Une femme

ERNAUX, ANNIE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 06/03/02
LES NOTES :

à partir de
8,50 €

SYNOPSIS :

Aux premières lignes, la narratrice annonce, avec le moins d'effet possible, la mort de sa mère. Suit, quelques pages plus loin, le projet de l'écrivain : " chercher une vérité sur ma mère qui ne peut être atteinte que par des mots ". le récit se déroule alors comme un flash-back où la mère d'annie ernaux est tour à tour la quatrième enfant de ses propres parents, une jeune mariée heureuse et fière, une commerçante, une vieille femme bientôt touchée par la maladie d'alzheimer. une expérience intime dans laquelle le lecteur se glisse sans peine. L'accompagnement critique
met en place la poétique d'annie ernaux et en interroge la formule: " rester au-dessous de la littérature ". une interview exclusive donne accès à la genèse d'une femme, éclaire le statut du " je " dans le livre et met l'accent sur l'intertextualité. une page du manuscrit montre la progression de l'écriture, la rature, l'effacement, le choix. un groupement de textes (rousseau, stendhal, sarraute) permet de travailler sur les différentes formes du biographique. Roman (xxe siècle) recommandé pour les classes de lycée. texte intégral. objet d'étude: le roman autobiographique.
3 personnes en parlent

Annie Ernaux. Je connaissais l’auteure de nom mais je n’avais jamais vraiment pensé à la lire. Mais, en vacances chez mes parents et presque à court de munitions livresques, je suis allée piocher dans la bibliothèque parentale. Ma petite Maman a lu Une femme - ainsi que Je ne suis pas sortie de ma nuit, de la même auteure - en rapport avec une de ses formations et plus généralement en rapport avec son travail auprès des personnes âgées. Je savais donc qu’il était question de la maladie d’Alzheimer… et c’est tout. En fait, Une femme, c’est beaucoup plus que ça et la maladie n’apparaît que dans les toutes dernières pages. Comme quasiment toujours avec la littérature contemporaine, j’ai lu ce titre sans déplaisir, mais je n’ai pas non plus trouvé là, un texte extraordinaire. Une lecture grave, intéressante ; mais pas inoubliable. J’ai cru comprendre que Annie Ernaux avait fait de la biographie et autobiographie sa spécialité. Une femme ne déroge pas à la règle puisque, à travers le récit de la vie de sa mère, l’auteure s’attarde également sur son propre passé et ses propres émotions.Le livre s’ouvre sur la mort de cette « femme ». L’enterrement passé, Annie Ernaux remonte le temps et retourne en Normandie où sa mère, avant d’être mère, fut enfant, adolescente, jeune femme, épouse, travailleuse increvable… L’auteure s’attarde également sur son enfance à elle, auprès de cette femme qui faisait passer le client de l’épicerie familiale avant tout et qui lui faisait honte, alors qu’adolescente, elle fréquentait des jeunes gens de son âge plus fortunés, mieux éduqués… Cette femme extraordinaire que le temps a finie par rattraper malgré sa vigueur et qui, alors qu’elle avait toujours été alerte et active, la condamne aux pertes de mémoire, à la désorientation, aux subites colères face à l’incapacité, au retour à l’enfance… Et Annie Ernaux, témoin du déclin de sa mère, préfère garder en mémoire l’image de cette femme forte et déterminée, plutôt que celle de cet être sanglé dans un fauteuil pour éviter une chute…C’est un texte court, mais c’est un texte assez intense, surtout lorsqu’on arrive aux dernières pages et à la maladie d’Alzheimer. Si vous avez un minimum d’empathie, vous ne pourrez qu’être touchés par le devenir de cette femme battante. Mais attention au moral, le sujet est lourd.Je m’attendais à un texte complet sur la maladie d’Alzheimer alors j’ai d’abord été désappointée en constatant qu’avant d’en arriver là, j’allais découvrir toute la biographie de la mère de Annie Ernaux.Finalement, je ne suis pas déçue par cette découverte même si elle ne correspond pas tout à fait à ce que j’espérais. A l’occasion, je lirai Je ne suis pas sortie de ma nuit, autre texte de l’auteure dédié à sa mère qui, lui, cette fois, est entièrement consacré à la maladie.Annie Ernaux fait revivre sa mère par les mots. Une femme ouvrière et simple et donc un style simple et épuré. Je ne retire pas grand-chose de la plume, mais sur le moment, j’ai été happée par la douleur de l’auteure face à son deuil et j’ai été très sensible aux derniers passages. Annie Ernaux parvient à émouvoir avec simplicité, sans artifices.Une femme ne me semble pas être un indispensable de la lecture contemporaine. Malgré tout, il offre un émouvant témoignage autobiographique et me pousse à lire autre chose de Annie Ernaux. Pari quasiment réussi, donc !

DameMeli
10/08/12
 

Un livre extrêmement émouvant, qui retranscrit bien la dimension d’irréalité dont apparaît enveloppée l’existence suite à la perte d’un être proche. Annie Ernaux s’attache à faire revivre par les mots la figure de sa mère, tout en menant une réflexion sur les enjeux de l’écriture de ce livre qu’elle est en train de composer. On ressent avec beaucoup d’émotion le vacillement que ce deuil entraîne, l’impression de perte irrémédiable, cette douleur unique que seuls des mots simples peuvent rendre avec le plus d’authenticité.

Artsouilleurs
05/08/11
 

Après avoir écrit sur la mort de son père dans "La place", Annie Ernaux récidive avec la perte de sa mère - "Une femme". Parler de la femme de son imaginaire, mais aussi la femme réelle, celle qui a existé en dehors d'elle, mettre en mots le portrait d'une femme, comme pour "mettre au monde sa mère". Dessiner le parcours de celle-ci, son enfance en Normandie, son milieu modeste, ouvrier, la volonté de s'élever, d'être commerçante, indispensable pour les autres, mais être au-dessus. Pousser sa fille à faire des études, à réussir, à s'en sortir et basculer dans le monde bourgeois, d'où vicieusement la mère se sentira exclue, flouée, déçue, etc... Le portrait qu'Annie Ernaux fait de sa mère est écrit au plus juste, sans tendance lacrymale, contrairement à "Une place" qui m'avait davantage touchée. "Une femme" est aussi tendre et attendrissant, toutefois la maladie de la mère laisse une traînée presque amère. Cette femme forte et lumineuse devenue démente... dit-elle. Dans un autre livre ("Je ne suis pas sortie de ma nuit") l'auteur s'étend plus à ce sujet. Il y a cependant de très beaux passages sur cette maman, quittée la veille devant Jacques Martin pour apprendre sa mort le lendemain à dix heures. La honte, la colère, le ras-le-bol, la culpabilité... c'est une petite fille qui parle aujourd'hui, qui se sent seule et abandonnée, orpheline. Aussi ce livre est une très belle déclaration d'amour, pleine de délicatesse et d'acuité. "Il fallait que ma mère, née dans un milieu dominé, dont elle a voulu sortir, devienne histoire pour que je me sente moins seule et factice dans le monde dominant des mots et des idées où, selon son désir, je suis passée". Juste monnaie de la pièce...

Clarabel
23/02/09

Format

  • Hauteur : 17.60 cm
  • Largeur : 12.40 cm
  • Poids : 0.10 kg

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