Van gogh, le suicide de la societe

ARTAUD, ANTONIN

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 28/03/01
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, Antonin Artaud fait de la violence de Van Gogh la réponse à l'obscénité haineuse du monde et des psychiatres ; de sa folie, une réponse de l'âme à l'imbecillité universelle qui lui souffle « Vous délirez ». Alors Van Gogh s'est tué parce qu'il ne pouvait pas tuer le psychiatre, le docteur Gachet. Il s'est tué parce qu'il ne pouvait plus supporter ce « délire » qu'on attachait à ses pas. « Je vois à l'heure
où j'écris ces lignes, le visage rouge sanglant du peintre venir à moi, dans une muraille de tournesols éventrés, dans un formidable embrasement d'escarbilles d'hyacinthe opaque et d'herbages de lapis-lazuli. Tout cela, au milieu d'un bombardement comme météorique d'atomes qui se feraient voir grain à grain, preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait, par le fait même, un formidable musicien. »
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(lisez l'excellente critique de Dubois ci-dessous ; ce qui suit ne relève que d'ajouts mineurs sur mon ressenti)Tout d'abord, je dirai qu'il faut connaître l'oeuvre de Van Gogh mais surtout, puisqu'Artaud parle finalement plus de lui (de façon implicite) que du peintre, l'oeuvre d'Artaud. Ses écrits de Rodez me semblent être la prochaine étape dans ma découverte de l'auteur, afin d'y trouver un peu de lumière permettant de mieux le comprendre.Ensuite, bien qu'Artaud verse parfois dans la démesure (non, toutes les personnes déclarées "démentes" ne sont pas des génies incompris), il est loin d'avoir tort quand il affirme que les gens qui voient le monde selon un code différent de celui de la société ou qui veulent montrer ce qui se cache derrière les apparences dérangent. Aujourd'hui encore, si vous sortez des sentiers balisés, des cases dans lesquelles on veut à tout prix ranger les gens (c'est tellement plus pratique pour s'y retrouver si on sait quelle étiquette porte Machin), vous n'êtes pas traité de fou, vous n'êtes pas enfermé mais vous êtes considéré comme un marginal, quelqu'un qui ne mérite pas le respect, qui a le mauvais goût de ne pas suivre le troupeau. Et ça, ça ne pardonne pas. Pourquoi ? Parce cela fait peur d'être bousculé. Artaud avait raison à ce sujet.Mais, concrètement, si le déclencheur de ce livre fut Van Gogh, ce dernier est quand même pas mal traité à la marge. Il sert d'exemple à Artaud pour développer sa thèse.Cela ne me dérange pas plus que cela dans l'absolu, mais le titre de l'ouvrage est un peu trompeur.

