Une vie a coucher dehors

TESSON, SYLVAIN

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 12/03/09
LES NOTES :

à partir de
18,00 €

SYNOPSIS :

'En Sibérie, dans les glens écossais, les criques de l'Égée ou les montagnes de Géorgie, les héros de ces quinze nouvelles ne devraient jamais oublier que les lois du destin et les forces de la nature sont plus puissantes que les désirs et les
espérances. Rien ne sert à l'homme de trop s'agiter dans la toile de l'existence, car la vie, même quand elle ne commence pas très bien, finit toujours mal. Et puis une mauvaise chute vaut mieux qu'une fin insignifiante.' Sylvain Tesson.
10 personnes en parlent

J'ai découvert Sylvain Tesson il y a déjà quelques années en lisant deux de ces récits de voyage : "On a roulé sur la Terre" et "La marche dans le ciel: 5000 km à pied à travers l'Himalaya", avec Alexandre Poussin.C'est suite à un partenariat sur le forum Livraddict que j'ai eu connaissance de ce recueil de nouvelles que je me suis donc décidée d'emprunter à la bibliothèque.J'ai beaucoup aimé le ton incontestablement dramatique de ces petits récits. Les effets de la mondialisation, de la surconsommation, la place de la femme dans les sociétés à travers le monde ; mais aussi la nature et sa force, l'imagination humaine, les incompréhensions, ou encore (et surtout) la force du destin. Tout cela créé une atmosphère particulière, de laquelle la lectrice que je suis n'est pas sortie indemne ! Plus que des nouvelles, ce sont de réelles fables desquelles sort à chaque fois un enseignement. Peut-être que c'est pour ça que j'ai du faire une pause entre chaque récit : le temps de digérer, d'analyser, de lire entre les lignes.Le style de l'auteur est simple et très facile à lire ; ce qui n'est pas forcément évident vu les sujets qu'il traite en 200 pages. Finalement c'est un petit ouvrage qui fait beaucoup réfléchir et il a amplement mérité le goncourt 2009 de la nouvelle. Marylin

marylinm
11/05/11
 

Une vie à coucher dehors Une maîtrise incroyable de l’art de la nouvelle dans ce recueil sacré Prix Goncourt de la nouvelle en 2009. Sylvain Tesson, par ailleurs connu pour ses récits de voyage, nous livre ici des petits bijoux ciselés à la chute souvent vertigineuse et délivrant un message humaniste ainsi qu’une belle réflexion sur la nature humaine, la portée de nos agissements, l’ironie de la vie… Rien de simple ni de plaisant dans les sujets choisis, les phrases « percutent » pour réveiller les consciences.

15 nouvelles dépaysantes ! Sibérie, glens écossais, Mer d’Egée, Géorgie, Pays de Galles ou la pointe Finistère (un peu moins dépaysant, je vous l’accorde), voilà les lieux où se jouent ces scènes de vie. On passe de la mer aux montagnes, on se promène également dans l’Histoire. Avant de lire ce recueil, j’ai juste envie de vous dire : prenez votre sac de couchage et en route ! Des nouvelles au goût de voyage, étonnantes non par la chute mais par le contenu. Des textes où la nature est présente. Si bien décrite qu’on s’y croirait ! On entend le vent souffler, on imagine la mer démontée, les naufrages, les grandes plaines…. Et pour compléter (ou gâcher) le tableau, l’Homme. L’Homme souvent vaniteux, fat ou qui se croit supérieur. Il arrive qu’il fasse repentance comme dans Les porcs ou alors que la Nature donne la leçon. La première nouvelle L’asphalte donne le ton de ce recueil. J’ai enchaîné ces textes avec plaisir et avidité ! Car l’écriture est belle, elle possède un style qui fait penser aux récits d’aventure. Et puis, il y a ces phrases relevées ou qui en disent tant : « l‘enfer, ce n’est pas les autres, c’est quand ils vivent trop près ». Une mention spéciale pour La statuette et Le bug qui plairont, j’en suis certaine, à tous les hommes qui ont tendance à sous estimer les femmes…Du bonheur à consommer sans modération ! S’en priver serait un péché… http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
22/11/10
 

