Une vie francaise

DUBOIS, JEAN-PAUL

livre une vie francaise
EDITEUR : POINTS
DATE DE PARUTION : 09/09/05
LES NOTES :

à partir de
7,90 €

SYNOPSIS :

Paul Blick est d'abord un enfant de la Ve République. L'histoire de sa vie se confond avec celle d'une France qui crut à de Gaulle après 58 et à Pompidou après 68, s'offrit à Giscard avant de porter Mitterrand au pouvoir, pour se jeter finalement dans les bras de Chirac. Et Paul, dans tout ça ? Après avoir découvert, comme il se doit, les joies de la différence dans le lit d'une petite Anglaise, il fait de vagues études, devient journaliste sportif et épouse Anna, la fille de son patron. Brillante chef d'entreprise, adepte d'Adam Smith
et de la croissance à deux chiffres, celle-ci lui abandonne le terrain domestique. Devenu papa poule, Paul n'en mène pas moins une vie érotique aussi intense que secrète et se passionne pour les arbres, qu'il sait photographier comme personne. Une vraie série noire - krach boursier, faillite, accident mortel, folie - se chargera d'apporter à cette comédie française un dénouement digne d'une tragédie antique. Jardinier mélancolique, Paul Blick prend discrètement congé, e ntre son petit-fils bien-aimé et sa fille schizophrène.
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Le dimanche 28 septembre 1958, les français adoptent la nouvelle constitution de la Vème république et c’est également le jour de la mort de son frère. Ainsi commence le début de ce roman. A l’aube de ses 54 ans, Paul Blick retrace son enfance, sa jeunesse, son mariage, sa vie de doux rêveur photographe d’objets inanimés. Paul Blick marche à côté de sa vie jusqu’au jour du décès de sa femme dans un petit avion de tourisme en compagnie de son amant. L’amant, passe encore, mais, il s’aperçoit que son entreprise de Jacuzzi qu’il croyait très prospère est en déliquescence complète et qu’il doit tout vendre. C’est également l’instant de son réveil à la vie car il doit se prendre en charge et ne plus se laisser aller au gré des évènements.Certains passages sont très amusants. Si vous trouvez un drôle de goût à votre rôti, regardez du côté de votre fils pré-pubère !!!! Lorsqu’il nous parle du héros, à la vie, à la mort, de sa mère, les souvenirs remontent à la surface. Sans nous fatiguer ni nous lasser, Jean-Paul Dubois nous dépeint la vie sociale et politique de la seconde partie du XXème siècle qui est celle du baby-boom (je n’aime pas ce nom) à travers sa vie et celle de sa famille proche, la vie d’une famille française bourgeoise. Ce n’est pas un simple récit : j’ai fait ci, il m’est arrivé ça. Non Jean-Paul Dubois raconte l’histoire, nous parle de son époque, de cette génération que je connais très bien puisque c’est la mienne. Chaque évènement de la vie personnelle de Paul Blick se trouve lié à un évènement de la vie politique et sociale. Par certains points, je trouve qu’il me ressemble comme un frère, ses doutes, ses espérances, je les ai connus, J’ai marché à côté de lui. Nous sommes passés par les mêmes stades, je n’ai vu et n’ai ressenti aucune nostalgie dans cette lecture. J’ai aimé les titres des chapitres, ne se référant par à l’histoire de la vie de Paul Blick, mais à nos Présidents de la République : Valéry Giscard d’Estains (27 mai 1974 – 21 mai 1981), François Mitterrand (1) (21 mai 1981 – 7 mai 1988).Je voulais lire « une vie française » depuis fort longtemps et j’ai passé un très bon moment, passant du sourire à l’émotion. Plus je lis Jean-Paul Dubois, plus je l’apprécie. Il n’y a que « Vous plaisantez Monsieur Tanner » que je n’ai pu terminer, il faudra que je retente une lecture.

