Un chateau en foret

MAILER, NORMAN

livre un chateau en foret
EDITEUR : J'AI LU
DATE DE PARUTION : 24/08/09
LES NOTES :

à partir de
8,90 €

SYNOPSIS :

Seul Mailer, dans son dernier roman, pouvait ainsi jouer avec le Diable. Parents incestueux, frères et soeurs misérables, obsessions sexuelles...
Dans cet environnement propice, le petit Adolf développe un narcissisme exacerbé et un appétit de massacre aussi délirant que diabolique.
2 personnes en parlent

Quelques mots sur l'auteurNorman Mailer est né en 1923 à Long Branch dans l'état du New Jersey. Diplômé d'Harvard, il est alors enrôlé dans l'armée comme fusilier dans le Pacifique Sud pendant la Seconde Guerre Mondiale. Sorti traumatisé de cette guerre, il écrit alors un pur bijou "Les nus et les morts" en 1948 qui va lui apporter la célébrité. Contre la guerre du Viêtnam, il a écrit un essai ("Pourquoi sommes nous au Viêtnam") et "Les armées de la nuit". Ecrivain engagé, il s'est aussi intéressé à son époque et notamment à la société américaine avec sa violence (individuelle et étatique). Cet engagement s'est cristallisé dans "Le chant du bourreau". Dans ce livre, il retrace la cavale meurtrier de Gary Gilmore et de sa compagne. Le roman est extrêmement poétique et percutante tant la réflexion sur la société américaine des années 70-80 était pertinente. Vous pouvez ensuite compléter cette lecture par le récit de Mikal Gilmore "Un long silence". Ce récit écrit par Mikal Gimore revient sur la vie de son frère Gary et donne une version "de l'intérieure" du plus grand ennemi public des Etats Unis d'Amériques.CritiqueIl est clair que nous sommes bien loin du temps des chefs d'oeuvre comme "Les nus et les morts", "Les armées de la nuit" ou le très grand et contesté "Le chant du bourreau". "Un château dans la forêt" était le premier roman appartenant à un trilogie sur Hitler. L'auteur n'a pas pu achever son projet littéraire puisque la mort l'a emporté en 2007. L'auteur avait l'intention de travailler sur la généalogie de Hitler notamment l'histoire de ses parents et surtout celle de son père. Il a aussi eu le désir de s'intéresser à l"apprentissage du mal" et à l'ascension au pouvoir de celui qui allait être le Führer du IIIème Reich. Le tome 1 "Un château dans la forêt" retrace l'histoire des parents notamment celle de père Alois. Le parcours de cet homme relève du roman picaresque. Norman Mailer s'intéresse ensuite à la naissance d'Hitler et à son enfance auprès d'un père autoritaire, doté d'une cruauté naturelle et fasciné par la reproduction des abeilles et la structure spartiate de la vie dans les ruches. Le roman trace en quelque sorte l'éducation du petit Adolf. Rien ne présage encore son funeste destin puisque le récit s'arrête à ses 12 ans.Cependant, la trame romanesque n'a pas l'envergure des chefs d'oeuvre cités plus haut. Norman Mailer se laisse aller à la facilité et reprends des théories et supputations des plus farfelues car non attestées par les études et versions historiques menées par des chercheurs. Il reproduit le motif de l'inceste (cher aux romantiques et aux nostalgiques mais pas réellement attestée dans le cas d'Hitler). Il distille dans son récit ce que je dirai "la théorie du soupçon ou du complot" (c'est comme vous voulez) sur un soi-disant "sang juif" dans les veines d'Hitler. Mais le comble du comble est le choix qu'il fait concernant le statut du narrateur. Ici, celui qui parle et qui relate l'histoire est, semble-t-il, un suppôt de Satan, le Diable en personne. Reprenant à son compte et de façon mal digérée la réflexion d'Hannah Arendt sur "la banalisation du Mal", Norman Mailer fait sombrer son récit dans un manichéïsme risible pour la raison et l'intellect du lecteur. Quant à la psychologie, elle est la grande absente car les personnages (notamment Alois) est plus du côté du burlesque plus qu'autre chose. L'ensemble est traité de façon simpliste, sans profondeur quant à l'endroit de la psyché des personnages. Dommage. Il est bien entendu nécessaire de le connaître afin de le comparer par exemple à un chef d'oeuvre comme celui de "La mort est mon métier" ou encore "Les bienveillantes" de J.Littell. Victoire

tran
01/08/12
 

Inter faeces et urinam nascimur« Inter faeces et urinam nascimur », disait Odon de Cluny (nous naissons entre la merde et l’urine), Norman Mailer a décidé de rester résolument dans cette tonalité tout au long des quatre cent quarante huit pages de ce copieux roman.Le narrateur est une entité du mal. Incarné quelques temps dans un officier SS, il reste cependant peu défini, peu au courant du fonctionnement de son « patron », le Maestro (le diable), ou du camp d’en face, le Dummkopf (Dieu). (Dummkopf, ou DK familièrement, = idiot en allemand).Sa mission est de suivre le petit Adi, et pour bien nous en exposer tous les tenants et aboutissants, c’est jusqu’au grand-père d’Adolf Hitler que nous remontons. D’épisode licencieux en cours sur les abeilles (avec deux scènes « marquantes », l’extermination d’une ruche touchée par la maladie par gazage, puis la crémation…), nous suivons donc toute la famille Hitler jusqu’à la fin des études (courtes) d’Adolf….La thèse du narrateur, c’est qu’un enfant résultat d’un inceste au premier degré (puisque ici la mère d’Adolf est aussi la fille de son mari, leur père à tous deux, et de surcroît la mère de cette mère est aussi la demi-sœur du père… pas clair ? Dans le roman, c’est longuement explicité…) et nanti d’un seul testicule de surcroît, est prometteur pour le côté du mal. Cela produit des lots entiers de dégénérés, et parfois, très rarement, un sort du lot et a des dispositions inouïes pour servir le mal, pour peu qu’on le maintienne dans cette voie… Il s’avère que l’enfance d’Adolf tiendra toutes ses promesses, en ce sens.Narré d’une plume graveleuse et souvent même scabreuse, cette enfance d’Hitler s’excuse régulièrement de choquer le lecteur, y compris même en l’amusant : plusieurs digressions sur ce fait. D’autres encore, avec malice, pour nous parler d’une mission intermédiaire en Russie, avec ce formidable avertissement, page 214 : « Si certains lecteurs persistent à dire : « J’aimerais mieux continuer à suivre le récit des évènements survenus à Hafeld », je leur répondrai ceci : « C’est votre droit. Reportez-vous directement à la page 255. C’est là que reprend l’histoire d’Adolf Hitler. »On pourra dire tout ce qu’on voudra de la plume de Norman Mailer, elle s’y entend toujours comme personne pour prendre le lecteur dans ses filets et ne pas le lâcher durant tout le temps qu’elle aura décidé de jouer avec lui. « Pour tout le reste, un personnage est le fait d’une succession de choix », nous dit-il en fin de livre. Mon choix est de le suivre, toujours, et où qu’il aille. Je gage que sur ce roman précis, ce ne sera pas le cas de tout le monde… Sylvie Sagnes

SagnesSy
20/07/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.35 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition