Une education libertine

DEL AMO, JEAN-BAPTISTE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 22/08/08
LES NOTES :

à partir de
19,00 €

SYNOPSIS :

'C'est un homme sans vertu, sans conscience. Un libertin, un impie. Il se moque de tout, n'a que faire des conventions, rit de la morale. Ses moeurs sont, dit-on, tout à fait inconvenantes, ses habitudes frivoles, ses inclinations pour les plaisirs n'ont pas de limites. Il convoite les deux sexes. On ne compte plus les mariages détruits par sa faute, pour le simple jeu de la séduction, l'excitation de la victoire. Il est impudique et grivois, vagabond et paillard. Sa réputation le précède. Les mères mettent en garde leurs filles, de peur qu'il ne les dévoie. Il est arrivé, on le soupçonne, que des dames se tuent pour lui. Après les avoir menées aux
extases de l'amour, il les méprise soudain car seule la volupté l'attise. On chuchote qu'il aurait perverti des religieuses et précipité bien d'autres dames dans les ordres. Il détournerait les hommes de leurs épouses, même ceux qui jurent de n'être pas sensibles à ces plaisirs-lâ. Oh, je vous le dis, il faut s'en méfier comme du vice.' Paris, 1760. Le jeune Gaspard laisse derrière lui Quimper pour la capitale. De l'agitation portuaire du fleuve aux raffinements des salons parisiens, il erre dans les bas-fonds et les bordels de Paris. Roman d'apprentissage, Une éducation libertine retrace l'ascension et la chute d'un homme asservi par la chair.
9 personnes en parlent

Aux premières pages de ce roman, j'ai eu l'impression de replonger directement dans mes souvenirs de lecture du Parfum de Süskind, ou bien du Paris décrit avec minutie par Jean Teulé, dans Je, François Villon. Nous débarquons en effet directement dans le ventre de Paris, dans sa violence, dans sa noirceur, sa crasse, sa pestilence, au coeur de cette ville qui, si elle est devenue à notre époque superbe et magique, était en ces temps reculés un nid de miasmes, de maladies, de solitudes et de dépravations. La langue est riche, très, précise, cultivée et extrêmement maîtrisée et on a du mal à se dire qu'il s'agit là d'un premier roman. Les descriptions de la ville peuvent parfois donner des haut-le-coeur tant elles regorgent de réalisme et tant le coté sordide est accentué, mais le style est terriblement visuel et on se retrouve en quelques pages à marcher de concert avec le héros du roman dans les rues souillées, au long d'impasses coupe-gorge, sur les bords puants de la Seine, dans des taudis grouillant de punaises...Nous sommes donc à Paris, et accompagnons dans ses errances Gaspard, ce jeune provincial qui a quitté précipitamment sa Bretagne natale, dont on apprend au fil des pages qu'il a été un enfant maltraité par son père et qu'il a eu une jeunesse difficile au sein de sa famille, dans la porcherie familiale, et qui vient de débarquer à la capitale. Gaspard veut à tout prix se défaire de son passé, il veut sortir de sa condition de pauvre hère, veut s'élever dans la société et est prêt à tout pour y arriver. Ce tout prend la forme d'une rencontre, celle avec le Comte Etienne de V., un libertin notoire...Suite sur Les lectures de Lili Liliba

liliba
31/05/10
 

Malgré une fin à laquelle je ne m'attendais pas vraiment, j'ai adoré ce livre. Au fil des pages, j'ai ressenti diverses émotions, certains passages font même rougir les joues. Mais comme c'est agréable! J'ai beaucoup aimé la relation qui s'installe entre Gaspard et Etienne, le fameux libertin. Dès que l'on parlait d'eux, les émotions me semblaient palpables, comme si j'étais à deux pas de la scène.Côté descriptions, elles sont présentes à juste dose. L'auteur nous décrit Paris au 18ème siècle, bien loin de la ville que l'on connaît aujourd'hui. Avec sa saleté, ses maladies. Certains passages peuvent paraître un peu choquants, un peu crus. Mais sachez que mon âme fragile l'a très bien supporté donc ça ne doit pas être si terrible que ça.

un flyer
13/10/10

Un texte déroutant, une plume épatante, mais.... mais beaucoup de tergiversations, et une intrigue bien pauvre, noyée sous les digressions. Quelques références à Süskind, et un grand attachement au style, que l'on retrouve tout aussi noir, tout aussi coloré d'un point de vu olfactif. Les chroniques postée ici sont de courts extraits... les véritables articles sont sur le blog !

nanet
09/06/13
 

Époustouflant. Avant de commencer à lire ce livre, je m’attendais à me retrouver dans l’ambiance d’un roman libertin à la Crébillon fils : dans un milieu aristocratique idéalisé, galant et débauché, mais cette attente a été détrompée dès la première ligne : « Paris, nombril crasseux et puant de France. » C’est dans l’univers du Parfum de Süskind que Del Amo m’a plongée, happée même. En effet, le roman s’ouvre sur une description, en très grande partie olfactive, du Paris puant et dégoutant du siècle des Lumières. Si beaucoup l’ont jugée trop étendue et répétitive, au détriment de l’intrigue, ça n’a pas été mon cas : adepte des lenteurs romanesques et des démonstrations stylistiques, j’ai beaucoup apprécié celles-ci. L’auteur manie la langue française avec virtuosité pour présenter à l’imagination de son lecteur un portrait précis de ses personnages, ainsi que de la ville et de son fleuve qui exerce une si grande influence sur le protagoniste principal, Gaspard. Ce jeune homme, fraîchement arrivé dans la capitale française et avide d’en atteindre les hautes sphères, devra tout d’abord en traverser tous les bas-fonds, y perdre ses illusions et suivre une cruelle éducation pour finalement devenir un homme de ce siècle, un libertin. Cette ascension est narrée sans concession, ni idéalisation, de manière très crue par Del Amo : pour cette raison, je déconseille ce roman aux âmes sensibles. Le bonheur et l’amour n’ont pas de place dans cet univers cruel et cynique mis en scène dans ce roman, et l’horreur ne se trouve pas toujours là où on l’attend.Un très grand roman selon moi.

AmandineMM
17/02/13
 

Le jeune Gaspard laisse derrière lui la porcherie familiale de Quimper pour la capitale.De l'agitation portuaire de la Seine aux raffinements des salons parisiens, il erre dans les bas-fonds et les bordels de Paris.Ce livre a été une claque, à la fois de dégoût et de fascination. On a parfois l'impression de lire un classique de la littérature française (ce petit côté Choderlos de Laclos, qui m'avait tant intriguée au lycée !)Il y a beaucoup de lectures qu'on oublie, celle-là laisse des traces.

L'éducation libertine, c'est celle de Gaspard, jeune quimpérois fraîchement débarqué à Paris, et prêt à tout pour gravir les échelons de l'échelle sociale. Il comprend vite que pour se sauver de la misère et des menaces de la capitale, il doit "vendre" son corps aux époux des "Marquises de Peu et des Duchesses de Rien". Cynique et las de la vie, Etienne de V l'initie à ce genre de vie, lui rappelant que "seules l'hypocrisie et la mondanité assurent la marche du monde". Simplement, au fur et à mesure de son ascension sociale, Gaspard y perd son âme en se considérant comme " un bougre travesti". Il lui manque l'assurance et la force d'esprit qui lui auraient permis de faire le clivage entre chair et conscience En comprenant la "finitude des choses", Gaspard se perd, Gaspard se détruit et entre dans "une solitude assourdissante". Ce roman commence tout doucement. L'auteur prend la température de Paris en 1760, rend compte des moeurs de l'époque, des odeurs pestilentielles, de la difficulté de vivre, surtout l'hiver. Paris, c'est aussi la Seine, qui exerce sur Gaspard une influence considérable, véritable personnage qui revient régulièrement comme pour lui rappeler d'où il vient. L'écriture est charnelle, sensuelle, tout en rondeur et volupté. Cet effet de style agacera sûrement le lecteur habitué à une écriture plus contemporaine et directe, mais elle a le mérite de s'accorder admirablement avec le sujet traité. En lisant ce récit, plein de références reviennent en mémoire: on pense à Valmont des "Liaisons Dangereuses", tout en marquant les différences notoires entre les deux protagonistes, on pense au "Parfum" de Suskind pour les descriptions des odeurs de Paris et leurs influences sur les habitants, enfin on pense aussi aux "Nuits de Paris" de Rétif de La Bretonne pour les descriptions des errances noctambules de Gaspard. En conclusion, ce roman est surtout un incroyable portrait d'homme, sans cesse tiraillé entre ce qu'il était, ce qu'il est devenu, et les sacrifices concédés qui le "dévorent comme une gangrène". Son maître, Etienne de V a raison: "ce qu'il faut comprendre, c'est combien l'homme est versatile, stupide en société, indécis lorsqu'il est seul". Gaspard est l'incarnation de la réussite telle qu'elle existait au 18ème siècle, mais à quel prix? Bonne lecture! vivi

