Vies minuscules

MICHON, PIERRE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 02/02/84
LES NOTES :

à partir de
17,90 €

SYNOPSIS :

«Il a caressé des petits serpents très doux ; il parlait toujours. Le mégot brûlait son doigt ; il a pris sa dernière bouffée. Le premier soleil l'a frappé, il a chancelé, s'est retenu à des robes fauves, des poignées de menthe ; il s'est souvenu de chairs de
femmes, de regards d'enfants, du délire des innocents : tout cela parlait dans le chant des oiseaux ; il est tombé à genoux dans la bouleversante signifiance du Verbe universel. Il a relevé la tête, a remercié Quelqu'un, tout a pris sens, il est retombé mort.»
5 personnes en parlent

Vies minuscules est en fait un vaste roman autobiographique dans lequel Pierre Michon évoque ses souvenirs d'enfance et de jeunesse.Dans ce premier livre, écrit à l'âge de trente-sept ans, c'est avant tout de la genèse d'un écrivain dont il est question, de l'héritage et des «prétentions» d'un auteur, marqué par une «parentèle paysanne» , et dont l'éclosion fut difficile. Pierre Michon y rend hommage aux femmes de sa famille, détentrices des «Trésors» de la mémoire et , plus particulièrement, à Elise, sa romanesque grand-mère, qui lui transmit les aspirations les plus hautes, la métaphysique et la poésie, et lui donna sa vocation d'écrivain. C'est un livre écrit dans une langue magnifique, dont on savoure avec bonheur les longues périodes. Une langue littéraire d'une grande pureté, à la fois simple et recherchée et d'une syntaxe classique : la «belle langue » portée aux extrêmes, pour servir la fiction , sans laquelle il ne resterait plus trace de la «réalité» des petites gens, de « leurs éclatants désirs au sein du réel terne », de ces «mille romans » que «l'avenir» a défait...Critique complète: http://l-or-des-livres-blog-de-critique-litteraire.over-blog.com/

ECaminade
10/04/12
 

Premier livre de Pierre Michon, il raconte les vies de gens ayant croisé sa route ou celle de ses parents ou grands-parents. Celle d'un aieul qui aurait pu partir aux Etats-Unis, y faire fortune, ou peut-être à Cayenne, forçat. Celle de sa petite soeur morte. Celle d'une de ses compagnes. Ce que l'auteur ne connait pas de ces gens, il l'invente, le crée. Huit chapitres, ou parties, ou nouvelles -c'est comme on veut- dans ce livre. Elles n'ont pas toutes le même intérêt pour moi, mais c'est très subjectif, puisque celle qui me plait le plus peut ne pas convenir à d'autres lecteurs et vice versa.Dans son style inimitable et si particulier, fait de longues, très longues phrases, usant parfois de mots désuets, oubliés ou savants, Michon dresse donc tous ces portraits de gens simples. Ces vies minuscules, terme utilisé non pas pour rabaisser les personnes, mais parce que ce sont des récits brefs.Une lecture qui ne laisse pas insensible ; elle peut irriter, je le comprends : j'ai lu ici et là que le style est très -trop ?- travaillé ; mais bien sûr, qu'il l'est ; qui de nos jours, où il est de bon ton d'écrire comme on parle, parlerait avec ces phrases si longues, remplies d'adjectifs, d'adverbes, de subordonnées, ...? Elle peut aussi charmer et apporter émotions et émerveillement. Pour moi, bien sûr c'est le second choix. Je reconnais cependant, que parfois, sur certaines parties, j'ai décroché du texte, mais je m'y suis rattrapé quelques lignes plus loin, pour retomber dans des passages formidables.J'ai lu Michon à l'envers en ayant commencé quasiment par son dernier roman. Ces Vies minuscules préfigurent ce que seront les autres en qualité d'écriture et en plaisir de lecture. A chaque fois, je suis emballé par ses textes.Lu en version folio, je sais que certaines de ces nouvelles ont été éditées séparément les unes des autres dans la même collection, pour qui veut un premier contact avec Michon, plus modéré. Yv

Lyvres
24/03/14
 

« Vies minuscules » est comme l'ascension d'une paroi rocheuse. L'ascension est lente, demande un effort, mais la paroi offre de multiples prises pour l'esprit, et des plateaux où l'on peut reprendre son souffle, et cheminer paisiblement dans le texte.Puis, quand on a parcouru l'ensemble, on peut revenir, s'y attarder, en jouir sans effort. « Vies minuscules » nous montre une France archaïque, paysanne, catholique. Même si certaines histoires se déroulent dans la deuxième moitié du 20eme siècle, le monde qui apparait sous nos yeux appartient encore au 19eme siècle.Avec un matériau romanesque souvent très mince, un fragment d'histoire réel ou imaginé, Pierre Michon nous fait voir un monde ; telle la vie d'André Dufourneau, orphelin hébergé comme garçon de ferme chez ses arrière grands-parents pendant dix ans et parti en Afrique faire fortune, dont le destin et la mort sont un morceau de la légende familiale.Mais, le sujet central du livre, ce sont les mots, l'écriture et les doutes de celui qui a la prétention de devenir écrivain. "On me disait ainsi qu'à Paris m'attendait peut-être une manière de guérison ; mais je savais, hélas, que si j'allais y proposer mes immodestes et parcimonieux écrits, on en démasquerait aussitôt l'esbroufe, on verrait bien que j'étais, en quelque façon «illettré»".Des vies minuscules transfigurées par une écriture majuscule.

MarianneL
09/07/13
 

Pierre Michon c'est un style, dès son premier livre. Autobiographique, ce roman est l'histoire de son enfance, de sa venu au monde dans et par la littérature, un monde si éloigné de ce monde réel dans lequel il était plongé. Mais sa vie est aussi un roman, pour cet auteur qui voit la littérature comme presque salvatrice, il suffit de l'entendre parler pour s'en rendre compte. Cette naissance qui fut un combat est alors un roman, le roman d'une vie que son auteur veux romanesque, avec toute cette effusion qu'on peut y trouver. C'est un livre dense, et donc parfois un brin difficile, mais qui apporte tellement que cette difficulté en devient agréable.

gaut
25/03/12
 

C'est suite à la lecture de "au bon roman" de Laurence Cossé que j'ai découvert Vies minuscules. Il fait partie de la bibliothèqe idéale et il est vrai que ce livre est formidable, racontant la vie de l'auteur à travers des vies de personnages qu'il côtoie. L'écriture est fameuse et on a grand plaisir à la lecture. c'est finalement assez rare un livre avec une aussi belle écriture. Cat

cfons
05/08/10
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.30 kg

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