Une veuve de papier

IRVING, JOHN

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 08/04/99
LES NOTES :

à partir de
8,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

A deux heures de New York, il est une vieille demeure au bord de la mer grise. L'été 1958, Eddie, joli garçon de seize ans, y découvre l'amour dans les bras de la plus belle femme du monde, qui est aussi la plus triste, tandis qu'autour d'eux planent d'innombrables photos, gracieux fantômes de ses fils perdus. Ruth, sa petite fille, s'éveille au milieu de la nuit, et Ted, son mari, rusé joueur de squash et Don Juan balnéaire, écrit des contes pour enfants, des contes qui font peur. Mais l'été finit, au premier vol d'oies sauvages, et la blonde Marion prend sa Mercedes rouge pour abandonner le mari qu'elle n'aime plus, le jeune amant qu'elle n'ose pas aimer, et la fillette à laquelle elle craint trop
de s'attacher. Après cette aube nostalgique, nous retrouvons Ruth en 1990, romancière célèbre et redoutable joueuse de squash, mais célibataire anxieuse, qui appréhende le mariage et la maternité. Lors d'une tournée de promotion à Amsterdam, une virée dans le quartier chaud et la rencontre d'une accorte prostituée rousse la confrontent à une aventure tout droit sortie de ses terreurs enfantines. Une veuve de papier a la verve burlesque et parfois polissonne des meilleurs romans de John Irving ; c'est aussi un livre nocturne, sur la part d'ombre dans l'être, le deuil et la mélancolie ; mais c'est surtout un conte merveilleux, où, si le chagrin a la vie longue, l'amour se trouve et se retrouve.
3 personnes en parlent

J'ai été touchée par la douleur de Marion et par ce qu'elle fait subir à sa fille Ruth en faisant de leur maison un mausolée en hommage aux fils décédés. Toutes ces photos dont Ruth connaît par coeur le contexte sont à la fois fascinantes et repoussantes. Jamais l'auteur ne la juge, ce qui est plus difficile pour la lectrice, ou plutôt pour la mère que je suis. J'ai aussi aimé les remarques sur les différentes formes de fiction, l'autofiction et la fiction pure bien que parfois basé sur le réel mais dont l'intrigue a été très travaillée, qui est bien sûr ce qu'écrit John Irving. J'ai cependant quelques bémols : si la première partie est très réussie, les deux qui suivent et dont Ruth est le centre sont plus fades, à l'image des personnages qui les composent, même lorsqu'on retrouve des personnages présents dans la première partie. Je crois que je suis décidément plus fan des derniers romans de John Irving (à l'exception de L'oeuvre de Dieu, la part du Diable). http://vallit.canalblog.com/archives/2012/07/25/24675519.html#comments

cocalight
07/09/14
 

Ce livre est un de mes préférés, j'ai du le lire au moins une dizaine de fois et je ne m'en lasse pas. L'autre jour, après avoir vu un reportage sur John Irving, j'ai eu envie de me replonger dans ce merveilleux roman. Et comme je ne vous en avais pas encore parlé, c'était l'occasion !J'aime tellement ce roman que je ne sais pas si je vais réussir à retranscrire tout ce que je ressens en le lisant... C'est toujours compliqué de parler d'un livre que l'on adore et dont on ne se lasse pas, on a tellement envie de vous donner envie de le lire que cela devient difficile de rester objectif...Dans ce livre, nous suivons l'histoire de Ruth, petite fille de 4 ans qui vit dans l'ombre de ses grands frères décédés brutalement bien avant sa naissance. Son père se noie dans l'alcool et sa mère, dévastée par la mort de ses fils, ne voulait pas de Ruth, elle a peur de s'autoriser à l'aimer et de la perdre. Cet été là, Eddie, un jeune homme de 16 ans est engagé par Ted pour lui servir d'assistant. En vérité, Ted avait d'autres projets pour lui... Marion, qui voit en Eddie ses fils adorés, lui apprend l'amour, bien qu'elle ait déjà décidé d'abandonner cette vie qu'elle ne supporte plus. A la fin de l'été, Marion s'en va, emportant avec elle toutes les traces de l'existence de ses fils, et abandonnant sa fille, son jeune amant et son mari qu'elle n'aime plus.Trente ans plus tard, nous retrouvons Ruth. Cette jeune femme, devenue une romancière célèbre, ne fait pas confiance aux hommes. Il faut dire que son père, qu'elle adorait étant plus jeune, l'a déçu. Et comme elle n'a plus de nouvelle de sa mère depuis ce fameux été 1958, elle ne peut pas lui demander conseil. On l'a suit donc dans ses doutes et ses peurs, mais c'est lorsqu'elle assistera à un évènement des plus troublants à Amsterdam que sa vie va basculer, pour le meilleur ou pour le pire...La galerie de personnages de ce roman est extraordinaire, il y a de tout. Un père alcoolique et volage, une mère ravagée par le chagrin, une fille vivant dans l'ombre de fantômes, un jeune homme qui se découvre, des garçons charismatiques, etc... Ce que j'aime le plus, c'est que ces personnages forment une grande famille d'écrivains. Ted, Marion, Ruth et Eddie sont tous écrivains, même si certains ont beaucoup plus de talent et de succès que d'autres. C'est rare d'avoir un livre qui raconte la vie et le quotidien de plusieurs écrivains. John Irving a pu pleinement parler de son expérience dans ce roman, ce qui rend le livre encore plus réaliste !L'histoire est magnifique, bien qu'extrêmement triste dans le fond. Par contre, il y a beaucoup de passages qui font sourire, notamment la scène d'ouverture du livre. Cette scène est très drôle et met dans l'ambiance pour le reste du roman !La fin est juste parfaite ! On ne pouvait pas espérer mieux, elle conclut parfaitement ce beau roman !Ce roman représente vraiment le roman parfait pour moi ! ♥