C'est une série de 15 nouvelles courtes , faciles à lire mais si certaines m'ont énormément plu , d'autres m'ont beaucoup moins interessée.L' ASPHALTE: un village de Georgie est coupé du monde parce qu'il n'a pas de route praticable. Les villageois s'allient pour demander le goudron mais ce goudron apportera-t-il le bonheur ?LE BUG : la révolte des femmes soumisesLE LAC : 40 ans à survivre dans une cabane au milieu des boisCe sont les 3 nouvelles que j'ai préférées

nelson43
27/06/14
 

Sylvain Tesson nous rappelle la fragilité de notre existence face à la nature. Des nouvelles où nature/culture s’entrechoquent…Des nouvelles plus ou moins fortes selon le sujet, petit résumé de chacune :L’asphalteL’arrivée d’une route dans un village russe.Cette arrivée provoque une accélération du temps, par la route, ils ont la possibilité d’aller plus rapidement à un autre village. La route est le lien qui les rattache à d’autres villes, elle est le symbole de la mondialisation. Mais elle est également un danger, à force de vouloir aller toujours plus vite, des accidents de voiture apparaissent. La chute est empreinte d’ironie, on a beau détesté l’asphalte, on en a besoin…Les porcsLa dénonciation de l’élevage intensif.L’élevage intensif arrive dans une région anglaise, tous les fermiers s’y mettent. Ils deviennent de plus en plus fous. Cette nouvelle est basée sur le rapport difficile entre tradition et modernité, ils ont l’habitude de les élever d’une manière et doivent apprendre l’élevage intensif.C’est une lettre d’un fermier qui finira par se pendre : il ne supporte plus d’entendre la torture de l’animal, le fait qu’ils soient tous comprimés. Il se demande : est-ce que l’animal pense? Ressent-il le désir de liberté sans jamais l’avoir vécu?La statuetteUn musulman démine un terrain couvert de mines par les talibans.Ce musulman n’arrive pas à avoir un fils. On a des citations très misogynes du Coran comme quoi la femme n’est présente que pour contenter son mari et enfanter (un garçon de préférence).Sur ce terrain, le musulman va découvrir une statuette dont il pense qu’elle a une grande valeur. Oubliant son travail de déminage, il va vouloir la récupérer et sautera sur une mine à son tour. L’ironie de la chute : c’est une statuette protectrice des femmes.Le bugLe bug c’est l’histoire d’une journée où les femmes se rebellent contre les hommes dans différentes parties du monde.Le lacUn homme se réfugie 40 ans dans la forêt après avoir commis un crime.On sent les prémisses de l’essai Dans les forêts de Sibérie. Ce lac c’est bien sûr le lac Baïkal. On apprend qu’un aveu 40 ans après les faits en Russie n’est plus recevable et que l’homme est donc libre… Assez étonnant ce système !La filleL’héritière de la marque Gucci dérive sur un conteneur. On découvre que ce conteneur contient des articles Gucci.Le naufrageDes jumeaux ont volé des trésors de la Grèce, ils ont fait naufrage. L’histoire se répète.On peut se poser des questions sur l’Histoire : l’Histoire est-elle une suite d’événements indépendants ou des conséquences d’événements antérieurs, est-elle une ligne droite ou une boucle?La chanceRécit de marins chanceux.Le glenHistoire vraie d’une cargaison d’alcool ayant échouée sur les côtes écossaises.La particuleVoyage d’une particule dans l’air et le corps, c’est un cycle.L’îleDes naufragés sont sur une île déserte. Un conteur fait partie de l’équipage, il raconte des histoires chaque soir et permet le divertissement dans cette micro société.Les autres naufragés découvrent que les histoires proviennent d’ouvrages, ils tuent le conteur mais ils oublient qu’ils ne savent pas lire… L’ennui recommence.Le sapinDeux hommes coupent un sapin pour Noël. Ils discutent sur la société actuelle.Ils sont au goulag, prison mais ils gardent leur liberté de penser. C’est ce qu’il fait leurs forces.Le courrierUn naufragé est seul sur une île déserte avec le courrier du navire. Les lettres lui permettent de se divertir.Grâce à ces lettres, il fait fonctionner son imagination : créer des personnages, une histoire. Lors du sauvetage, il découvre qu’il ne veut pas retourner dans la société humaine, par lassitude ?La criqueUne crique maudite où un crime a eu lieu dans le passé et se répète.Le phareUn Russe et un Breton se rencontrent pour faire découvrir les phares.Le Russe et le Breton se reconnaissent par l’espace, ils sont tous les deux au bord d’un monde. Le phare c’est le symbole de l’éternel retour, le guide pour les marins, le retour sur la terre. Par ces nouvelles, j’ai découvert une facette de Sylvain Tesson que je ne connaissais pas : son pessimisme. Pessimiste car la vie est fragile. On sent une dénonciation de la mondialisation et de la modernité, dangereux plus qu’utiles.Il y a également le pouvoir des mots et de l’imagination dans deux nouvelles, ce pouvoir permet de rendre la vie plus intéressante, divertissante…L’espace prend toujours une grande place : on passe des îles grecques au lac Baïkal en passant par le glen écossais. On fait un petit tour du monde bien agréable.Les nouvelles qui m’ont le plus touché : Le lac, L’île, Le phare. Encore des réflexions et un plaisir de lecture qui me donne envie de découvrir tous les livres de Tesson ! LOUISE Novelenn