vivicroqueusedelivres
11/02/12
 

Paris, 1760. Un Monstre. Certes, l’entrée en matière est abrupte. « Le nombril crasseux et puant de France », non, je ne m’y attendais pas. Tout un imaginaire détruit, les belles gens, les décorations dorées à l’or fin, le luxe, les végétations généreuses, les formes généreuses, la beauté aristocrate, tout, tout s’envole et s’enterre en un instant. Paris en 1760, c’est un Enfer. Une énorme fosse, un amas de chair, de brique, de saleté. Notre choc, c’est celui de Gaspard. Il quitte Quimper pour la capitale, animé de désirs, d’envies, de rêves. Il se confronte à l’horreur, au dégoût, au dédain. Difficile, en effet. Mais surmontable. De toute façon, il n’a pas le choix. Il a laissé sa ville, ses parents, dont les souvenirs abruptes nous apparaissent; aux moments forts. On y trouve le père violent, rigide, et démesuré, la mère répugnante. Les souvenirs se mêlent aux cochons, à l’égorgement, au sang. Un mélange de malaise, d’étranges maux. Alors Gaspard se ballade, regarde, écoute, scrute. Il passe dans les vieilles ruelles, voit les pauvres, leurs corps rachitiques, les prostitués adossées aux vieux murs sales et dégoulinant. C’est juste un homme dans cette masse ignoble. Et la Seine au loin, qui l’appelle. Le cherche, le tente. Des vieux relents, des odeurs écœurantes aux bruits du pavé, Gaspard s’imprègne et Del Amo nous décrit tout avec minutie. Oui, c’est écoeurant. La lecture nous emporte, dans ce Paris si loin, si étrange. Gaspard, jour après jour, trouve du travail, des cadavres, des personnes. Et Etienne, le Comte de V.Tout s’embrase. Les sens, les désirs. Cette rencontre, dans le petit atelier de perruques, annonce un début. Début d’un désir de l’homme, début d’un désir d’un statut. Tout fout le camp. Son mince équilibre, fébrile et faiblard, cette vie misérable d’assistant, il n’y pense plus. Il pense à lui. A cet homme, sa silhouette, son aura. Commence alors un jeu d’attirances, de charme. Les rendez-vous, le fiacre, les nuits sombres où le comte attend, attend que Gaspard sorte en douce. Gaspard se laisse entraîner dans ce vice. Il a tout, le sentiment, le matériel. Mais très vite, tout se brise. Il n’était qu’un jouet, qu’un catalyseur. Un corps blanchâtre parmi tant d’autres. Et là la fin commence. Fin d’un rêve. Début d’un mal. Gaspard s’enfuit, et se laisse guider par l’odeur de Paris. Mais toujours cette aspiration, cette vitrine dorée. Le Monde, la noblesse. Il y a goûté, il veut en faire partie. Une ascension s’entame, il faut gravir, gravir, et découvrir que tout n’est pas si doré, tout n’est pas si rose …Jean-Baptise Del Amo nous livre, nous conte l’histoire comme un peintre. On voit, on goûte, on ressent, on écoute. Tout est art, art horrible, art joyeux, art triste, art enivrant. On s’assoit et on vit, on partage tout, on comprend Gaspard, on est Gaspard. Parfois, peut-être, la description déroute. Longue, trop longue, ou juste. On flirte avec l’ennui. Parfois …Le sexe. Entravant, amorçant. Un moteur, en somme. Dans le roman, les relations charnelles se multiplient, au fil de l’histoire. Elles marquent une étape, le début ou la fin d’une chose. La maison de passe, Emma, le comte de V, le comte d’Annovres, le baron Raynaud. Tous forment des marques profondes, des séquelles, bonnes ou mauvaises, dans l’esprit et le corps de Gaspard. Elles grandissent, grandissent. Petit monstre, noir et infâme. Gaspard le sent, le ressent. Un être, une masse, un poids. Qu’il faudra, tôt ou tard, retirer …

