Un pedigree

MODIANO, PATRICK

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 11/05/06
LES NOTES :

à partir de
6,49 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

« J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était pas la mienne. Les événements que j'évoquerai jusqu'à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence - ce procédé qui
consiste à faire défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs restent immobiles sur un plateau de studio. Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d'autres ont ressentie avant moi : tout défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie. »
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Voilà des années que je lis des romans de Modiano.Puis je l'ai entraperçu dans la petite lucarne... puis j'ai entendu parler de sa timidité et de son côté "taiseux"... on supposait sa vie sans pourtant y mettre des noms... eh bien là on en a des noms, à ne plus savoir quoi en faire ! Autobiographie de ses vingt et une premières années.On y croise un père comme dans "un cirque passe" (le précédent livre que j'avais lu)Au sujet de sa mère, étrange coïncidence j'ai entendu l'autre jour Doris Lessing (dans un reportage) dire qu'on ne pouvait devenir écrivain que si on avait vécu son enfant sur le qui-vive, et que le rôle de sa mère y était pour beaucoup... Dans "Un pedigree" Patrick Modiano parle aussi de cette notion d'être sur le qui-vive... c'est peut-être cela qui a donné aux autres romans tant d'importance aux petits détails, aux signes !Rythme plus vif donné par les noms et les dates.Le livre se termine à l'écriture de son premier livre et à sa majorité légale. http://ramettes.canalblog

ramettes
05/12/13
 

Un Prix Nobel, forcément, cela donne envie de s'intéresser à l’œuvre de l'auteur ainsi mis en lumière. Donc on s'intéresse à l'histoire de l'homme devenu célèbre, racontée par lui-même en 2005, et qui se consacre à ses vingt premières années.Voici une autobiographie assez désabusée, qui tente de rendre compte du passé selon une chronologie scrupuleuse (quoique assez fatigante à la fin) de 1945 à 1967. Dommage qu'il n'ait pas poussé jusqu'à 68, on aurait aimé savoir comment il a vécu ces moments-là.Modiano est donc fils d'un juif et d'une flamande mais ce ne sont pas ses origines qui nous intéressent le plus. Il est surtout le fils de gens désargentés mais vivant dans un contexte bourgeois-bohème avant l'heure, de préférence dans des quartiers « branchés » comme Saint-Germain des Prés, aux activités artistiques pour la mère, comédienne à la modeste carrière, activités plus énigmatiques et pas forcément légales pour le père, présenté comme « affairiste » et dont on soupçonne qu'il prend des libertés avec la loi. D'ailleurs, gravitent autour de ces deux-là authentiques mauvais garçons et vrais voyous, gens du spectacle et amis généreux qui les « soutiennent ». Car le propre de leur mode de vie c'est de dépenser un argent qu'ils n'ont pas, d'hôtel en maisons amies, de restaurants chics en périodes de disette.Rien de tout cela ne serait très grave si le jeune Patrick n'avait constamment la certitude non seulement de ne pas intéresser ses parents mais d'être celui qui gêne. D'où cette de jeunesse entre nourrices, pensionnats, internats, vacances chez les copains, toujours aussi éloigné que possible de parents qui ne l'aiment pas, ne s'intéressent pas à lui sauf quand il est question de lui imposer la loi paternelle. Nous sommes avant 68, on n'est majeur qu'à 21 ans et même parvenu à cet âge, on est encore sous la coupe paternelle tant qu'on n'a pas l'indépendance financière. On est navré pour Modiano d'une jeunesse si sèche et si pauvre d'amour, heureux de le voir prendre la route et trouver son indépendance, fier (à la place de ses parents) de le voir écrire très jeune son premier livre et devenir – enfin – indépendant. Un chemin difficile mais qui, probablement, l'aura aidé d'une manière ou d'une autre. Pas de quoi tout de même dire « merci papa, merci maman » ! Hebelín