Novelenn
10/09/13
 

Ces nouvelles sont toutes admirablement bien construites, entrainant allègrement le lecteur dans des univers très différents pour finalement le surprendre par une chute brutale inoubliable. Sylvain Tesson, écrivain-voyageur nous offre un pan de son expérience de voyageur en plantant le décor de ses nouvelles dans des régions diverses du monde : L’asphalte se passe en Géorgie dans un petit village, le personnage principal Edolfius se battant pour qu’une véritable route desserve son village, et non plus une simple piste de cailloux, Les porcs aborde le sujet de l’élevage intensif au pays de Galles, La statuette est celle trouvée près d’une mine par un démineur en Afghanistan…Il nous permet ainsi non seulement de découvrir des paysages variés mais aussi de nous familiariser avec des modes de vie et de pensée autres. Par exemple dans Le bug, il nous livre en quelques lignes plusieurs révoltes de femmes à travers le monde, femmes qui un jour se sont révoltées contre leur condition, au même moment « De Sao Paulo à Libreville et d’Anvers à Johannesburg, au même moment, sans prodromes, des milliards de femmes, dans un élan commun, s’avancèrent vers l’inconnu, affranchies. » (p. 78) Les thèmes abordés le sont toujours intelligemment et subtilement, servant un dessein plus large que la simple mission de raconter une histoire. Une morale se dessine souvent en filigrane derrière ces nouvelles, morales qui font la part belle au destin et aux forces de la nature auxquelles sont soumis les hommes… La particule est peut-être la plus originale de ces nouvelles au charme bigarré : on y suit les pérégrinations d’une particule : « Je roulai jusqu’au Gange dans un flot indistinct d’alluvions et d’ordures. A peine dans les eaux du fleuve, je fus filtrée par les ouïes d’une perche. (…) Je m’infiltrai dans les granules de sable et les cristaux d’argile. La radicelle d’un arbuste m’aspira et me propulsa dans la tige. La succion de la sève m’injecta dans la nervure d’une feuille. (…) Je coulai dans la trachée d’un jeune anglais et m’épanouis dans sa viande. (…) Et moi, misérable particule, cellule anonyme, pauvre poussière d’atome, je vous supplie, ô dieux du ciel, de me donner le repos, de me délivrer du cycle et de me laisser gagner le néant… » (p. 151) Des nouvelles qui sont comme de petites pépites glaciales… A découvrir absolument... Lecturissime

Lecturissime
29/05/13
 

Ayant découvert cet auteur par un récit de voyage que j'avais apprécié (L'Axe du loup), je restais dubitatif sur son don pour écrire des nouvelles tant ces genres me semblent différents.J'ai été agréablement surpris : les histoires et leurs contextes sont variés, les décors vite et bien plantés. Les chutes ont le mérite d'être à la fois originales et empreintes d'humour noir. Apikrus

Apikrus
27/05/13
 

Sylvain Tesson est un grand voyageur. Il nous fait voyager à l'occasion de chacune de ces 15 petites histoires tout autour du monde. Une écriture recherchée, d'une lecture facile.. Chaque histoire racontée par ce conteur voyageur est un dépaysement . La chute de chacune vous surprendra. Un grand moment de bonheur et un grand plaisir JPV