zazy
25/01/12
 

La vie de Paul Blick sera marquée à tout jamais par la mort de son frère aîné, Vincent, le jour où la France adopte la constitution de la Ve République. Alors que Paul a huit ans lors de cet événement tragique, sa vie sera marquée aussi par la politique et la succession des différents présidents de la République qui donnent leur titre à chacune des parties de ce roman. La politique... et la libération des moeurs. Après un copain, qui remplace vaille que vaille le frère absent (ah les hommages excentriques de David Rochas !), c'est la révolution de mai 68 et la libération sexuelle qui donnent le ton au jeune étudiant Paul Blick, extrêmement gauchiste... sous Pompidou. Avec Giscard d'Estaing, la vie française semble rentrer dans le "droit chemin" : Paul se stabilise et se retrouve presque malgré lui embarqué dans un mariage bien bourgeois. Anna, femme d'affaires avisée, fait vivre la famille, tandis que Paul élève ses enfants et se lance dans une entreprise de photographie à la fois écolo avant l'heure, dilettante et juteuse. La crise de 1987, sous Mitterrand I, secouera aussi le couple Blick, mettra à mal l'identité et les certitudes de Paul, "cerné par l'ennui et la dépression". Et tout comme les présidents français qui, selon lui, sont de plus en plus monarchiques et catastrophiques, la vie du Toulousain est marquée par des drames personnels et familiaux. J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre. D'abord le projet d'écriture, la construction du roman : une histoire individuelle enveloppée dans l'histoire de la Ve République. Si la politique est racontée sans complaisance, aucune des turpitudes, mensonges, trahisons, malversations, des gouvernements successifs n'épargne Paul Blick dans sa vie privée, amoureuse et familiale. Correspondances, échos étonnants ! Il faut reconnaître ensuite que cette critique de la société française, de la société de consommation, est savoureuse et féroce. Vu de Belgique, cela ne manque pas de piquant ! N'oublions pas non plus la langue : prose balancée, rythmée, raffinée parfois, sonore, à l'image du "beau langage" que la mère de Paul Blick admire tant chez les politiciens. Enfin, l'humour, la férocité du regard et des événements est parfois tout à coup contrebalancée par des moments de nostalgie douce-amère, qui trahissent l'extrême sensibilité du narrateur... et sans doute de l'auteur lui-même. Un roman jubilatoire ! P. 222 : "Anna ressemblait surtout à son époque : insolente, avide, désireuse de posséder, d'avoir, de montrer et surtout de démontrer que l'Histoire était bel et bien finie. Bien avant Fukuyama, ma femme développait cette thèse qui réduisait le monde à une sorte de masse a-critique seulement apte à réguler le cours des monnaies et à encaisser les profits collatéraux. En ces années quatre-vingt, il fallait être mort pour ne pas avoir d'ambition. L'argent avait l'odeur agressive et prémerdeuse des déodorants pour toilettes. Tous ceux que ce fumet incommodait étaient priés de n'en point dégoûter les autres. Et de se mettre sur le côté. Rapidement convertis à la moelleuse réalité du monde des affaires, prestataires zélés, élèves pressés d'égaler leurs maîtres, les socialistes et leurs amis entraient dans les plis de l'industrie, infiltraient les doublures de la Banque, se glissaient dans la fourrure du pouvoir. Signe qui ne trompe pas, ma femme finissait par leur trouver quelques qualités. N'avaient-ils pas choisi Fabius comme Premier ministre et réussi à écarter les communistes du gouvernement ? "La France retrouve peu à peu un visage humain" renchérissait ma belle-mère.Tels étaient mon pays et la famille dont je partageais la vie." P. 80 : "Mes pensées flottaient à la lisière du sommeil, tandis que ma queue, en phase avec le monde, et sachant parfaitement où elle voulait en venir, remplissait les ballasts de ses corps caverneux. Dans ces moments de conscience affaiblie, il m'arrivait souvent de revoir le visage si sérieux de Vincent lorsqu'il rangeait méticuleusement son carrosse. Ou, au contraire, son visage radieux lorsqu'il parvenait à marquer un but au football. C'était un peu comme si, profitant de ce léger endormissement, mon frère parvenait à se faufiler dans les interstices du temps, remontait des profondeurs de ma jeunesse et, pareil à une bulle de vie, venait oxygéner ma mémoire." Anne

Anne7500
14/12/11
 

Paul Blick, en fait, c'était mon père et ma mère rassemblés, tout ce qu'ils ne m'ont pas raconté de leur époque, de leur jeunesse, de leur enfance, de l'évolution de la société qu'ils ont vécu. Parce que Paul Blick est, dans le roman, né la même année qu'eux mais n'a pas eu le même parcours, n'a pas fréquenté des écoles privées, a participé à Mai 68, s'est engagé politiquement, a élevé ses enfants pendant que sa femme travaillait et a publié des livres de photos d'arbres.Oui, Paul Blick c'est un peu mes parents réunis avec leurs angoisses et leurs trouilles, avec leurs espoirs et leurs bonheurs, avec une vie si banale, si normale, si pleine de mauvais moments qu'elle en devient tellement réelle qu'on voudrait refermer le livre... Ou plutôt ouvrir un autre livre... Un livre pas si réel, pas si vrai, un livre qui fait voyager l'esprit, un livre qui fait oublier les emmerdes du quotidien, un livre qui fait oublier que l'on peut désormais compléter le chapitre intitulé "Chirac (II) (5 mai 2002 - ?)" parce qu'on commence à connaître la suite... Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
22/02/11
 