mycupoftea
25/03/13

Artaud on le fuit ou on le prend. On lui fuit par peur, ou on le prend en dedans. Et si on le prend on en vient à l'aimer. A l'aimer à en vouloir le protéger, mais avant il faut l'entendre, tenter de le comprendre. Artaud et Van Gogh. Est ce évident ? « c'est un homme totalement désespéré qui vous parle ». Voilà Artaud qui convulse, révulse la douleur. Qui la convoque, mais ne la provoque pas.Momo. Mot à mot. Mot arraché, mis en lambeaux, au flambeau.Artaud ,Van Gogh, génies indépendants l'un de l'autre et pourtant indissociables à présent.C'est une autre dimension. Ils sont d'une autre dimension. Deux « au delà ». C'est peut être cela que nous nommons la folie, cet espace de « l'au delà ».Non pas un au-delà que nous avons imaginé. Non pas cet espace de mort, de néant.Mais cet espace de pré-langage. de la matière primale, première. Où les mots pour finir n'existent pas encore, où la pensée même n'existe pas encore , atteindre les limbes d'un territoire inconnu.Van Gogh n'était pas fou , ainsi s'écrie la déclaration d'amour d'Artaud à Van Gogh.Tu n'es pas fou, je ne suis pas fou. Parce qu'en Van Gogh, Artaud a entendu sa douleur, son langage. Il a vu que la musique de van Gogh allait encore plus loin, plus fort, plus haut que son propre langage. Parce qu'il a tordu, brisé, mis en pièce le verbe pour tenter de dire. Il savait son mal dire, ce que nous nommons si facilement malédiction. Mal dire, c'est prendre le risque d'opérer un démontage, un éclatement de la langue, prendre le risque de créer une autre synthase, une suite de notes, afin de faire ressortir ce que l'au-delà du langage peux contenir. Et peu importe à Artaud de devenir illisible. Là n'était pas son problème. « J'écris pour les analphabètes ». Il prend le risque, il tente au delà.En défendant l'oeuvre de van Gogh, c'est le droit à la parole du peintre, et par là le droit du poète qu'il défend et revendique. Vous nous déclarez fou. A quel titre le faites vous ?Vous nous reprochez de nous détruire mais de quel droit quelle est votre autorité ? et pourquoi le faites vous ? Pour le bien de qui ? Van Gogh : suicidé de la société. Parce que pour Artaud le suicide de van Gogh est en fait un homicide. Van Gogh n'a jamais voulu se suicider, on l'y a pousser. Et cet acte commis n'est pas le reflet de la folie d'un homme mais le crime d'une société.Comment ne pas l'entendre ? Lui qui a connu 15 ans d'unité psychiatrique à Rodez durant lesquelles des séances répétitives d'électrochocs ont tenté de le faire rentrer de force dans le cadre de la société et lui faire sortir de la tête toutes ces idées qu'on qualifiait de « dérangées », mais qui en fait dérangeaient une société.Bien sûr prendre Artaud, est ce également prendre le risque de se perdre ? Je ne le crois pas. Bien sur il faut recevoir sa décharge, en plein ventre, en plein coeur, en plein regard. Ne pas y venir blindé, armé. S'y rendre à nu, pour toucher l'imprononçable. Regarder une oeuvre de van Gogh, lire ou entendre Artaud c'est assister à mise en pièces. A une boucherie. A aucun moment à une mise à mort. Mais à une mise à mal. Je sais que ce terme peut paraître violent. Mais le fait est d'une puissance, d'un souffle incroyable. Artaud parle d'atomisation, de projection, de jet, de coup. C'est puissant un Van Gogh. La taille du tableau est petite. Étrangement petite. Mais d'une densité. Comme si le peintre avait condensé, inventé un accélérateur d'émotion.Une percée visuelle afin de faire passer le laser d'un son extrêmement puissant. Je pleure devant un Van Gogh. Et ça me vient du dedans. Voir un Van Gogh, c'est une expérience. Artaud le savait, il entendait le son. La stri-dance du van Gogh. L'âme de scie, l'âme de fond, larme du torrent d'émotion. Van Gogh est un accélérateur d'émotion, Artaud le transcripteur qui nous permet de reformer en nous un sentiment. C'est un travail d'échange, de partage. C'est deux là n'ont pas à se dire, à s'écrire, mais à se ressentir dans la matière du même Être.Il y a matière à ressentir Van Gogh et Artaud. Il n'y a pas une manière de les approcher. Pas de recette venue d'un savoir. Je ne le crois pas. Tous deux ont tenté une expérience au-delà d'un savoir, au-delà de l'acquis. Quel exploration cerébrale était elle à l'oeuvre ? le cerveau limbique ? Notre deuxième cerveau ? Celui qui est dévolu aux principaux comportements instinctifs et à la mémoire?Celui qui permettrait les émotions ? Ce cerveau auquel nous voudrions échapper ? Rendre normatif, logique, donner raison, estampiller la déraison. Et à quel prix ? Au prix de la vie d'un Van Gogh, d'une Claudel, d'un Artaud, d'une Virginia Woolf, d'un Nietzsche,d'un Hemingway, d'un Nerval, et de combien d'autres ? Etaient ils fous ? Délirants ? Malades ? de leur fait ? de leur art ? de leurs mots ? Ou bien était fous de nous ? Ce que nous nommons dégénérescence serait ce une régénérescence ? Une réactivation de conscience ?J'aime Artaud, j'aime Van Gogh, et je n'aime pas les fous. Les fous qui enferment les génies parce qu'ils sont nés aveugles et sourds à ce qui vit en eux mêmes. Et qu'à ce titre tuent ce qui se subsiste, vit, germe et grandit en d'autres qui prennent le risque d'atteindre le génie.Artaud demandait le droit de disposer de son angoisse. Il ne voulait pas être sauvé, être soigné.Il voulait continuer son voyage. « Il fallut choisir entre renoncer à être un homme ou devenir un aliéné évident ».Il y a matière à vivre, à ressentir, à construire, à aimer chez Artaud, comme chez Van Gogh. Ils ne sont pas insupportables, inqualifiables sans aucun doute, mais ils ont cette capacité incroyable à susciter notre interrogation quant potentiel de génie qui réside en chacun de nous.Ils sont facteurs, moteurs, vecteurs, traducteurs. Ils sont l'art, la poésie, ils sont créateurs d'humanité.Ils ont toujours fait peur aux préfets,aux gardes, aux curés qui ont peut être inventé La folie pour faire peur à ceux qui pensent t qu'on peut leur échapper. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
06/09/15
 

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