Un pays pour mourir

TAIA, ABDELLAH

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 08/01/15
LES NOTES :

à partir de
11,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Zahira est une prostituée marocaine. Le pays où elle achève sa triste carrière et où elle mourra, c'est la France. Ses clients sont les pauvres hères musulmans qui ont échoué à Paris, comme elle, en quête d'espoirs qu'ils n'ont pas trouvés. Ce sont des personnages qui vivent comme des fantômes. Zahira est l'amie d'un Algérien qui se prostitue lui-aussi. Déchiré entre sa double nature, masculine et féminine, il changera de sexe sans trouver d'apaisement. Zahira connaît la dureté de la vie mais elle n'a jamais cessé de rêver de la rencontre miraculeuse qui métamorphosera son destin. Ce sont les films égyptiens vus dans son enfance qui nourrissent son imagination. Il y a là une autre réalité. Elle la porte en elle. Elle y croit. Tout le roman fonctionne sur cette confrontation entre un monde impitoyable et
les aspirations de Zahira à un idéal d'amour qui la sauvera de la solitude, elle et ses compagnons de malheur. Zahira et son ami Aziz se racontent l'un à l'autre des histoires comme Shéhérazade dans Les Mille et une nuits. On suit ainsi des fragments d'existences de femmes et d'hommes poussés vers l'occident par la misère de leur sort et qui se heurtent à un univers postcolonial qui ne les reconnaît pas et qui ne les comprend pas. C'est le sens profond de ce roman « oriental », volontairement construit par l'auteur hors des normes habituelles du roman français : des scènes impudiques, une extrême violence du ton et des passages d'une sensibilité exacerbée - celle de Taïa - dont les racines sont situées dans des enfances vécues hors d'Europe dans des civilisations longtemps écrasées par les Européens.
3 personnes en parlent

Ils ont fui ou veulent fuir leur pays pour des raisons différentes. Ils ont des points communs, leur fragilité et leur ouverture aux autres.. leur désir d'amour ou d'amitié, l'espoir d'une vie meilleure, et leurs désillusions...Zahira, prostituée depuis longtemps, émigrée en France, femme au grand cœur n'a plus beaucoup de charmes pour vivre. En fin de carrière, elle est le personnage central de ce roman, le personnage qui se souvient de la mort de son père relégué par sa mère au premier étage, père que ses enfants ne pouvaient approcher ...leur mère l'avait interdit...Elle a maintenant besoin de lui parler, d'être pardonnée...Aziz, jeune algérien habillé en fille dès son enfance par ses sœurs, fera de Zahira sa confidente, il attend l'opération qui fera de lui Zanouba "Sans cette chose inutile entre les jambes qui me bousille la vie depuis toujours"...Il quittera ainsi le "territoire maudit des hommes", mais sera-t-il plus heureux après?Et puis il y a Allal premier amour de Zahira. Resté au Maroc il cherche, à tout prix à la retrouver, pour assouvir une rancœur tenace.."Elle doit mourir Zahira. C'est son destin, c'est comme ça" Et d'autres histoires encore qui parfois se recoupentCe ne sont pas des vies de héros, mais celles de personnages simples, fragiles qui ont fui leur pays, la pauvreté qui s'offrait à eux, pour trouver une autre pauvreté, une vie précaire, l'exclusion d'un monde qu'ils idéalisaient, un monde cruel et égoïste, peu enclin à aider les plus faibles. Des vies brisées, qu'on essaye de raccommoder...mais il y aura toujours des trousUn écriture violente parfois, impudique souvent, alternant avec une sensibilité à fleur de peau. Des phrases courtes et percutantes, des pages magnifiques et d'autres bouleversantes mais à la fin une impression de malaise indéfinissable...un malaise que l'auteur cherche à nous faire partagerUn jeune auteur que je ne connaissais pas, dont je souhaite poursuivre la découverte JPV