Laetydu79
13/09/13
 

« Ses parents s'attendaient à avoir un troisième fils, mais là n'est pas la raison pour laquelle Ruth Cole devint écrivain. Ce qui alimenta sans doute son imagination, c'est que, dans cette maison où elle grandit, les photos des frères morts furent une présence plus forte que toute présence qu'elle sentait chez son père ou sa mère ; en outre, après que sa mère les abandonna, elle et son père, en emportant presque tous les clichés de ses fils perdus, elle se demanda pourquoi son père laissait les crochets desdites photos au mur. Ces crochets nus eurent leur part de sa vocation d'écrivain : des années après la disparition de sa mère, elle essayait encore de se rappeler quelle photo pendait à quel crochet. Et devant l'échec de sa mémoire à lui restituer les photos des disparus, elle se mit à inventer tous les instants capturés de leur courte vie qu'elle avait manquée. La mort de Thomas et Timothy avant sa naissance joua elle aussi son rôle dans sa vocation ; dès l'aube de sa mémoire, il lui avait fallu les imaginer. » (p. 15-16)Marion et Ted Cole avaient deux garçons, Thomas et Timothy, morts quelques années plus tôt dans un accident de voiture. Aujourd'hui, la maison des Cole, avec ses murs recouverts des photos des deux adolescents, ressemble à un mausolée. Quant à Ruth, que Marion et Ted ont eue pour tenter de se consoler, elle baigne depuis toujours dans cette étrange atmosphère où le souvenir tient infiniment plus de place que la réalité. L'été de ses 4 ans, l'été 1958, Ruth surprend sa mère Marion au lit avec son jeune amant Eddie, 16 ans (l'âge des ses fils quand elle les a perdu), l'assistant de son père Ted, auteur à succès de contes pour enfants et mari volage. A la fin de l'été, Marion quitte pour toujours son mari qu'elle n'aime plus, son jeune amant auquel elle craint de s'attacher et sa fille qu'elle n'ose aimer par peur de mal l'aimer.Divisé en trois parties et en trois périodes, 1958-1990-1995, ce roman suit tout d'abord la destinée d'Eddie, dont l'été 1958 va bouleverser la vie et qui va par la suite devenir l'écrivain d'un seul thème, son amour infini et impossible pour une femme plus âgée que lui ; puis celle de Ruth, devenue une romancière de renom et une célibataire anxieuse, qui appréhende le mariage et la maternité, et qui espère sans faiblir le retour de sa mère ; et enfin celle de Harry Hoekstra, un fervent lecteur et policier d'Amsterdam qui cherche le témoin anonyme d'un meurtre sordide.Une veuve de papier réunit plusieurs histoires d'amour autour de deux beaux personnages de femmes blessées (mère et fille) qui savent attendre... Car si, dans ce conte merveilleux, la mélancolie, le chagrin et le deuil ont leur place, l'amour se trouve et se retrouve, et le roman se déploie lentement vers un happy-end inattendu. On y découvre ainsi que la vie peut être à la fois dramatique et merveilleuse, et que les limites entre l'amour et la haine sont parfois très floues.John Irving emploie sa puissance d'écriture ainsi que son humour grinçant et sa verve burlesque - et parfois polissonne - à faire entrer les éclats de rire, les surprises, la fantaisie, la truculence et l'absurde de la vie dans son livre labyrinthique. On sourit, on s'interroge, on se désole... et surtout on s'éprend de tous les personnages, à commencer par Ruth bien sûr, la petite fille oppressée par l'ombre de ses frères morts, puis la jeune femme anxieuse toujours en attente. Mais on s'attache aussi à Ted malgré ses insuffisances, Marion et ses terreurs, Eddie et son obsession, et même à l'insupportable Hannah, celle qui, chaque fois qu'elle aperçoit un homme qui lui plaît, entend le bruit de son slip qui glisse sur le sol.Et puis, dans le monde d'Irving, il y a toujours des gens qui, pour soigner la douleur d'exister dans le chaos, écrivent. Au récit propre se mêlent donc des extraits des textes des personnages-auteurs : les contes horrifiques pour enfants de Ted, des extraits du journal intime de Ruth et de ses romans, les intrigues des polars de Marion, l'histoire de l'amour impossible d'Eddie pour Marion qu'il réécrit inlassablement dans ses livres... ces multiples mises en abîme se faisant perpétuellement échos, et donnant des clés de compréhension et d'interprétation du récit premier et des actions est sentiments des personnages.Deux petits regrets toutefois pour ce roman par ailleurs excellent : quelques longueurs dans le passage se déroulant à Amsterdam et le final, tellement romantique et incongrument heureux qu'il en devient difficilement crédible.

Kara
21/03/11
 

Format

  • Hauteur : 22.00 cm
  • Largeur : 14.50 cm
  • Poids : 0.66 kg
  • Langage original : ANGLAIS

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