Vendredi ou les limbes du pacifique

TOURNIER, MICHEL

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 15/03/67
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

L'île déserte du Pacifique et le XVIIIe siècle forment le cadre traditionnel de cette histoire librement empruntée à Daniel Defoe. Parce qu'il refuse d'abord d'assumer sa solitude et ne songe qu'à partir, Robinson est menacé par la déchéance et la folie. Puis il se ressaisit et entreprend de coloniser l'île, comme une possession anglaise. Non content de cultiver la terre et de domestiquer quelques chèvres, ce puritain avare et méthodique creuse des viviers, crée des rizières, accumule des provisions énormes, construit des édifices publics, promulgue des lois, un code pénal... La survenue de Vendredi paraît d'ailleurs justifier cette construction délirante : il va être le sujet de l'île, devenant tour à tour soldat, enfant de choeur, laquais, etc. En réalité, le sauvage répugne à cet ordre
minutieux et ses bévues finissent par provoquer une catastrophe qui détruit l'oeuvre de Robinson. Ils repartent tous deux à zéro, mais désormais, c'est Vendredi qui mène le jeu. Robinson se déshumanise peu à peu et prend le parti des éléments. Administrateur et cultivateur, il s'oppose désormais au fantasque Vendredi, comme l'homme de la terre s'oppose à un être aérien. Puis sous l'influence de son compagnon, il se transforme en héros solaire. Sa sexualité notamment subit des métamorphoses successives de plus en plus surprenantes. Le sens du travail, le nudisme, la spéléologie, les bains de soleil, le colonialisme, le racisme, les innovations sexuelles, autant de préoccupations d'aujourd'hui que l'auteur a insérées et brillamment illustrées dans le mythe éternel de Robinson Crusoé.
3 personnes en parlent

J'avais lu très récemment Robinson Crusoé de Daniel Defoe. Au collège, je me rappelle avoir lu une version "pour enfants" du roman de Michel Tournier, intitulé "Vendredi ou la vie sauvage", mais j'ai décidé de m'atteler à la lecture de la "vraie" réécriture du mythe de l'homme échoué sur une île déserte. Outre le style de l'auteur, magnifique, "Vendredi ou les limbes du Pacifique" est un formidable roman, alliant aventure et philosophie. Certains apprécieront les longues descriptions de Robinson fabriquant de toutes pièces un ersatz de civilisation, cultivant sa nourriture, élevant ses chèvres, etc. mais le véritable intérêt du roman réside bien sûr dans la superbe réflexion philosophique sur Autrui, qui n'était que très peu développée dans le roman de Daniel Defoe. Tournier s'interroge sur la place et l'importance de l'Autre : peut-on garder un semblant de civilisation sans lui ? D'autres réflexions, notamment sur la sexualité, sont également développées avec tendresse et pudeur. L'évolution de la relation entre Robinson et Vendredi, qui passe de maître-esclave à amis, est également l'occasion de parler du racisme au XVIIIème siècle. Le retour ou non à la civilisation est aussi abordé... Bref, un classique, un roman universel à mettre entre toutes les mains.

Shirayukihime
12/11/14
 

"C’était cela, autrui : un possible qui s’acharne à passer pour réel."Le possible c'est l'autrui, l'autre. Sans autre n' y aurait il pas de possible ? Soi, sans les autres serait ce donc l'impossible, l'inexistence ? Atteindrait on là comme le suggère Gilles Deleuze dans sa postface, la perversion ? Vendredi ou les limbes du Pacifique, ou les métamorphoses de Robinson. Robinson rejeté par les eau sur une île sans humanité va trouver pourtant sur elle, en elle, et par elle sa propre humanité. Michel Tournier nous décrit sa vision de l'évolution paradigmatique de Robinson. L'espace, les éléments, l'intemporalité, la sexualité, les croyances, le travail, les pouvoirs, le dialogue incessant entre intériorité et extériorité, sont quelques uns des questionnements majeurs de Robinson. Des forces telluriques aux forces cosmiques , Robinson remontera des limbes pour atteindre le zénith de la perfection humaine. C'est effectivement grâce à Vendredi qu'il y parviendra. Son propre possible ne peut émerger et se construire sans la connaissance et la reconnaissance de l'autrui. Vendredi, le saint redéfini, passera le relais à Jeudi, l'enfant Jupiter. Un très beau récit de l'ascension humaine. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
03/06/12
 

Un homme s’échoue sur une île déserte et y survit presque trois décennies : ce sont les seuls points communs entre le roman originel et la variation de Tournier. Là où le premier construit de l’Aventure à toutes les pages et capture son lecteur dans un suspens picaresque, le second brasse les concepts philosophiques et fascine par le jeu d’une répulsion/compréhension. "Il faut imaginer Robinson pervers" conclut Gilles Deleuze dans une postface flamboyante, et on n’a aucun mal à le faire. Fascinant, intéressant, dérangeant, ce roman est riche et d’une puissance dont seuls les classiques disposent. (J’insiste un peu sur la fascination mais elle est réelle; pas évident en quelques lignes d’expliquer vraiment pourquoi, mais en gros disons que les personnages ont chez Tournier une dimension totalement absente chez Defoe, et on parvient à saisir à la fois l’extrême erreur dans laquelle s’enfonce Robison vis-à-vis de Vendredi et le moment précis où il lui reconnaît une altérité, et à ne pas lui en vouloir, c’est dingue quand on y pense, et toutes ces scènes tellement visuelles, quand Vendredi habille les cactus, quand il balance la pipe et fait exploser le bazar, quand Robinson le décrit à travers son rire, bref, un truc de folie dans tout ça, une PUISSANCE remarquable.) (Je m’emballe.) Sylvie Sagnes

SagnesSy
14/05/13
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.26 kg

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