ouvre aussi les yeux sur la condition des clandestins, leur parcours, leur combat. Et il nous emmène au cœur d'un pays gouverné par un dictateur.Ce fut une lecture intense par tout ce qu'elle aborde : je dois dire que j'ai été sacrément secouée de lire les conditions de vie des Irakiens, malmené par un dictateur haïssable et terrifiant. Saad Saad est extrêmement humain, il a des idéaux, qui sont parfois malmené par ce qui lui arrive, par la mort des gens qui l'entourent ; pourtant, il garde cette force, ce besoin d'avancer... Il faut qu'il s'en sorte, qu'il bouge, qu'il fasse quelque chose. Il se doit de garder espoir, d'aller de l'avant et, son père (les apparitions de son père) sont d'un secours inébranlable.En parlant du père de Saad, je dois dire que ce personnage, bien trop tôt parti est vraiment passionnant. C'est un bibliophile, qui sauve les livres en les dissimulant au gouvernement, chez lui. J'aime sa façon poétique qu'il a de s'exprimer pour les choses les plus simple. Tout devient beau et exceptionnel dans sa bouche, sous son regard...C'est un livre d'une grande puissance que celui-ci et, très poignant. Certes certains pourront trouver que l'auteur en fait trop, qu'il aborde tout cela d'une manière plus philosophie que l'on ne s'y attend, mais moi, je pense que ce roman à tout d'un grand.Le style est fluide, beau et prenant, comme toujours chez Éric-Emmanuel Schmitt. Suivre Saad Saad dans son voyage n'est pas toujours facile, mais c'est extrêmement passionnant et intense.C'est un magnifique roman, très fort, que je vous invite à découvrir si ce n'est déjà fait.

malorie
18/07/12
 

Quand j’ai entendu la première fois le titre de ce roman, je me suis demandée pourquoi Ulysse. Je m’attendais à ce que ça soit le nom du personnage principal alors qu’en réalité, il s’appelle Saad Saad. Après lecture, je me dis qu’il ne pouvait pas être mieux choisi. En effet, tout comme le personnage mythique, notre jeune narrateur entreprend un long et périlleux voyage, tel un Ulysse des temps moderne puisqu’il cherche à fuir Bagdad pour essayer de rentrer en Europe et notamment de s’installer à Londres. Eric-Emmanuel Schmitt signe ici un roman d’actualité sur l’immigration clandestine. Il colle à la réalité en livrant un texte à la fois poétique et plein de mystères. Il m’a d’ailleurs rappelé, dans un certain sens, L’alchimiste de Paolo Coelho que j’ai lu il y a bien des années maintenant. Cependant, j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs au roman, quelques passages où je me suis ennuyée. C’est vraiment le seul point négatif que je peux trouver au roman mais il m’a tout de même dérangé.Concernant les personnages, je me suis, bien entendue, attachée au personnage principal, Saad. Néanmoins, si je ne devais retenir qu’un seul protagoniste, ce serait son père. Chacune de ses apparitions fut un véritable délice et j’attendais même avec impatience la prochaine fois que je pourrai le voir entré en scène. J’ai tout apprécié en lui : sa manière de s’exprimer (il peut très, très bien parler, avec un langage soutenu et poétique ou totalement se laisser aller), son caractère, … Il apporte une touche d’humour, de légèreté mais il sait également être grave quand il le faut. Je l’ai trouvé bien plus intéressant que son fils.Ce n’est qu’une très légère déception mais Ulysse from Bagdad reste tout de même un roman magnifique dont je ne regrette pas la lecture. Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que c’est le meilleur livre de l’auteur (je préfère encore et toujours Oscar et la dame en rose et Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran). D’ailleurs, j’ai bien envie de me replonger dans l’œuvre de l’auteur et notamment ses pièces de théâtre. Je n’en ai lu qu’une seule et j’avoue que je suis curieuse de voir les autres.

Avalon
13/09/11
 

Format

  • Poids : 0.45 kg

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