JPV11
06/11/15
 

Zahira est une déracinée. Elle a quitté sa maison au pied de l’Atlas, au Maroc, fuyant le souvenir d’un père qu’elle a laissé mourir seul, essayant en vain d’échapper à la culpabilité. Installée à Paris, elle vend son corps aux plus démunis, aux laissés-pour-compte qui viennent frapper à sa porte. Elle sait comment les soulager de leur peine et de leurs malheurs, même un bref instant. De la même manière, elle soutient Aziz et l’accompagne dans son changement de sexe. Aziz qui sera bientôt Zannouba, qui pense l’avoir toujours été, depuis son plus jeune âge, et qui n'imagine pas qu’il peut se perdre en voulant changer d’identité… Et puis il y a Mojtaba, le bel iranien, obligé de fuir son pays parce qu’il est homosexuel, parce qu’il prône la liberté d’expression, et qui se retrouve perdu dans Paris… Heureusement, Zahira est toujours là lorsqu’il s’agit de tendre la main, de recueillir les brebis égarées, Zahira qui ne se doute pas que son ancien amant vient d’apprendre qu’elle se prostituait et qu’il vient pour elle, pour laver le déshonneur… Enfin il y a l’énigmatique Zineb, disparue depuis longtemps, mais qui continue à hanter la mémoire familiale…Roman de l’exil, « Un pays pour mourir » reprend des thèmes chers à Abdella Taïa, tels que le déracinement, le tabou lié à la sexualité, l’homosexualité et le désenchantement envers un monde qui a oublié, délaissé les plus démunis. Cinq personnages portés par le rêve d’un avenir meilleur, ailleurs, loin de leurs racines et qui se retrouvent hantés par leur passé, incapables de se reconstruire et de trouver le bonheur dans une société qui les rejette, qui ne veut pas d’eux.Les phrases sont courtes, le rythme saccadé tandis que l’écriture est brutale, violente. Elle bouscule le lecteur, le malmène pour mieux pénétrer en lui et le bouleverser. Car, parmi ces instantanés de vie qui nous sont dévoilés, se cache une tendresse, une nostalgie emprunte de poésie qui nous touche et nous émeut. Des personnages d’horizons différents, mais meurtris par la vie. Si certains ont perdus leurs espoirs, d’autres rêvent encore d’un avenir meilleur, mais chez Abdellah Taïa, seule la réalité crue compte et les « happy end » n’existent pas… Un roman d’autant plus fort et bouleversant qu’il est court. « Un pays pour mourir restera une lecture marquante…Challenge Variétés : Un livre qui se déroule dans votre ville

Mokona
11/05/15
 

Il y a l'exil qui relie chacun des personnages de ce roman. L'exil comme seule issue à un Maroc enfermé dans ses traditions et sa religiosité. L'exil pour fuir un destin tout tracé que le corps des personnages refuse. L'exil oui, mais après ? Le monde n'aime guère les exilés. Il les parque aux confins des villes dans des lieux minables où règnent toutes les misères possibles. Pour survivre, il faut plonger dans la marge quitte à s'y enfoncer à jamais. Reste la possibilité de rêver, unique brèche d'espoir dans une destinée pourtant tracée.Il y la culture originelle, celle qui colle à l'esprit, celle qui quoiqu'on fasse, où que l'on soit, sert malgré tout d'étais dans les mauvais jours toujours plus nombreux. On fait appel aux djinns, aux sorciers pour essayer d'avoir une petite emprise sur le monde qui nous échappe. On retrouve les odeurs d'une cuisine gourmande, sucrée, aromatique, on s'emplit la tête de films indiens ou égyptiens. On a beau avoir bravé de nombreux interdits, le réconfort vient surtout du souvenir de ce lieu natal à l'empreinte indélébile.Il y a le sexe, tabou, caché, mais pourtant si présent. Il est pour les personnages de Taïa indissociable de leur destinée, souvent le motif principal de leur fuite. Il pourrait aussi devenir un pouvoir ou tout du moins un moyen pour s'extraire de la précarité. Prostitution, homosexualité, transsexualité traversent le roman comme un plaidoyer pour un possible regard indifférent des autres.Il y a le roman, qui, comme le précédent, "Infidèles", est construit d'une façon un peu maniérée. Le récit est plutôt gigogne et choral. Plusieurs personnages illustrent le propos de l'auteur, plusieurs histoires qui parfois se recoupent. J'y ai trouvé des pages magnifiques (la lettre de l'exilé iranien à sa mère), d'autres bouleversantes ( le désarroi d'Aziz à la suite de son changement de sexe) mais j'y ai rencontré aussi une certaine déception.J'avais entendu un entretien de l'auteur sur une radio du service public qui m'avait emballé. Sa voix calme, douce et posée, exprimait avec des paroles fortes, sèches, tranchantes, militantes, sans concession, toute la misère de notre monde, laissant également entrevoir la difficulté de son parcours. Il parlait sans acrimonie, mais ses mots étaient de ceux qui donnaient envie de se lever pour essayer de changer un peu le cours des choses. On retrouve cela dans son livre mais, hélas pour moi, dilué dans une écriture aux effets de style assez opposés. La fin sur le blog

pilyen
11/04/15
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.10 cm
  • Poids : 0.22 kg

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