Une page d'amour

ZOLA, EMILE

livre une page d'amour
EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 01/10/75
LES NOTES :

à partir de
1,49 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Ce huitième roman de la série des rougon-macquart, situé entre deux des oeuvres les plus fortes de zola, l'assommoir et nana, est d'un registre fort différent. La passion soudaine qui jette aux bras l'un de l'autre la belle et sage hélène et le docteur deberle fait l'objet d'une analyse psychologique nuancée et minutieuse. entracte dans une vie monotone et réglée,
cette page d'amour sera bientôt tournée et l'héroïne retrouvera à la fois son équilibre et sa solitude. mais l'aventure aura fait une victime, la petite jeanne, condamnée par l'égoïsme et le délire passionnel des grandes personnes. Ainsi, cette oeuvre apparemment sans éclat se révèle subtilement imprégnée de désenchantement et d'amertume.
2 personnes en parlent

Dans ce nouveau roman, Zola poursuit son exploration de la vie parisienne. Cette fois, on se trouve dans les villages de l'ouest parisien, qui deviendront bientôt des quartiers de la capitale. Du haut des collines de Passy, Hélène vit une passion dont elle sait qu'elle est déraisonnable mais contre laquelle elle est incapable de lutter. Son attirance pour Deberle est forte, et réciproque. Pourtant, l'amitié d'Hélène avec la femme du docteur, une mondaine qui ne jure que par les soirées qu'elle organise ou les vacances à la mer, et les relations entre leurs enfants respectifs devraient être un frein assez fort. Mais cette relation, qu'on voit naître, grandir par des faits et gestes infimes, en particulier par l'émoi qui touche Hélène à chaque fois qu'elle aperçoit le docteur, ne sera finalement qu'un moment à passer dans la vie des amants. Hormis Hélène, Jeanne est un des personnages très intéressant du roman. L'enfant, malade, va être le ressort dramatique de cette histoire d'amour. Hélène est beaucoup plus touchée par les demandes de sa fille qui souhaite ne plus voir Henri Deberle que par les scrupules liés à son amitié avec Mme Deberle. Jeanne est jalouse de ces hommes qui convoitent sa mère, Rambaud puis Deberle, et elle fait tout pour qu'ils ne se voient que peu. C'est d'ailleurs lors de l'absence de sa mère que Jeanne contracte les maladies les plus graves. Hélène est totalement dépendante de sa fille, et étouffée par le remord. Elle sait qu'elle ne doit pas aimer, et s'efforce de se tenir. Mais quand elle voit que Mme Deberle cache à peine sa relation avec Malignon, un jeune dandy qui a un avis sur tout, et souvent contraire à celui de la majorité, elle oublie ses scrupules et souhaite confondre les amants, avant de regretter son geste. Femme indécise, qui a du mal à assumer ses décisions, Hélène est le centre de cette histoire, parfois un peu trop centrée sur cette histoire d'amour, mais elle reste un personnage tout à fait attachant. L'autre grande vedette de ce roman, c'est Paris. Zola utilise la vue qu'a Hélène depuis sa fenêtre de Passy pour décrire à de multiples reprises le paysage parisien, changeant au gré des évolutions de l'histoire. L'auteur prend quelques libertés avec la chronologie (il cite des monuments qui ne seront créés que quelques années après la période du récit), mais son exploration aérienne de Paris est palpitante. Les méandres de la Seine, ou les réverbérations du ciel sur les toits donnent lieu à de très belles pages. Une page d'amour n'est certainement pas le meilleur Zola. Comme dans La faute de l'abbé Mouret, il a une tendance à être démonstratif, en faisant de tous les éléments des signes de l' évolution de l'intrigue amoureuse. Néanmoins, les personnages secondaires et certaines scènes marquantes, comme celle de la balançoire ou de la réception pour les enfants, méritent vraiment qu'on s'attarde sur ce roman qui fut une pause dans la rédaction de la série. Mais une pause tout à fait digne d'intérêt ! Et quel plaisir de lire Zola ! Un régal à chaque fois (ou presque !)

