Un barrage contre le pacifique

DURAS, MARGUERITE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 21/06/50
LES NOTES :

à partir de
25,40 €

SYNOPSIS :

TLes barrages de la mcre dans la plaine, c'était le grand malheur et la grande rigolade ´r la fois, ça dépendait des jours. C'était la grande rigolade du grand malheur. C'était terrible et c'était marrant. Ça dépendait de quel côté on se plaçait, du côté de la mer qui les avait fichus en l'air, ces barrages, d'un seul coup
d'un seul, du côté des crabes qui en avaient fait des passoires, ou au contraire, du côté de ceux qui avaient mis six mois ´r les construire dans l'oubli total des méfaits pourtant certains de la mer et des crabes. Ce qui était étonnant c'était qu'ils avaient été deux cents ´r oublier ça en se mettant au travail.t
6 personnes en parlent

C'est un roman de douleur, de colère, de folie. La mère, et ses 2 enfants, sont les victimes d'un système qui les mènent à la misère, aux gestes désespérés, chacun dans sa façon de lutter. Le système, c'est le colonialisme en Indochine, sa corruption, l'enrichissement des uns contre le travail sans compensation des autres, indigènes comme "petits blancs". Un texte court, fort, une écriture caractéristique, un personnage perdu d'avance contre un adversaire magistral : un océan. Métaphore ou tout ce qu'on voudra, il y a ici de très beaux moments. laurence

laurence
11/12/13
 

La mer de Chine est trop petite. Trop étroite. Il faut bien un océan pour contenir la colère et le désespoir de la mère. Un océan dont le nom n'est en rien ce qu'il contient. Pacifique, rien chez cette femme n'est plus pacifique.Un barrage contre le Pacifique voilà ce que chaque nuit elle construit dans sa tête. Avec entêtement, avec folie.Gagner sa terre contre un océan de misère. Reprendre cette terre qu'ils disent lui concéder.Cet océan inlassablement prend et emporte tout ce que les hommes construisent. Océan destructeur, affameur.L'Indochine. 1930. Une concession entre Kam et Ram. Un peuple qui crève de faim. Des colons mangeurs de terre et d'hommes.Ils crèvent comme des mouches, les annamites.Ils enterrent leurs gosses sous leurs cases dans la boue. Ils ne les comptent plus. Les terres sont pleines d'enfants morts. «les îles mouraient de la faim, des maladies de la faim et des aventures de la faim» Malaria, choléra, famine, vers, rien de vient remplir leur ventre, la vermine emplit les bouches. Description terrifiante des temps de nos anciennes colonies.«l'impatience des enfants affamés devant les mangues vertes est éternelle»La bourgeoisie coloniale danse, boit, baise, négocie, traite, engraisse.L'administration coloniale gère le crime.Quant à la mère et ses deux enfants adolescents,Joseph et Suzanne , ils sont tous trois face à cet océan au côté des paysans, démunis mais lucides devant le pillage autoritaire et réglementé de leurs terres.La mère est folle. Folle de rage, de colère , d'injustice. Elle hurle, elle convulse, elle frappe, elle compte et recompte ce que chaque jour elle n'a déjà plus.Elle sait la misère, elle l'a secourue.Et puis elle s'est rompue, impossible, impossible d'arrêter le flot continu de la misère.Joseph, lui, tue, il abat les bêtes, tire, chasse, traque. Suzanne flotte, subit, suit et attend.Lorsque que le barrage cède, tout cède. La retenue n'est plus.La mère perd l'impossible combat, les enfants quittent la terre qui, souhaitons leur, deviendra peut être leur enfer perdu.L'adieu à la terre pour Joseph sera une adresse faite au peuple au côté duquel il aura survécu. Ce sera un appel à la révolte, à la prise des armes contre ce pouvoir injuste, discriminatoire, exterminateur. Pour Joseph il faut abattare avant de construire. C'est le seul sens qu'il faut donner au combat. C'est ce qu' il aura tenu de l'histoire de la mère, de ce peuple, de cette terre.Duras avait visé l'harmonie de l'écriture dans ce roman initiatique, épique et autobiographique elle y aura surtout déposé le visage de tous les combats qu'elle ne cessera jamais de mener : combat contre le plus fort qui « s'autorise » sur le plus faible, contre l'hypocrisie sociale, le mensonge, l'absurdité des systèmes établis par les prêcheurs blancs de sainte civilisation, contre tous les crimes contre notre humanité.Les enfers perdus sont plus lourds à porter dans les mémoires que certains paradis. Surtout, si comme Duras on y a vécu. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
29/05/13
 

La mère de Suzanne et Joseph a offert toutes ses économies pour avoir le droit d’exploiter son lopin de terre dans cette Indochine colonisée des années 20. Mais la crue du « Pacifique », chaque année, réduit chaque année ses espoirs à néant. Elle a bien cru pouvoir la défier en édifiant un barrage… qui s’écroulera, dévoré par les crabes. Tous trois depuis vivotent misérablement dans un bungalow sur cette terre marécageuse, et voient en le riche Mr. Jo, amoureux de Suzanne, une aubaine, voire un gogo à plumer…

CarnetsdeSeL
04/04/11
 

Sublime, forcement sublime ? Désolé pour ceux qui aiment Duras : pour ma part, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'intrigue. Est-ce le style, l'auteur, le contexte historique ou autre chose ? Bref, pour moi, ça ne passe pas... Yann

Yann1977
04/02/10
 

Pour qui s'intéresse à Duras, ce livre est un incontournable car il permet de comprendre l'enfance de l'auteur mais aussi ses relations très difficiles avec sa mère.Cette dernière avait acheté une concession sans savoir qu'elle était inondable. Le combat de sa vie sera un combat contre le pacifique : l'empêcher d'inonder son terrain. La mère de Duras a eu beau accumuler les tentatives ratées, jamais elle ne lâchera, au point de sombrer dans une certaine folie.

Artsouilleurs
29/11/09
 

En Indochine Française, Marguerite Duras - l'auteur - va faire la rencontre d'un riche planteur, qui n'est pas encore qualifié comme étant Chinois (à cause du racisme notamment, il le sera dans l'Amant). La mère de l'auteure tente tant bien que mal de sortir sa famille de la misère, avec l'aide de ses deux autres enfants, Joseph et Suzanne. Je ne suis pas vraiment fan de Duras, je préfère la réécriture de ce livre, mais il faut néanmoins avouer que son écriture et son style sont vraiment très travaillés ! Ils correspondent tous les deux aux événements qui surviennent : quand le personnage est tourmenté, le rendu des pensées sont confuses, etc.Marguerite Duras parvient habilement à nous immerger dans son récit autobiographique. Cependant, il faut bien retenir que Duras n'écrit pas pour les autres, mais pour elle. Clementh

Clementh
27/07/12
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.33 kg

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