Vendredi ou les limbes du pacifique

TOURNIER, MICHEL

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 18/09/08
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

« Tous ceux qui m'ont connu, tous sans exception me croient mort. Ma propre conviction que j'existe a contre elle l'unanimité. Quoi que je fasse, je n'empêcherai pas que dans l'esprit de la totalité des hommes, il y a l'image du cadavre de Robinson. Cela suffit
- non certes à me tuer - mais à me repousser aux confins de la vie, dans un lieu suspendu entre ciel et enfers, dans les limbes, en somme... Plus près de la mort qu'aucun autre homme, je suis du même coup plus près des sources mêmes de la sexualité. »
3 personnes en parlent

J'avais lu très récemment Robinson Crusoé de Daniel Defoe. Au collège, je me rappelle avoir lu une version "pour enfants" du roman de Michel Tournier, intitulé "Vendredi ou la vie sauvage", mais j'ai décidé de m'atteler à la lecture de la "vraie" réécriture du mythe de l'homme échoué sur une île déserte. Outre le style de l'auteur, magnifique, "Vendredi ou les limbes du Pacifique" est un formidable roman, alliant aventure et philosophie. Certains apprécieront les longues descriptions de Robinson fabriquant de toutes pièces un ersatz de civilisation, cultivant sa nourriture, élevant ses chèvres, etc. mais le véritable intérêt du roman réside bien sûr dans la superbe réflexion philosophique sur Autrui, qui n'était que très peu développée dans le roman de Daniel Defoe. Tournier s'interroge sur la place et l'importance de l'Autre : peut-on garder un semblant de civilisation sans lui ? D'autres réflexions, notamment sur la sexualité, sont également développées avec tendresse et pudeur. L'évolution de la relation entre Robinson et Vendredi, qui passe de maître-esclave à amis, est également l'occasion de parler du racisme au XVIIIème siècle. Le retour ou non à la civilisation est aussi abordé... Bref, un classique, un roman universel à mettre entre toutes les mains.

Shirayukihime
12/11/14
 

"C’était cela, autrui : un possible qui s’acharne à passer pour réel."Le possible c'est l'autrui, l'autre. Sans autre n' y aurait il pas de possible ? Soi, sans les autres serait ce donc l'impossible, l'inexistence ? Atteindrait on là comme le suggère Gilles Deleuze dans sa postface, la perversion ? Vendredi ou les limbes du Pacifique, ou les métamorphoses de Robinson. Robinson rejeté par les eau sur une île sans humanité va trouver pourtant sur elle, en elle, et par elle sa propre humanité. Michel Tournier nous décrit sa vision de l'évolution paradigmatique de Robinson. L'espace, les éléments, l'intemporalité, la sexualité, les croyances, le travail, les pouvoirs, le dialogue incessant entre intériorité et extériorité, sont quelques uns des questionnements majeurs de Robinson. Des forces telluriques aux forces cosmiques , Robinson remontera des limbes pour atteindre le zénith de la perfection humaine. C'est effectivement grâce à Vendredi qu'il y parviendra. Son propre possible ne peut émerger et se construire sans la connaissance et la reconnaissance de l'autrui. Vendredi, le saint redéfini, passera le relais à Jeudi, l'enfant Jupiter. Un très beau récit de l'ascension humaine. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
03/06/12
 

Un homme s’échoue sur une île déserte et y survit presque trois décennies : ce sont les seuls points communs entre le roman originel et la variation de Tournier. Là où le premier construit de l’Aventure à toutes les pages et capture son lecteur dans un suspens picaresque, le second brasse les concepts philosophiques et fascine par le jeu d’une répulsion/compréhension. "Il faut imaginer Robinson pervers" conclut Gilles Deleuze dans une postface flamboyante, et on n’a aucun mal à le faire. Fascinant, intéressant, dérangeant, ce roman est riche et d’une puissance dont seuls les classiques disposent. (J’insiste un peu sur la fascination mais elle est réelle; pas évident en quelques lignes d’expliquer vraiment pourquoi, mais en gros disons que les personnages ont chez Tournier une dimension totalement absente chez Defoe, et on parvient à saisir à la fois l’extrême erreur dans laquelle s’enfonce Robison vis-à-vis de Vendredi et le moment précis où il lui reconnaît une altérité, et à ne pas lui en vouloir, c’est dingue quand on y pense, et toutes ces scènes tellement visuelles, quand Vendredi habille les cactus, quand il balance la pipe et fait exploser le bazar, quand Robinson le décrit à travers son rire, bref, un truc de folie dans tout ça, une PUISSANCE remarquable.) (Je m’emballe.) Sylvie Sagnes

SagnesSy
14/05/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.19 kg

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