J'avais été très déçue par Jean-Paul Dubois avec "Parfois je ris tout seul". On m'avait ensuite conseillé "Une vie française", beaucoup plus pertinent.Malheureusement je n'ai pas plus accroché, je n'ai même pas terminé ma lecture !C'est bien simple, il ne se passe rien. J'avais l'impression de lire une sorte de journal intime, les mémoires qu'un quidam qui a eu une enfance marquée par la perte de son ainé, a étudié, travaillé, ... rien de plus.Oui il y a de légers parallèles avec la politique contemporaine, mais vraiment très peu, le nombrilisme de Paul prend toujours largement le dessus."Une vie française" ? Non merci.

MarionF
13/01/16
 

Fresque familiale passionnante relatant une page de notre histoire avec humour et nostalgie. Certains lecteurs ont regretté un vocabulaire parfois ardu.

Jean-Paul Duboisnous raconte la vie d’un citoyen français comme les autres, tout en nous brossant un tableau de la France de la Vè République.Ce roman de cinquante d’une vie, largement inspiré de sa propre vie (le narrateur, Paul Blick, est comme lui né en 1950 à Toulouse, a fait des études de sociologie, a été journaliste dans un journal sportif et est passionné de photographie), est sous-tendu par les éléments qui ont émaillé cette Vè République et le regard de l’auteur sur l’évolution sociale, politique et culturelle de la France depuis 1958. Cet aller-retour permanent entre l’histoire de Blick et l’Histoire tout court fait la richesse du roman. C’est le récit d’une enfance et d’une adolescence sous De Gaulle, d’une jeunesse soixante-huitarde, de la drogue et des excès sexuels sous Pompidou, d’un mariage sous l’ère Giscardienne….C'est aussi l’histoire d’un homme qui se heurte à une société et à des événements qu’il ne peut dominer et, comme souvent chez cet auteur, une réflexion sur le renoncement et le manque de volonté.C’est le sentiment du tragique de l’existence contre lequel on ne peut rien et du dérisoire des choses humaines. On retrouve les thèmes de l’épouse dominante et de l’absence d’ambition professionnelle qui sont présents aussi dans son dernier roman "Le Cas Sneijder".Un beau roman, genre de saga familiale sur fond d’Histoire, plein de souffle mais quand même un peu pessimiste.

Ludeca
02/08/12
 

Ce roman est l'archétype même de la notion de plaisir en littérature: on passe un bon moment en le lisant. En effet, il contient une bonne dose de sentiments, de péripéties, d'humour...Je suis sûre que même certains lecteurs se reconnaîtront dans tel ou tel personnage. Alors si vous recherchez une lecture plaisir, ce livre est pour vous. Cependant, si vous recherchez autre chose, passez votre chemin: le style est linéaire; c'est bien écrit, mais bon il n'y a pas cette "patte" qu'on peut retrouver chez d'autres auteurs. Parfois, les personnages sont limites caricaturaux (le passage de Mitterrand au téléphone en témoigne...)et le narrateur est souvent "border line" dépressif: il a tout pour être heureux, mais il est submergé par le vide de sa vie. Enfin, les chapitres se succèdent à un rythme tel que les événements sombrent dans les méandres des mots, si bien que le lecteur n'a pas le temps de les apprécier. En fin de compte, c'est un roman léger, facile, attrayant, bref un bon roman de vacances, donc vite lu, vite aimé, mais vite oublié. vivi