Yohan59
08/02/13
 

Une page d’amour s’attache à Hélène Mouret (côté Macquart donc), et nous raconte comment une jeune femme bien sous tous rapports, de tempérament calme et placide, entièrement dévouée à sa fille Jeanne de santé très fragile, va lentement subir le joug d’une passion furieuse pour son médecin de voisin. En cinq parties, chaque étape de cet amour est décortiquée en de minutieux détails psychologiques, rythmée par la ville de Paris qui est un personnage à part entière.A leur fenêtre, Hélène et Jeanne voient passer les saisons sur les toits de Paris, les passants déambuler, la ville les émerveille par sa beauté et son animation ou les horrifie par ce qu’elles devinent de ses monstruosités sans que jamais elles ne s’autorisent à la découvrir réellement, spectatrices tout à tour séduites ou indifférentes.L’écriture est beaucoup plus apaisée que dans le tome précédent et se déverse dans une impression ouatée de grande douceur. Le propos, pourtant, est fidèle à la façon habituelle de Zola : c’est le drame. Jeanne est insupportable, geignante, capricieuse, jalouse et possessive, Hélène est faible et sans substance, son Henri est mou et hypocrite, Rosalie (la bonne) est responsable au fond de la mort de Jeanne (je t’en ficherais de roucouler dans la cuisine en laissant une petite de 12 ans malade de 15 h à 19 h seule dans sa chambre sous prétexte qu’elle ne fait pas de bruit ?!), son amoureux crétin comme pas deux, Juliette écervelée et aveugle, j’en passe, tout aboutit au malheur et on s’y dirige en faisant feu de tout bois.On y croit, pourtant, on se prend à compatir très sincèrement à l’inextricabilité des sentiments, on comprend « la faute », on souffre avec tous ces personnages, on entend tout au fond de notre propre coeur frémir ces moments où tout peut basculer...En étude de l’édition Pléiade, parmi d’autres éléments plus passionnants les uns que les autres, la lettre que Flaubert écrivit à Zola à propos de ce roman, et qui contient, je trouve, tous ces sentiments mêlés qu’un génie pouvait ressentir à propos d’un autre :« Mon Bon, « Lundi soir j’avais fini le volume.« Il ne dépare pas la collection, soyez sans crainte, je ne comprends pas vos doutes sur sa valeur.« Mais je n’en conseillerais pas la lecture à ma fille, si j’étais mère !!! Malgré mon grand âge, le roman m’a troublé et excité. On a envie d’Hélène de façon démesurée et on comprend très bien votre docteur.« La double scène du rendez-vous est SUBLIME. Je maintiens le mot. Le caractère de la petite fille est très vrai, très neuf. Son enterrement merveilleux. Le récit m’a entraîné, j’ai lu tout d’une seule haleine.« Maintenant voici mes réserves : trop de descriptions de Paris, et Zéphyrin n’est pas bien amusant. Comme personnages secondaires, le meilleur, selon moi, c’est Malignon. Sa tête, quand Juliette blague son appartement, est quelque chose de délicieux et d’inattendu.« Le mois de Marie, le bal d’enfants, l’attente de Jeanne sont des morceaux qui vous restent dans la tête.« Quoi encore ? Je ne sais plus. Je vais relire.« Je serais bien étonné si vous n’aviez pas un grand succès de femme.« Plusieurs fois en vous lisant je me suis arrêté pour vous envier et faire un triste retour sur mon roman à moi - mon pédantesque roman ! qui n’amusera pas comme le vôtre.« Vous êtes un mâle. Mais ce n’est pas d’hier que je le sais.« A dimanche et tout à vous. » Sylvie Sagnes

SagnesSy
07/07/12
 

Format

  • Hauteur : 16.50 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.21 kg