JPV11
06/03/13
 

Plusieurs sources de plaisir et d'intérêt pour ouvrir ce livre : d'abord la variété des paysages, des univers, des histoires, des thèmes, des hommes et des femmes qui peuplent ces 205 pages. La course au progrès en Géorgie, un séjour forcé dans l'eau avec un top model de chez Gucci, des frères jumeaux qui reproduisent sans le savoir une histoire antique, un naufragé qui va peut-être revenir à la civilisation - ou pas, des ados écossais qui ont découvert un trésor enivrant... De ce point de vue, j'ai particulièrement aimé découvrir les héros des nouvelles Le lac et Le phare. La dérision de La fille m'a fait sourire.Au coeur de la nature, des paysages intemporels, la main de l'homme se fait sentir, rarement avec bonheur : la première nouvelle, L'asphalte, m'a fait froid dans le dos (en fait de chute, elle est particulièrement abrupte) tandis que la deuxième, Les porcs, m'a proprement révulsée et dégoûtée. Je crois que je m'en souviendrai longtemps, de celle-là !Les comportements humains sont peints sans détour, avec réalisme, mais sans moralisme. Jalousie, envie, machisme, indifférence... Sylvain Tesson constate. Et nous oblige à réfléchir à nos comportements humains. J'ai bien aimé le clin d'oeil aux femmes de la quatrième nouvelle, Le bug.Dépaysement, prise de distance, interrogations, tranches d'humanité : voilà ce que vous apporteront ces nouvelles si vous vous y intéressez. Je vous les recommande bien volontiers, et pourtant je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles ! Anne

Anne7500
06/09/12
 

C'est dans le roman de Laurence Cossé "Au Bon Roman" que j'ai pour la première fois entendu parler de Sylvain Tesson, pour "Petit traité sur l'immensité du monde". Courant comme tout le monde après le temps, ce n'est que quelques mois plus tard que j'ai eu l'occasion de le lire pour la première fois, avec son dernier ouvrage, un recueil de nouvelles.Dès la première c'est le coup de foudre. Ce n'est pas vraiment qu'il y ait un style particulier ni même un savoir-faire admirable, au contraire peut-être il y a là une grande simplicité voire une économie de mots et de moyens, et parfois on sent les rouages. Mais quel pouvoir de dépaysement, quelle puissance pour immerger le lecteur instantanément et totalement dans l'endroit qu'il décrit.On voyage donc, vraiment, dans le monde entier, et on se régale d'un bout à l'autre.Par exemple ? Eh bien "Le glen", où un juge écossais a décidé qu'il lui était insupportable que des élèves d'un collège renommé se saoulent, et admire les techniques du mollah Mohammad Salim Hoqqani. Ce petit extrait : "L'afghan avait instauré un très ingénieux système de contrôle de l'alcoolémie. Les passants interpellés devaient souffler dans le visage des Talibans afin de prouver leur sobriété. La technique était radicale mais possédait ses limites. Car il fallait que les contrôleurs connaissent le parfum de l'objet du délit pour incriminer le contrevenant. Or, bien des Talibans étaient étrangers aux effluves du scotch, du gin ou même du brandy de contrebande de Peshawar. Nombre de pauvres hères passèrent la nuit au poste parce qu'ils avaient abusé des abricots secs ou des grains de raisin."Ou "Le sapin", avec cet éloge surréaliste du capitalisme le plus débridé, et sa chute très malicieuse... déviationnisme intellectuel !Mais ma nouvelle préférée est sans conteste la dernière, "Le phare", avec ce petit passage : "La vodka ne fait jamais mal quand on la boit à deux. Le principe du toast a été inventé par les Russes pour se passer de la psychanalyse. Au premier verre, on se met en train; on second, on parle sincèrement; au troisième, on vide son sac et, ensuite, on montre l'envers de son âme, on ouvre la bonde de son coeur, et tout - rancoeurs enfouies, secrets fossilisés et grandeurs contenues - finit par se dissoudre ou se révéler dans le bain éthylique." Et ensuite ? Banya !... ;o)Un recueil tout à fait savoureux (prix Goncourt de la nouvelle). Sylvie Sagnes

SagnesSy
06/07/12
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.26 kg