hebelin
15/11/14
 

Pedigree : nom appliqué au monde animal pour désigner la généalogie d’un animal.L’usage de ce mot surprend beaucoup de la part d’un auteur dont l’ouvrage a pour objet de se raconter…ou du moins de lever un peu le voile sur une partie de sa vie, et plus particulièrement sa jeunesse.Entre un père quelque peu bizarre et autoritaire, et une mère fantasque et artiste, le jeune Modiano se construit dans un univers un peu nébuleux, et dans un après-guerre confus et pas toujours très net.Pourquoi ce terme animalier ? Sans doute que le jeune Modiano (et l’actuel aussi ?) manque de confiance en lui.Après le grand barnum qui a suivi son obtention du Nobel 2014, et parce que j’ai longtemps tourné autour sans que vraiment ni Modiano lui-même et ce que j’ai pu lire à son sujet ne me donne vraiment envie de m’intéresser à lui, j’ai voulu voir personnellement ce qu’il pouvait bien avoir de si génial pour mériter ce prix littéraire prestigieux.Soyons honnête, ça n’est pas mal écrit. Mais enfin, une fois le livre refermé, n’ayons pas peur des mots : ça ne casse pas 3 pattes à un canard, même du meilleur pedigree qui soit. Ce livre s’oubliera bien vite, ne laissera pas grand sillon derrière lui. Et pour bien le confirmer que Modiano n’est pas pour moi je lui redonnerai une chance, à notre Nobel national, mais juste une ; mais pas dans l’immédiat.

mimipinson
26/10/14
 

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une autobiographie totale. L’auteur ne revient pas sur sa vie en intégralité mais juste sur son enfance et son adolescence, jusqu’à sa majorité à l’âge de 21 ans, âge auquel il entamera l’écriture de son premier roman.Au début du texte, l’auteur tente de reconstituer la vie de ses parents avant sa naissance, ce qui donne lieu à une énumération de noms et de lieux un peu longuette dans le premier chapitre, d’autant qu’il n’est pas aidé dans sa reconstitution en raison de la période très trouble de l’Occupation.Il en vient ensuite à lui et à son enfance. Sa vie à Biarritz avec son frère jusqu’à l’âge de 5 ans. Puis, le déménagement à Paris. Et sa mère, actrice, qui commence à le délaisser. Et, l’événement majeur, en 1957, alors que Patrick a 12 ans : la mort de son frère. On ne sait pas de quoi. Le fait est relaté en un petit paragraphe. A partir de là, le jeune Patrick a l’impression de ne pas faire partie de sa propre vie, de la vivre comme s’il se trouvait de l’autre côté d’une vitre. C’est l’extrait que l’on trouve en quatrième de couverture et qui m’a interpellée tant il me correspond dans un certain sens : « A part mon frère Rudy, sa mort, je crois que rien de tout ce que je rapporterai ici ne me concerne en profondeur. J’écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n’était pas la mienne. In ne s’agit que d’une simple pellicule de faits et gestes. Je n’ai rien à confesser ni à élucider et je n’éprouve aucun goût pour l’introspection et les examens e conscience. […] Les événements que j’évoquerai jusqu’à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence […]. Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d’autres ont ressentie avant moi : tout défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie. »Modiano raconte donc ces vingt et unièmes premières années éloigné de lui-même, porteur de la mort de ce frère, mort en partie pour lui-même et ses parents. Du coup, le récit se fait très froidement, l’auteur raconte les faits sans la moindre émotion. Mais comment faire autrement alors que ses parents ne lui ont jamais apporter la moindre émotion ? Il passe la plus grande majorité de son adolescence en internat. Lorsqu’il peut en sortir le week-end – et c’est rare – c’est pour se retrouver chez de la famille ou des amis lointains. Jamais ou presque avec ses parents…A 21 ans, il coupe totalement les ponts avec son père. Se libère de son autorité et peut commencer à vivre sa vie en écrivant son premier livre.Etrangement, alors que je n’ai pas du tout apprécié le début et alors que l’auteur effectue une très importante mise à distance, ne laissant pratiquement poindre aucun sentiment, aucune émotion sur son enfance, j’ai vraiment beaucoup aimé cette autobiographie qui a su trouver résonance en moi. Je recommande vivement ce texte !

