Vaincue par la brousse

LESSING, DORIS

livre vaincue par la brousse
EDITEUR : FLAMMARION
DATE DE PARUTION : 05/12/07
LES NOTES :

à partir de
20,30 €
5 personnes en parlent

Ce roman est excellent, pas moins. On y remonte le cours de la vie de Mary (le roman débutant par sa mort), fille de fermiers très pauvres, qui a grandi dans le veld qu'elle n'a eu de cesse de fuir. Devenue indépendante dès l'âge de 16 ans, elle mène une vie insouciante et parfaitement réglée, entre son métier de dactylo, ses amis, et le cinéma qui occupe une grande place dans sa vie. Elle se tient à l'écart des relations amoureuses qui ne l'intéressent absolument pas et aurait pu continuer longtemps ainsi si elle n'avait pas surpris une conversation entre ses amis. Découvrant qu'ils la trouvent "bizarre" parce qu'à 30 ans elle mène toujours la même vie qu'à 16 ans, elle décide sur un coup de tête de se marier et épouse le premier (et seul) homme qui lui voue une adoration sans bornes. Hélas pour elle, Dick est exactement l'archétype de ce qu'elle a fui : il est pauvre, gère très mal sa ferme, s'obstine dans ses erreurs et refuse toute aide. Mary sombre alors lentement dans une dépression interminable, incapable de s'adapter à cette vie qu'elle juge épouvantable et de gérer correctement les indigènes sous ses ordres.Doris Lessing peint de manière brillante le portrait de cette femme au destin forcément tendu vers un dénouement qui ne peut qu'être tragique et à l'évolution psychologique implacable et incroyablement juste dont l'histoire est intimement liée à la description plus vaste d'une Afrique du Sud raciste, où règne en maître la peur des Noirs. Outre les dimensions psychologique et politique, il y a dans ce roman un fort pouvoir évocateur : on y sent la chaleur infernale qui finit par dominer les âmes, on y entend les bruits d'une brousse sans cesse en éveil qui n'a de cesse de reconquérir la place qu'on lui a volée et on regarde, impuissant, se désagréger une femme ordinaire. Remarquable.

fashiongeronimo
13/08/12
 

Afrique Australe 1940 Premier roman et chef-d'oeuvre éblouissant de Doris Lessing. L'auteure décrit avec une rare violence le climat des tensions raciales dans l'Afrique Australe pendant le colonialisme.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Dans la Rhodésie de la fin des années 40, Mary, jeune femme blanche par ailleurs très heureuse de sa vie de célibataire, épouse, sans amour, Dick, fermier venu du fin fond de son veld. Pourquoi l'épouse-t-elle: parce qu'elle a surpris une conversation où ses amis trouvaient étrange, voire pire, qu'elle ne soit toujours pas mariée à 30 ans passés. Sur un coup de tête, Mary se met en quête d'un époux, et c'est Dick qui aura la malchance de l'épouser.Car Mary, femme fière, ne supporte pas la vie à la ferme. Elle-même fille de parents fermiers extrêmement pauvres, elle a fui la campagne pour échapper à la misère. Elle est devenue dactylo à la ville. Et la voilà, pour une conversation entendue, qui se retrouve dans l'endroit qu'elle déteste le plus. Entourée de Noirs qu'elle traite avec d'autant plus de sévérité, voire de violence, qu'elle est terrorisée par eux (comme la plupart des Sud africains, tous persuadés que les Noirs vont les assassiner un à un). Un comportement qui la mènera à sa mort. Je ne spoile rien: la scène d'ouverture est celle de la découverte du cadavre de Mary.Vaincue par la brousse est un roman magistral, ni plus ni moins. On y suit, comme à la loupe, une femme qui se désagrège, tombe dans la spirale de la dépression. Exaspérée par un mari qui n'a pour ainsi dire que de mauvaises idées, ne suit aucun des conseils de ses voisins (pourtant prospères) et s'entête dans ses erreurs, Mary va dabord passer par une période d'hyperactivité, pour plonger ensuite dans une torpeur qui n'est pas seulement due à la chaleur insupportable de sa maisonnette au toit de tôle. Elle se coupe volontairement de ses voisins, s'isole totalement. Traitant extrêmement mal les esclaves noirs (ils ne sont pas légalement des esclaves, ils sont même payés (fort chichement), mais ils sont traités comme des esclaves), Mary va les faire fuir les uns après les autres. Un seul résistera, Moïse. Celui qui la tuera.Doris Lessing dépeint avec beaucoup de brio, dans un style à la fois dépouillé et terriblement évocateur, une Afrique du Sud gangrénée par un racisme comme inscrit dans ses gênes. Où le Noir est l'ennemi; où il fait peur. La grande Histoire fait même parfois irruption dans le récit, avec notamment la position des Afrikaaners vis-à-vis des Nazis...que certains préfèreraient probablement oublier aujourd'hui.C'est un roman très fort, car il y a beaucoup de Doris Lessing dans ce texte. Née en Iran, elle vivra pendant des années en Rhodésie, et Dick est fortement inspiré du propre père de l'auteure, malheureux dans son rêve d'agriculteur prospère.Un roman puissant, qui donne bien entendu envie de lire d'autres textes de Doris Lessing.

Choupchoup
27/02/14
 

Quel roman ! Du genre qui laisse KO... Lessing y décrit la vie de petits fermiers en Afrique du sud, dans la misère, le travail, la chaleur, et surtout dans des conventions sociales d'une violence inouïe, des relations entre noirs et blancs codifiées, de relations conjugales complètement ratées. C'est encore un livre surprenant, d'une profusion de détails pour décrire les mouvements internes des protagonistes (des mots justes sur la dépression nerveuse).... Avec un dénouement plein de surprise... laurence

laurence
11/05/11
 

Afrique Australe 1940 Premier roman et chef-d'oeuvre éblouissant de Doris Lessing. L'auteure décrit avec une rare violence le climat des tensions raciales dans l'Afrique Australe pendant le colonialisme.

Format

  • Hauteur : 22.00 cm
  • Largeur : 14.50 cm
  • Poids : 0.34 kg
  • Langage original : ANGLAIS

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