Loach
23/05/11
 

Ce premier roman d’un jeune auteur est viscéral.Paris, 1760, Gaspard, jeune adulte quimpérois part de sa ville natale, son bourbier, pour se rendre à Paris. Une ambition : devenir quelqu’un d’autre. Un but : sortir de sa misère sociale, de l’élevage de cochons familial source de multiples traumatismes que nous découvrons au fil du roman.Paris, 1760, ça sent le sang, la peur, la crasse, la violence, l’indifférence.Gaspard va découvrir la Seine, « le Fleuve », fil conducteur du roman, ce fleuve repoussant mais fascinant. Gaspard va travailler au milieu de cette eau croupie, eau transportant des cadavres, des souillures, des maladies….Il fait partir des hommes qui arrêtent, récupèrent et remontent sur les quais les morceaux de bois acheminés par voie d’eau jusqu'à Paris.. Tâche dangereuse, traumatisante lors de la decouverte d'un crane de nourisson charié par le fleuve.Il sera ensuite assistant perruquier, c’est au sein de cette échoppe qu'il va se rendre compte du pouvoir du corps, des souffrances des sentiments, de la trahison. Il va y rencontrer Etienne de V. noble trainant une réputation sulfureuse. Cette rencontre va matérialiser sa soif d’ascension. Tout devient possible et cela à n’importe quel prix. Gaspard va évoluer socialement, devenir un magnifique imposteur dans un monde qui n'est pas le sien, souffrir, faire souffrir, devenir un roc insensible, expiant la culpabilité de ce qu’il est devenu en se faisant souffrir, en tentant de se libérer de toute sa pourriture intérieur. Nous sommes parmis ces nobles qui tuent l'ennui en se retrouvant pour s'ennuyer ensemble. Ces nobles un peu au dessus du "peuple" mais bien en dessous du but ultime : paraitre à la Cour. Ces nobles sans consistance, lâches, maléables, manipulables, jeux auquel Gaspard devient un expert tout en y laissant beaucoup trop. L’auteur aime prendre son temps, nous décrire en un paragraphe ce que nous comprenons en deux lignes et cela est agréable. C’est le genre de roman qu’on lit tout doucement pour ne pas le finir trop vite. Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie. Montesquieuhttp://mespetitesidees.mabulle.com

Delph83
15/06/10
 

1760. Gaspard est un fils de porcher quimperois qui décide de tenter sa vie à Paris. Alors que la capitale est un immonde bourbier puant dans lequel évoluent les parisiens, Gaspard découvre une ville sombre, mystérieuse et envoûtante. Fasciné par la Seine et sa noirceur, le jeune héros, irrémédiablement attiré par celle-ci, apprend à évoluer dans son sillage hostile et misérable. Côtoyant la lie de la société et les bas-fonds de ce Paris du 18ème siècle, Gaspard deviendra à son insu, l’élève de l’insondable Comte Etienne de V. Esclave de son désir, ce dernier n’aura de cesse de poursuivre le fantôme de son modèle. Pour lui qui aimerait tant se faire une place dans la société, rien n’est trop immoral. Pas même vendre son corps et son âme au diable... Alcapone13

Alcapone
15/05/10
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.43 kg

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