Naurile
04/05/14
 

Avant de parler de son enfance, Modiano raconte ses parents. Une mère comédienne qui enchaînera les petits rôles et ne portera jamais la moindre attention à son fils. Un père toujours prêt à monter des affaires plus ou moins louches qui flirtera toute sa vie avec des représentants de la pègre et qui lui non plus ne sera pas d’une grande tendresse pour sa progéniture. « Mais je n’y peux rien, c’est le terreau – ou le fumier- dont je suis issu. » La jeunesse de Patrick Modiano n’est pas un long fleuve tranquille. Il enchaîne les pensionnats sordides et ne voit jamais ses parents, trop occupés par leurs carrières respectives. La perte de son frère est un moment aussi dramatique que traumatisant. Lorsqu’il retourne enfin vivre avec sa mère après avoir obtenu le bac, il connaît la misère la plus noire dans un appartement parisien miteux où le manque de moyens ne permet pas de payer le chauffage au cœur de l’hiver. Ce n’est qu’à 21 ans, en 1967, au moment où est publié son premier roman, que le jeune homme peut enfin prendre son envol et mener sa vie comme il l’entend : « J’avais pris le large avant que le ponton vermoulu ne s’écroule. Il était temps. »Mon premier Modiano Un auteur important, il paraît. De ceux dont il faut surveiller chaque nouvelle publication. Je ne connais rien de son œuvre. Je sais juste que de nombreux auteurs contemporains le citent comme référence. Pourtant, à la lecture des premières pages de ce court texte, je m’interroge. Le style est sec, presque journalistique. Je me dis qu’il n’y a franchement pas de quoi s’emballer. Modiano survole 21 années à toute vitesse, ne s’arrêtant sur aucun événement marquant. Comme s’il ne voulait rien partager avec le lecteur. Du coup on découvre sa jeunesse à la façon d’un observateur peu concerné par ce qu’on lui raconte. Et puis, page 45, tout s’éclaire : « J’écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n’était pas la mienne. » On sent l’urgence, un élan qui pourrait facilement se briser : « Je vais continuer d’égrener ces années, sans nostalgie mais d’une voix précipitée. Ce n’est pas ma faute si les mots se bousculent. Il faut faire vite ou alors je n’en aurais plus le courage ». Finalement, Un pedigree relève presque du journal intime. Une introspection qui n’aurait à la limite pas besoin d’être partagée. Quelques pages pour purger un passé douloureux et dire : « voila, c’est fait, ne venez plus m’emmerder avec ma jeunesse, c’est juste un mauvais souvenir sans grand intérêt. »Drôle de texte. Sans doute pas la meilleure façon de découvrir cet auteur. Il n’empêche que cet exercice de style ne m’a pas forcément déplu. Reste maintenant à trouver un roman de Modiano qui me montre toute l’étendue de son talent.

jerome60
14/05/12

J'avais le pressentiment de connaître davantage d'oeuvres écrites par Modiano avant d'attaquer ses fameuses mémoires, publiées sous le nom d' "Un pedigree". J'aurais dû ! Je regrette un peu car certaines subtilités auraient glissé sur moi comme l'eau claire !.. Hélas, j'y reviendrai lorsque je serai plus calée en la matière ! A part "Dora Bruder", je n'ai pas encore lu d'autres Modiano ! La honte...Donc, "Un pedigree" au démarrage déconcerte car l'auteur se contente franchement de rédiger un long listing de noms, autant de fleurons superbement inconnus désormais, mais faisant partie de ce microcosme de célébrités de l'époque des années 40 ! Les jeunes années des parents Modiano, un père magouilleur et une mère actrice égoïste. Un mauvais départ pour l'enfant Patrick, vite confié dans des pensionnats, ou à des relations à droite, à gauche. Des rendez-vous éclairs avec un père dans des cafés, des allusions à des trafics louches, des devoirs dans les bureaux des directeurs de théâtre, des rues de Paris qui se gagnent et se perdent... Franchement l'enfance de Modiano n'a rien, strictement rien, de reluisante. Sans doute l'homme a su tirer une matière pour écrire ses romans, on devine rien qu'aux titres : La ronde de nuit, De si braves garçons, Quartier perdu, Dimanches d'Août, Un cirque passe, etc...Mais ce qu'il y a de très complexe dans ce livre, c'est l'effet mitraillette : une succession de noms, d'événements, de lieux, de rencontres, mise à la chaîne, sans transition, sans logique. Juste une volonté de l'auteur de se débarrasser de tout ça, au lieu de fournir un travail d'intropection - chose qu'il abhorre. Certaines scènes, marquantes, sont jetées en pâture au lecteur avide de détails, mais il n'en sera rien ! On ne s'attarde jamais avec Modiano : la mort du frère, la police qui l'embarque dans un panier à salade, les fâcheries, les bouderies, les quémandes muettes pour un peu d'estime vers sa mère, rien !.. L'auteur tait ses regrets, à peine les esquive-t-il, il met en parenthèse ses rancoeurs et jamais n'en vient à rendre des comptes !C'est un livre pudique, une décharge de trop-plein, des sentiments confus, une volonté de ne plus se sentir sur le qui-vive, d'être léger. Un livre pour les inconditionnels de l'auteur !

Clarabel
23/02/09

Format

  • Hauteur : 17.70 cm
  • Largeur : 10.60 cm
  • Poids : 0.10 kg

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