vivicroqueusedelivres
19/02/12
 

A propos du format, je peux vous dire que j'ai d'abord été désarçonnée par la finesse des feuilles, telles des pages de missel, mais que je me suis très vite adaptée.En effet, on peut tenir le livre d'une seule main et quand on lit au lit comme moi c'est génial ! L'objet m'a plu. Son coût se situe entre le poche et le broché, voilà une belle offre intermédiaire. Foncez !Le roman maintenant : coup de coeur, je disais. J'ai noté des tas et des tas de phrases qui m'ont plu, j'en extrait deux pour la citation du jeudi mais j'en ai des wagons !!A propos du métier de correcteur : "le correcteur est une sorte de filet chargé de retenir les impuretés de la langue française"A propos de l'héritage : "comme toujours, cette répartition reveilla toute la gamme de jalousies intimes, de mesquineries et de bassesses inavouées" Tout commence avec la mort de Vincent le frère du narrateur qui fait claudiquer la famille Blick dont Paul devient l'unique fils. Less présidents défilent à l'Elysée pendant que l'on suit son évolution. D'ado il devient adulte, se marie, a des enfants, des illusions et des désillusions. Sa mère est correctrice, son père concessionaire auto. Il photographie les arbres du monde entier avec ou sans sujet. Avec ce champ lexical du bois (tiens du bois, dubois...), j'aurais du me douter que le narrateur finirait par avoir un métier qui tourne autour des arbres.L'histoire de cet homme, citoyen ordinaire, est imbriquée dans l'Histoire politique et sociale de la France et cela donne une sacrée dimension au roman. Le propos est parfois pessimiste, furieusement réaliste et prend de temps en temps des accents dramatiques mais le roman est drôle et teinté d'ironie. On sourit, on se reconnaît, on comprend, on voudrait l'aider ce Paul, c'est un peu nous...On ne peut plus le lâcher ce roman une fois qu'on l'a ouvert....A lire absolument même si mon billet vous a semblé confus. C'est le problème des livres qui m'ont frappé en plein coeur, je ne trouve pas les mots pour vous inciter à les ouvrir, je ne veux pas trop vous en dire...

lucie38
14/12/11
 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Libfly et Point 2 pour ce partenariat.Une vie française débute en 1958 dans une famille française, banale, habitant Toulouse. Un petit garçon de huit ans, Paul Blick, perd son grand frère de dix ans. Il raconte comment sa famille se délite lentement les premiers temps. Puis nous suivons son enfance, ses études, ses amours, ses amitiés, sa vie de tous les jours en somme dès cet instant, avec le regard d’un enfant, d’un adolescent puis d’un adulte, dans une France en pleine mutation politique, industrielle et sociale.Ce roman qui se lit avec délice, écrit avec une grande habileté nous propulse cinquante ans en arrière dans cette vie ennuyeuse d’un français moyen. Tout au long de son parcours, le personnage que nous apprenons à connaître au fil des pages, se raconte, lui et son entourage au gré de la vie politique du moment, et des modifications sociales brutales. Au sortir de la guerre, habitant une famille restée à la mentalité d’entre deux guerres, grandit un enfant, un peu opportuniste, découvre les joies et les malheurs comme tous les enfants de cette époque, avec des repères qui changent parfois trop vite, rencontrent des bourgeois aux idées moyenâgeuses. Une vie française par procuration, et par les yeux de cet homme, nous retrace la France de l’époque, dans la vie des français, ancrée au plus profond de leurs croyances, leurs peurs, leurs aspirations et leurs tracas quotidiens.Ce roman, c’est aussi la contradiction permanente. On s’imagine faire ce que l’on veut dans la vie et finalement elle nous joue des surprises. Paul Blick est un personnage avec ses contradictions déroutantes. Profondément gauchiste, limite communiste, il découvre en se mariant la vie bourgeoise. Homme au foyer, il ne travaillera que de sa passion, et seulement que de temps en temps. Il ne connaîtra donc pas les contraintes liées à un travail ainsi que les difficultés financières. Ce roman, c’est la vie qui vous surprend, par ses instants magiques comme par les moments tragiques. Magnifique, hilarant parfois, dramatique souvent…Je remercie Libfly et Point 2 pour ce partenariat.

Skritt
24/11/11
 

Au travers de l’histoire du narrateur et de sa famille, c’est la grande Histoire que nous raconte Jean-Paul Dubois. En plus de 600 pages, l’auteur retrace 50 ans de vie de son personnage. Malheureusement les années et les événements défilent très vite et on n’a pas toujours le temps de s’attacher aux choses. Je regrette que les petits comme les grands événements ne soient pas décrit plus en profondeur. Notamment, le début sur la mort de son frère aîné qui a mon goût n’est pas assez traité.Je n’ai pas vraiment accroché mais je me demande si cela ne tient pas aussi au format. Je crois que je me suis très vite lassée de ne pas avancer dans la lecture. Et puis l’histoire manque un peu d’action à mon goût mais peut-être que cela vaudra le cout de le reprendre dans quelques semaines.

Nesss
21/11/11
 

Récit d’une vie et chronique d’une Ve RépubliqueUne Vie Française, c’est tout d’abord l’histoire d’un homme, Paul Blick, fils d’un concessionnaire Simca et d’une correctrice de presse. Mais c’est aussi l’histoire de notre Ve République…

constance93
22/04/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.21 kg